Cacao : le Venezuela se retrouve chocolat

Cacao1Le Venezuela, pourtant considéré comme le berceau du meilleur cacao au monde, voit néanmoins sa production chuter ... De là à se retrouver chocolat, il n'y a pas loin ...

La production de cacao du Venezuela connaît en effet une production en nette régression, se stabilisant difficilement actuellement.

Parallèlement, le cours s'enfièvre, à Londres comme à New York.

I – Venezuela : production de cacao en baisse

Bien que réputé comme l'un des meilleurs au monde, le cacao du Venezuela connaît une production en chute libre, tombée de 20.000 tonnes en 2000 à 12.000 tonnes en 2005 avant de se stabiliser difficilement. Le café d'abord et le pétrole ensuite portent un coup dur à la production de cacao, dont le Venezuela était le premier exportateur mondial en 1800, selon la chambre des producteurs et exportateurs de cacao.

Premier frein à sa production : la pénibilité du travail dans les plantations. Les zones de production sont en effet humides, sources de maladies, et dangereuses. De plus, les pillages sont courants. La situation serait même préoccupante : le produit emmagasiné ne serait pas le seul objet du délit, mais également les cosses en phase de séchage et ou même de récolte. Aujourd'hui, des bandes de délinquants se "spécialisent" dans le vol des fermes cacaotières. A cela s'ajoute un niveau élevé de meurtres dans les zones productrices de cacao.

La production est donc découragée et le peu de cacao de grande qualité produit n'est quasiment pas disponible sur le marché.

Le Venezuela est pourtant le berceau de la meilleure variété de cacaoyer au monde, le "criollo", dont la production dans la région de Chuao (70 km à l'ouest de Caracas) est l'une des plus recherchées. Le Chuao est vendu en exclusivité et pour les trois années à venir, à une entreprise italienne, Amadeus qui en a repris le monopole à la française Valrhona. La société italienne vend le Chuao directement en tablettes dans de rares points de vente très "select" dans les grandes villes du monde.

Il y a encore 5 ou 10 ans, personne ne connaissait le "criollo", puis, question de mode, ou de marketing, les amateurs se sont intéressés au chocolat de pure origine. Le "criollo" est alors devenu très recherché, faisant exploser les cours.

Les Vénézueliens ont toujours été amateurs de chocolat qu'ils boivent même à l'occasion de baptêmes ou de mariages. Mais plus de la moitié de leur cacao est exporté. Pour développer la production, le gouvernement fournit des aides aux petits producteurs à travers différents programmes ou des emprunts avantageux. Il investit également dans la production de cacao organique.

II – Fièvre sur le cacao

Depuis un mois le cours du cacao s’emballe, à Londres comme à New York. Une nouvelle performance a été signalée en début de semaine à Paris et à New-York. En Europe la tonne pour une livraison en septembre valait l'équivalent de 1 440 euros, un plus haut jamais atteint depuis quinze mois. La même tendance a pu être observée sur le marché américain.

La dernière flambée de ce type remonterait à novembre 2004 lors du décès de 9 soldats français dans le bombardement du camp de Bouaké. Néanmoins, la flambée actuelle des cours n'est pas liée aux tensions politico-militaires de la Cote d'Ivoire, rincipal producteur. De plus, la saison intermédiaire se termine paisiblement avec une augmentation des quantités escomptées.

Les inquiétudes liées à la maladie du swollen shoot qui menacerait les cacoyères ivoiriennes seraient quant à elles exagérées, les surfaces concernées étant très restreintes. Estimé à 200 000 tonnes il y a quinze jours, le déficit de la prochaine campagne a été quant a lui réduit de moitié.

La stratégie menée actuellement par les fonds d'investissement semble donc être à l'origine de l'envolée des cours depuis le mois de juin. Après avoir liquidé leurs positions sur le cuivre, l’or ou l’argent, leurs regards se tournent maintenant vers le cacao.

Lundi dernier les achats portaient sur 70 000 lots, un record absolu qui témoignent de leur présence massive sur les marchés à terme alors que les industriels sont quasiment absents, préférant attendre un retour à des conditions plus normales. Mais la chute peut être rude, lors du dernier raid des fonds sur le cacao, en mars 2005, le marché n’a pas résisté longtemps à la sur-cote, les cours ont perdu une centaine de livres en cinq jours.

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