Après la visite du MEDEF de la semaine dernière qui ne s'est pas soldée pas de brillants résultats concrets, et les propos plus modérés de Douste-Blazy envers le Président algérien Bouteflika, le ministre délégué français à l'Industrie François Loos effectuera, à partir de lundi, une visite de deux jours en Algérie, à la tête d'une délégation de chef d'entreprises.
Même si les relations politiques bilatérales entre les deux pays s'avèrent tendues actuellement compte-tenu des avis très partagés de part et d'autre sur la question coloniale, la France reste le premier partenaire commercial de l'Algérie. Ironie de l'Histoire ou nouvelle bourde de la France, le ministre français se rend à Alger à une date oh combien symbolique, puisque le 8 mai représente également l'anniversaire du massacre de SETIF que certains considèrent comme les prémices de la guerre d'Algérie.
I – Visite de François Loos à Alger
Lors de son séjour en Algérie, M. Loos doit s'entretenir avec le ministre algérien de la Poste et des Technologies de l'information et de la Communication Boudjemaâ Haïchour, le ministre des Participations et de la Promotion des investissements Hamid Temmar et celui de l'Energie et des Mines Chakib Khelil. Les deux parties devraient également signer un accord-cadre de partenaire dans le domaine de la poste.
La délégation française sera composée entre autre du président du groupe La Poste Jean-Paul Bailly et du PDG de Gaz de France Jean-François Cirelli. Cette visite « rend compte de l’importance du partenariat noué entre nos deux pays », indique le ministre français, en soulignant que "la France est le premier partenaire commercial de l’Algérie".
Cette visite intervient après celle effectuée par la délégation du Medef conduite par sa présidente Laurence Parisot, cette semaine pour « renforcer l’investissement » français en Algérie. Ces déplacements interviennent dans une période de tensions entre Alger et Paris, après la récente déclaration du président Abdelaziz Bouteflika dénonçant un « génocide de l’identité algérienne » durant la colonisation de l’Algérie et les déclarations de responsables politiques français ironisant sur l’hospitalisation de M. Bouteflika dans un hôpital français.
II – Les massacres de SETIF : 8 mai 1945
Le 8 mai 1945, le jour même de la victoire alliée sur le nazisme, de violentes émeutes éclatent à Sétif, en Algérie. Les manifestants sont des Algériens de confession musulmane dont beaucoup se sont battus dans les troupes françaises qui ont libéré l'Italie du fascisme. Le 7 mars 1944, le gouvernement provisoire d'Alger a publié en signe d'ouverture une ordonnance qui octroie la citoyenneté française à 70.000 musulmans (l'Algérie compte à cette date près de 8 millions de musulmans pour moins d'un million de citoyens d'origine européenne et de confession chrétienne ou israélite).
Estimant ce geste très insuffisant, les indépendantistes du PPA (Parti Populaire Algérien) de Messali Hadj et de l'UDMA de Ferhat Abbas projettent un congrès clandestin qui proclamerait l'indépendance. Mais Messali Hadj est arrêté en avril 1945 et déporté dans le sud du pays puis au Gabon. Cette réaction des autorités françaises sème la consternation chez les musulmans.
Le 1er mai 1945 , une manifestation du PPA clandestin réunit 20.000 personnes à Alger, dans la rue d'Isly. Pour la première fois est arboré en public le drapeau des indépendantistes. La manifestation se solde par 11 morts, des arrestations, des tortures.
Le matin du 8 mai 1945, une nouvelle manifestation survient à Sétif aux cris de «Istiqlal [indépendance], libérez Messali». Les militants du PPA ont reçu la consigne de ne pas porter d'armes ni d'arborer le drapeau algérien mais un scout musulman brandit le drapeau au coeur des quartiers européens. La police se précipite tandis que le maire socialiste la supplie de ne pas tirer. Il est abattu de même que le scout. La foule, évaluée à 8.000 personnes se déchaîne et 27 Européens sont assassinés. L'insurrection s'étend à des villes voisines, faisant en quelques jours 103 morts dans la population européenne.
La répression est d'une extrême brutalité. Officiellement, elle fait 1.500 morts parmi les musulmans, en réalité de 8.000 à 20.000. L'aviation est requise pour bombarder les zones insurgées. Les tribunaux ordonnent 28 exécutions et une soixantaine de longues incarcérations. Le drame passe inaperçu de l'opinion métropolitaine, dont l'esprit reste focalisé sur la capitulation de l'Allemagne. Mais, les émeutes de Sétif consacrent la rupture définitive entre les musulmans et les colons d'Algérie et annoncent la Guerre d'indépendance.
III – 8 mai 1945 : attente de la reconnaissance des crimes de guerre
"Je veux parler des massacres du 8 mai 1945, il y a bientôt soixante ans : une tragédie inexcusable. Fallait-il qu’il y ait sur cette terre un abîme d’incompréhension entre les communautés pour que se produise cet enchaînement d’un climat de peur, de manifestations et de leur répression, d’assassinats et de massacres", avait déclaré, dimanche 27 janvier 2005, l’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière. C’est à priori la première fois, qu’un représentant officiel des autorités françaises reconnaîssait le massacre de Sétif et employait le qualificatif d’inexcusable.
Le 8 Mai 2005, l’Etat algérien avait demandé pour la 1ere fois à la France de reconnaître officiellement ses crimes de guerre et de s’en repentir, dans le message adressé alors, par le président Bouteflika aux participants au colloque international commémorant le 60ème anniversaire des massacres. Affirmant que le peuple algérien avait accueilli favorablement les propos de l’Ambassadeur de France, le chef de l’Etat avait précisé que «toutefois, le peuple algérien en entier attendait encore de la France, qui a mis des décennies à reconnaître la guerre d’Algérie et à stigmatiser les formes de torture pratiquées à l’époque que ces déclarations soient suivies d’un geste plus probant». Un geste qui, selon le Président, «libérerait la conscience française des cauchemars de la longue nuit coloniale». Le chef de l’Etat écrit dans son message : «Le peuple algérien n’a eu de cesse d’attendre de la France une reconnaissance de tous les actes commis durant la période de colonisation, y compris la guerre de libération, pour voir s’ouvrir de larges et nouvelles perspectives d’amitié et de coopération entre deux peuples.»
