Compte-tenu de l'actuelle flambée des cours de pétrole suite aux craintes d'une attaque militaire américaine en Iran, Thierry Breton se porte à la rescousse de l'économie française en affirmant mardi soir sur LCI ne pas exclure de convoquer de nouveau les groupes pétroliers comme il l'avait réalisé en Septembre.
Les cours du brut se sont à nouveau approchés des 70 dollars mardi, battant même un nouveau record à Londres, dopés par la crise iranienne et des craintes de pénurie d'essence aux Etats-Unis. Surprenant tout de même le destin : après avoir débuté pour ainsi dire avec Softwar, T.Breton doit actuellement faire face ... à un monde de brut.
1 – T.Breton n'exclut pas de convoquer les groupes pétroliers
Thierry Breton, a indiqué mardi sur LCI qu'il n'"excluait pas" de convoquer à nouveau l'ensemble des entreprises pétrolières opérant en France, comme il l'avait fait précédemment, si les cours de l'essence connaissaient des "variations anormales". Pour rappel, le ministre de l'Economie avait réuni en septembre les principaux acteurs du secteur pétrolier en France, qui s'étaient engagés à répercuter sur le client final les baisses du prix du pétrole. Total s'était ainsi engagé à répercuter à la pompe "dans les trois jours" les baisse des prix de marché des carburants et à lisser dans le temps les hausses brutales éventuelles, en réponse à la flambée du brut.
Soulignant que la réunion de septembre 2005 avait été "très efficace" et que l'ensemble des compagnies pétrolières avaient "tenu leurs engagements", M. Breton a affirmé que le gouvernement avait "bien contrôlé l'évolution des cours de l'essence". Cependant, il a indiqué que ce dernier, qui s'était engagé à contrôler les prix des carburants toutes les semaines, avait depuis quelque peu desserré le processus, pour ne le réaliser que tous les quinze jours. Compte-tenu du contexte actuel, T.Breton a annoncé avoir décidé de remettre en place un contrôle hebdomadaire.
Selon le ministère, la semaine dernière, les prix pratiqués pour le super sans plomb 95 oscillaient entre 1,27 et 1,30 euro en fonction des distributeurs. La DGCCRF (direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes) cite quant à elle une fourchette entre 1,24 et 1,34 euro, néanmoins bien en-deçà des 1,60 euro atteints dans certaines stations services en août 2005.
S'exprimant sur la hausse actuelle des cours, Thierry Breton a souligné qu'il n'y avait pas assez de différentiel entre l'offre et la demande de pétrole. Selon lui, cet état de fait entraîne une spéculation dès qu'une crise apparaît, voire même un risque de crise, un changement climatique qui peut affecter des zones de production, la tension actuelle en Iran s'intégrant dans ce type de processus.
2 – Le brut proche de 70 dollars
Les cours du brut se sont à nouveau approchés de la barre des 70 dollars mardi, battant même un nouveau record à Londres, en raison de tensions sur le dossier nucléaire iranien et des craintes de pénurie d'essence aux Etats-Unis. Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude" pour livraison en mai a progressé de 24 cents, clôturant à 68,98 dollars, au plus haut depuis sa clôture du 1er septembre. Le pétrole brut avait atteint un record historique fin août à 70,85 dollars le baril à New York. A Londres, le baril de Brent pour livraison en mai a touché 69,70 dollars vers 08H50 GMT, un nouveau record historique pour cette qualité de pétrole. Il a ensuite terminé à 69,37 dollars, battant son record de clôture.
L'Iran a annoncé mardi avoir réussi à enrichir de l'uranium, accélérant son programme nucléaire pour produire du combustible pour ses futures centrales nucléaires. Cette annonce représente un défi au Conseil de sécurité de l'Onu, qui lui a demandé de renoncer à ce projet. Les opérateurs du marché pétrolier craignent que la crise ne compromette les exportations de brut venu d'Iran ou transitant par le Golfe persique en cas d'escalade militaire. Comme nous l'évoquions précédemment, des rumeurs sur une possible action militaire de Washington avaient été relancées ce week-end par la presse américaine, le président Bush les qualifiant néanmoins par la suite de "pure spéculation".
Par ailleurs, le gallon d'essence sur le Nymex a clôturé une nouvelle fois au-dessus de 2 dollars, au plus haut depuis début octobre. Selon le ministère américain de l'Energie (DoE), le prix à la pompe pourrait même atteindre 2,62 dollars cet été, soit 13,7% de plus que l'an dernier, en raison d'une hausse de la demande et d'une production insuffisante de carburant aux Etats-Unis.
Ces manques de capacités sont dues à des travaux de maintenance dans des raffineries américaines, dont plusieurs avaient été endommagées par le passage des ouragans dans le golfe du Mexique à la fin de l'été dernier. De nouvelles normes environnementales dans la composition de l'essence risquent également de ralentir la production aux Etats-Unis.
Les chiffres hebdomadaires des stocks américains de produits pétroliers attendus mercredi devraient à nouveau faire état d'une baisse des réserves d'essence et de distillats (diesel et fioul de chauffage), mais aussi d'une hausse des stocks de brut.
