L'or vient de dépasser les 600$ l'once au comptant

Nugget93kangourou A force de l'anticiper, cela devait bien finir par arriver ! Depuis ce lundi 10 avril 2006 à 23 heures à Paris, soit 21 heures en temps universel, alors que débutait la matinée à Sydney, c'est chose faite : pour la première fois depuis fin décembre 1980, l'once d'or vient de dépasser la barre psychologique des 600$ l'once sur le marché au comptant ('spot'). Le cours du métal fin au comptant s'aligne ainsi sur celui des contrats à terme, dont toutes les échéances cotent désormais plus de 600$ : ainsi le 'future' sur or livrable en avril cote-t-il 600,5$ et celui de décembre 2006 cote un peu plus de 620$.

A peu près au même moment, l'once d'argent a touché les 12,90 dollars, là encore un record depuis le début des années 80. A titre de comparaison, l'once d'or avait terminé lundi après-midi, à l'issue du second fixing quotidien du marché international de Londres, le LBMA, à 597,25 dollars, et l'argent à 12,42$.

Photo : revers d'un "nugget" australien, la pièce d'or d'une once 'troy' frappée par le Perth Mint de l'Etat d'Australie de l'Ouest, l'hôtel des monnaies du pays des kangourous. La pièce a un cours légal de 100$ australiens. Voir le revers ci-dessous.

Malgré un train d'enfer, la hausse refuse de reprendre son souffle

Le ressort de la hausse des métaux fins semble toujours passablement remonté. Pourtant, l'or se montrait bien hésitant lors des dernières séances. Et ce soir encore : en fin de journée lundi, James Moore, de TheBullionDesk.com, écrivait "qu'en dépit d'un record historique à 598,30$ touché peu après l'ouverture du marché en Europe, [l'or] n'a pas pu s'engouffrer dans la brèche en raison du déclenchement d'une vague de prises de bénéfice", qui l'ont ramené jusqu'à 592$. "La résistance des 600$ semble plutôt solide pour le moment, mais malgré cela, la tendance de fond du marché reste haussière". Et de conclure que le franchissement de la barre des 600$ n'était qu'une question de temps. L'attente n'aura finalement pas duré bien longtemps !

L'analyste Darren Heathcote, de NM Rothschild, en Australie, Nugget100dols_1n'estimait tout à l'heure guère probable que les 600$ soient enfoncés dans la soirée, même s'il estimait que la zone n'allait pas tardée à être testée. Quelque part, il n'a pas tort : pour le moment, le franchissement des 600$ fut bref et suivi d'un très léger repli, juste au-dessous du niveau fatidique.

Cités par l'agence Dow Jones Newswires, nombre de courtiers anonymes relaient depuis plusieurs jours la même information : les performances des métaux précieux sont telles ces derniers temps - + 17% pour l'or depuis fin 2005, et surtout +... 45% pour l'argent, en dollars US - que nombre d'investisseurs seraient en train de délaisser les placements traditionnels que sont les actions, obligations et produits en devises au profit des 'commodities', et notamment des métaux précieux.

De quoi (auto ?) alimenter une tendance déjà très positive ! Car les tensions géopolitiques, le pétrole qui se rapproche à grande vitesse de 69 dollars et les incertitudes quant à la valeur relative des devises et la politique "aurifère" des banques centrales ne sont pas évanouies pour autant.

Emporté par son élan... ou par celui de son cousin l'argent ?

Mais plus près que tout cela, les violents accès haussiers du cours de l'argent, qui profite toujours de l'attente de l'autorisation définitive par la SEC de la mise sur le marché de l'ETF sur l'argent de Barclays. Coté sur le marché Amex aux Etats-Unis, l'iShares Silver Trust devrait à terme tirer du marché les placer dans des coffres la bagatelle de 130 millions d'onces d'argent. Ces 4.000 tonnes de métal constitueront le sous-jacent physique du produit sur argent de Barclays.