Le Président ajoutait qu’«en dépit de ce qui a été dit et écrit sur le sujet, il pense être de la responsabilité des historiens algériens en premier lieu et de la responsabilité des historiens de l’autre rive de dévoiler en toute objectivité, honnêteté et esprit scientifique et en toute neutralité, les ambiguïtés qui entourent ces massacres et d’autres». Pour le président Bouteflika, «la stabilité et la prospérité ne peuvent, en aucune manière, régner ni la coopération positive s’établir entre les peuples tant que dans la conscience de quelque partie que ce soit demeure la haine et la rancœur, alimentées par l’entêtement et l’indifférence, la dissimulation des vérités et l’obstination à demeurer dans l’erreur».
A lire également :

20 Commentaires
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A lire et méditer
07 mai 2006 à 01:55http://www.setif.info/article1139.html
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Boutef va faire un discours, je sens qu'on va s'amuser :-)
07 mai 2006 à 03:103
Ah j'avais pas vu ! je passais par là juste pour voir s'il y avait quelqu'un .
07 mai 2006 à 03:12mais franchement pour choisir la date , ils n'y ont pas pensé ou quoi , c'est quoi ce délire ???
4
Amine , ton demenagement est lié à cela ?
"Toyota Algérie s’installe à Blida
Toyota Algérie poursuit ses efforts pour être au plus prêt de ses clients en inaugurant une succursale à Blida, près de la capitale Alger.
jeudi 4 mai 2006.
La Toyota Yaris, très appréciée en Algérie.
Son emplacement discret dans la zone commerciale de Blida, fait office d’une véritable cité du véhicule Toyota. D’une surface de près de 5500 m², cette place forte du réseau Toyota dans notre pays, vient ainsi mettre définitivement fin à la hantise de la rupture de stocks et surtout répondre aux besoins de ses clients dont le nombre augmente chaque année.
Dans une optique d’élargissement de son réseau, afin d’assurer la pérennité de l’entreprise pour le bien de ses clients, Toyota Algérie ne cesse de s’agrandir et inaugure une nouvelle succursale à Blida. L’ouverture s’est faite, hier en présence de M.Hassaïm directeur de Toyota Algérie, avec à ses côtés, son staff, des représentants de la succursale de Blida et des invités de marque.
Avec l’inauguration de cette nouvelle succursale, avant l’installation définitive du groupe dans cinq ans à Blida, Toyota Algérie s’engage à être plus près de ses clients en proposant cette infrastructure qui est considérée comme la plus grande en Algérie.
07 mai 2006 à 03:165
Ou as tu trouvé cet article? :-)
07 mai 2006 à 03:226
Mon déménagement a été motivé par l'économie d'un loyer équivalent a 4,5 fois le smig :-)
07 mai 2006 à 03:227
ouh , c'est sur ca motive !!!
07 mai 2006 à 03:32l'article sur algerie-dz.com
8
Le voila
http://www.algerie-dz.com/article5035.html
07 mai 2006 à 03:349
Bouteflika le 8 mai à Guelma
Quand le passé rattrape la France
A partir de Constantine, le président a dénoncé le passé colonial français. Le président M.Abdelaziz Bouteflika se rendra le 8 mai à Guelma, à l’occasion du 61e anniversaire des évènements du 8 mai 1945, a appris L’Expression, de sources bien informées.
La visite s’inscrit dans le cadre des festivités officielles commémorant les massacres et une boucherie que l’Histoire n’a jamais assez condamnés. Et que les auteurs n’ont jamais vraiment reconnus.
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Un crime qui est resté impuni. A l’occasion, le président prononcera un discours très attendu aussi bien en Algérie qu’en France. Sans nul doute, M.Bouteflika évoquera la résistance du peuple algérien et les massacres commis par l’armée française.
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La question étant de savoir quel ton prendra le discours du président. Il faut savoir que la dernière sortie sur le terrain du chef de l’Etat remonte au 16 avril, et à partir de Constantine, il n’a pas hésité en des termes très directs, à critiquer le passé colonial de la France en Algérie.
Evoquant justement les évènements du 8 mais 45, il a affirmé qu’«à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les trois principales composantes du mouvement national algérien, impulsent une formidable mobilisation populaire dans le cadre des Amis du Manifeste et de la Liberté pour réclamer l’instauration d’une République algérienne.
Nous savons tous comment l’Etat colonial français noiera dans le sang ce printemps patriotique et démocratique de la nation algérienne en mai 1945, date à laquelle la France s’est affranchie de l’occupation nazie et a trahi ceux qui ont contribué à sa libération». Une déclaration qui a ravivé la polémique en France, surtout dans le camp des protagonistes de la loi glorifiant le passé colonial.
La campagne politico-médiatique s’est accentuée à la suite du voyage du président en France pour un contrôle médical. Depuis, la tension est à la baisse. Le ministre des Affaires étrangères M.Philippe Douste- Blazy a tenté de rectifier le tir dans la lettre qu’il a envoyée au président de la République.
Du côté de l’Algérie, M.Bouteflika a déclaré ce week-end à la revue Arabies que «la France, c’est un pays ami avec lequel notre coopération est également en train de se consolider». Entre l’Algérie et la France il y a une volonté politique de consolider les relations bilatérales.
Cependant, l’Algérie exige une repentance que la France ne semble pas prête à admettre pour plusieurs raisons. La situation est complexe sachant que le débat intervient pour la France au coeur d’une précampagne électorale pour la succession du président Chirac.
Sur le plan de la coopération économique les choses semblent évoluer autrement. La présence à Alger d’une importante délégation de chefs d’entreprise français , en témoigne.
Par ailleurs, il est à signaler qu’outre le volet historique, le président de la République ne manquera pas d’évoquer la situation politique dans le pays, marquée essentiellement par l’application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Il saisira cette occasion pour donner un premier bilan sur cette démarche qu’il a lui-même initiée.
Source Par Achira Mammeri 3 mai 2006
07 mai 2006 à 03:4110
Merci Elisabeth pour avoir allié dans cet article la dimention actuelle et historique du 8 mai 1945
voici un article d'un journal algérien : Liberté.
commémoration des massacres du 8 mai 1945 et polémique avec la France sur le “génocide”
Que va dire bouteflika ?
