Un léger espoir pourrait illuminer quelque peu le monde de brut que sont les marchés pétroliers. En effet la journée de jeudi a apporté deux points positifs, - enfin – dirons-nous. La situation actuelle étant pour le moins renversante.
Tout d'abord les prix du pétrole ont terminé en baisse, après avoir battu de nouveaux records en début de journée. Parallèlement, Shell a annoncé que la plus grande installation de production pétrolière du golfe du Mexique à avoir été endommagée par Katrina l'an dernier, sera de nouveau opérationnelle d'ici à la fin mai.
Mais le ministre de l'Energie du Qatar a pour sa part affirmé que l'Opep était impuissante face à l'actuelle flambée du brut, due, selon lui, à une pénurie des capacités de raffinage. L'Iran quant à elle se dit opposé à une hausse de la production du cartel pétrolier.
1 – Le pétrole en baisse après avoir dépassé de nouveaux records
Les prix du pétrole ont terminé en baisse jeudi, après avoir battu de nouveaux records en début de journée. Les marchés restent en effet extremement inquiet au sujet de la crise iranienne, le climat étant explosif à l'heure actuelle. Les risques de pénurie d'essence cet été aux Etats-Unis alimentent toujours également la hausse.
Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude" pour livraison rapprochée en mai a terminé en baisse de 22 cents à 71,95 dollars. Il a battu un nouveau record historique jeudi dans les échanges électroniques, à 72,49 dollars le baril. Le contrat de mai expirait en fin de séance jeudi à New York. Sur le contrat de juin, qui deviendra vendredi le contrat de référence du marché, le baril de "light sweet crude" a reculé de 43 cents pour clôturer à 73,69 dollars.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a franchi la barre des 74 dollars jeudi matin à Londres, montant jusqu'à 74,22 dollars, un record. Il a terminé en baisse de 55 cents à 73,18 dollars le baril. Les cours ont pâti de prises de bénéfices en fin de séance. Les analystes restaient toutefois convaincus que ce repli n'était que temporaire.
Les événements géopolitiques de nature à faire monter les cours ne cessent de s'accumuler. Selon les analystes, seuls deux facteurs pourraient faire baisser les prix du pétrole à court terme: une détente des tensions au Moyen-Orient ou une chute soudaine de la demande. Or ces deux points semblent encore loin d'être réunis alors que l'Iran a affirmé jeudi qu'elle "réprimerait avec force les agresseurs" de son pays.
Le chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice avait évoqué la veille le droit à l'autodéfense pour justifier une éventuelle intervention des Etats-Unis en Iran. Le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mercredi quant à lui que le pétrole n'avait pas atteint sa "juste valeur" malgré la récente flambée des prix. Téhéran refuse toujours de stopper l'enrichissement l'uranium, malgré les injonctions de l'Onu. Le marché craint qu'en cas de sanction, le pays ne riposte en interrompant ses exportations qui s'elevent à 2,7 millions de barils par jour.
Le marché redoute aussi une pénurie d'essence aux Etats-Unis alors que les grands déplacements devraient s'accroître à l'approche de la période estivale qui s'étale aux USA de mi-mai jusqu'en septembre. De plus, la production pourrait être ralentie par l'entrée en vigueur de normes plus strictes sur la composition de l'essence, qui doit désormais inclure de l'éthanol et non du MTBE, jugé trop polluant.
Par ailleurs, le département américain de l'Energie a fait état mercredi d'un recul généralisé des stocks la semaine dernière, particulièrement marqué pour l'essence. Ces dernières réserves sont désormais 4,6% en dessous de leur niveau de l'an dernier à la même époque.
2 – L'OPEP incapable d'influer sur les cours malgré ses efforts
Le ministre qatari de l'Energie, Abdallah Ben Hamad Al-Attiyah, a affirmé jeudi sur Al-Jazira que l'Opep était impuissante face à l'actuelle flambée des cours du brut due, selon lui, à une pénurie des capacités de raffinage, notamment aux Etats-Unis. D'après ses propos, le monde ne serait pas confronté à une crise d'approvisionnement, le marché étant mieux approvisionné qu'auparavant.
