De plus en plus de voix s'élèvent alertant sur le fait que le baril puisse atteindre un niveau de prix égal à 100 dollars. Mercredi c'est au tour de la Russie d'évoquer cette possibilité.
Néanmoins , ne JAMAIS oublier qu'une simple annonce comme celle-ci risque avant tout de faire envoler les cours ... et que l'entrée en bourse du géant pétrolier russe de Rosneft est imminente. Les Etats-unis quant à eux viennent de gagner une bataille contre le Canada dans le secteur du maïs ... à voir également désormais également comme un bio-carburant.
Alors à qui profite la montée des cours ?
1 – Moscou craint un baril à 100 dollars
Le cours du baril de pétrole pourrait atteindre "100 dollars, voire plus" en cas d'impasse durable sur le dossier nucléaire iranien, a déclaré mercredi à Paris le conseiller du président russe chargé du G8, Igor Chouvalov. Interrogé lors d'une rencontre avec l'Association de la presse diplomatique française sur l'éventualité d'une intervention militaire américaine en Iran en cas d'impasse sur le dossier nucléaire iranien, M. Chouvalov a précise qu'en aucun cas, on ne devait laisser les discussions sur les sanctions aller jusque là, et ce, en premier lieu, pour éviter que le baril ne s'envole à des sommets vertigineux a-t-il ajouté.
Affirmant que la position de la Russie sur le dossier iranien sera conditionnée par les impératifs de la sécurité internationale, il précise que sans être "têtus ou fidèles à l'Iran", le gouvernement russe tiendra tout simplement compte de toutes les conséquences négatives engendrées par d'éventuelles sanctions. Moscou et Pékin restent opposées pour l'heure à ce type de mesures contre Téhéran, à la différence de Washington et de l'Union Européenne. Les grandes puissances, qui n'ont pu se mettre d'accord le 19 avril à Moscou, doivent se retrouver de nouveau le 2 mai à Paris.
La Russie, néanmoins un des principaux producteurs d'hydrocarbures ... , dit souhaiter que les cours du pétrole s'établissent "autour de 30 dollars", les niveaux actuels étant "nocifs pour son économie". Les cours du pétrole atteignent des niveaux records, jusqu'à 75 dollars le baril, en raison des inquiétudes concernant l'Iran et le Nigeria.
Selon M. Chouvalov, le prix de 30 dollars pourrait assurer à la Russie le respect des engagements sociaux (tiens, tiens , ..) envers la population et le développement de la production dans les rythmes prévus par le gouvernement russe". Selon lui, les prix actuels seraient un problème très important pour son pays. Il rappelle par ailleurs que la Russie ne fait pas partie de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole qui selon lui, se satisfait, elle de prix beaucoup plus élevés. Récemment, des responsables de l'Opep ont déclaré qu'un baril autour de 60 dollars leur conviendrait.
Pour cet homme que certains dénomment le "sherpa" de Vladimir Poutine pour le G8, dont la Russie assure actuellement la présidence, ceci constitue la différence d'approche envers la montée des prix par rapport à d'autres pays producteurs. Il fait également valoir que l'industrie russe est fortement dépendante des prix élevés du baril, et que le retour des cours à la normale permettrait à des secteurs de l'économie russe de se développer. Selon lui, la flambée des cours actuelle freine l'économie russe et les projets associés, soulignant que son pays "n'avait pas prévu cette montée des prix des hydrocarbures". Pour lui, si l 'inflation avait été initialement prévue à un taux de 6% fin 2006, il se pourrait qu'elle atteigne en réalité 10 %.
2 – Rentrée en bourse de Rosneft
Ne pas oublier cependant, que parallèlement à ce discours ... la Russie prépare l'entrée en bourse du génat pétrolier Rosneft, le gouvernement russe insistant également sur le fait que les actions seraient accessibles pour l'ensemble de la population russe .... politiquement et socialement très correct tout cela ...
Le député Anatoli Aksakov, vice-président du comité de la Douma pour les marchés financiers, a annoncé il y a moins de quinze jours que Rosneft serait introduit en bourse au mois de juin sur deux places, en Russie et à l'étranger. La programmation de l'introduction en bourse de la société pétrolière russe Rosneft est confirmée pour le 3ème trimestre de 2006, a annoncé la semaine dernière le ministre russe du Développement économique et du Commerce (MERT), Guerman Gref.