Par : Samar Smati
Lu : (1720 fois)
L’éventuelle présence du chef de l’État, demain à Guelma, exacerbe les supputations de part et d’autre de la Méditerranée. À Alger, les observateurs attendent avec impatience une nouvelle sortie du Président sur le passé colonial de la France en Algérie. À Paris, l’on craint une nouvelle “surenchère” sur le même sujet.
Si le 4e colloque international sur le 8 mai 1945 est bien placé sous le haut patronage du président de la République, Abdelaziz Bouteflika n’ira pas pour autant à Guelma pour les commémorations du génocide colonial. Sa présence pour l’ouverture de la manifestation n’a jamais été inscrite dans l’agenda présidentiel, indique-t-on dans l’entourage du chef de l’État, même si l’invitation lui a bien été adressée par les organisateurs. “Non, il n’ira pas à Guelma. Depuis 1999, il n’a jamais assisté personnellement aux commémorations du 8 mai 1945. Le Président a toujours envoyé un message à cette occasion”, précisent les mêmes sources. D’autant, avance-t-on, qu’il n’y a eu aucune annonce officielle sur une quelconque présence de Bouteflika à Guelma, une telle éventualité ayant pour origine un article de presse. Le message présidentiel sera lu par Mohamed-Chérif Abbas, ministre des Moudjahidine, et néanmoins ancien secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine, dans l’enceinte de l’université du 8-Mai-1945. D’autres personnalités nationales seront également présentes. Il s’agit des présidents Chadli Bendjedid et Ahmed Ben Bella. Le président Liamine Zeroual n’a toujours pas confirmé, selon nos sources, sa présence. Mouloud Hamrouche, l’ancien Chef du gouvernement, a également confirmé sa participation. Pour les conférenciers étrangers, il y aura Me Vergès, Nicole Dreyfus et Jean-Louis Planche. Rarement une telle brochette de personnalités a été réunie pour une telle occasion.
La teneur réelle de la lettre, qui sera envoyée par Abdelaziz Bouteflika, reste cependant la grande inconnue tant les supputations sont à ce sujet importantes. D’autant que celle-ci aura un impact, quel que soit son contenu, sur les relations algéro-françaises. La polémique créée en France après les déclarations du président de la République qualifiant le génocide du 8 mai 1945 non seulement “de génocide contre le peuple algérien, mais également de génocide de l’identité algérienne”, et ce qui en a suivi comme dérapages lors du déplacement privé de Bouteflika à Paris, a grandement affecté les appréciations sur la qualité des relations algéro-françaises. Côté français, les spéculations vont bon train sur ce que dira le Président à cette occasion, même si officiellement, on se refuse, toutefois, à tout commentaire sur un sujet relevant strictement des “affaires internes de l’Algérie”.
Côté algérien, deux thèses sont avancées. On s’attend, d’une part, à un discours dans le prolongement des déclarations de Bouteflika à Constantine. “Il ne laissera pas passer l’occasion”, avance-t-on.
De l’autre, on relève que le chef de l’état pourrait à cette occasion “calmer le jeu” en fermant, pour l’instant, une page noire des relations algéro-françaises. La conjoncture politique ne se prête pas à une surenchère. Les observateurs estiment qu’en déléguant à Mohamed-Chérif Abbas la lecture de son discours, Abdelaziz Bouteflika “verrouille” et clos de fait la polémique entre les deux capitales. Même si le discours est exprimé par le ministre des Moudjahidine au nom du Président, celui-ci n’aura pas la même teneur que si c’était le chef de l’état lui-même qui le prononçait. “Abdelaziz Bouteflika ne va pas laisser quelqu’un d’autre, même s’il le délègue personnellement, envenimer la situation. Il ne veut pas en rajouter mais plutôt calmer le jeu”, relève un observateur.
Un argument qui s’appuie également sur la volonté des officiels français de tempérer les tensions après les réactions disproportionnées qui ont suivi la visite privée de Bouteflika à Paris.
Les lettres de Philippe Doust-Blazy, de Jacques Chirac, et le message envoyé par Abdelaziz Bouteflika à son homologue français dès son retour à Alger visaient, affirme-t-on, cet objectif.
Si aucun commentaire n’est permis du côté d’El-Mouradia sur les intentions du chef de l’État le 8 mai prochain, il y a toutefois une “certitude”.
Celle de la volonté, côté algérien, de ne pas confondre entre “un passé commun et un avenir à construire”. Un passé pour lequel Alger veut que Paris reconnaisse, entre autres, ses torts et un avenir marqué par la réalité économique entre les deux pays. “Il y a une relation forte entre l’Algérie et la France. Il n’y a pas et il n’y aura pas de confrontation avec la France. Nous avons une histoire commune, une mémoire et une conscience collective”, précise-t-on.
Si aux plans économique et commercial, la France est un partenaire important, les délégations se suivant de part et d’autres, la prochaine étant l’arrivée du ministre délégué au Commerce extérieur français le 8 mai prochain, la loi du 23 février glorifiant le rôle “positif” de la colonisation empoisonne toujours le processus politique. L’Algérie a clairement exprimé son appréciation à ce sujet.
Alger ne veut surtout pas de pressions concernant la signature du traité d’amitié pour des considérations franco-françaises et des impératifs de calendrier électoral. Et il ne s’agit là nullement d’une “banalisation” ou d’une approche “politicienne” d’une relation plus que passionnelle entre Alger et Paris.
Samar Smat
07 mai 2006 à 12:2311
Moi je crois bien que Bouteflika va jouer la carte de l'apaisement, car aprés la lettre envoyée de Douste-Blazy et puis les délégations qui viennent à Alger, y a une réele volenté d'apaisement entre les deux capitales, et biensur, Bouteflika a assé développé les revendications de mémoire des algériens, et les français savent que les algériens ne sont pas si pressés qu'eux pour signer un traité d'amitié, donc pour l'instant il faut continuer les relations normales en attendant de repenser à un véritable traité d'amitié qui sera benefique aux deux rives et qui incarnera les visées des deux peuples en apaisant le lourd passé qu'ils ont en commun.
07 mai 2006 à 12:3012
Merci beaucoup de vos (tes?) commentaires et de l'article que vous y avez associé.
