Les prix du pétrole ont reculé d'environ 2 dollars mercredi à New York et à Londres, suite à la publication du montant des stocks américains, faisant état d'une augmentation inattendue des réserves d'essence et de brut. Cette première hausse constatée depuis 9 semaines est de nature à rassurer les marchés qui craignaient jusqu'alors que les stocks ne parviennent à se reconstituer avant le démarrage des déplacements estivaux.
Pas d'euphorie hâtive néanmoins : les cours du pétrole restent en effet au-dessus des 72 dollars, les sources d'inquiétudes restant nombreuses. Alors que la saison des ouragans dans l'Atlantique, qui démarre en juin menace d'être aussi active que l'an dernier, une alerte au tsunami a été lancée jeudi pour la Nouvelle-Zélande et les îles Fidji après un puissant séisme dans le Pacifique sud. Le Centre d'information concerné a également lancé un état de vigilance pour le reste de l'océan Pacifique après ce séisme de magnitude 8 qui s'est produit mercredi à 15H26 GMT.
I – Le cours du brut
A New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en juin a baissé de 2,33 dollars à 72,28 dollars. A Londres, le baril de Brent a cédé 1,99 dollar à 72,65 dollars. Le baril de Brent a tout de même atteint un nouveau record mardi à Londres en séance, à 74,97 dollars, en raison d'inquiétudes sur le dossier nucléaire iranien.
Dans sa lettre hebdomadaire, l'Agence d'Information sur l'Energie américaine considère par ailleurs que les prix du brut devraient rester élevés cette année. Selon elle, trois facteurs ont été la cause du passage du “light sweet crude” de 20-30 dollars le baril en 2002-2003 à plus de 70 dollars ces quinze derniers jours. L'Agence évoque une croissance forte de la demande mondiale, particulièrement en Chine et aux Etats-Unis, des capacités de production supplémentaires limitées, et des inquiétudes importantes sur le front de la météo et de la géopolitique. Selon l'EIA, les prix resteront aux niveaux actuels tant qu'au moins une partie de ces inquiétudes ne sera pas estompée. Ses estimations tablent également sur une demande de pétrole en hausse de 1,6 million de barils par jour en 2006 par rapport à 2005, et de 1,7 million de barils en 2007.
En guise de synthèse, l'Agence mentionne les effets conjugués courts et moyens termes de la situation au Nigeria qui devrait perdurer pendant plusieurs mois, les craintes d'une possible interruption des exportations iraniennes qui devraient rester fortes cette année voire jusqu'au début de l'année prochaine, et l'éventualité actuelle et prochaine d'ouragans très violents.
Environ un quart de la production d'or noir est par ailleurs paralysé au Nigeria depuis janvier en raison des attaques répétées de militants indépendantistes contre les installations pétrolières étrangères de la région du delta du Niger.
II – Offre et demande
Les opérateurs ont été soulagés par l'état des réserves de brut et d'essence la semaine dernière aux Etats-Unis. Dans son rapport hebdomadaire, le ministère américain de l'Energie (DoE) a annoncé une hausse des stocks d'essence de 2,1 millions de barils, alors que les analystes craignaient une baisse de 650.000 barils. Les raffineries sont en effet parvenues à accroître leur production plus amplement qu'espéré. Les inquiétudes sur les perspectives de production à moyen terme semblaient donc exagérées.
De plus, la demande d'essence est désormais égale à celle de la même période de l'an dernier, alors qu'elle était encore supérieure lors de la semaine précédente. Les prix de l'essence semblent avoir visiblement atteint un niveau suffisamment élevé pour freiner la demande. Toutefois, les stocks d'essence demeurent inférieurs de 4,8% à leur niveau de l'an dernier. Les stocks de brut américains, progressent quant à eux de 1,7 million de barils alors que les analystes s'attendaient à une baisse de 150.000 barils.
III – Les inquiétudes sur l'Iran demeurent
L'incertitude demeure sur l'issue de la crise du nucléaire iranien. Lors de la réunion de mardi, Européens et Américains ne sont pas parvenus à convaincre la Chine et la Russie d'appuyer une résolution de l'Onu contraignant l'Iran à suspendre ses activités nucléaires. Le Conseil de sécurité de l'Onu devait se réunir mercredi à New York pour examiner à nouveau le dossier nucléaire iranien, les Etats occidentaux tentant ainsi de finaliser leur projet de résolution destinée à contraindre l'Iran à suspendre ses activités nucléaires jugées suspectes.
Vers 15H15 (19H15 GMT), la France et la Grande-Bretagne s'apprêtaient à présenter une proposition de résolution au Conseil de sécurité demandant à l'Iran de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium, a indiqué l'ambassadeur de France. "Nous allons faire circuler le projet aux membres du Conseil de sécurité", a déclaré Jean-Marc de la Sablière, avant d'entrer dans la salle du Conseil. "C'est une résolution placée sous le chapitre VII". Si la résolution ne devait pas elle-même évoquer des sanctions, ce chapitre de la charte de l'Onu peut, au nom de la sécurité internationale, ouvrir ultérieurement la voie à d'éventuelles sanctions voire à une intervention militaire. Pékin et Moscou expriment depuis le début leurs réticences quant à cette procédure.
L'hypothèse de mesures contraignantes infligées à l'Iran inquiète les investisseurs, car elles pourraient conduire à une interruption des exportations de brut iraniennes en représailles, voire de tout le pétrole transitant par le Golfe persique.
IV – Risques climatiques
Pour mémoire, les violents ouragans Katrina et Rita avaient fortement endommagé les installations pétrolières et les raffineries du golfe du Mexique aux Etats-Unis à la fin de l'été dernier. De nombreux météorologues s'attendent à une saison 2006 de nouveau particulièrement active. Outre les tensions géopolitiques, la saison des ouragans dans l'Atlantique, qui démarre en juin et menace d'être aussi active que l'an dernier, préocuppe le marché qui craint que les installations pétrolières du golfe du Mexique soient à nouveau endommagées.
Une alerte au tsunami a été lancée pour la Nouvelle-Zélande et les îles Fidji après un puissant séisme jeudi dans le Pacifique sud, a-t-on appris mercredi auprès du Centre d'information sur les tsunamis pour le Pacifique, situé dans l'archipel américain d'Hawaï.
Le Centre a également lancé un état de vigilance pour le reste de l'océan Pacifique après ce séisme de magnitude 8 sur l'échelle ouverte de Richter, qui s'est produit jeudi à 4H26 du matin (mercredi 15H26 GMT) et dont l'épicentre était situé à proximité de l'archipel de Tonga.
Selon, Nathan Becker, océanographe au Centre d'information, il est probable qu'un tsunami va se produire, la Nouvelle-Zélande et Fidji doivent ainsi prendre des mesures appropriées.
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2 Commentaires
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C'est pas possible que la tension qui rêgne sur les matières premières puisse croître encore longtemps. je n'arrive pas à imaginer un monde stable (relativement) avec une pression pareille sur les ressources. Quelque part, quelque chose va finir par craquer. Mais ou?
03 mai 2006 à 23:542
Les USA viennent de perdre 17 millions de barils soit mois moins de un jour de consommation.
Kerr-McGee vient de se retirer du Sahara Occidental.
Cela aura-t-il des conséquences sur la politique de "défense de la liberté au moyen orient" des USA.
Ce n'est pas sur car il n'y a pas de pétrole à Chypre et pourtant les USA sont du coté de l'occupant turque.
04 mai 2006 à 12:25Ajoutez un commentaire
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