Pourtant,  rapporte DJ Newswire, la toute dernière étape de la procédure, la 'registration statement' ('l'état d'enregistrement'), se fait toujours attendre. Un représentant de la SEC a - encore...- déclaré dans la journée que la procédure n'avait pas encore touché à son terme.

Mais il en faut plus que cela pour décourager des investisseurs à la recherche du rendement maximal. Interrogé par DJ Newswires, Graham Leighton, de la Société Générale, acteur européen de premier plan sur les matières premières, constatait "le deuxième trimestre n'est pas très avancé, et nous voyons arriver de l'argent frais provenant d'investisseurs, et cela continuera à être le cas". Il semble bien ce soir que si l'or a touché les 600 dollars, c'est  en bonne partie car l'argent se rapproche pour la première fois depuis plus de deux décennies des 13$ l'once.

Les analystes du courtier en métaux fins helvétique MKS Finance SA estiment quant à eux que l'argent est solidement établi au-delà des 12$. "Nous pensons que le métal restera sous pression en raison de la chute de la demande physique pour l'or, conséquence de la baisse de la demande de joaillerie. Toutefois, selon ses fondamentaux, l'or continuera d'aller plus haut grâce à la demande continue des fonds d'investissement et les anticipations d'affaiblissement du dollar", ajoutent-il.

La croissance US dopée à l'endettement ?

Pour finir, rappelons une des idées développées par les soeurs Pamela et Mary Anne Aden, qui sont aussi analystes financiers de www.adenforecast.com, dans leur note  conjoncture du 20 mars dernier. "La guerre d'Irak coûte maintenant plus cher que celle du Vietnam, par mois et ajusté de l'inflation. En outre, les Etats-Unis ont déjà dépensé presque autant en Irak qu'ils ne l'ont fait pendant tout le conflit vietnamien, qui avait pourtant duré 13 ans".

"Néanmoins, les USA ne peuvent pas se le permettre. Il faut donc tailler dans les dépenses sociales et d'autres programmes pour donner davantage au budget militaire, qui sera de presque 500 milliards de dollars l'année prochaine.  Et créer de la monnaie à partir de rien de plus consistant que du vent pour financer ces dépenses, et c'est pourquoi le déficit budgétaire ne cesse d'atteindre des records absolus.  Très simplement, le  gouvernement US ne peut s'empêcher de dépenser de l'argent qu'il n'a pas".

Pibdebtratio Et pour enfoncer le clou : "Nous ne pensons pas exagérer en disant que la situation d'aujourd'hui est bien plus sérieuse que celle d'alors. Les dépenses sont plus importantes, les déficits aussi et la proportion de dette sur le PIB américain est maintenant à son plus haut niveau depuis 1916, et probablement à son plus haut niveau de tous les temps. Actuellement, face à chaque dollar de PIB, on trouve 3 dollars de dette".

Voir le graphique en regard, cliquer dessus pour l'agrandir.

Attention aux cauchemars si vous lisez cette rubrique avant d'aller vous coucher. Ou à l'effet "gueule de bois" si vous en êtes au petit café matutinal... Comparaison n'est certes pas raison, mais le 30 avril 1975, Saïgon tombait si bas qu'elle en perdra jusqu'à son nom, elle qui deviendra Ho-Chi-Minh Ville. L'once d'or valait alors précisément 167$.

En 1980, elle touchait les 850$.

A lire aussi sur ce sujet :

 

18 Commentaires

  1. 1

    debellocq

    bonjour !

    que nenni !

    j'étais en direct sur kitco.com à cette heure là .
    c'est le 11 avril 2006 à 0h04 ou 05 mn heure d'été que nous avons franchi les 600$
    il faut donc préciser heure de grenwich pour que ce soit le 10 avril !
    cqfd amha .

  2. 2

    Frédéric

    Allez donc vous détendre le week end prochain !