Selon le DoE, le brut devrait atteindre en moyenne 65 dollars le baril en 2006 et 61 dollars en 2007 en raison d'une "demande continue mondiale de brut, assortie d'améliorations minimes dans les capacités de production supplémentaires". Selon le Département, la poursuite de l'instabilité géopolitique devrait aussi contribuer à maintenir les prix du pétrole à un niveau élevé en 2006.
3 – Demandes faites précédemment par T. Breton aux pétroliers
En septembre 2005, le ministre de l'Économie avait demandé aux compagnies pétrolières de « se comporter en entreprises citoyennes » en réduisant leur marge en forte augmentation pour compenser la hausse du prix du baril et propose d'instaurer à défaut une taxe exceptionnelle.
Thierry Breton, avait alors estimé qu'elles devaient redonner aux Français, aux consommateurs, des profits exceptionnels correspondant à une situation exceptionnelle. Les mesures envisagées concernaient alors des baisses du prix à la pompe et des mesures d'investissements significatifs dans le secteur des énergies renouvelables et des programmes pour la voiture propre.
Sans effort de leurs parts, le gouvernement n'avait pas exclu alors la possibilité de soumettre au vote des députés une taxe exceptionnelle correspondant à une situation exceptionnelle. BP puis Total avaient alors rapidement annoncé une baisse de 3 centimes pour l'essence sans plomb et de 2 centimes pour le gazole. L'UFIP (Union française des industries pétrolières) avait à l'inverse, apostrophé le gouvernement en rappelant que plus de 65% du prix d'un litre de carburant allait dans « la poche » de l'Etat sous forme de taxes.
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5 Commentaires
1
Il est assez pénible de voir convoquées toujours les mêmes raisons géopolitiques et techniques pour expliquer la hausse du brut, alors qu'il crève les yeux que la demande dépasse structurellement l'offre et que les réserves n'en peuvent maintenant plus.
Une anectode: sur la table des nouveautés, dans ma bibliothèque municipale, traîne depuis 3 semaines le livre "La vie aprés le pétrole" de Wingert. Malgrès le passage, malgrès la fréquentation trés importante de cette biblio, il n'est n'est ni consulté ni emprunté. Il y a une cécité volontaire de notre part sur le problèmme du pic de production pétrolier et sur ses conséquences. On sait que le pétrole bon marché c'est fini, que ce sera bientôt la foire d'empoigne généralisée, mais ça fait tellement peur qu'on préfére ne rien savoir.
12 avril 2006 à 09:312
Un peuple d'autruches .... vous ne le saviez pas ?
sans compter que les reserves sont sur-evaluées et ... invérifiables ....
12 avril 2006 à 10:453
Le mardi 11 avril 2006
Les raffineurs comme Ultramar continuent de faire de bonnes affaires. - CANADA
L’essence coûtera plus cher cet été - Pierre Pelchat
Le Soleil Québec
Les automobilistes doivent s’attendre à payer leur essence plus cher cet été que durant la même période l’an dernier.
« Avec un prix du baril de pétrole qui frôle 70 $ et des capacités de raffinage très serrées, le prix de l’essence va être élevé cet été », a prédit, hier, le professeur en économie à l’Université Laval, Jean-Thomas Bernard.
« L’an dernier, le prix du baril de pétrole était de 50 $ avant le début de l’été, et l’essence se vendait autour de 90 ¢ le litre. Avec le prix brut qui ne cesse de monter, on ne voit pas comment le prix à la pompe pourrait baisser », a-t-il poursuivi.
12 avril 2006 à 11:424
La fébrilité du marché du pétrole devrait maintenir le prix de l'essence au-dessus de la barre de 1 $ le litre tout l'été au Canada.
Selon le Financial Post, le carburant commence habituellement à voguer vers ses sommets annuels après la fête des Patriotes. Il coûte pourtant déjà 1,02 $ le litre en moyenne au pays, et ce plus d’un mois avant ce week-end clé. L’an dernier, la moyenne se situait plutôt à 0,94 $ le litre.
La dure saison des catastrophes naturelles de l’été dernier a poussé le prix de l’essence à un niveau record de 1,26 $ en septembre dernier en raison de la baisse de la capacité de production dans le golfe du Mexique. Or, plus de six mois plus tard, près de 25 % des installations de cette région ne sont toujours pas fonctionnelles.
Selon une analyste de MJ Ervin, le marché se caractérise par une plus importante fébrilité qu’à l’habitude, et ce même si les inventaires sont plutôt élevés pour la période actuelle. Cela augure plutôt mal pour la saison des vacances, prévient-elle.
Le prix du baril d’or noir a clôturé à 68,74 $US hier, non loin de la barre des 70 $US qu’il a franchie après le balayage de Katrina.
12 avril 2006 à 11:455
Pour comparer les prix du carburant à la pompe et connaitre les meilleurs prix pratiqués près de chez soi, il existe le site www.prixcarburant.com.
23 mai 2006 à 17:57Ajoutez un commentaire
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