Pétrole : l'Equateur suit les pas de la Bolivie

Oxy6tlcL'Equateur a déclaré caduc son contrat avec la société pétrolière américaine OXY pour vente illégale d'actions, a annoncé lundi à Quito le ministre de l'Energie. Depuis les années 1990, la société exploite 100.000 barils/jour de brut dans l'Amazonie équatorienne. Le gouvernement écarte cependant un processus de nationalisation, contrairement à la Bolivie, et évoque la possibilité qu'une entreprise publique étangère puisse s'associer avec PetroEcuador, l'opérateur national. Le géant canadien du gaz naturel EnCana a fait savoir quant à lui vendredi qu'il pourrait perdre jusqu'à 280 millions $ US en raison du différend.

La décision de congédier OXY parvient au moment où le pays andin examine la signature d'un Traité de Libre Commerce (TLC) avec les Etats-Unis qui rencontre de fortes résistance de la part des mouvements sociaux et indigènes. Les Etats-Unis ont annoncé mardi rompre leurs négociations avec l'Equateur sur cet accord en réponse à l'annulation du contrat du pétrolier.

I – Le contrat d'Oxy déclaré caduc

Le ministre a déclaré caduc le contrat de participation pour l'exploration d'hydrocarbures et l'exploitation de pétrole brut de la société OXY. Le gouvernement écartant tout processus de nationalisation, une entreprise publique étrangère pourrait s'associer avec PetroEcuador, l'opérateur national.

Le Venezuela, le Mexique, le Chili, la Colombia et le Brésil figurent parmi les potentiels partenaires listés par le gouvernement que préside Alfredo Palacio. La compagnie vénézuélienne PDVSA et la brésilienne Petrobras figurent parmi les possibles associés de l'Etat pour extraire du brut de l'Amazonie équatorienne. Le jugement oblige OXY à "rendre immédiatement les zones sous contrats, les installations et les équipements et machines pour l'exploitation ou la production de brut".

II – Petroecuador prend le contrôle des champs US en Equateur

L’entreprise publique Petroecuador a pris le 18 mai le contrôle de 100% des champs pétroliers de la multinationale US (OXY), le contrat avec l’Etat ayant été déclaré caduc. La compagnie pétrolière nord-américaine a informé mercredi soir qu’elle avait transféré toutes ses opérations du bloc 15 sous le contrôle de Petroecuador.

Une unité de techniciens est arrivée dès jeudi aux puits de Limoncocha, dans la province de Sucumbios, pour assurer les activités de ces installations. La décision de caducité du contrat entre en vigueur trois jours après son annonce. Le président de Petroecuador, Fernando Gonzalez, a indiqué que ses travailleurs sont formés pour assumer le contrôle des champs et des puits pétroliers de OXY, même si cela nécessitait un financement.

Le ministre de l’Energie, Ivan Rodriguez, a souligné que les ressources générées par la production de l’entreprise nord-américaine seront gérées par le ministère de l’Economie. Ce dernier a transféré plus de 61 millions de dollars à Petroecuador pour cette année pour la dotation de combustibles aux usines électriques et d’autres coûts d’opération. Les investissements ayant été évalués, les fonds seront remis de telle sorte à ne pas paralyser la production dans les anciens champs de de l'entreprise nord-américaine.

III – OXY demande un arbitrage international

La compagnie OXY a présenté une demande d’arbitrage international contre le gouvernement de l’Equateur pour avoir déclaré la caducité de son contrat au motif qu'elle n'avait pas sollicité en 2000 une autorisation pour transférer ses actions à Encana. Le secrétaire de la Communication de la présidence, Enrique Proaño, a averti que cette demande n’avait aucun fondement, estimant que l’Equateur avait appliqué la loi.

Des avocats et des experts nationaux ont indiqué que cette action d'OXY manque de validité, car l’article 8 de cet accord d’investissements exclue la possibilité d’un arbitrage quand la législation nationale est violée.

IV - Etats-Unis/Equateur : rupture des négociations sur libre-échange

Les Etats-Unis ont rompu leurs négociations avec l'Equateur sur l'accord de libre-échange après que Quito eut décidé d'annuler le contrat d'exploitation avec la  société pétrolière américaine OXY, a annoncé mardi la porte-parole du représentant américain au Commerce, Neena Moorjani.

"Nous sommes déçus par la décision de l'Equateur, qui semble constituer une saisie des avoirs de la compagnie américaine", a affirmé la porte-parole, ajoutant qu'il n'y avait plus de nouvelle discussion sur l'accord de libre-échange.

Mme Moorjani a indiqué que le gouvernement américain demanderait à l'Equateur une explication sur son action, dont les compensations dues à la société américaine, selon l'accord d'investissement entre les deux pays. Les Etats-Unis avaient entamé des négociations sur des accords de libre-échange avec l'Equateur, le Pérou et la Colombie en mai 2004. Washington avait conclu ses discussions avec le Pérou en décembre 2005 et est parvenu à un accord avec la Colombie en février.

V - EnCana pourrait perdre jusqu'à 280 millions $ US
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Le géant canadien du gaz naturel EnCana Corp. a fait savoir vendredi qu'il pourrait perdre jusqu'à 280 millions $ US en raison du différend opposant le gouvernement de l'Equateur au producteur d'énergie américain Occidental Petroleum. Jusqu'à l'an dernier, EnCana, dont le siège est situé à Calgary, détenait 40% du projet Block 15 d'OXY que le gouvernement équatorien a saisi cette semaine.