Pour moi , comme je l'ai deja dit, le present le futur et le passée sont liés , on ne peut pas objectivement comprendre aujourd'hui si on ne connait pas factuellement hier .
je suis donc tres touchée par vos/tes remarques me remerciant d'avoir aborde la dimension actuelle et la dimension historique
Je pense egalement qu'il est important de rappeler les faits, le mot "genocide" etant choquant de but en blanc pour les jeunes francais de moins de 30 ans qui ne connaissent pas cette etape de l'histoire, et ce d'autant plus que le sujet n'a jamais ete trop traite par medias et livres scolaires .
Quand j'entends les reactions de mon fils de 15 ans sur la Guerre d'Algerie , alors que nous discutons beaucoup entre nous, je suis absolument outrée (un peu les reflexions de Poubelovitch en qlque sorte : les vieux vous faites "chier" avec vos vielles histoires ...) et je considère donc qu'il y a un tres important DEVOIR DE MEMOIRE à réaliser.
Alors que du cote de ma mère, ma famille a vecu l'exode d'Algerie en métropole, pays qu'elle ne connaissait que par des voyages et où elle ne connaissait en fait personne , que mon pere a gache sa jeunesse en se battant comme appele pdt 30 mois ,en revenant meurti pyschiquement , alors que ceux qui n'avaient pas fait la guerre avaient pris les bonnes places , mon fils de 15 ans estime que "franchement" , de chaque cote , on aurait du vite abandonner l'affaire et que tout le monde rentre chez soi, en gros .
Mais le pb : c'est ou le "chez soi" ?
j'ai encore discute longuement avec des amies algeriennes et tunisiennes jeudi soir, un des grands problemes des magrhebins en France actuellement , c'est qu"ici, les Francais les considèrent souvent comme de "sales" arabes, émigrés ... et que là bas , au bled, comme on dit , on les appelle aussi les émigrés : deux rejets et quelle identite ?
Il parait qu'en Tunisie, on les appelle les "Chez nous là bas".
Ils sont nés en france , on les considère comme des étrangers, et dans le pays d'origine de leurs parents, qui devraient etre leurs racines , on les rejette comme des expatries.
Pour ma part , l'expression "le jardin de nos grands-mères" .. m'a toujours interpelle , pour moi, le jardin de ma grand-mère c'est celui - selon ses souvenirs - plein de roses à la Villa Anna , rue de Galland à Kouba ..que je n'ai vu qu'une fois à 3 mois.
07 mai 2006 à 14:3113
parallèlement ....
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Le Portugal s’intéresse à l’Algérie
L’ambassadeur du Portugal en Algérie, Luis de Almeida Sampaio a indiqué que Lisbonne était prête à à instaurer un partenariat multiple et durable avec Alger.
dimanche 7 mai 2006.
cf.http://www.algerie-dz.com/article5063.html
07 mai 2006 à 15:2114
Rue de Galland... ca se trouve a coté de quoi? y a quoi a coté?
08 mai 2006 à 03:4415
Attends je pars à paris dans une heure pour m'occuper de ma mere , je lui demande ! je reviens demain soir !!
merci !
donc pas de connexion pdt 2 jours !!!
08 mai 2006 à 09:3316
Allocution du président Bouteflika à l'occasion du 8 mai 1945
08 mai 2006 à 14:36[Aps 8/5/06] Guelma - Le ministre des Moudjahidine, Mohamed Cherif Abbes, a prononcé, dimanche à Guelma, au nom du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, une allocution à l'occasion de la commémoration du 61e anniversaire des massacres du 8 mai 1945. Voici le texte intégral de l'allocution du Président de la République:
"Mes Chers Compatriotes,
C'est avec un sentiment de fervente fierté nationale mêlé d'une profonde tristesse que je m'adresse à vous en ce jour anniversaire de l'une des dates les plus lumineuses et les plus sombres de notre commune histoire nationale.
Commémorer aujourd'hui le 8 mai 1945, c'est d'abord répondre à un devoir de vérité qui dépasse et doit fonder le simple devoir de mémoire. L'importance du 8 mai 1945 réside, bien sûr, mais ne réside pas seulement, dans le courage des jeunes manifestants qui brandirent à Sétif et Guelma le drapeau national et furent assassinés par des policiers français.
L'importance du 8 mai 1945 réside, bien sûr, mais ne réside pas seulement dans la bravoure des paysans de l'Est algérien qui, spontanément, décidèrent de rendre coup pour coup.
L'importance du 8 mai 1945 réside, bien sûr, mais ne réside pas seulement dans la terrifiante chasse à l'Arabe, dans les incroyables mais bien réels meurtres de masse qui ensanglantèrent l'Est de notre pays pendant plusieurs semaines.
Commémorer aujourd'hui le 8 mai 1945 ne prend tout son sens que si l'on fait l'effort de replacer ces événements dans la triple logique de la reconfiguration du monde née de la seconde guerre mondiale, de l'évolution de notre mouvement national et de la nature du colonialisme français dans notre pays.
Dans cette perspective, "les événements" du 8 mai 1945 et l'atroce répression qui les suit doivent être compris, non comme des accidents malheureux mais dans leur cruelle et implacable nécessité. Le 8 mai n'a pas d'existence en soi. Il ne représente qu'une journée, certes particulière, dans l'offensive délibérément pacifique de notre mouvement national depuis l'élaboration du Manifeste du Peuple algérien en 1943, qui revendique une constitution propre à l'Algérie ainsi que la Liberté et l'Egalité absolues de tous ses habitants sans distinction de race et de religion.
Les trois grands courants de notre mouvement national, qui ont commencé à se structurer à la fin des années vingt et dont les figures de proue sont Messali Hadj, Ferhat Abbas, et Cheikh Bachir Ibrahimi, apportent leur soutien au Manifeste.
Une étape qualitativement supérieure vient d'être franchie par notre mouvement national, celle de son pluralisme unifié. L'Association des Amis du Manifeste et de la Liberté devient le creuset de la jeune citoyenneté algérienne. La répression administrative classique faite d'arrestations et de mises en résidence surveillée ciblées s'avère incapable de ralentir l'élan d'adhésion aux AML qui vient de toutes les régions et de toutes les catégories sociales de l'Algérie.
Avec plus de 500.000 adhésions au début de l'année 1945, la carte des AML est devenue la véritable carte d'identité nationale de la grande majorité du peuple algérien.
Là, et pas ailleurs, réside le formidable défi que l'Etat colonial français doit relever : soit négocier avec les représentants légitimes du peuple algérien qui a largement contribué à la victoire contre le nazisme les modalités d'un démantèlement progressif des structures du colonialisme, soit briser l'élan patriotique et démocratique du peuple algérien, renouant ainsi avec sa pulsion originelle, celle du déferlement de violence génocidaire.