    Orpaillage

    Qui n'a pas un jour, vu briller les sables d'une rivière et se dire, c'est peut-être de l'or !

    Qui n'a pas imaginé dans son enfance trouver un trésor !


    http://perso.wanadoo.fr/orpaillage/orpaillage.htm

  3. 3

    Emmanuel Gentilhomme

    Bonjour,

    Je confirme ce que j'ai indiqué ce matin tôt : c'est bien le lundi 10 avril en toute fin de journée que le premier franchissement à la hausse des 600$ s'est produit.

    Je suis bien placé pour le savoir : j'ai commencé mon papier illico, et il n'était pas encore minuit.

    Le graphe de Kitco le confirme d'ailleurs, de même que mes graphes en 'live'.

    Je les tiens à dispo le cas échéant, mais je n'en vois pas l'utilité...

    EG

  4. 4

    Frédéric

    EN SAVOIR UN PEU PLUS SUR LES METAUX PRECIEUX

    http://lycees.ac-rouen.fr/galilee/chimie.html
    http://lycees.ac-rouen.fr/galilee/elements.htm
    http://lycees.ac-rouen.fr/galilee/argent.htm
    http://lycees.ac-rouen.fr/galilee/or.htm
    http://lycees.ac-rouen.fr/galilee/platine.htm
    http://lycees.ac-rouen.fr/galilee/rhodium.htm
    http://lycees.ac-rouen.fr/galilee/pallad.htm

    ARGENT
    Numéro atomique 47
    Masse atomique 107,87 g.mol -1
    Electronégativité de Pauling 1,9
    Masse volumique 10,5 g.cm-3 à 20°C
    Température de Fusion 962 °C
    Température d' ébullition 2212 °C
    Rayon atomique (Van der Waals) 0,144 nm
    Rayon ionique 0,126 nm
    Isotopes
    Configuration électronique [ Kr ] 4d10 5s1
    Energie de première ionisation 758 kJ.mol -1
    Energie de deuxième ionisation 2061 kJ.mol -1
    Potentiel standard 0,779 V (Ag+ / Ag )
    Découverte : Dès l' antiquité il était connu.

    OR

    Numéro atomique 79
    Masse atomique 196,9655 g.mol -1
    Electronégativité de Pauling 2,4
    Masse volumique 19,3 g.cm-3 à 20°C
    Température de Fusion 1062 °C
    Température d' ébullition 2000 °C
    Rayon atomique (Van der Waals) 0,144 nm
    Rayon ionique 0,137 nm (+1)
    Isotopes 1
    Configuration électronique [ Xe ] 4f14 5d10 6s1
    Energie de première ionisation 888 kJ.mol -1
    Energie de deuxième ionisation 1974,6 kJ.mol -1
    Potentiel standard +1,68 V ( Au+ / Au )
    Découverte : Connu dès l' antiquité.


    PALLADIUM


    Numéro atomique 46
    Masse atomique 106,42 g.mol -1
    Electronégativité de Pauling 2,2
    Masse volumique 11,9 g.cm-3 à 20°C
    Température de Fusion 1560 °C
    Rayon atomique (Van der Waals) 0,137 nm
    Rayon ionique 0,065 nm (+2)
    Isotopes
    Configuration électronique [ Kr ] 4d10 5s0
    Energie de première ionisation 703 kJ.mol -1
    Potentiel standard + 0,85 V (Pd2+ / Pd )
    Découverte : C'est la planète Pallas qui est à l' origine du terme palladium

    PLATINE

    Numéro atomique 78
    Masse atomique 195,09 g.mol -1
    Electronégativité de Pauling 2,2
    Masse volumique 21,4 g.cm-3 à 20°C
    Température de Fusion 1772 °C
    Température d' ébullition 3800 °C
    Rayon atomique (Van der Waals) 0,138 nm
    Rayon ionique 0,096 nm (+2)
    Isotopes 6
    Configuration électronique [ Xe ] 4f14 5d9 6s1
    Energie de première ionisation 867 kJ.mol -1
    Energie de deuxième ionisation 1788 kJ.mol -1
    Potentiel standard + 1,2 V (Pt2+ / Pt )
    Découverte : Découverte en Amérique du sud par Ulloa en 1735 puis par Wood en 1741.
    Le métal était utilisé par les indiens pré-colombiens.