Le calendrier doit être entériné à présent par le directoire de Rosneft. Le patron du MERT s'est refusé à indiquer la date exacte et les paramètres de l'introduction en bourse des actions de Rosneft. Selon le ministre, des actions de la société d'un montant de 3 milliards de dollars pourraient être introduites en bourse en Russie et pour une somme de 12 milliards à la bourse de Londres. Le directoire de Rosneft entérinera sous peu la date concrète, l'importance du paquet d'actions et les paramètres de l'introduction.
Rosneft entend vendre une partie de ses actions pour rembourser le prêt accordé à Rosneftegaz (7,5 milliards de dollars) pour l'acquisition de 10,74% des actions de Gazprom et permettre à l'Etat de détenir le bloc de contrôle. Cette IPO (Introduction en Bourse) pourrait concerner 30% des actions de Rosneft. Selon cette société, à l'heure actuelle Rosneft est estimée à plus de 25 milliards de dollars.
Le patron du pétrolier public russe Rosneft, Sergueï Bogdantchikov, a promis "une privatisation exemplaire" de son groupe, assurant que tous les Russes auront la possibilité de devenir actionnaires de la compagnie. La route est ouverte également "aux investisseurs étrangers qui pourront acquérir des actions aussi bien sur les Bourses russes qu'à Londres", a promis le responsable.
3 – A qui profite le cours ?
Néanmoins de plus en plus de voix s'interrogent sur les effets réels d'une telle flambée et les intérêts cachés. Il semblerait de plus en plus clair que le « crime » pourrait profiter à certains, au détriment des consommateurs finals mais néanmoins finauds ... et des économies émergentes telles que Chine et Inde très fortement dépendantes du pétrole ..et l'Europe unifiant désormais 25 pays au grand dam de l'oncle Sam....
Alors face à ce constat quelques suggestions : la montée du cours ne serait-elle pas au final voulue par les lobbyings pétroliers américains qui manipuleraient ainsi le monde et les cours à travers des effets d'annonce ? Cette flambée ne serait-elle également recherchée par certains gouvernements arabes (également Iran ? ) pour asseoir leur pouvoir et payer la facture sociale qui est le prix de leur maintien au pouvoir ?
La montée du prix du baril n'aurait-elle pas des conséquences positives pour le gouvernement en terme d'accroissement des revenus liés aux taxes sur les produits pétroliers... surtout qu'en terme de trésorerie ... cela pourrait devenir tout de même intéressant : le gouvernement peut ainsi sans trop de frais annoncer une baisse des impôts payés tout de même d'avance par le contribuable (avec un montant évalué en fonction des montants de l'année précédente ..) en le taxant immédiatement via taxes pétrolières ... politiquement très intéressant avant des élections ....
Ne pas oublier également les conséquences liées au recours accru au bio-carburant. En effet, si de plus en plus de personnes voient en cette source d'énergie une solution miracle ... ne pas oublier qu'au delà de 800. 000 tonnes, la France devra recourir à des importations: il faudra bientôt choisir entre manger ou conduire ... Hasard de calendrier ? les USA et le Canada se livrent bataille actuellement sur le maïs ... et oui, l'oncle Sam a des productions agricoles à écouler sur les marchés mondiaux, ne l'oublions pas ...
Ainsi, depuis quelques jours, les producteurs canadiens de mais (PCM) sont déçus de la décision rendue par le Tribunal canadien du commerce extérieur (TCCE) voulant que les importations de mais-grain des Etats-Unis qui font l'objet de dumping et de subventionnement ne causent pas de préjudice important aux producteurs canadiens.
La décision de non-préjudice a été rendue en dépit du fait que l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), dans sa décision préliminaire et dans sa décision finale, avait conclu que la quasi-totalité des importations de mais-grain des Etats-Unis vers le Canada faisaient l'objet de dumping et de subventionnement. Le dumping et le montant de la subvention représentent un total jugé stupéfiant de 44 % du prix d'exportation du mais-grain des Etats-Unis.
Malheureusement, dans "cet affrontement du type David contre Goliath" ainsi dénommé par les canadiens, Goliath a été en mesure de convaincre le TCCE que les producteurs canadiens de maïs ne subissaient pas de préjudice, et ce, malgré les importations massives de mais-grain faisant l'objet de dumping et de subventionnement. Ces importations trouvent leurs origines dans les surplus de 2,4 milliards de boisseaux de mais-grain américain. Les producteurs canadiens de mais s'estiment acculés à la faillite par des subventions américaines déloyales et illégales. Ils annoncent ne pas renoncer à la lutte, leur avenir et celui du secteur canadien des céréales et des oléagineux étant en jeu.