Avec une grande détermination, l'Etat colonial français s'engagera dans la voie que l'on sait : celle de l'assassinat méthodique et planifié de la jeune démocratie nationale, pluraliste, algérienne.
Bien sûr, nous ne devons pas oublier les fosses communes de mai 1945, ni les fours à chaux d'Héliopolis, pas plus que les bombardements de l'aviation et de la marine, les exécutions sommaires, les viols, tous ces meurtres de masse qui plongèrent les régions de Sétif, Guelma, Kherrata à dans une ambiance d'apocalypse. Bien sûr, nos historiens doivent faire la lumière, avec la plus grande précision possible, sur le martyre enduré par chacune de nos villes, chacun de nos villages.
Nous ne devons pas cependant nous contenter de micro histoires parcellaires qui peuvent induire des mémoires erratiques et déresponsabilisantes. Ce qui est décisif pour notre mémoire commune, en ce mois de mai 1945, ce n'est pas le comportement odieux de tel préfet ou sous-préfet, ce n'est pas la rage ludique des "chasses à l'Arabe" menées par les milices coloniales, c'est la parfaite synergie de tous les agents du colonialisme, publics et privés, locaux et centraux pour briser l'élan national et démocratique du peuple algérien. Les massacres de masse commis par les instances répressives de l'Etat colonial français et ses relais dans la population européenne ne sont en rien des "excès" imputables à des responsables de second rang ou à des conjonctures régionales particulières.
Ils sont un des éléments de réponse globale de l'Etat colonial français à l'émergence tout aussi globale d'un mouvement national désormais présent sur tout le territoire algérien et capable d'impulser de manière unifiée des actions politiques coordonnées à l'échelle du pays tout entier. Ce n'est pas sous-estimer, bien au contraire, le martyre de nos concitoyennes et de nos concitoyens de Sétif et de Guelma que de dire qu'ils ont été assassinés en tant que représentants de la même collectivité nationale algérienne.
Bien sûr, ce n'est pas sans raison que la mémoire se focalise sur une date particulière, le 8 mai 1945, et deux localités précises, Sétif et Guelma. Ce qui se passe dans ces deux villes est en effet scandaleux et révoltant, pas seulement pour la conscience nationale algérienne, mais pour la conscience universelle.
Le jour de l'armistice, qui scelle la victoire des Alliés contre le nazisme, des policiers français tirent sur des cortèges d'Algériens qui entendent clamer pacifiquement leur amour de la liberté des autres et de la leur propre en brandissant dans un même mouvement les drapeaux des puissances alliées, notamment le drapeau français, et le drapeau algérien. Mais l'offensive du mouvement national ne se réduit ni à ces deux villes ni au jour du 8 mai 1945.
Une première vague de manifestations a déjà eu lieu le 1er mai à Alger, Oran, Bejaïa, Tlemcen, Constantine, Mostaganem, Guelma, Relizane, Sétif, Batna, Biskra, Aïn Beïda, Khenchela, Sidi-Bel-Abbès, Souk-Ahras, Cherchell, Miliana, Skikda, Oued Zenati, Saïda, Annaba, Tebessa, Sour-el-Ghozlane.
Partout des cortèges d'Algériens pénètrent pacifiquement dans les quartiers européens aux cris de "Algérie libre", "Constitution", "Libérez Messali" et brandissant parfois l'emblème national. A Alger et Oran, la police tire et le mouvement nationaliste algérien compte ses premiers morts et blessés.
Pour éviter de nouvelles provocations policières, aucune manifestation ne sera organisée dans ces deux villes le 8 mai 1945, preuve supplémentaire s'il en était besoin de la détermination pacifique du mouvement de mai 1945. Dans le reste du pays, les mêmes manifestations pacifiques et unitaires sont organisées à Sétif et Guelma, mais aussi à Blida, Tizi-Ouzou, Berrouaghia, Bou-Saâda, Mostaganem, Sidi-Bel-Abbès, Tlemcen, El Eulma, Khenchela, Batna, Biskra, Oued Zenati, El Khroub, Collo, Skikda, Azzaba, El Arrouch, Constantine, Annaba.
A Sétif et Guelma, policiers et membres des milices tirent sur les manifestants désarmés. Très vite, l'onde de choc atteint les campagnes environnantes. Spontanément, des paysans entendent prendre la relève de leurs frères citadins assassinés. Quelques européens sont tués, quelques fermes et maisons forestières attaquées.
A aucun moment, les responsables des AML n'organisent la contre-violence rurale qui s'exprime en ordre dispersé, sans armement ni stratégie. Le carnage peut alors commencer. Il durera plus de trois semaines. Pour une centaine d'Européens tués, on estimera à plusieurs dizaines de milliers les Algériens assassinés non pas parce qu'ils combattaient les armes à la main le colonialisme, mais pour ce qu'ils étaient : des êtres humains aspirant à vivre au rythme de leur liberté en tant que peuple autonome, ce qui est la définition même de ce que l'on appelle un génocide.
A court terme, les massacres de mai 1945 rempliront doublement leur objectif : briser l'offensive patriotique et démocratique du peuple algérien. Face à une répression démesurée, littéralement folle de haine, de racisme, de sang, de prédation en tous genres, la mobilisation populaire reflue. Surtout cette folle répression orchestrée par les centres nerveux de l'Etat colonial va permettre par un artifice de propagande digne de l'extraordinaire génie politique français de dissoudre les AML en leur imputant la responsabilité des "désordres".
Ce premier élan nationaliste algérien ne s'achève pas seulement dans les fosses communes et les fours à chaux de l'Est algérien où périrent des dizaines de milliers d'hommes et de femmes coupables du seul crime d'être Algériens. Il s'achève aussi par la dissolution des AML et l'arrestation de milliers de militants politiques qui connaîtront les humiliations et les tortures dans les geôles coloniales.
Bien sûr, le peuple algérien survivra à cette violence du colonialisme français comme il a survécu à d'autres moments encore plus longs et plus cruels, et comme il vaincra au bout de plus de sept ans d'une terrible guerre de reconquête coloniale la face noire de l'Etat français, sa face colonialiste. Il faudra à peine une dizaine d'années pour que le peuple algérien, à peine ses effroyables blessures pansées, reprenne le combat pour sa liberté, renouant avec l'élan de mai 1945 tout en tirant les leçons de son échec.