    RHODIUM


    Numéro atomique 45
    Masse atomique 102,91 g.mol -1
    Electronégativité de Pauling 2,2
    Masse volumique 12,4 g.cm-3 à 20°C
    Température de Fusion 1970 °C
    Isotopes
    Configuration électronique [ Kr ] 4d8 5s1
    Energie de première ionisation 742 kJ.mol -1
    Potentiel standard 0,6 V
    Découverte : Nom d' origine grecque, rose du à la couleur rose de la plupart de ses composés

  5. 5

    Frédéric

    L'or au-dessus des 600 dollars à Londres, plus haut niveau depuis 25 ans

    http://fr.biz.yahoo.com/11042006/202/l-or-au-dessus-des-600-dollars-londres-plus-haut.html

  6. 6

  7. 7

  8. 8

    incomming

    je possede des napoleons est il urgent d'attendre pour les vendre.
    merci pour le conseil.

  9. 9

    Anonyme

    Il est bien sur urgent d'ATTENDRE !

    comme tu le dis si bien !

    Vas voir la rapport de CHEUVREUX !

    http://biz.yahoo.com/bw/060202/20060202005283.html?.v=1

    http://www.gata.org/CheuvreuxGoldReport.pdf

    Un jour, ton banquier viendra chez toi pour te supplier
    de les lui donner en échange de 1 billet de 500 Euros par pieces

  10. 10

  11. 11

    Frédéric

    Tu vas comprendre pourquoi tes napoléons seront le seul rampart devant le TSUNAMI FINANCIER

    Dette publique de la France :

    http://cluaran.free.fr/dette.html

    U. S. National Debt Clock

    http://www.toptips.com/debtclock.html

    It's the Debt . Don't Forget It!!

    http://www.uwsa.com/uwsa-usdebt.html

    Nation En faillite

    http://translate.google.com/translate?u=http%3A%2F%2Fwww.321gold.com%2Ffed%2Ftemp_bank_res.html&langpair=en%7Cfr&hl=fr&ie=ISO-8859-1&prev=%2Flanguage_tools

  12. 12

    Frédéric

    Orpaillage, Devenez Chercheur d'Or en France

    http://orpailleur.free.fr/

  13. 13

    Emmanuel

    où peut-on trouver une version française du rapport Cheuvreux?
    Merci pour votre aide

  14. 14

    Frédéric

    Actuellement je n'ai pas d'information comme quoi le rapport existerait complètement en Français,

    Tu peux demander à ton agence du CREDIT AGRICOLE, ce rapport à été commenté dans leur lettre d'information mensuelle.

  15. 15

    Frédéric

    Encore un rapport GOLD, celui de la Banque T.D.

    http://www.td.com/economics/special/sl0206_gold.pdf

  16. 16

    Anonyme

    Source inconnue (Webfin.com)

    http://forum.webfin.com/dcboard.php?az=show_topic&forum=100&topic_id=221952&mesg_id=221952&page=

    #221952, "Le dollar US en sursis La Banque asiatique de développ..."


    Depuis plusieurs mois, un vif débat se développe dans les milieux financiers internationaux : le dollar serait-il surévalué au point de risquer un effondrement brutal, de l’ordre de 15 à 40 % selon les commentateurs ? La polémique est entretenue par la rumeur contestée selon laquelle certains contrats pétroliers pourraient être convertis du dollar vers l’euro, engendrant ainsi une dépréciation de la monnaie états-unienne.