En début d'année, EnCana avait complété la vente de tous ses actifs en Equateur, incluant ses intérêts dans Block 15, à une société conjointe constituée de sociétés pétrolières appartenant à l'Etat chinois, en échange de 1,42 milliard $ US. Néanmoins, l'accord comportait des clauses visant à protéger l'acheteur face à toute perte susceptible de résulter de certaines situations.

Vendredi, Alan Boras, porte-parole d'Encana, a indiqué que la co-entreprise chinoise Andes Petroleum avait intenté une procédure contre EnCana. Les détails de cette poursuite demeurent confidentiels, a affirmé M. Boras, qui a néanmoins précisé que l'entreprise pourrait au maximum perdre moins de 20% des produits de la vente, soit 280 millions $ US. EnCana n'a pas voulu dire s'engager sur une possible date de règlement de cette affaire.

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4 Commentaires

  1. 1

    Anonyme

    On en reparle , mais il apparait que Petrobras (Bresil) puisse etre un des partenaires de l'Equateur, la Bolivie acceptant des compensations .

    cf. sur EL WATAN 21/05/06 :
    "La Bolivie compte compenser le brésilien Petrobras

    Le ministre bolivien des Hydrocarbures, Andres Soliz, a annoncé vendredi dernier que son pays pourrait fournir du gaz à la compagnie brésilienne Petrobras « à titre de compensation », suite aux nationalisations décidées le 1er mai par La Paz.
    Selon M. Soliz, qui s’exprimait devant des députés, Petrobras aurait évoqué la possibilité que le gouvernement bolivien compense les nationalisations en fournissant du gaz à cette compagnie pétrolière. Il a indiqué que les négociations avec le Brésil concernant le réajustement de 65% du prix du gaz n’avaient pas encore commencé. Principal acheteur du gaz bolivien, le Brésil importe actuellement quelque 25 millions de mètres cubes de gaz par jour au prix de 3,3 dollars le millier de BTU (British Thermal Unit). Cet approvisionnement couvre 74% des besoins de la région de Sao Paulo. La Bolivie, qui a nationalisé les hydrocarbures le 1er mai dernier, a accordé un délai de 180 jours aux compagnies étrangères pour renégocier de nouveaux contrats avec l’Etat. Actuellement, 26 compagnies étrangères opèrent en Bolivie venant notamment des Etats-Unis, du Brésil, de la Grande-Bretagne, de France et d’Espagne.

  2. 2

    Elisabeth

    El WATAN 21/05/06
    Nationalisation des hydrocarbures en Amérique latine
    « L’effet domino » tant rêvé par Boumediène

    Le départ de la firme américaine Oxy d’Equateur confirme l’« effet domino » en Amérique latine des thèses du président vénézuélien, Hugo Chavez, visant une reprise du contrôle des ressources naturelles par les Etats, selon des experts approchés par l’AFP
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    Même si le gouvernement a vivement rejeté toutes « rumeurs de nationalisation des ressources naturelles », les analystes pensent que l’expulsion virtuelle d’Oxy s’insère dans une volonté de réappropriation des richesses.

    D’autant que l’Equateur a durci en avril dernier sa loi sur les hydrocarbures afin que l’Etat perçoive « au moins » 50% de l’excédent du prix du pétrole brut par rapport au tarif prévu dans les contrats d’exploitation.

    Le ministre de l’Economie, Diego Borja a précisé que cette répartition à 50/50 pourrait être relevée si les cours pétroliers continuent de flamber. « Il y a une tendance en Amérique latine à inverser l’expérience des années 1980 et 1990 pendant lesquelles (les gouvernements) imposèrent les privatisations et le retour de capitaux étrangers » après la vague de nationalisations des années 1970, a indiqué à l’AFP Eli Habalian, ex-représentant du Venezuela au sein de l’OPEP.

    L’expert a toutefois mis en garde contre des conclusions trop hâtives, soulignant qu’en Equateur, beaucoup dépendra du résultat des élections prévues en octobre 2006. Ailleurs, dans la région, pour savoir quels équilibres se dessinent, M. Habalian a recommandé d’attendre « de voir comment se concrétisera la nationalisation du gaz » en Bolivie.

    Attention aux elections prochaines !!!! comme d'habitudes , facteur de troubles importants dans pays petrolier, fournisseur des USA ....

  3. 3

  4. 4

    OPEP ? / Elisabeth

    CARACAS, 31 mai 2006 (AFP)
    Le ministre de l'Energie vénézuélien Rafael Ramirez a jugé qu'il était "trop tôt" pour envisager une baisse de la production lors de la réunion jeudi des ministres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) tout en jugeant "possible" qu'elle intervienne "d'ici septembre".


    A propos d'un possible retour de l'Equateur dans l'Opep, M. Ramirez a indiqué que si Quito "le demande, le Venezuela lui apportera son appui avec enthousiasme". L'Equateur s'était retiré de l'Opep en 1992. Il a également estimé possible une entrée du Soudan, en indiquant que Caracas est favorable à l'adhésion à l'OPEP de tout pays producteur important.

    M. Ramirez a jugé que l'Opep était redevenue une "référence" pour les marchés pétroliers, dotée d'une "forte influence pour la stabilité du marché pétrolier" et que donc l'incorporation de tout pays supplémentaire était "la bienvenue" du point de vue du Venezuela.

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