A partir du 1er novembre 1954, les forces de répression de l'Etat colonial français devront combattre non plus des poitrines nues brandissant des drapeaux, mais des militants politico-militaires habiles à mettre en échec, à un prix de sang et de larmes certes exorbitant pour le peuple algérien, la formidable puissance de l'armée coloniale française.
Nous étions, il y a encore quelque temps, nombreux dans notre pays, surtout parmi les membres survivants de notre glorieuse Armée de Libération Nationale, à ne pas vouloir insister de manière trop précise sur la nature du colonialisme dans notre pays. Nous préférions suivre la démarche mesurée du président Houari Boumediene, qui consistait à tourner la page du colonialisme sans la déchirer.
A cette attitude, il y avait plusieurs raisons. D'abord, nous étions sortis vainqueurs, en tant que peuple et nation d'une formidable confrontation qui avait duré cent trente-deux ans. Avec quelque naïveté sans doute, nous étions convaincus que la France dans son ensemble, Etat et société réunis, relèguerait dans un pan discret de sa mémoire collective cet aspect odieux et honteux de son histoire et qu'avec le temps, elle ferait elle-même positivement son "deuil " de sa dérive colonialiste à l'égard de peuples entiers sur les trois continents.
Que certaines mémoires françaises demeuraient nostalgiques du passé colonial ne présentait pas d'importance majeure tant que la tendance centrale au niveau de l'Etat, du pouvoir politique et des média était à un silence que l'on pouvait croire respectueux des victimes innombrables de cet effroyable crime contre l'humanité qu'a été le colonialisme.
Ensuite, nous n'avons jamais confondu la nation française, le peuple français, ni même l'Etat français avec le colonialisme français qui a été sa face obscure, son excroissance mortifère de la liberté et de la dignité humaine aussi bien quoique dans des proportions et avec une intensité différentes dans les colonies que sur le territoire français proprement dit. Les Bugeaud, les Changarnier, les Cavaignac, ont été les bourreaux du peuple algérien, comme ils ont été les bourreaux du peuple parisien.
Qui plus est, nous n'avons jamais oublié, nous Algériens, et nous ferons en sorte de ne jamais oublier, que pendant notre long martyre, des Françaises et des Français, au prix de leur marginalisation, de leur liberté et parfois même de leur vie, se sont levés au nom des idéaux les plus enracinés dans la nation française pour dénoncer non pas les crimes de la colonisation, comme autant de dégâts collatéraux, mais le colonialisme lui-même en tant que crime contre le peuple algérien, contre les valeurs de la France et contre l'humanité.
Ce que je dis aujourd'hui, et que je répète depuis la promulgation de la loi française du 23 février 2005, n'a, hélas, rien de bien excessif ni de bien original en comparaison du procès du colonialisme qu'ont fait des intellectuels français comme Paul Vigné d'Octon, Aimé Césaire, Albert Memmi, Francis Jeanson et Jean-Paul Sartre, pour ne citer que ceux-là.
Enfin et surtout, nous ne voulions pas, et nous ne voulons toujours pas, culpabiliser les nouvelles générations de Françaises et de Français qui n'ont pas, à notre sens, à porter la responsabilité de ce qu'ont fait leurs aînés. C'est avec ces jeunes générations en principe en voie de dépollution progressive de la vision colonialiste du monde qui avait perverti la conscience morale et la raison de nombre de leurs parents et grands-parents que nous voulions, que nous voulons toujours, construire un avenir algéro-français fait, non seulement de paix, mais d'amitié, de fluidité entre les deux rives de la Méditerranée, de créativité et de synergies multiformes.
Le premier Algérien à avoir proposé à la France, dès la perte d'Alger, la création d'un Etat algérien ami de la France, n'est autre que Hamdan Khodja. Quelques années plus tard, l'Emir Abdelkader reformulera à de nombreuses reprises cette proposition d'amitié entre un Etat algérien et un Etat français liés par une coopération multiforme.
Tout le monde sait que l'Etat français préfèrera se lancer dans une conquête meurtrière qui détruira une grande partie de la population algérienne et aboutira à la fin du 19e siècle à une Algérie musulmane exsangue, violée dans son identité, expropriée, déculturée.
Pourtant une nouvelle fois, après la première guerre mondiale à laquelle 300.000 Algériens ont participé dans les rangs de l'Armée Française, le petit-fils de l'Emir Abdelkader, l'émir Khaled, renouvelle les propositions d'amitié franco-algérienne fondée sur la reconnaissance des droits du peuple algérien à la dignité et à la liberté. Il sera contraint à l'exil. La France coloniale entend continuer son génocide qui, de démographique, devient culturel. Les candidats français mais aussi espagnols, italiens, maltais à la colonisation agraire de l'Algérie ne sont pas légion. Il faut donc cesser de tuer systématiquement les Algériens pour qu'ils puissent constituer le réservoir de main d'œuvre bon marché dont ont besoin les propriétaires des grands domaines coloniaux. A défaut de les détruire physiquement, le colonialisme français va s'employer à paupériser, précariser, déculturer, en un mot à déciviliser l'immense majorité du peuple algérien.
Encore une fois, j'insiste sur le fait que je ne grossis pas le trait. La réalité est même plus amère que je ne l'indique. A titre d'exemple, dans les premières années de la conquête, tous les témoignages d'officiers de l'armée française s'accordent à dire qu'aussi bien dans les villes que dans les campagnes, l'instruction de base est généralisée. En 1954, au moment où la contre-offensive militaro-politique du peuple algérien se déclenche, d'après les sources françaises elles-mêmes, plus de 90% des Algériens sont analphabètes en arabe et en français. A peine 10 % des enfants algériens d'âge scolaire sont effectivement scolarisés en français. Quant à l'enseignement en arabe dispensé par les medersas mises en place en particulier par le mouvement des Oulémas, sans cesse en butte aux tracasseries de l'administration coloniale, il ne concernait au mieux que quelques dizaines de milliers de personnes. Le nombre d'étudiants dans les universités d'Alger et de France ne dépassait pas quelques centaines, principalement en droit et en médecine. Toujours en 1954, l'Algérie musulmane ne comptait pas un seul ingénieur.