    Jusqu’à présent, les déclarations officielles à ce sujet paraissaient ressortir de la guerre psychologique entre puissances rivales et pouvaient être mises en doute. Soudain, le 28 mars 2006, la Banque asiatique de développement a engagé sa crédibilité auprès de ses membres en leur adressant une note leur conseillant de se préparer à un possible crash du dollar. La Banque précise que cette éventualité est incertaine mais que, si elle advenait, elle aurait de graves conséquences immédiates . D’ores et déjà, la Banque travaille à la création d’une alternative régionale au dollar, l’ACU, un panier de devises calqué sur le principe de l’ECU européen.

    La Banque asiatique de développement (Asian Development Bank – ADB) a été constituée par 64 États. Contrairement à ce que sa dénomination laisse supposer, ses membres ne sont pas seulement des pays d’Asie et du Pacifique, mais aussi d’Océanie, d’Amérique du Nord et d’Europe (dont la France, la Belgique et la Suisse). Elle est dominée à parts égales par le Japon et les États-Unis, qui en détiennent chacun 15 %. C’est pourquoi l’avis de tempête monétaire de l’ADB est d’autant plus significatif.

    Bien qu’asiatiques, les pays du Golfe ne sont pas adhérents à l’ADB. Six d’entre eux ont préféré constituer leur propre organisation régionale, le Conseil de coopération du Golfe (Gulf Cooperation Council – GCC). Ils travaillent activement à rapprocher leurs économies pour créer une monnaie unique, sur le modèle de l’euro. Leur projet ne vise pas à céder à la mode du temps, mais répond à une exigence particulière. Leurs réserves pétrolières sont sur le déclin et il n’est donc plus question pour eux de réinvestir leurs pétrodollars dans le développement et la modernisation de leurs infrastructures pétrolières dont ils doivent juste assurer la maintenance. Ils souhaitent donc réinvestir leurs dollars aux États-Unis ou les convertir dans d’autres monnaies pour les réinvestir dans d’autres pays mais, dans ce dernier cas, la conversion de telles masses monétaires aurait des conséquences dramatiques sur le dollar et l’économie états-unienne.

    Chacun cherche donc une solution au problème qui soit agréable pour tous. Or, les États-Unis, qui fabriquent de moins en moins de biens de consommation, ont besoin d’investissements considérables et fort lucratifs pour développer leurs importations de produits manufacturés chinois. Les États du Golfe ont donc décidé d’une part de se doter de la flotte d’avion cargo la plus imposante du monde et d’autre part d’acheter et de développer les 6 plus grands ports de commerce des États-Unis. Cette solution convenait à l’administration Bush qui travaille déjà avec le consortium émirati Dubai Ports World, dont le terminal de Jebel Ali sert de relai au flux de cargos militaires vers l’Afghanistan et l’Irak.

    Cependant les parlementaires états-uniens, qui croient aux fables de l’administration Bush selon lesquelles les musulmans sont des terroristes, se sont effrayés de la cession de leurs ports à Dubai Ports World. Au nom de leurs fantasmes de sécurité nationale, ils ont exigé que les actifs du consortium soient cédés à un groupe US qui les gérerait dans l’intérêt des émiratis. Un montage évidemment refusé par ces derniers qui y perdraient l’essentiel des plus values et pourraient même tout y perdre un jour.

    Les traders pétroliers refusent de plus en plus de confier leur argent à des fonds de placement. Ils savent que les normes comptables internationales ont été modifiées de sorte qu’aujourd’hui des États et des multinationales font apparaître dans leurs bilans des richesses qu’ils ne possèdent pas. Les actions qu’ils détiennent sont inscrites dans leurs comptabilités non plus à leur prix d’achat, mais à leur côte boursière du moment. Cela est sans conséquence en période de hausse, mais sera fatal en cas de crash. Du jour au lendemain, des banques centrales et de grandes sociétés peuvent se retrouver ruinées.