De ce fait, comme Thierry Breton le mettra vendredi en avant dans le cadre du G7, il estime que les pays doivent se concentrer sur la construction de davantage de raffineries pour prévenir toute pénurie en produits pétroliers. Il en appelle ainsi aux pays industrialisés, et particulièrement aux Etats-Unis, pour qu'ils développent les investissements dans les raffineries et facilitent l'octroi des autorisations nécessaires.
Interrogé sur la marge de manoeuvre du cartel pour contenir la flambée des cours du brut sur les marchés internationaux, M. Attiyah a déclaré que l'Opep agissait jusqu'aux limites de ses capacités et produisait selon ses totales possibilités. Selon lui, l'Organisation aurait depuis bien longtemps, laissé au marché le soin de réguler les prix, il lui serait de ce fait extrêmement difficile d'influer sur les tendances des cours. Le cartel tiendra néanmoins ce week-end une réunion informelle à Doha en marge du 10e Forum International de l'Energie prévu du 22 au 25 avril.
3 - La plate-forme de Shell au Mexique bientôt opérationnelle
Shell a annoncé jeudi que la plate-forme pétrolière Mars, plus grande installation de production du golfe du Mexique à avoir été endommagée par l'ouragan Katrina l'an dernier, sera de nouveau opérationnelle d'ici à la fin mai, en avance sur le calendrier. Cette plate-forme, opérée à 71,5% par Shell et 28,5% par BP, représente environ 5% de la production actuelle du golfe du Mexique. Sa mise en route devrait commencer dans le courant du mois de mai avec une production partielle, la production devrait atteindre les niveaux antérieurs à Katrina avant la fin juin.
Marvin Odum, vice-président exécutif de la division exploration et production du groupe en Amérique, s'est félicité que la production puisse reprendre plus tôt que prévu, "avant le pic de consommation" d'essence lié aux départs en vacances cet été aux Etats-Unis. Shell avait réparé les dégâts causés par Katrina sur toutes ses installations du golfe du Mexique avant la fin 2005, à l'exception des plate-formes Mars et Cognac, ce qui avait déjà permis la restauration des 3/4 des capacités de production du groupe avant l'Ouragan.
BP avait indiqué début avril que l'autre grande installation touchée par les ouragans du golfe du Mexique, la raffinerie de Texas City, dont la production de 460.000 barils est interrompue depuis l'été dernier, était encore fermée à la fin mars mais qu'une remise en route progressive avait débuté.
4 - L'Iran opposé à une hausse de la production de l'Opep
L'Iran est opposé à une hausse de la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole , a déclaré jeudi le ministre iranien du Pétrole Kazem Vaziri Hamaneh. "L'Iran soutient le plafond actuel de production de l'Opep", a déclaré M. Hamaneh aux journalistes en marge d'une conférence internationale sur le pétrole et le gaz à Téhéran.
Selon lui, le marché est sur-approvisionné, sans pouvoir observer un réel phénomène de carence de production. La poursuite de la hausse et le niveau élevé du cours seraient dus selon ses termes à la pénurie d'essence aux Etats-Unis, jugeant les quantités de pétrole sur le marché suffisantes. Interrogé à propos du niveau actuel du cours de l'or noir, il a affirmé que "tout vendeur est naturellement satisfait lorsque les prix augmentent".
Sur l'éventualité d'une possible augmentation du baril à 100 dollars, M. Hamaneh a déclaré toutefois que l'Opep, n'était pas en principe favorable à des prix anormaux compte tenu des conséquences que cela peut avoir. Selon lui, une telle flambée augmenterait le coût de la production, tout en revêtant un caractère inflationniste, de nature à désavantager les pays pauvres.
L'Iran est le 4ème producteur mondial de brut, avec une production avoisinant 4 millions de barils par jour, et le deuxième plus gros fournisseur au sein de l'Opep.
A lire également :
. IRAN : le climat est explosif
. Pétrole : bénédiction ou malédiction ?
. Flambée du pétrole : record d'Août 2005 battu

11 Commentaires
1
Ma chère Elisabeth, sur mon blog .. et grâce à ton post .. j'ai un comm qui mériterait une réponse de ta part .. merci de ton aide !!
21 avril 2006 à 15:542
Sur la formation du prix du petrole
http://r0.unctad.org/infocomm/francais/petrole/prix.htm
21 avril 2006 à 16:25Excellent site par ailleurs ... pour Poubelovitch notamment et nos mais étudiants .!