Dans ces conditions, si parler de mission civilisatrice de la colonisation française pendant la période de la domination coloniale relevait d'une mystification utile pour la reproduction du colonialisme, parler aujourd'hui de positivité du colonialisme, alors que le procès du colonialisme par les armes et par les mots a été conclu il y a près d'un demi-siècle, tient au mieux de la cécité mentale, au pire de la réactualisation sous forme de fantasme d'un délire de puissance dont les effets ne peuvent qu'être dommageables pour les peuples algérien et français.
Je me dois de dire que nous aurions aimé que de grandes voix françaises se lèvent pour enrayer la résurgence de ces relents nauséabonds et libérer l'avenir de ces sinistres remugles d'un passé aboli. Il eut sans doute mieux valu, dans l'intérêt de nos deux peuples et de leur amitié qui n'en existe pas moins fut-ce en pointillés et de manière interstitielle, que des Français disent à d'autres Français, de manière calme et ferme : "Oui, notre aventure coloniale a été génocidaire. Oui, la colonisation n'a pas rimé avec modernisation, mais avec décivilisation. Oui, notre Etat doit se purger de sa face obscure, de sa face colonialiste et pour cela, comme l'ont fait d'autres Etats à travers le monde, présenter ses excuses aux peuples auxquels il a imposé son oppression colonialiste et en particulier au peuple algérien qui l'a subie de manière si longue, si brutale, si multiforme, si génocidaire".
Au lieu de cette attitude franche, qui seule peut fonder une rupture avec un passé obsolète et ouvrir la voie à une amitié qui engagerait nos Etats et nos peuples, on assiste à une série de valses-hésitations, de oui-mais ponctués de l'indéfinissable et évanescent "devoir de mémoire", d'articles de loi votés puis déclassés, là où le peuple algérien attendait de la France officielle qu'elle assume avec courage, dignité et mesure son "devoir de vérité", c'est-à-dire sa distance critique par rapport à sa propre histoire, il n'a eu droit qu'à un "strip-tease" désordonné, ridicule et nauséeux. Tout le monde comprendra, je l'espère, en France, que le peuple algérien n'ait pas applaudi à un tel spectacle indécent et que, malgré sa patience, il en ait pris ombrage.
En près de deux générations, chacune de nos deux sociétés s'est considérablement transformée, s'éloignant dans les faits du passif et du passé colonial. Dans le même temps, nos deux sociétés ont expérimenté des formes d'imbrication inédite comme en témoignent l'importante communauté d'origine algérienne en France, la solidité des liens commerciaux entre nos deux pays et la convergence partielle de nos deux Etats sur certaines questions internationales.
Il serait bon que nous prenions appui sur ces données tangibles pour construire une amitié fondée sur la résilience de l'immense traumatisme induit par le colonialisme et délibérément tournée vers l'invention du futur. Ne nous y trompons pas : le défrichage de l'avenir ne sera pas chose facile. Il faut d'ores et déjà s'atteler à une gestion concertée, humaine et fluide de la circulation des personnes ainsi que des flux migratoires sans laquelle l'amitié ne serait qu'un vain mot. Il serait absurde de continuer de lester les fertiles interrogations d'aujourd'hui et de demain par les contentieux d'hier dont la France coloniale porte seule l'entière responsabilité, l'entière culpabilité.
A l'Etat français de dire dans la clarté que cette France coloniale n'existe plus ou que, même si elle continue à se survivre à la marge, lui, ne lui apporte en aucune manière sa caution.
L'histoire de la présence française en Algérie comporte des pages noires qu'il faut savoir assumer, non pas en vue d'une quelconque vindicte, mais pour rendre possible l'autopsie morale de la colonisation, révéler les horreurs d'une guerre que l'on a refusé de reconnaître comme telle pendant quatre décennies, et préparer les assises nouvelles d'un futur à bâtir en commun, débarrassé des scories de l'histoire coloniale, d'une union forcée et basée sur des rapports de brutalité et de mépris. Cela nous permettra, aux uns et aux autres, d'aller enfin vers l'avenir en pleine conscience et sans rancoeur, et éviter de nous engager dans une alliance qui serait celle du cheval et de son cavalier.
Un jour, les pulsions passionnelles se tairont, ce qui ne peut manquer. D'un côté comme de l'autre, les arrière-pensées et les procès d'intention auront disparu depuis longtemps. Les relations algéro-françaises se mesureront alors à l'aune de l'équité et des intérêts durables, parce que bien compris, de deux peuples identitairement différents mais également souverains. L'évolution du monde l'exige, comme l'exigent notre détermination et notre inébranlable volonté à faire valoir la légitimité de nos droits dans un partenariat d'exception certes souhaité et souhaitable, mais qui, pour l'instant, se dissout tous les jours un peu plus dans une rhétorique de circonstance.
Par leur persistance depuis de nombreuses années, les problèmes qui existent aujourd'hui entre l'Algérie et la France sont devenus structurels. Pour autant, l'Algérie ne saurait continuer à les souffrir comme des rhumatismes chroniques ou même sclérosés.
Par ailleurs, quoi que disent et quoi que pensent certains, il n'existe pas aujourd'hui de crise dans les relations algéro-françaises. Aucun nuage n'altère notre ciel commun et cependant, il reste encore beaucoup à faire, si nous voulons répondre à nos voeux partagés d'aller encore plus loin ensemble.
Il est évident que depuis le 5 juillet 1962, chacun est maître chez soi et qu'il n'est aucunement question de notre part d'exercer quelque pression que ce soit pour obtenir ce qui semble être le droit élémentaire de l'Etat-Nation algérien : à savoir des excuses publiques et solennelles pour le crime de colonialisme commis contre notre peuple.
Il est évident aussi que l'amitié se construit à deux et que nul ne peut y être forcé. Nos concitoyens et nos concitoyennes doivent savoir que si notre peuple a triomphé au prix de souffrances indicibles du colonialisme paré des oripeaux de la civilisation, ce n'est pas pour succomber aux sirènes d'une amitié cannibale".
[Aps 8/5/06]
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Vive notre dignité nationaliste algérienne à travers notre président! N'en déplaise à tout le monde qu'est ce que je suis content mon Deu de l'indépendance de mon pays!! Pour le reste allez voir au Maroc et vous amusez en Israel!!! La France aime l'Algérie comme le chat aime la souris!!
