Severstal prendrait à terme 45 % d'Arcelor

Mordashov_1Alexeï Mordachov, PDG du groupe sidérurgique russe Severstal, a indiqué samedi qu'il envisageait d'augmenter sa part dans le géant européen de l'acier Arcelor jusqu'à 45%, contre 32% prévus initialement lors de l'annonce de la fusion entre les deux groupes vendredi. Selon les termes de l'accord, M. Mordachov s'est engagé à ne pas accroître son niveau de participation dans Arcelor pendant 4 ans, et à ne pas céder ses actions Arcelor pendant 5 ans.

Arcelor a annoncé vendredi son intention d'acheter le groupe russe Severstal en donnant un tiers de son capital au PDG Alexeï Mordachov, pour une valeur de 12 milliards d'euros, dans le cadre d'une opération visant à faire échouer l'OPA hostile lancée par Mittal Steel. Ce dernier ne compte pas relever son offre sur Arcelor, a déclaré vendredi Wilbur Ross, l'un des administrateurs de Mittal.

I - Mordachov voudrait porter à terme sa part dans Arcelor à 45%

"Je voudrais augmenter ma part jusqu'à 45% mais dans le respect des intérêts des autres actionnaires et en suivant les autorités de régulation du Luxembourg, aujourd'hui je n'ai pas ce droit", a déclaré le responsable à l'agence Interfax.

Selon les termes de l'accord entre les deux groupes, M. Mordachov s'est engagé à ne pas accroître son niveau de participation dans Arcelor pendant 4 ans, et à ne pas céder ses actions Arcelor pendant 5 ans. Le jeune milliardaire a précisé qu'il pourrait – passé ce délai - augmenter son contrôle au détriment des parts d'autres actionnaires ou en achetant des actions sur le marché boursier. M. Mordachov doit apporter à Arcelor la totalité des activités sidérurgiques et minières de Severstal ainsi que sa participation dans le sidérurgiste italien Lucchini, plus 1,25 milliard d'euros en cash. A l'issue de l'opération, le propriétaire de Severstal deviendra le premier actionnaire du nouveau groupe fusionné, avec une part estimée à "environ 32%", loin devant l'actuel, le Grand Duché de Luxembourg.

La fusion, qui doit encore être approuvée par les autorités de la concurrence, devrait être finalisée "à la fin du mois de juillet", sous réserve qu'une majorité des actionnaires d'Arcelor ne rejette la transaction lors d'une Assemblée Générale prévue vers le 28 juin.

II - Mittal ne compte pas relever son offre

Dans une interview au Figaro publiée samedi, Lakshmi Mittal, le patron du géant de l'acier réaffirme être "déterminé à mener à terme" son offre sur le sidérurgiste européen Arcelor, malgré la fusion annoncée. Cependant, Mittal Steel ne compte pas relever son offre sur Arcelor, bien que ce dernier ait décidé d'acheter le russe Severstal pour contrer l'OPA de Mittal, a déclaré vendredi Wilbur Ross, l'un des administrateurs du groupe. Mittal estime en effet que son offre est actuellement déjà clairement supérieure à celle de l'opération Arcelor-Severstal. L'offre publique d'achat annoncée en janvier, a officiellement été lancée jeudi dernier, le groupe relevant dès le lendemain sa proposition, de 18,6 à 25,8 milliards d'euros, ou 37,74 euros par action.

Dans l'attente du dénouement de l'AG, Mittal juge également l'opération Severstal clairement retorse en fixant la date de l'AG en juin, ceci laissant peu de temps aux actionnaires qui souhaitent se retourner. Plusieurs d'entre eux tenteraient actuellement de se réunir pour former la participation de 20% nécessaire pour demander la tenue d'une AG extraordinaire, mais ils disposent de très peu de temps devant eux.

"L'offre sur Severstal cherche à tromper les actionnaires d'Arcelor, car la direction veut faire croire qu'il s'agit d'une offre à 44 euros, alors qu'aucune rétribution n'ira aux actionnaires", s'insurge M. Ross, ajoutant que ce prix concerne les actions nouvelles qui iront à M. Mordachov. Selon lui, l'opération Severstal ne serait qu'un “transfert du contrôle économique du groupe à l'investisseur russe n'apportant rien aux actionnaires".

"De toute ma carrière, je n'ai jamais vu une telle manière de se comporter à la direction d'un groupe", a ajouté le sexagénaire, qualifiant de "totalement scandaleuse" l'attitude de la direction d'Arcelor. Cette dernière "a toujours refusé de discuter avec nous. Elle a indiqué en début de semaine qu'elle allait étudier notre projet industriel", et avec l'opération Severstal, elle "cherche maintenant à empêcher ses actionnaires de prendre la décision la plus importante qu'ils aient jamais eu à prendre", a-t-il dit.

Wilbur Ross, qui a bâti sa fortune en rachetant des sociétés en difficultés en vue de les redresser, a vendu le groupe sidérurgique ISG à Mittal en 2005, et possède depuis "quelques millions de dollars" en actions de Mittal, soit "un pourcentage très faible" selon lui. La famille Mittal détient environ 90% du groupe.

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