Le juge d'instruction en charge de l'enquête sur l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en 2001 (Usine Grande Paroisse de Total) a délivré en fin de semaine dernière un non-lieu pour le manutentionnaire initialement mis en examen pour "homicides et blessures involontaires", a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
Reste que la population toulousaine dans sa grande majorité fait état de deux déflagrations le 21 septembre 2001 à Toulouse, et que la SNPE voisine (établissement très intime avec la "grande muette") dont l'activité est relative à l'élaboration du carburant d'Ariane, pourrait avoir un rôle majeur dans l'effet domino qui pourrait être à l'origine de la catastrophe.
cfLe juge d'instruction en charge de l'enquête sur l'explosion de l'usine Total “Grande Paroisse” a délivré en fin de semaine dernière un non-lieu pour le manutentionnaire initialement mis en examen pour "homicides et blessures involontaires".
Le manutentionnaire avait été soupçonné être à l'origine du mélange malencontreux de quelques kg de DCCNa (un produit chloré) avec 500 kg de nitrate d'ammonium déversés sur le tas principal de nitrate, vingt minutes avant l'explosion. Selon le procureur de la République de Toulouse Paul Michel, le juge Thierry Perriquet a délivré le non-lieu, suivant des réquisitions du parquet.
Me Daniel Soulez-Larivière, avocat de la société Grande Paroisse (groupe Total, propriétaire du site AZF), s'est déclaré satisfait de cette décision, notant que sur les 13 personnes mises en examen depuis le début de l'affaire, seul le demeurait aujourd'hui le directeur de l'usine, Serge Biechlin. Selon l'avocat, cela laisserait sous-entendre l'absence d'une démonstration factuelle des faits au sein même du dossier.
Interrogée par l'AFP, Me Stella Bisseuil, avocate de l'association "Familles endeuillées, a estimé que le non-lieu était "logique". "Cette décision nous paraissait assez inéluctable. Pour nous, c'est essentiellement un problème d'organisation de la sécurité et du travail à l'intérieur du site plutôt que d'une erreur humaine isolée", a-t-elle expliqué. En effet, quels que soient l'issue de l'enquête et l'élément – ou le site - déclencheur de l'ensemble de la catastrophe, reste néanmoins que des défaillances ont pu exister dans le domaine relevant de l'Hygiène et de la Sécurité du site, l'entreprise pouvant y avoir une part de responsabilité de part son obligation de garantir l'intégrité physique et mentale des intervenants sur son site.
Me Soulez-Larivière a également annoncé qu'un "abondant dossier" de demande de contre-expertise, concluant à "l'absence de base pour de quelconques poursuites", avait été déposé le 13 juillet au nom de M. Biechlin et qu'il sera complété d'ici le 1er août par une demande identique concernant la société Grande Paroisse, mise en examen en qualité de personne morale le 31 mai pour "homicides et blessures involontaires".
Dans ces demandes, Total conteste le rapport final des experts judiciaires, qui conclut que l'explosion qui avait fait 30 morts et des milliers de blessés le 21 septembre 2001 a été provoquée par un mélange accidentel d'un produit chloré et de nitrate d'ammonium.
Selon Me Soulez-Larivière, les demandes de contre-expertises seraient "très étayées", notamment par d'autres experts en détonique, sismique ou acoustique et laissent penser que l'explosion aurait eu lieu dans le tas principal de nitrate d'ammonium et non dans le sas d'entrée du hangar. "Si c'est le cas, se pose la question de savoir si c'est un acte volontaire ou involontaire", a fait valoir l'avocat.
On peut également rêver que d'éventuels éléments constatés sur le site voisin de la SNPE voisine soient evoqués un jour ...
Voilà en tout cas qui ne devrait pas tarder à faire réagir J-Christian Tirat de "Valeurs Actuelles" qui met depuis bientôt cinq ans toute son énergie pour que la vérité fasse jour, et ce, quelle qu'elle soit et quel en soit le prix, selon sa propre formule. Je ne manquerai pas de vous relayer son analyse de cette nouvelle avancée de la procédure.
Par ailleurs,
par respect du secret de l'instruction et respect des témoins, lui comme moi ne pouvons cautionner la communication de pièces du dossier dans la presse et sur internet. Je le remercie ici chaleureusement de m'avoir mis en alerte sur ce fait.
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