Si certains avaient pu craindre que le séisme d'une magnitude de 5,2 survenu récemment en Guyane ne remette en cause le prochain tir d'Ariane – oh combien stratégique – il n'en est rien.
En effet, le satellite militaire français de télécommunications Syracuse 3B sera lancé le 11 août par la fusée Ariane 5 depuis Kourou en Guyane, a annoncé mercredi Caroline Laurent, directrice du programme à la Direction générale de l'Armement (DGA).
La France s’est engagée, dans un accord commun avec l’Italie et le Royaume-Uni, à fournir des moyens de transmission des informations militaires au début 2006.
I - Lancement du satellite militaire français Syracuse 3B le 11 août
"Le lancement de Syracuse 3B est prévu pour le 11 août par une fusée Ariane 5 ECA avec pour co-passager un satellite de communications japonais" a déclaré Mme Laurent, en marge d'une visite de la base militaire de Favières en Eure-et-Loir.
Les satellites Syracuse 3 sont les premiers satellites de télécommunications entièrement dédiés à l'armée française. Les satellites des programmes Syracuse 1 et 2 développés depuis le milieu des années 80 étaient partagés avec France Télécom. Un satellite Syracuse 2 sera encore en activité jusqu'en 2010 pour seconder les Syracuse 3. Le premier satellite de ce nouveau programme, le 3A, avait été lancé en octobre 2005 depuis Kourou, en Guyane. Le 3B est un frère jumeau du 3A, d'un poids légèrement plus elevé, à savoir 3.700 kilos au décollage contre 2.300 kilos.
D'un coût de 2,3 milliards d'euros, le programme Syracuse 3 est sous la maîtrise d'oeuvre de la DGA, associée à Alcatel Alenia Space, pour le développement du satellite et à Thales pour le développement des stations de réception. Un 3ème satellite devrait être lancé en 2010 dans le cadre de ce programme. Il pourrait être développé en collaboration avec l'Italie.
II – Fonctionnalités offertes par Syracuse
Le satellite de télécommunications militaires Syracuse 3A est lancé pour le compte du Ministère de la Défense. Son objectif est de véhiculer à très longue distance des débits élevés à partir de terminaux de plus en plus compacts.
Le programme Syracuse 3 s’inscrit ainsi dans la continuité des services de télécommunications par satellites au profit des forces armées. Le but est de pouvoir communiquer de n’importe quel point du globe. Le débit de transmission des informations (ordres, images, films...) a été multiplié par dix par rapport aux satellites actuellement en fonctionnement tout en offrant une grande flexibilité, l’interconnexion de réseaux, des services multimédia et une protection accrue des communications face au brouillage (dans le domaine des très hautes fréquences ou SHF) pour éviter tout piratage.
Mais, élément majeur, l’armée n'est plus dépendante ainsi des satellites de télécommunication civils. Les militaires utilisent en effet pour leur programme Syracuse 2 une partie des capacités de certains satellites de France Télécom. Son objectif est également de véhiculer à très longue distance des débits élevés à partir de terminaux de plus en plus compacts.
L'Otan, la Belgique et l'Allemagne peuvent utiliser les capacités des satellites Syracuse 3. Voix, données et images envoyés par ces satellites peuvent être réceptionnés par des stations installées sur des blindés ou des navires et des stations portables transportables à dos d'homme. A partir de la fin 2006 et jusqu'en 2014, la France recevra environ 600 de ces stations. La France utilise pour l'instant les mêmes stations de réception que pour Syracuse 2. Le porte-avions Charles de Gaulle sera équipé de la sienne en 2008.
Les données peuvent également être transmises vers les deux grandes bases de réception en France que sont Favières et Bram (Aude), et acheminées ensuite vers tous les points de commandement du territoire. Placés en orbite géostationnaire, les satellites Syracuse 3A et 3B permettent de couvrir une zone allant de la pointe est des Etats-Unis jusqu'à l'est de la Chine. Parmi les zones d'opération actuelles de l'armée française, seul l'océan Pacifique n'est pas couvert.
Le CNES, très impliqué dans les systèmes spatiaux de Sécurité et Défense, apporte son expertise dans le domaine spatial et fournit l’assistance à la maîtrise d’ouvrage. Une coopération étroite entre l’Ema, la DGA et le CNES est à la base de la réalisation de la politique spatiale militaire.
Syracuse 3A devrait fonctionner au minimum 12 ans et sera suivi en 2006 par son jumeau, Syracuse 3B. La France disposera ainsi d’un système complet de télécommunications spatiales militaires de nouvelle génération.
III - Enjeux du programme Syracuse
Une fois dans l’espace, Syracuse 3A viendra rejoindre les autres satellites de la flotte militaire française déjà en orbite : les satellites Hélios spécialisés dans l’observation et les micro-satellites du programme électronique d’écoute Essaim, destiné à étudier la possibilité dans le futur d’intercepter des communications militaires - ce que font déjà les États-Unis. Les deux satellites Syracuse 3 constitueront ainsi le relais à la transmission de toutes ces informations.
Le lancement de Syracuse est crucial pour l’armée française. Si un report à moyen terme du tir d’Ariane 5 avait eu lieu en octobre 2005, il aurait mis la France en difficulté. Pour ses propres troupes d’une part : les bateaux postés dans l’océan Indien ne pouvaient alors compter que sur un satellite britannique pour communiquer avec la métropole. Mais aussi pour les troupes de l’Otan.
