Oui, vous avez bien lu, Washington étudie la possibilité d'aider l'Irak à augmenter sa production de pétrole, pour le moins surprenant, non ? Encore que pour une fois, cela a le mérite d'être clair, même si G.Bush a toujours nié avoir de quelconques visée sur le pétrole Irakien.
Dans ce contexte, le président américain a effectué mardi une visite surprise en Irak. Il a quitté lundi soir la résidence présidentielle de Camp David pour la base aérienne d'Andrews, non loin de Washington, d'où il s'est envolé pour Bagdad. Il devait rester environ 5 heures en Irak et rencontrer pour la première fois le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.
Pour rappel, l´Irak possède les deuxièmes réserves pétrolières prouvées au monde. Ceci pouvant expliquer cela.
I – Georges Bush en visite en Irak
Il s'agit de la première visite de M. Bush en Irak depuis l'automne 2003, quelques mois seulement après l'invasion de l'Irak et le renversement de Saddam Hussein. M. Bush est accompagné dans son voyage du conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley, de son chef de cabinet Josh Bolten, de son conseiller Dan Bartlett et de quelques proches collaborateurs à la Maison Blanche. G. Bush aurait attendu la finalisation du gouvernement irakien qu'il soutient pour se rendre en Irak.
M. Bush s'était retiré lundi à Camp David avec ses conseillers, ses ministres et les diplomates et les commandants militaires en Irak en vue de déterminer les moyens à mettre en oeuvre pour aider le gouvernement irakien à rétablir la sécurité et à pourvoir aux besoins essentiels de la population.
Sa visite à Bagdad était déjà en préparation depuis quelque temps, selon Dan Bartlett, mais seuls quelques très proches collaborateurs et, parmi les ministres, la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld étaient dans la confidence.
II – Les USA pourraient aider l'Irak à renforcer sa production
L'administration des Etats-Unis étudie la possibilité d'aider le gouvernement de l'Irak à augmenter la production de pétrole, a déclaré George Bush lundi au terme de la première journée des consultations entre les principaux ministres américains dans la résidence présidentielle de Camp David. Les pays ont comme objectifs d'élaborer une stratégie appelée à aider les nouveaux ministères irakiens à augmenter la production de pétrole.
Le Président américain a jugé comme résultat très positif le fait que depuis peu, les Irakiens produisent plus de deux millions de barils par jour. Au cours de la conférence sur l'Irak, les ministres ont étudié les moyens d'aider le gouvernement irakien à rétablir "l'infrastructure pétrolière qui s'est dégradée et s'est effondrée" sous le régime de Saddam Hussein.
George Bush a notamment insisté sur la nécessité de remettre en état les puits de pétrole existants et de mettre en valeur de nouveaux gisements en Irak où, a-t-il dit, "il y a des potentialités incroyablement intéressantes". Eh bien , voilà nous y sommes, il aura fallu bien des combats et bien des morts – de part et d'autre – pour entendre ces propos de la bouche même du Président américain.
III - Pétrole Irakien : perte de 6 milliards USD en 2005
L'industrie pétrolière irakienne a accusé en 2005 un manque à gagner de plus de 6 milliards de dollars en raison des sabotages des infrastructures par des insurgés. Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003, le manque à gagner se monterait à plus de 20 milliards de dollars.
L`ancien ministre du Pétrole, Thamer Ghadbane, avait estimé les pertes en 2004 à 7 milliards de dollars. Les pertes et réparations se répartissent ainsi : 400 millions de dollars dûs aux attaques contre les champs pétroliers, 2,710 milliards contre les oléoducs d`exportation, 12 millions contre les oléoducs reliant les champs pétroliers aux raffineries et 3,120 milliards de dollars contre les oléoducs et gazoducs intérieurs.
IV – L´Irak: 2ème réserves pétrolières au monde
L´Irak possède les deuxièmes réserves pétrolières prouvées au monde (114 milliards de barils), mais les guerres et l´embargo n´ont pas permis de les mettre en valeur. Début 2004, la production de brut irakienne avoisinait les 3 millions de barils/jour. L'activité d’exploration a cessé depuis de nombreuses années, l’ouest de l’Irak restant notamment encore inexploré, bien qu'un réel potentiel existe. Sur le terrain, la sécurité demeure le talon d´Achille du secteur. Ainsi, l'oléoduc du nord qui relie Kirkouk à Ceyhan en Turquie, fermé en juin 2003, fait l'objet de nombreux actes de sabotage récurrents. Avant la guerre, cette conduite permettait l’exportation de 800 000 barils par jour.