    Les pays du Golfe cherchent donc par défaut à investir leur argent en Europe ce qui devrait les conduire à convertir leurs dollars en euros au grand dam des USA. Ainsi, le gouverneur de la banque centrale des Émirats arabes unis, Sultan Al Suweidi, a annoncé le 22 mars 2006 qu’il envisageait de convertir 10 % de ses réserves en dollars vers l’euro, alors que son homologue saoudien, Saud Al Sayyari, condamnait la décision du parlement états-unien dans l’affaire Dubaï Ports World .

    Ces décisions interviennent alors que des États pétroliers, avec lesquels Washington est entré en conflit larvé, sont en train de réorienter leurs flux de capitaux pour les investir hors de la zone dollar. C’est le cas de la Syrie qui a progressivement converti ses réserves en euros au cours des deux dernières années . C’est aussi le cas du Venezuela qui vient de se rapprocher de la banque centrale du Vatican pour changer ses dollars principalement en euros et en yuan chinois.

    Surtout, cela pourrait être le cas de l’Iran. La rumeur enfle en effet selon laquelle la République islamique ouvrirait prochainement une bourse pétrolière en euros . Ce projet annoncé pour mars n’ayant pas vu le jour, a été qualifié d’intoxication par de nombreux commentateurs. Nous avons donc cherché à en vérifier l’existence auprès des autorités de Téhéran. Celles-ci ont d’abord refusé de confirmer ou d’infirmer l’information. Puis Mohammad Asemipur, conseiller spécial du ministre du pétrole iranien, a déclaré que le projet serait mené à son terme malgré un retard classique dans sa mise en œuvre . La Bourse pétrolière en euros sera installée sur l’île de Kish, un îlot du Golfe persique que l’Iran a transformé en zone franche. TotalFinaElf (France) et Agip (Italie) y ont d’ores et déjà installé leurs bureaux régionaux.
    Quoi qu’il en soit, cette bourse ne traitera que d’une petite partie des marchés énergétiques iraniens. De très gros contrats ont déjà été signés d’État à État. Avec la Chine pour la vente de brut , et avec l’Indonésie pour le raffinage .
    Cette bourse ne traitera pas non plus tout de suite le marché du gaz, alors que cette source d’énergie est appelée mondialement à prendre de l’importance pour pallier partiellement à la raréfaction du pétrole . TotalFinaElf et Gaz de France (GDF) négocient l’exploitation de la partie iranienne du plus gros site de production de gaz naturel au monde, celui de South Pars .

    En réplique, Washington mise sur le gaz naturel, dont on sait qu’il jouera un rôle renforcé avec la raréfaction du pétrole. L’administration Bush a encouragé le Qatar –qui héberge le quartier général de campagne du Central Command (CentCom) et détient la 3e réserve mondiale de gaz- à concevoir un méga-projet de « ville énergétique ». 2,6 milliards de dollars seraient investis pour attirer les acteurs mondiaux du marché de l’énergie autour d’une bourse du gaz en dollars . Microsoft s’est d’ores et déjà porté candidat pour l’installation de l’infrastructure de courtage électronique.

    De son côté, le patron de la bourse norvégienne, Sven Arild Andersen, étudie la possibilité de la création d’une bourse pétrolière en euro dans son pays qui concurrencerait avantageusement la City de Londres . Le poids de cette dernière apparaît en effet de plus en plus disproportionné à mesure que la production de pétrole britannique s’effondre (- 8 % en 2005).