La France s’est en effet engagée, dans un accord commun avec l’Italie et le Royaume-Uni, à fournir des moyens de transmission des informations militaires au début 2006. En cas de retard, c’est la défense à l’échelle européenne qui aurait été affectée.
Pour rappel, le site de la SNPE, mitoyen à celui d'AZF à Toulouse a contribué à la fabrication du propergol, carburant d'Ariane.
A lire également :
. Séisme en Guyane : quel impact pour Ariane ?
. Ariane 5 : lancement de 2 satellites télécoms
. France Télécom se déconnecte des satellites

5 Commentaires
1
Commentaire destiné notamment à J-Christian Tirat, journaliste à valeurs Actuelles, enquetant sur AZF... et SNPE.
il serait intéressant de réaliser - si vous ne l'aviez déjà fait - la liste des satellites tirés par Ariane aux alentours de Septembre 2001 pour voir impact d'une absence de carburants d'Ariane sur le programme de lancement, et enjeux stratégiques et militaires associés.
01 juillet 2006 à 01:502
JCSAT-10 et Syracuse 3B sont prêts pour la prochaine mission d'Ariane 5 ECA actuellement programmée pour le 11 août 2006 à 19H15 locales.
JCSAT-10 est un satellite multi-missions stabilisé 3 axes destiné à couvrir le Japon et la région Asie Pacifique. D’une masse d’environ 4050 kg au décollage, JCSAT-10 est construit par Lockheed Martin Commercial Space Systems pour son client : JSAT Corporation. Ce sera le 5e satellite de JSAT Corporation lancé par une Ariane après JCSAT 8 en mars 2002, N-SAT 110 en octobre 200, JCSAT-5 en décembre 97 et JCSAT-1 en mars 1989.
Après Syracuse 3A lancé en 2005 par Ariane 5, Syracuse 3B , sera le deuxième satellite du système français de troisième génération dédié aux télécommunications militaires protégées et sécurisées. La responsabilité du programme est exercée par la Délégation Générale pour l’Armement (DGA) du Ministère français de la Défense.
07 août 2006 à 14:49D’une masse au décollage de 3750 kg, Syracuse 3B est conçu par Alcatel Alenia Space.
3
La fusée Ariane sera lancé pour la troisième fois cette nuit. C'est entre 0h15 et 1h52, que s'élèvera dans la nuit la fusée Ariane 5 ECA qui est capable de transporter jusqu'à 10 tonnes de fret. A bord de la fusée Ariane 5 ECA se trouveront le satellite de télécommunications japonais JSAT-10 et le satellite militaire français Syracuse 3-B.
Ariane 5 ECA est un lanceur composé d'un corps central monoétage pourvu de deux accélérateurs à poudre et d'un étage supérieur. Cette architecture, bâtie autour d'un étage principal cryotechnique, allie simplicité et robustesse avec un nombre d'éléments propulsifs limité, tout en offrant un important potentiel évolutif, notamment au niveau des parties hautes.
Le satellite Syracuse 3-B pèse plus de 3,7 tonnes. C'est le deuxième satellite français du programme de télécommunications militaires sécurisées de 3e génération Syracuse. Placé sous la responsabilité de la Direction générale de l'armement (DGA) du ministère français de la Défense, il rejoindra dans l'espace Syracuse 3-A lancé le 13 octobre 2005 par une fusée Ariane 5. Le programme Syracuse est utilisé par l'OTAN dans le cadre de son projet NATO SATCOM POST 2000. L'objet du programme « NATO » est le remplacement de la constellation actuelle de satellites de télécommunications de l'OTAN (NATO IV ) par une location de services et de capacités sur des satellites militaires nationaux, sur la période 2005-2019, en bandes de fréquences SHF ( super high frequency ) et UHF ( ultra high frequency ).
12 août 2006 à 00:044
La fusée Ariane sera lancé pour la troisième fois cette nuit. C'est entre 0h15 et 1h52, que s'élèvera dans la nuit la fusée Ariane 5 ECA qui est capable de transporter jusqu'à 10 tonnes de fret. A bord de la fusée Ariane 5 ECA se trouveront le satellite de télécommunications japonais JSAT-10 et le satellite militaire français Syracuse 3-B.
Ariane 5 ECA est un lanceur composé d'un corps central monoétage pourvu de deux accélérateurs à poudre et d'un étage supérieur. Cette architecture, bâtie autour d'un étage principal cryotechnique, allie simplicité et robustesse avec un nombre d'éléments propulsifs limité, tout en offrant un important potentiel évolutif, notamment au niveau des parties hautes.
Le satellite Syracuse 3-B pèse plus de 3,7 tonnes. C'est le deuxième satellite français du programme de télécommunications militaires sécurisées de 3e génération Syracuse. Placé sous la responsabilité de la Direction générale de l'armement (DGA) du ministère français de la Défense, il rejoindra dans l'espace Syracuse 3-A lancé le 13 octobre 2005 par une fusée Ariane 5. Le programme Syracuse est utilisé par l'OTAN dans le cadre de son projet NATO SATCOM POST 2000. L'objet du programme « NATO » est le remplacement de la constellation actuelle de satellites de télécommunications de l'OTAN (NATO IV ) par une location de services et de capacités sur des satellites militaires nationaux, sur la période 2005-2019, en bandes de fréquences SHF ( super high frequency ) et UHF ( ultra high frequency ).
12 août 2006 à 00:045
A lire également
http://smsc.cnes.fr/DEMETER/Fr/lien3_science.htm
17 mars 2007 à 11:51Ajoutez un commentaire
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