Le Blog Finance

Que valent les avis des experts ?

Elisabeth Studer Immobilier, Presse 6 commentaires

Q9787876Un ami vient de m’envoyer un texte, un "peu" ancien, accompagné d’une question : "est-ce que les alertes des experts en immobilier valent quelque chose ?" Hmmm…, voyons-voir ! "Ce n’est pas triste, non ! Tous ceux qui s’alarmaient sur le niveau anormalement élevé du marché en 2000 prévoient un atterrissage en douceur aujourd’hui. Comprenne qui pourra ce qui a bien pu les faire changer d’avis, mais j’ai ma petite idée. A l’heure où le krach menace, ces fossiles prébullesques sont de véritables curiosités", m’alerte-il.

"Flambée des prix, précipitation des particuliers, déchaînement concurrentiel sur le crédit immobilier, pénurie de bureaux. Ce n’est plus un frémissement d’après-crise que connaît le marché de l’immobilier, mais la frénésie. Dix ans après, le krach de la pierre paraît oublié. Les leçons ont-elles été retenues pour éviter que l’histoire ne se répète ? Y aura-t-il une nouvelle bulle immobilière ? L’Expansion a examiné les symptômes, ausculté les indicateurs, interrogé les experts. Des clignotants ont viré au rouge, mais jusqu’ici tout va bien… Attention cependant à l’emballement !" Source : Immobilier : enquête sur la nouvelle spéculation, L’Expansion 06/07/2000

"En 1990, il devait se contenter d’un petit 48 mètres carrés. Le marché ne pouvait pas résister à une telle aberration. D’ailleurs, à cette époque, donc juste avant le krach, la flambée des prix finissait par se faire dans le vide. Rien de tel aujourd’hui. La chambre des notaires de Paris pointe 43 196 transactions dans l’ancien en 1999 (+ 16,6 %). Du coup, Gilles Oury table sans la moindre inquiétude sur une poursuite de la hausse des prix immobiliers à Paris… de 6 à 8 % cette année."

"Pour un ménage, l’achat représente trois ans de revenus. (…). Tout irait donc pour le mieux. Mais derrière ces moyennes rassurantes se cachent des réalités immobilières qui présentent des symptômes de bulle assez évidents. Dans certains lieux, les prix semblent franchir la limite du « raisonnable ». A 20 641 francs le mètre carré, les somptueux immeubles du VIIIe arrondissement à Paris ont gagné 18,5 % en un an."

"Les acheteurs aujourd’hui se décident trop vite. (…) A qui la faute ? Aux acheteurs. Pour éviter de voir filer l’appartement de leurs rêves, ils prennent leur décision en quelques heures." "Cette fièvre acheteuse pourrait mal se terminer. La nouvelle ruée vers la pierre a bien commencé. Mais elle n’a pas grand-chose à voir avec la situation d’il y a dix ans. Aujourd’hui, les particuliers concluent leur achat en toute hâte de peur de voir les prix monter."

"En 1988-1990, si les particuliers acceptaient de surpayer leur acquisition, c’est qu’ils intégraient dans leur raisonnement l’espoir d’une plus-value rapide. Alors, bulle ou pas ? « Pas encore, tout va se jouer dans les prochains mois », (…)…"

"…et les prix repiqueront du nez. Le marché n’est qu’à un jet de pierres d’un tel scénario…"

Le jet de pierre mesure 6 ans, peut-être plus ! (ndlr) Je suis désolée d’avoir repris un extrait aussi long, je ne sais pas quoi choisir…

Les mauvais chiffres américains de novembre 2005

Chiffres USA de novembre 2005 : les reventes de logements chutent de 1,7%

Chiffres USA de novembre 2005 : niveau record de stocks depuis 20 ans

Partager cet article

Article de

6 commentaires

  1. phil(2) 17 juin 2006 à 00:50

    “A qui la faute ? Aux acheteurs”
    Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups

  2. yoyo 17 juin 2006 à 09:02

    Marie, Mais que vaut votre avis ? On verra bien le moment venu. Fin 2006 approche !
    “Moi, ce qui j’en retiens, c’est que Monsieur l’ange gardien de la corporation en personne parle du ralentissement de la hausse des prix. Vous avez compris, le m² n’augmentera plus. Mais cela veut probablement dire qu’il baissera dès 2006 ou 2007 !
    Ne serait-ce que parce qu’en économie la situation neutre, le “plateau” (prononcez platow) cher aux anglo-saxons, ne se maintient jamais bien longtemps, le marché sanctionnant rapidement une situation incertaine, pour dicter sa loi.”
    C’est tellement plus simple de brocarder les tentatives d’analyses des autres !
    Bonne continuation.
    yoyo