    L’avis de tempête monétaire émis par la Banque asiatique de développement (ADB) ne manquera pas de hâter toutes ces grandes manœuvres. Indépendamment du raisonnement des traders sur les possibilités de réinvestissement des pétrodollars, les banquiers sont inquiets quant à la valeur réelle du dollar aujourd’hui.
    On se souvient que les États-Unis ne parvinrent pas à financer longtemps leur effort de guerre au Vietnam. Enlisés dans un conflit sans fin, ils décidèrent d’en faire supporter le poids par leurs alliés. En 1971, ils cessèrent de garantir la convertibilité de leur monnaie en or. Dès lors, sa valeur ne repose plus que sur la confiance qu’on lui accorde. Le dollar n’est plus adossé à l’économie du pays émetteur, mais à celle de la zone utilisatrice. Les banquiers peuvent vérifier l’adéquation grâce à un indice annuel, le M-3, qui établit le volume de billets verts en circulation.
    Aujourd’hui, les États-Unis s’enlisent en Irak et sont dans l’incapacité de financer leur occupation militaire. Le seul moyen qui leur reste de payer leurs fournisseurs est de faire marcher la planche à billets. L’annonce fin mars 2006 de la suspension de la publication de l’indice M-3, et de tous les sous-indices qui permettraient de la reconstituer par agrégats, signifie que le volume de dollars en circulation est devenu un secret inavouable. Il n’est plus possible d’évaluer avec précision la valeur réelle de cette monnaie.
    Par effet en cascade, les États-Unis masquent également le coût de leur présence en Irak de manière à cacher le montant de l’escroquerie à laquelle ils se livrent.
    Refusant de couvrir une fuite en avant qui aboutira, tôt ou tard, à une catastrophe monétaire comparable à celle de 1929, plusieurs hauts responsables de la Réserve fédérale (FED) ont présenté leur démission .

    Dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz estime le budget réel de l’effort de guerre états-unien en Irak entre 1 et 2 trillions de dollars sur les quatre premières années , c’est-à-dire 2 à 4 fois plus que les chiffres officiels. La partie occulte du budget de guerre représente donc 500 milliards à 1,5 trillion de dollars. Cette somme, si elle était comptabilisée, s’ajouterait au déficit public états-unien, déjà élévé à plus de 400 milliards par an. Elle est épongée par l’impression de dollars-papier sans valeur. Dans une économie de marché, cet usage de la planche à billets devrait provoquer une dépréciation proportionnelle de la monnaie.

    Depuis trois semaines, un timide mouvement baissier a débuté dans les bourses du Golfe . Désormais n’importe quelle crise politique peut déclencher un mouvement de panique sur les marchés internationaux.

  17. 17

    Frédéric

    TOUT VA TRES BIEN ! MADAME LA MARQUISE !
    TOUT VA TRES BIEN ! TOUT VA TRES BIEN !

    http://www.french.xinhuanet.com/french/2006-04/12/content_240299.htm

    http://www.french.xinhuanet.com/french/2006-04/11/content_239952.htm


    La valeur des actifs va baisser dans le monde (Greenspan)

    2006-04-12 15:03:33

    SEOUL, 12 avril (XINHUA) -- L'ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, a averti mercredi, qu'une saturation globale en espèce amènerait une chute dans la valeur des actifs.
    Il a fait ces remarques alors qu'il s'exprimait lors d'une conférence à Séoul, parrainée par le journal The Financial Times, via satellite depuis les Etats-Unis.
    M. Greenspan, qui a démissionné de son important poste début 2006, a déclaré que le marché de valeur des actifs à l'échelle internationale était monté plus rapidement que le produit intérieur brut (PIB) mondial nominal en raison d'une chute dans les taux d'intérêt réels à long terme ces dernières années et d'une importante chute dans la prime d'équité réelle.
    Il a aussi prédit que la valeur des actifs commencerait à baisser, sans toutefois spécifier quand cela aurait lieu.
    "Je suis raisonnablement convaincu que ce que nous pouvons voir aujourd'hui est une situation anormale", a-t-il ajouté. Fin

  18. 18

    Frédéric

    Prix de l'or à surveiller après la conférence satellite de Alan Greenspan:

    http://www.kitco.com/

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