3
nos amis étudiants , bien sur .... ;)
21 avril 2006 à 16:264
La relation entre le prix de l´essence et le prix du pétrole brut
Avant de se pencher sur l´effet de l´augmentation récente du prix du pétrole brut sur le prix de l´essence, il serait utile d´aborder la relation historique qui existe entre ces deux prix. À l´aide de données hebdomadaires qui s´échelonnent de janvier 2000 à juin 2005, nous avons effectué une analyse économétrique pour estimer le modèle de répercussion d´une variation du prix du pétrole brut sur le prix de gros de l´essence au Canada et le délai d´ajustement de ce dernier.
A priori, on s´attendrait à ce que le taux de répercussion dépasse 100 p. 100, c´est‑à‑dire qu´un changement de 1 ¢/L dans le prix du pétrole brut ferait varier le prix de l´essence d´un peu plus de 1 ¢/L. Le pétrole brut est de loin l´élément le plus important qui entre dans la fabrication de l´essence, mais un baril de pétrole brut ne produit pas un baril d´essence. Les autres sous‑produits issus du processus de production, par exemple le mazout lourd et le combustible de soute, sont vendus à un prix inférieur à celui du pétrole brut. Les raffineurs doivent donc récupérer ces pertes lorsqu´ils vendent des produits de grande valeur tels que l´essence et les distillats (diesel, carburant aviation et mazout de chauffage).
Comme nous nous y attendions, les résultats indiquent que la variation du prix du pétrole brut se répercute de façon importante, rapide et complète sur le prix de l´essence au Canada. Au cours des cinq dernières années, lorsque le prix du pétrole brut variait de 1 ¢/L, le prix de l´essence au Canada variait de 1,17 ¢/L (c.‑à‑d. qu´une variation de 1 $US dans le prix du baril de pétrole brut amenait une variation de 1,02 ¢/L dans le prix de l´essence au Canada). Le délai d´ajustement du prix est très court : plus de 50 p. 100 de l´ajustement se produit instantanément après la variation du prix du pétrole brut, et l´ajustement se termine dans la semaine qui suit.
le prix de vente de l'essence est fonction du cours du moment et non pas du prix d'achat en vigueur lors de l'acquisition du pétrole brut , vendu apres raffinage.
21 avril 2006 à 16:525
Sur l'impact de Katrina
http://www.lepoint.fr/affaires/document.html?did=167521
21 avril 2006 à 16:556
Formation du prix du carburant
http://www.industrie.gouv.fr/energie/petrole/textes/se_prixcarb.htm
21 avril 2006 à 16:567
Encore une tarte à la crème ressassée par les médias. Le manque de raffineries fait monter le prix du baril. Sauf que les raffineries étant en aval de la production je vois mal par quel miracle elles seraient succeptibles de modifier l'offre. C'est exactement l'effet inverse qui devrait être observé.Raffineries en pannes ou absentes -> augmentation des prix des produits distillés et baisse des prix du brut.
En fait il n'y a pas de mystére, la croissance mondiale trés vive entraine mécaniquement une plus forte demande et force à la hausse les matières premières. On sait depuis les derniers chocs que l'élasticité de la demande pétrolière est trés faible. On arrive tranquilement dans la première phase du pic oil, celle ou la demande décroche l'offre.
21 avril 2006 à 16:57Le mouvement suivant c'est un choc récessif qui fera baisser la demande, puis de nouveau un pic et ainsi de suite... Avec quelques guerres en prime pour vaincre l'ennui.
8
Pour voir en direct l'augmentation du prix de l'essence, il existe un site communautaire qui permet la saisie et la consulation des prix des différents carburants : http://www.zagaz.com/
21 avril 2006 à 17:419
Quelqu'un possede-t-il des docs sur la construction et
24 avril 2006 à 12:34l'amenagement d'un abri anti-atomique ? Merci
10
je pense qu'ils font des promo actuellement .... ;)
24 avril 2006 à 12:4511
Comme les masques de grippe aviaire d'ailleurs ... et ca , c'est pas une blague !!!
24 avril 2006 à 12:46Ajoutez un commentaire
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