L'OPEP ne s'estime pas coupable de la flambée actuelle du cours de pétrole. L'Organisation qui estime en effet le niveau de l'offre suffisant n'envisage pas de nouvelle décision sur son niveau de production et les quotas fixés à ses pays membres. Suite au communiqué établi samedi à l'issue de la réunion du G7 qui s'est tenue à Washington, elle appelle les pays consommateurs à prendre leur responsabilités en matière de politique énergétique et de raffinage.
L'Iran considère quant à elle que toute modification de la politique de production de l'OPEP serait injustifiée. Le Koweit pour sa part va proposer lors de la prochaine réunion du cartel lundi de réactiver la mesure spéciale de mise à disposition de pétrole supplémentaire prise après l'ouragan Katrina.
-1 – L'OPEP ne s'estime pas responsable de la flambée
Les membres de l'OPEP ne s'estiment aucunement responsable de la flambée actuelle des cours du pétrole. Vendredi, les pays du G7 ont lancé un appel invitant à une augmentation de la capacité de production, après que le prix du baril ait franchi le cap historique des 75 dollars Le représentant de l'OPEP aux réunions du FMI et de la Banque mondiale, Adnan Shihab-Eldin, a déclaré samedi, que la hausse des prix s'était produite en dépit du fait que le marché continuait à être bien approvisionné. Il estime que la situation du côté de l'offre est "saine".
Selon M. Shihab-Eldin, le marché est confronté aux "incertitudes autour de la demande de pétrole dans le futur". Celles-ci seraient liées, selon lui, aux "politiques des pays consommateurs", qui souhaitent réduire leur dépendance au pétrole, ainsi qu'aux développements technologiques et au niveau de production des pays non membres de l'OPEP. Le secrétaire général par intérim de l'OPEP, Mohammed Barkindo soutient également pour sa part que le marché est bien approvisionné et les stocks à leur plus haut niveau depuis cinq ou six ans.
2 – Pas de nouvelles décisions de l'OPEP sur la production
L'OPEP ne prendra pas de nouvelles décisions sur la production pétrolière, a annoncé samedi le cartel pétrolier. Les ministres des pays membres de l'OPEP ont fait cette déclaration en marge du Forum international de l'énergie qui a débuté samedi à Doha, la capitale du Qatar. Selon eux, sur le marché mondial du brut, le rapport entre l'offre et la demande est actuellement équilibré. Ils précisent par ailleurs qu'ils s'efforcent de satisfaire la demande sur le marché mondial.
Les participants au forum ont souligné l'importance de renforcer les investissements dans les secteurs d'amont et d'aval de l'industrie pétrolière afin d'atténuer les effets de la hausse des cours du brut. Ils ont également appelé à une coordination plus étroite entre pays producteurs et pays consommateurs.
Le cartel juge aussi injustifié un accroissement de la production et des investissements dans la mesure ou les consommateurs "risquent" à terme de réduire leur demande. Bien sûr ne voir aucune arrière pensée ou rapport de force dans ses propos ... Pour rappel, l'Opep produit actuellement 40% du pétrole consommé dans le monde et le plafond de production de l'Opep est actuellement fixé à 28 millions de barils par jour.
Le président de l'Opep, le Nigérian Edmund Daukoru, a pour sa part estimé qu'en tout état de cause, une augmentation du niveau de production de l'OPEP ne reviendrait tout au plus qu'à un "geste" de la part du cartel, le marché ne pouvant pas absorber plus de brut. Selon lui, les raffineurs ne pourraient pas le prendre, rendant toute mesure de la sorte inefficace.
3 – L'OPEP appelle à plus des responsabilités des pays consommateurs
L'Opep a implicitement critiqué samedi l'appel du G7 à plus d'investissements dans la production pétrolière, en souhaitant que les pays consommateurs prennent aussi leur responsabilités en matière de politique énergétique et de raffinage.
"Un des facteurs clé auquel doit faire face le marché concerne les incertitudes autour de la demande de pétrole dans le futur", a déclaré le représentant du cartel aux réunions de printemps du FMI et de la Banque Mondiale à Washington. Selon lui, la pression pour calmer le marché ne doit pas s'exercer uniquement sur les pays producteurs. Ainsi, il estime que les investissement nécessaires ne doivent pas se limiter au secteur amont (exploration et production), mais doivent aussi s'étendre à l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, et en particulier dans le secteur aval, c'est à dire le raffinage, qui concerne aussi les pays consommateurs.