08 mai 2006 à 18:0218
Bouteflika demande des excuses à la France
2006-05-19 18:22:18 cri
La France doit présenter ses "excuses officielles" au peuple algérien avant de s'engager dans "d'autres relations d'amitié", a estimé jeudi le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dans un message à l'occasion de la journée nationale de l'Etudiant, célébrée le 19 mai.
"Il est aujourd'hui de notre devoir envers le peuple algérien et les chouhada (martyrs), de réclamer des excuses officielles d'une nation dont la devise de sa Révolution a de tout temps été liberté, égalité, fraternité", a affirmé M. Bouteflika dans ce message lu en son nom par le ministre des moudjahidine (anciens combattants) Mohamed Cherif Abbas à Mostaganem (355 km à l'ouest d'Alger), c'est ce qu'a rapporté l'AFP.
Le président algérien a appelé l'Etat français à "assumer pleinement ses responsabilités historiques, s'il était véritablement mu par une sincère volonté d'ouvrir une nouvelle page et de jeter les bases d'une amitié authentique bannissant toute forme de rancoeur et de ressentiment".
20 mai 2006 à 02:2119
Pour rappel,
de tres importantes declarations de Bouteflika à suivre demain face aux recents propos de Sarkozy sur le refus de la repentance.
... alors qu'il souhaite marier GDF avec SONATRACH
07 mai 2007 à 17:2120
Sarkozy face au devoir de mémoire
Ses futurs rapports politiques avec l’Algérie en dépendent largement
par Hassan Moali
Le 8 mai 2007 El Watan
Le hasard du calendrier mais aussi celui de l’histoire a fait coïncider la commémoration du massacre du 8 mai 1945, commis par l’armée coloniale française à Sétif, Guelma et Kherrata avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence française.
Le parallèle aurait pu être anodin, n’était que ce personnage fait décidément peur à de larges secteurs de l’opinion, en France comme en Algérie.
Il est certain que les Algériens ne commémoreront pas aujourd’hui le triste souvenir de cette tragédie avec un froid et un recul qui sied à ce genre de repères historiques.
Ceci, bien que la scélérate loi du 23 février 2003 votée puis supprimée par l’assemblée UMP, a ravivé les rancœurs et les rancunes entre l’Algérie et la France.
Aujourd’hui, les Algériens mettront sans doute une sacrée dose de patriotisme et éprouveront un peu plus de haine à l’égard de la France coloniale. Et la France sarkozienne surtout.
C’est, indubitablement, un regard pessimiste et chagriné que poseront aujourd’hui les Algériens sur ce massacre contre l’humanité.
Plus chagriné qu’il ne l’a été depuis longtemps.
En propulsant un homme pour qui ces tragiques événements devraient être effacés des mémoires sanguinolentes des Algériens au panthéon de la République, les Français auront voté le déni de la mémoire aux lieu et place du devoir de mémoire.
Désormais, les Algériens savent à quoi ils devraient s’attendre avec un homme qui, par son insondable arrogance, refuse d’avoir le courage d’un grand homme politique de reconnaître les méfaits de ses aïeuls, bien qu’il ne soit pas un Français de souche.
Et c’est peut-être justement sa condition de fils d’immigré hongrois qui fait de lui un homme incassable, intraitable dès qu’il s’agit de reconnaître les torts de la France, histoire de montrer patte blanche.
Ce n’est pas par hasard qu’il compte parmi le petit carré d’hommes politiques français à rester réfractaire à toute idée de repentance vis-à-vis des crimes coloniaux en Algérie. C’est le prix à payer pour un homme qui traîne comme un boulet ses origines hongroises.
Il lui fallait donc, autant que faire se peut, être plus français que les Français eux-mêmes.
En se faisant élire à l’Elysée, Nicolas Sarkozy aura réussi son examen. « Dès mon jeune âge, j’ai aimé la France … », a-t-il lâché à juste titre, au soir de sa victoire.
Voilà qu’il est enfin reconnu en tant que tel, devait-il se dire, ce dimanche béni, place de la Concorde. A n’en point douter, Nicolas Sarkozy va renvoyer rapidement l’ascenseur à ceux qui l’ont décomplexé.
Il sera ce président qui aura la réponse scellée et non négociable sur la question du devoir de mémoire et de la repentance. Il sera le gardien du temple de la bien « pensance française ». Il se fera un plaisir d’asséner aux Algériens un jour de 8 Mai, de 1er Novembre ou de 5 Juillet, qu’il n’est pas question que la France, sa France, se prosterne à la mémoire des 45 000 Algériens tués en 1945.
Il ne faudrait pas s’attendre à ce qu’il soit capable de prononcer un « Je vous ai compris » du légendaire De Gaulle, avec l’héritage duquel il veut opérer une rupture.
« Nous ne pouvons pas nous repentir des erreurs de nos parents. » Voilà donc le leitmotiv de Sarkozy à chaque fois qu’il est interpellé sur le devoir de mémoire vis-à-vis de l’Algérie.
Sur ce plan, il a le mérite d’être clair même si cela fait mal chez nous. Or, ce principe est à géométrie variable dans son discours et celui des autres hommes politiques français, selon qu’il soit question de repentance à l’égard des juifs, ou encore de l’Allemagne hitlérienne.
Pourquoi donc Sarkozy brandit-il son veto contre la Turquie sous prétexte qu’elle ne veut pas reconnaître son devoir de mémoire et s’entête dans le même temps à refuser de libérer la conscience française des crimes contre l’humanité commis en Algérie ?
Il est vrai que « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà », pour reprendre la géniale formule du philosophe français, Pascal.
C’est dire que le profil et le caractère du président Sarkozy n’incitent pas à l’optimisme s’agissant de la guerre des mémoires entre la France et l’Algérie.
Sauf si la fonction présidentielle qu’il va occuper désormais lui procure le détachement, la grandeur et le sens du devoir nécessaire pour un homme qui veut tout changer.
A ce moment-là, il ira sans doute plus loin que la refondation des relations, le traité d’amitié et le partenariat d’exception chers à Chirac. Et le président Sarkozy aurait ainsi bien compris les Algériens qui le lui rendraient bien. En aurait-il le courage et la sagesse ?
Hassan Moali
09 mai 2007 à 02:07Ajoutez un commentaire
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