SACYR plonge EIFFAGE dans le brouillard

Eiffagebrouillard_1La nouvelle passerait presque inaperçue sous fond de CPE, mais EIFFAGE, autre fleuron industriel français pourrait à terme devenir espagnol, puisque le groupe de BTP Sacyr a porté mercredi de 10% à 30,7% sa participation dans le capital de son concurrent français, devenant ainsi son premier actionnaire.

Décidément, quand s'arrêtera la frénésie actuelle de rachats de sociétés françaises ? Il est vrai que comme le dessine Plantu dans l'Express de cette semaine, la France, s'isolant tel un îlot, semble être actuellement une proie facile pour les requins qui baignent dans le bonheur, face aux faiblesses internes de leur sujet d'appétit.

1 – SACYR 1er actionnaire d'EIFFAGE avec 30,7 %

Sacyr vient de porter de 10% à 30,7% sa participation dans le capital d' Eiffage, devenant ainsi son premier actionnaire. Le groupe espagnol, qui assure ne pas avoir "l'intention de prendre le contrôle d'Eiffage pas plus que lancer une OPA sur lui", détient désormais 31,8% des droits de vote. SACYR précise avoir investi 1,66 milliard d'euros dans l'achat de 13,75 millions d'actions du groupe français depuis son entrée dans son capital. Selon l'entreprise espagnole, cet investissement qui ne serait pas le fait d'une opération concertée confirmerait l'objectif de Sacyr de devenir un "actionnaire de référence" du groupe français. Depuis fin 2005, via plusieurs opérations, Sacyr est monté à plus de 10% dans le capital d'Eiffage.

Dans la préparation de son AG du 19 avril, Eiffage pourrait compter sur le soutien de la Caisse des dépôts qui vient d'entrer au capital du groupe français à hauteur de 3%, comme nous l'évoquions précédemment. Le Premier ministre Dominique de Villepin avait souhaité début mars que la Caisse des dépôts puisse "augmenter significativement ses placements en actions", dans le but de consolider et de sécuriser le capital des groupes français susceptibles d'être la proie d'OPA hostiles.

Par ailleurs, le financier belge Albert Frère a annoncé le 23 mars avoir pris une participation de 6,1% dans le capital d'Eiffage. Même si ses intentions restent floues, certains analystes estiment qu'Albert Frère vient à la rescousse du groupe français de BTP pour contrer Sacyr. Quant aux salariés d'Eiffage, ils détenaient au 24 mars 20 % du capital. Au total, le PDG d'Eiffage Jean-François Roverato pourrait ainsi s'appuyer sur près de 30% du capital.

2 - Eiffage reste opposé à la nomination d'administrateurs de Sacyr

Sacyr rappelle qu'il a demandé au conseil d'administration d'Eiffage d'inclure dans l'ordre du jour de l'AG de ses actionnaires du 19 avril la proposition de nommer quatre administrateurs, dont son PDG Luis Fernando del Rivero Asensio, représentant la part du groupe espagnol dans le capital de son concurrent. Le groupe Eiffage avait précisé lundi que ces projets de résolution n'ayant pas été agréés par son conseil d'administration, il invitait les actionnaires à voter contre. Le CA d'Eiffage compte huit administrateurs au total.

BTP Eiffage s'est dit mercredi "toujours opposé" à la nomination de quatre administrateurs de son concurrent espagnol, malgré la montée en puissance de ce dernier dans le capital du groupe. La souscription de l'actionnariat salarié étant en cours, la société est en attente de l'assemblée générale du 19 avril.

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9 Commentaires

  1. 1

    Viva España !

    L'etat français n'a pas souhaité voir d'espagnol au capital des autoroutes l'année derniere. Sacyr prend sa revanche, rien de plus normal...Les groupes de BTP espagnol sont riches (Espagne N° 1 ou 2 de la bulle immobiliere en Europe) alors ils en profitent. Moi je trouve ça trés normal et c'est la preuve vivante que l'Europe est un grand marché. D'autant plus que Sacyr a payé un bon prix sa participation au capital : il ne doit pas y avoir que des malheureux. Demandez donc aux fonds d'investissement FMR & Fidelity...

  2. 2

    Viva España !