"Aux vues des tendances actuelles, une marge de manoeuvre trop étroite dans le secteur aval peut être une source de volatilité des marchés, surtout si les investissement nécessaires dans le secteur du raffinage ne sont pas faits en temps et en heure", affirme le haut responsable du cartel.
De plus, les pays membres de l'Opep s'étant engagés dans d'ambitieux programmes d'investissement sur ce segment, espèrent en contrepartie que les pays consommateurs et l'industrie pétrolière dans son ensemble relèveront le défi, et supporteront leur part d'investissement. Le problème était donc là .... léger message, voire même « chantage » pour inciter les pays consommateurs à investir dans les pays producteurs....
Cette position du cartel peut être vue en effet comme une réponse du berger à la bergère représentée à l'occasion par le G7-Finances qui a appelé samedi à des investissements dans l'exploration, la production, les infrastructures énergétiques et les capacités de raffinage, estimant même que l'investissement était essentiel et que les pays producteurs devraient fournir "un environnement ouvert et sûr" pour le favoriser.
4 – Iran : une modification de la politique de production injustifiée
L'OPEP ne devrait pas décider de hausse de production lors de sa réunion informelle prévue lundi, a estimé dimanche à Doha le ministre iranien du Pétrole Kazem Vaziri-Hamaneh.
"Il n'y a pas de pénurie de pétrole physique, donc je ne pense pas qu'il y aura de changement" de politique de production de l'OPEP, s'est ainsi exprimé le ministre iranien devant des journalistes en marge du 10ème Forum international de l'énergie ouvert dimanche dans la capitale du Qatar.
Selon lui, l'offre du cartel est clairement satisfaisante et l'Iran produit lui aussi à un niveau proche de son quota. Estimant que l'OPEP agissait au mieux de ses possibilités, le niveau de production lui semble approprié, constatant par ailleurs un renflouement des stocks.
L'Iran, dont la politique nucléaire a dopé les cours du brut depuis des mois, refuse également d'être blâmé à ce sujet. Si le ministre iranien du Pétrole a reconnu samedi que la géopolitique avait un impact sur les prix, il a toutefois ajouté que ce n'était pas la seule raison, renvoyant lui aussi la balle dans le camp des pays consommateurs.
Selon lui, l'Iran n'entend pas utiliser le pétrole comme arme dans ses négociations sur son programme nucléaire. Le ministre a rappelé à cet égard que jamais durant la guerre contre l'Irak, dans les années 1980, l'Iran n'avait cessé de vendre du pétrole.
Il a en outre souligné que les États-Unis risquent une pénurie, cet été, notamment en raison de l'entrée en vigueur de nouvelles réglementations environnementales. Le président George W. Bush a d'ailleurs averti les consommateurs, samedi, que l'été allait être "difficile", en raison des nombreux déplacements accrus des Américains et de l'approvisionnement serré, en plus des capacités limitées de raffinage américaines.
5 - Le Koweit propose de réactiver la mesure spéciale post-cyclone
Le ministre koweïtien de l'énergie, cheikh Ahmad Fahd al-Sabah, va proposer lors d'une rencontre de l'Opep lundi de réactiver la mesure spéciale de mise à disposition de pétrole supplémentaire prise en septembre après l'ouragan Katrina. Le Koweït annonce ainsi être en faveur de la remise sur le marché à tout moment des 2 millions de barils par jour de production non utilisés. "S'il y a un appel, les deux millions seront disponibles", a précise le ministre en marge du Forum International sur l'Energie qui se tient depuis dimanche à Doha.
En septembre, suite aux énormes dégâts causés par plusieurs cyclones dans le Golfe du Mexique, l'Opep avait décidé d'offrir sur demande au marché les 2 millions de barils par jour supplémentaires qu'elle pouvait encore fournir.
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8 Commentaires
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A SUIVRE ....
Un responsable américain appelle à plus de sécurité sur les sites pétroliers - DOHA, 24 avr 2006 (AFP)
Le secrétaire d'Etat américain à l'Energie a appelé lundi à Doha à plus de sécurité sur les sites pétroliers dans le monde et annoncé que l'Arabie saoudite avait demandé l'aide de Washington après la tentative d'attaque contre le site de Abqaiq en février, dans l'est du royaume.
"Il est important que nous améliorons la sécurité de nos sites", a déclaré à la presse Samuel Bodman en marge du 10ème Forum international de l'énergie.