Les responsables irakiens misent sur les champs pétrolifères autour de Bassorah dans le sud, une région plus sûre. Sur le montant total de la production début 2004, 1,6 million était exporté via les ports d´Al-Amiq et d´al-Baqr de Bassorah. Les projets de développement ne manquent pas, car du pompage au raffinage,les infra-structrures sont vétuste. A Baiji, situé à mi-chemin entre Bagdad et Mossoul, la plus grande raffinerie du pays tourne à 50% de ses capacités d´avant-guerre.
Au niveau national, le ministère du Pétrole ne dispose que d´un budget d´investissement très limité qui ne permet pas de rénover en profondeur les infrastructures, voire d´en créer de nouvelles. L'Irak souhaite construire deux nouvelles raffineries à Mossoul et à Misayib.
V - Reprise des exportations de pétrole brut irakien vers Ceyhan
Les exportations de pétrole brut irakien vers le terminal turc de Ceyhan, sur la Méditerranée, ont repris après une interruption de quatre mois provoquée par des sabotages, a déclaré un responsable de la compagnie du pétrole du nord (NOC). Le pompage à partir des champs pétrolifères de Kirkouk (250 km au nord de Bagdad) vers le terminal de Ceyhan est en effet de nouveau opérationnel.
Selon ce responsable, la production de la région de Kirkouk varie, actuellement, de 150.000 à 250.000 barils par jour. La reprise des exportations de pétrole a été rendue possible grâce au déploiement de quelque 5.000 soldats pour protéger les oléoducs de la région, régulièrement sabotés.
La majorité des exportations de pétrole irakien se fait par les terminaux situés dans le nord du Golfe. Leur niveau atteint, actuellement, 1,6 mbj pour une production de près de 2 mbj dans le sud de l'Irak.
VI – L'Irak et les quotas OPEP
Malgré les aléas politiques, l’Irak reste membre de l'OPEP. Pour le moment, l’Organisation ne lui a fixé aucun quota de production qui, avant l´invasion du Koweït, s´établissait à 3,14 millions de barils/jour. Suite à la guerre du Golfe, un embargo commercial est décidé par l’ONU contre l’Irak en août 1990, qui instaure le programme "pétrole contre nourriture". Ce système permet à l'Irak de vendre un peu de brut pour acheter, sous strict contrôle de l’ONU, des vivres,des médicaments et des biens de première nécessité.
L’Irak est donc exclu des plafonds de production de l’organisation. Ce qui pose un problème aujourd’hui. En effet, ce pays, qui possède les secondes réserves de pétrole brut les plus importantes du monde après l’Arabie Saoudite et qui ne peut rien exporter, pourrait, grâce à sa production, détendre le marché si les restrictions étaient levées.
Dès 2004, certains pays, et l´Arabie Saoudite, justement, ne voient pas forcément d´un bon œil le retour de l´Irak sur le marché pétrolier mondial, car ils auraient du alors réduire leur propre production pour ne pas faire chuter les prix de l´or noir. A l'heure actuelle, au contraire, une augmentation du volume de production de pétrole irakien permettrait de ramener à la baisse le cours du marché en diminuant les tensions sur l'offre. Début 2004, les responsables irakiens envisageaient de produire à moyen et long terme 5 à 6 millions de barils/jour.
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2 Commentaires
1
j'ai lu une dépêche ce week-end comme quoi le ministre du pétrole irakien avait déclaré que son pays aurait besoin de 12 a 20 milliards de dollars d'investissement d'ici 2012 pour élever sa production de pétrole a 6 millions de barils jour contre 2 actuellement.
14 juin 2006 à 12:44Soit 2 a 3 mds/$ par an
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@ Attile
15 juin 2006 à 02:38Donc, sauf erreur, avec un gros_tas_de_sous investi dans l'appareil de production, on arriverait à produire chaque année un volume de pétrole valant quatre gros_tas_de_sous...
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