AREVA:privatisation et dossier Alstom refermés

ArevalauvergeonAlors que l'actuelle présidente du directoire du groupe Areva, Anne Lauvergeon, a été reconduite jeudi pour un mandat de cinq ans, le président de son conseil de surveillance, Frédéric Lemoine, affirme que "le dossier Alstom est totalement refermé", dans un entretien aux Echos à paraître vendredi.

Le ministre de l'Economie Thierry Breton a parallèlement affirmé jeudi que l'Etat était contre une ouverture du capital du groupe nucléaire public dans "les cinq ans qui viennent".

I – Areva referme le dossier Alstom

Selon le président du conseil de surveillance du groupe nucléaire français Areva, Frédéric Lemoine, le dossier Alstom serait “totalement refermé". Cette position est argumentée par le fait qu'un rapprochement avec le groupe industriel de matériel de transports et de centrales électriques ne correspondrait pas à la nouvelle stratégie redéfinie par Areva de se recentrer sur ses activités premières qu'est le nucléaire.

La présidente du directoire d'Areva, Anne Lauvergeon avait néanmoins déclaré le 5 mai qu'un rapprochement avec Alstom était "un sujet ouvert", après l'entrée au capital d'Alstom du géant du BTP Bouygues.

Le groupe n'aurait pas l'intention de construire en propre des centrales électriques fonctionnant au gaz ou au charbon, pas plus que les parties conventionnelles des centrales nucléaires, ces activités ne correspondant pas au coeur de métier du groupe. Areva a l'intention de se "focaliser" sur "ses métiers actuels" et "n'a pas vocation à être un conglomérat", insiste M. Lemoine. Il précise également que le groupe écarte les prises de participations non stratégiques, les diversifications dans des activités consommatrices “de temps et de capitaux". “En dehors de l'uranium, le cadrage est clair : les autres formes d'exploitation minières sont exclues", souligne le dirigeant d'Areva.

II - Areva: pas d'ouverture du capital durant les 5 prochaines années

Le ministre de l'Economie Thierry Breton a affirmé jeudi que l'Etat était contre une ouverture du capital du groupe nucléaire public Areva dans "les cinq ans qui viennent".

Dans un communiqué diffusé après la reconduction du directoire et de sa présidente Anne Lauvergeon pour un mandat de cinq ans, M. Breton affirme: "L'Etat a veillé à ce que le conseil de surveillance et le directoire intègrent pleinement le cadre actionnarial dans lequel ce nouveau mandat s'exercera, à savoir que la part du secteur public au capital d'Areva ne sera pas diluée par appel aux marchés financiers durant le nouveau mandat du directoire, soit dans les cinq ans qui viennent".

L'ouverture du capital d'Areva, initialement prévue en 2005, avait d'abord été repoussée en 2006. Fin Octobre, le Premier ministre Dominique de Villepin avait cependant annoncé que cette dernière n'interviendrait pas d'ici à 2007, en vue de ne pas interférer avec les élections présidentielle et législatives.

En ce qui concerne ce dossier, M. Lemoine a précise jeudi que la direction du groupe avait parfaitement intégré le fait que l'Etat avait exclu l'hypothèse d'une ouverture du capital d'Areva, souhaitée par Mme Lauvergeon et était "prêt à développer Areva dans le cadre qui avait été défini".

III - Anne Lauvergeon reconduite pour 5 ans

L'actuelle présidente du directoire du groupe nucléaire public Areva, Anne Lauvergeon, a été reconduite pour un mandat de cinq ans, a annoncé jeudi le conseil de surveillance du groupe dans un communiqué. Mme Lauvergeon était à la tête d'Areva depuis sa création en 2001.

Le conseil de surveillance a par ailleurs renouvelé dans leurs fonctions Gérard Arbola, directeur général délégué, Vincent Maurel, président d'Areva NP (Nuclear Power, ex Framatome) et Didier Benedetti, directeur général délégué d'Areva NC (Nuclear Cycle, ex Cogema).

Pour la période 2006-2011, le conseil de surveillance a souligné son "attachement à ce que le fonctionnement de ses activités industrielles demeure une priorité absolue", son choix de focaliser le développement du groupe sur ses métiers actuels, et "la nécessaire poursuite de l'amélioration des performances économiques et financières".

Le groupe a confirmé la création de la nouvelle usine d'enrichissement d'uranium Georges Besse II, du nom du fondateur d'Eurodif devenu ensuite PDG de Renault, qui sera installée au Tricastin, sur le même site que l'usine actuellement en service, Georges Besse I.

Le président du conseil de surveillance, Frédéric Lemoine, a salué "l'importance du chemin parcouru par Areva depuis sa création en 2001", et a souligné les perspectives "qui s'ouvrent pour Areva dans cette deuxième phase de développement".

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6 Commentaires

  1. 1

    Delepine

    Hé oui pas d'Alsthom pour areva et cinq de plus dans le giron de l'état.
    On peut se demander si les politiques n'ont pas reculés non parce qu'Areva joue un rôle décisif dans toute politique publique de l'énergie ( ils auraient alors retardée la privatisation d'EDF et de GDF) mais parce que la société est une telle mine d'uranium que l'on pouvait prévoir une belle foire d'empoigne pour mettre la main de dessus.
    Or, il y a quelqu'un que le délais de cinq ans ne doit pas angoisser c'est Martin Bouygues , cela lui laisse le temps d'avaler Alsthom en toute quiétude et d'attendre la mariée à la sortie du bal avec de solides arguments financiers, industriels et ....politique.
    Delepine

  2. 2

    Elisabeth

    Je pense que la position actuelle du gouvernement est liée au dossier iranien et accord éventuel avec l'Iran.

  3. 3

    Delepine

    Ma chère

    Je ne partage pas ton avis, s'avanturer dans un deal eurodif bis me semblerait des dangereux!!
    De plus pour collaborer avec l'Iran la Russie s'est montrée tres entreprenante.Peut être un deal à trois qui sait ?

    Bien à vous

    PS: en revanche une chose est sur Bouygue veut Areva et comme il n'a pas l'argent tout de suite il a tout intérêt à attendre.

  4. 4

    Delepine

    Ma chère

    Je ne partage pas ton avis, s'avanturer dans un deal eurodif bis me semblerait dangereux!!
    De plus pour collaborer avec l'Iran la Russie s'est montrée tres entreprenante.Peut être un deal à trois qui sait ?

    Bien à vous

    PS: en revanche une chose est sur Bouygue veut Areva et comme il n'a pas l'argent tout de suite il a tout intérêt à attendre.

  5. 5

    Bram Bargh

    "Je dis bluff !"

    Ce n'est pas la première fois que l'ouverture du capital d'Areva est repoussée, donc Lauvergeon et son directoire ont acquis de la patience. Ils savent que les cartes vont être redistribuées à la prochaine élection et que le dossier Areva sera étudié avec un autre oeil. Alors un petit compromis à mi-parcours, qu'est-ce que c'est ? Rien d'autre qu'une manoeuvre pour endormir les masses et attendre le bon moment pour refaire surface. Rendez-vous en 2008 ?

  6. 6

    Elisabeth

    Surtout que quelques jours apres .. Areva a annoncé un accord avec des allemands , mine de rien ..

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