    Je rajouterai que tant on aura un capitalisme à la franaçise, c'est à dire sans capitaliste, ce genre d'aventure continuera. Il est plus que temps d'encourager les français à investir dans leurs entreprises via la bourse ou les fonds de placement de type SICAV et FCP. Au lieu de nous sortir le PERP, fallait proposer des fonds de pension français qui auraient achetés des actions de société française. Ca c'est du bon "nationalisme". Leur reste n'est qu'esprit revanchard déplacé...

  3. 3

    Elisabeth

    "Il est plus que temps d'encourager les français à investir dans leurs entreprises via la bourse ou les fonds de placement de type SICAV et FCP" : oui , 100 % oui !!!!

  4. 4

    Elisabeth

    " fallait proposer des fonds de pension français qui auraient achetés des actions de société française" : 100 % d'accord
    + actionnariat salarie

    cf . Pierre Fabre : une succession bien préparée
    http://www.leblogfinance.com/2005/11/pierre_fabre_un.html

  5. 5

    Elisabeth

    "tant on aura un capitalisme à la française, c'est à dire sans capitaliste, ce genre d'aventure continuera" .. un autre pb est aussi d'associer détenteurs d'actions et "sales" capitalistes ... si c'est ca qui fait marcher les entreprises et donc l'economie et l'emploi !!!

  6. 6

    Romain

    l'OPA prévue par SACYR avait selon la rumeur un prix à 100 € par titre, l'envolée d'Eiffage au contact des 145 € les a empeché de la faire... aujorud'hui le titre Eiffage recule fortempent en prévision d'une offre qui serait inférieure au cours.

  7. 7

  8. 8

    Elisabeth

    Eiffage décroche, spéculation faiblit malgré montée Sacyr au capital - PARIS, 6 avr 2006 (AFP)
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    L'action du groupe de BTP Eiffage décrochait jeudi en fin de séance, au lendemain de la montée à son capital de son concurrent espagnol Sacyr Vallehermoso, qui a répété qu'il ne lancerait pas d'OPA, ce qui affaiblit les spéculations sur un rachat, selon les analystes.

    A 15H00 GMT, l'action Eiffage perdait 11,71% à 128,20 euros, dans un marché en baisse de 0,07%.

    La spéculation est "le principal moteur du titre dans le contexte actuel", soulignait jeudi la Société Générale dans une note.

    Sacyr a répété qu'il n'avait pas l'intention de lancer une OPA sur Eiffage, ce qui affaiblit les hypothèses d'un rachat", qui soutenaient justement le titre.

    "Les investisseurs préfèrent sans doute prendre leurs bénéfices alors qu'Eiffage a gagné près de 53% depuis le début de l'année".

    Un sentiment partagé par une vendeuse d'action d'une grande banque française, selon laquelle "Sacyr a presque atteint son objectif en prenant un peu plus de 30% du capital d'Eiffage".

    "Sauf à penser qu'une OPA est encore possible sur le français, les investisseurs ont tout intérêt à vendre leurs titres au cours actuel, qui reste très élevé", a-t-elle ajouté.

    "Les fonds d'investissement FMR et Fidelity International ont vendu l'essentiel de leur part dans Eiffage mercredi", ce qui pourrait aussi expliquer en partie cette baisse du titre.
    Selon lui, "la prochaine date cruciale sera l'assemblée générale d'Eiffage le 19 avril".

    L'objectif serait pour Sacyr "d'obtenir une représentation suffisante au conseil d'administration et au final de pouvoir imposer une fusion via un échange de titres, comme cela a été le cas dans sa fusion avec Vallehermoso", a estimé la Société Générale.

    "Sacyr veut sans doute, comme avec Vallehermoso, prendre le contrôle d'Eiffage sans avoir à lancer d'OPA sur le groupe", a renchéri un analyste.

    La Société Générale se dit pourtant convaincue que "la spéculation pourrait continuer". "Sacyr Vallehermoso pourrait notamment chercer à porter sa participation dans Eiffage à 33%, contre 31% actuellement", a-t-elle souligné.

    En devenant l'actionnaire de référence d'Eiffage, Sacyr reprend pied dans les autoroutes françaises, après avoir été candidat malheureux en décembre à la privatisation de la Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France (Sanef) et des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR).

    Or c'est justement Eiffage, allié à l'Australien Macquarie, qui avait remporté les APRR.

  9. 9

    Elisabeth

    Donc Mr VIVA Espagna ....chapeau bas ....;)

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