  3. denis 17 juin 2006 à 13:04

    Je crois l’avoir déjà écrit, mais “les prévisions sont difficiles, surtout quand elles concernent l’avenir”.
    L’économie est la science de l’analyse ” a postériori”:
    Alors que la physique de Newtown peut prédire l’heure d’arrivée d’une fusée sur la Lune en connaissant la quantité de carburant dans le réservoir et la puissance du moteur, l’économiste n’a jamais réussi à prévoir un Krach. (boursier, immobilier…).
    Il reste donc pour les économiste la capacité, non pas à donner l’heure de l’événement, mais à dégager de grandes tendances. A faire une analyse.
    Pour l’immobilier, il est particulièrement difficile d’avoir une analyse correcte, car les données ne sont pas fiables. Cela me fait penser à la récente crise du pétrole: une des premières réactions des gouvernements pour enrayer la spéculation a été de demander la mise en place d’un système d’informations claires sur les stocks de pétrole, les capacités de raffinage,etc… La raison: l’absence de données fiables entretient les comportement irrationnels.
    Aujourd’hui, les grands médias ne fournissent ni chiffres ni analyses, ils se contentent du copier/coller des informations reçues par les Agences immobilières.
    Il ya donc une place à prendre pour délivrer une analyse critique, pertinente, et qui repose sur des informations vérifiées. Compte tenu de sommes en jeu, cette analyse a beaucoup de valeur. je pense que ce site “Blog Immobilier” est l’exemple même de ce qu’il faut faire.
    Le rédacteur précédent semble ne pas réaliser qu’une information comme “Genica vend la totalité de son parc immobilier à Paris” a beaucoup de sens. Cette information n’est d’ailleurs pas sur le site officiel de Genica. Il y a de nombreux exemple sur ce site ou d’informations qui font toute la différence. Des informations qui en général ne sont disponibles que pour les professionnels de l’immobilier, et qui se payent très cher: Contrairement a ce que pense Yoyo, la valeur de ce site dépasse “L’avis de Marie”.

  4. intox / spameur fou 19 juin 2006 à 09:11

  5. cyrille 19 juin 2006 à 10:44

    Dans le genre copier / coller, l’avis ci dessus “que vaut ce blog ?” est pas mal (meme avis sur l’article précédent).
    Marie, tu dois être sur la bonne voie, puisque le blog commence à déranger.
    Certains articles sont inégaux sur ce blog. Certains sont moyens, orientés “baissier/locataire louant trop cher/prix trop élevés” ; cela ne fait pas bcp avancer le débat. D’autres sont excellents, la plupart des sources sont mentionnées et les infos “recoupables”.
    Donner un coup d’oeil dans le rétro qq années après, je trouve cela assez intelligent… Ainsi donc, on se posait des questions sur la prétendue “bulle” en 2000, et on ne s’en pose plus maintenant, après 6 années de hausse ininterrompue à 2 chiffres ! Cela ne choque personne ?
    Alors point par point à l’argumentation précédente :
    1/ de moins en moins vrai : record de construction en France (manque surtout des logements sociaux et à prix modérés, cela pèse sur le marché privé : les prix sont tirés vers le haut)
    2/ croissance exponentielle : revois tes cours de maths, il y a une augmentation (certes) mais dans la durée, et pas exponentielle du tout…
    3/ VRAI la bourse inquiète et les liquidités dispo sont énormes
    4/ les pros de l’immobilier vendent massivement leurs actifs depuis qq mois : ils ne veulent pas se faire tondre et rachèteront probablement lorsque le marché sera “réajusté”
    5/ les étrangers représentent quelques % des transactions alors arrêtons avec ces mythes : ils tirent le prix de biens plutot hauts de gamme.
    6/ VRAI il y a une grosse solidarité intergénérationnelle actuellement (heureusement la société aurait déjà implosé en l’absence)
    7/ les mesures fiscales / gouvernementales pour favoriser l’achat ne sont que le reflet d’une volonté d’éviter l’explosion d’un marché irrationnel porté à bout de bras par les pouvoirs publics ; dans un triple but
    - de stabilité avant l’échéance présidentielle
    - conservation des revenus (droits et taxes divers)
    - soutien à la faible croissance française (impact important !)
    8/ les taux : VRAI ils sont très bas mais l’impact est important pour les nombreux emprunteurs sans apport et les dossiers ric rac.
    De plus l’allongement de la durée de crédit coute très cher au crédit et solvabilise de façon superficielle…
    Bref, nous verrons bien, pour ma part j’attend encore qq mois : il suffit de suivre le marché américain et la baisse des valeurs immobilières américaines ET françaises !

  6. Marie 19 juin 2006 à 11:38

    “D’autres sont excellents, la plupart des sources sont mentionnées et les infos “recoupables”.”
    TOUTES LES SOURCES sont mentionnées, nuance !