A la suite de la décision rendue par le TCCE, les droits provisoires de 75,00 $ CA la. tonne imposés le 15 décembre 2005 sur les importations de mais-grain des Etats-Unis sont éliminés et tous les droits déjà perçus seront retournés.
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5 Commentaires
1
CQFD ?
Thierry Breton exclut de baisser les taxes pétrolières
26/04/2006 - 20h08
BORDEAUX (Reuters) - Thierry Breton a déclaré mercredi qu'il n'était "pas question de baisser les taxes sur les produits pétroliers" en France comme ailleurs, en dépit de la flambée des prix du pétrole.
"J'étais aux réunions du Fonds monétaire international (FMI) ce week-end à Washington. Nous avons beaucoup parlé de cette question", a expliqué le ministre de l'Economie sur France 3 Aquitaine, en marge d'une visite à Bordeaux.
"Tous les pays unanimes, je dis bien tous, ont dit qu'il était hors de question de baisser les taxes sur les produits pétroliers parce que c'est l'idée inverse qu'il faut faire", a-t-il ajouté.
Pour Thierry Breton, le pétrole est désormais une "denrée rare".
"Nous sommes rentrés dans la période de l'après-pétrole. C'est clairement ce qui caractérise notre monde aujourd'hui. Pour cela il faut nous y préparer. Il faut apprendre à consommer autrement", a-t-il ajouté, rappelant qu'il avait demandé au FMI de jouer un rôle dans la surveillance du marché pétrolier.
Le ministre de l'Economie a souligné que ses services surveillent quotidiennement "ce qui ce passe sur les prix à la pompe", et a souhaité "qu'il y ait plus de concurrence".
27 avril 2006 à 00:112
Décryptage : il faut bien payer le déficit abyssal de la France. Breton ne va pas se priver d'une manne qui fait d'ailleurs partie du budget 2006 (brut à 76 $, nous n'y sommes pas encore).
A moins que les élections... ou des manifestations d'automobilistes...
27 avril 2006 à 09:083
merci Panama de confirmer mes "impressions" ... Tres sincerement
27 avril 2006 à 11:594
Pauvre petit Poutine , il se sent menacé ;) CHANTAGE au petrole apres le gaz ..... on en reparle !
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La Russie se sent menacée sur les questions énergétiques - TOMSK (Russie), 27 avr 2006 (AFP)
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Le président russe Vladimir Poutine a déclaré jeudi à Tomsk, en Sibérie, que Moscou "ressentait comme une menace" l'attitude de l'Europe à son égard dans le domaine de l'énergie et par conséquent commençait à "chercher d'autres débouchés" pour ses hydrocarbures.
Ce n'est pas la Russie qui menace l'Europe par sa puissance énergétique, c'est l'inverse, a expliqué M. Poutine, faisant allusion aux difficultés d'accès des compagnies russes aux marchés ouest-européens.
"Quand nous entendons tout le temps la même chose (des propos visant à limiter l'accès des Russes au marché), nous le percevons comme une menace et nous commençons à chercher d'autres débouchés", a-t-il dit.
"Pendant des années, on a bien travaillé avec vous, même du temps de la guerre froide (...) Jour après jour, l'URSS livrait ses partenaires en Europe (...) A quoi bon alimenter la peur d'une dépendance excessive vis à vis de la Russie ?", a poursuivi le président russe, lors d'une conférence de presse donnée avec la chancelière allemande Angela Merkel à l'issue du sommet russo-allemand à Tomsk, en Sibérie.
27 avril 2006 à 12:415
Poutine fait-il allusion aux ex-pays du bloc soviétique qui font maintenant partie de l'UE (Pologne, Hongrie, Pays Baltes, etc.) ?
27 avril 2006 à 16:28Ce n'est pas en évoquant la possibilité de vendre son brut à 100 $ que Poutine va rassurer ses partenaires de l'UE qui me paraiisent méfiant à juste égard, et qui l'ont toujours considéré comme démocratiquement... suspect.
Comme toujours avec Poutine, on se demande où finissent les relations internationales et où commence la politique intérieure russe.
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