"Nous avons vu ce qu'il s'est passé dans notre pays avec l'impact du cyclone Katrina, nous avons vu les évènements d'Abqaiq, nous avons vu d'autres problèmes. Donc, je pense que c'est très important que nous tous (...) faisions attention à nos sites (...) et que nous travaillions ensemble pour minimiser les perturbations (touchant) l'approvisionnement".
Le 24 février, deux Saoudiens conduisant chacun un pick-up chargé de plus d'une tonne d'explosifs, ont tenté de pénétrer dans l'enceinte du complexe pétrolier d'Abqaiq, le plus grand au monde, mais leur attaque a été déjouée, faisant deux tués parmi les membres des services de sécurité. Les deux kamikazes ont également été tués.
24 avril 2006 à 11:512
Pétrole: c'est le marché qui décide des cours - DOHA, 24 avr 2006 (AFP)
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C'est le marché qui décide des cours du pétrole, et il est assez approvisionné, a déclaré lundi le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi, lors de son arrivée à Doha où il doit rencontrer ses homologues de l'Opep en marge d'un forum consommateurs/producteurs d'énergie.
"C'est le marché qui détermine le prix", a-t-il répondu à des journalistes qui lui demandaient ce que peut faire l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) face à l'envolée des cours, qui ont dépassé les 75 dollars le baril. "Que voulez-vous que nous fassions ?", a-t-il souligné.
"Vous savez comme moi que si le cours est là où il est, ce n'est pas à cause de pénuries d'approvisionnement", a-t-il ajouté, soulignant que "les fondamentaux sont solides" et les stocks élevés.
L'Opep a prévu de se réunir lundi de façon informelle en marge du 10è Forum International de l'Energie, consacré au dialogue consommateurs/producteurs d'énergie.
24 avril 2006 à 11:533
Prix élevés du pétrole "très douloureux" pour USA (responsable américain)- DOHA, 24 avr 2006 (AFP)
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Le secrétaire américain à l'Energie a déclaré, lundi à Doha, que les prix record du pétrole étaient "très douloureux" pour les Etats-Unis et l'économie mondiale et qu'il encouragerait les pays producteurs à assurer un bon approvisionnement des marchés.
"Clairement, ces prix du pétrole très élevés causent un grand bouleversement dans le monde, ils sont très douloureux (...) partout dans le monde. C'est très certainement vrai pour mon pays", a déclaré à la presse Samuel Bodman en marge du 10ème Forum international de l'énergie (IEF).
"Nous avons encouragé les pays producteurs à continuer à bien approvisionner les marchés en pétrole, je pense qu'ils l'ont fait largement, je les encouragerai à faire davantage si c'est possible", a-t-il ajouté.
24 avril 2006 à 11:544
On n'a pas construit de raffinerie depuis 30 ans et c'est la faute au marché. cqfd
24 avril 2006 à 13:085
Oui gros pb de raffineries !
cf.Pétrole : hausse des capacités de raffinage
24 avril 2006 à 13:49www.leblogfinance.com/2006/02/ptrole_vers_une.html
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L'Opep ne va pas changer sa politique de production (Venezuela) - DOHA, 24 avr 2006 (AFP)
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L'Opep ne va pas modifier sa politique de production en dépit des cours historiquement élevés, a déclaré lundi le ministre vénézuélien de l'énergie Rafael Ramirez à l'issue d'une réunion du cartel à Doha.
"Pas de changement", a-t-il déclaré à journalistes, sans vouloir faire davantage de commentaires. L'Opep tenait une réunion formelle en marge du 10è Forum International de l'Energie, alors que les cours évoluent autour des 75 dollars le baril.
"Le pétrole est suffisant sur le marché", a estimé de son côté le Qatariote Abdallah ben Hamad al-Attiyah, qui a mis les cours élevés au compte de la "géopolitique" et du manque de capacités de raffinage.
Le président de l'Opep, le Nigérian Edmund Daukoru, va tenir une conférence de presse dans l'après-midi...
ON EN REPARLE !!!!
24 avril 2006 à 15:197
"Selon plusieurs analystes, le prix du pétrole contient une prime de risque reliée au dossier iranien qui est évaluée entre 15 $ et 20 $ le baril. De plus, ils estiment qu'une intervention militaire des États-Unis en Iran pourrait propulser le prix du brut au-delà des 100 $US le baril."
Source / firinvest
24 avril 2006 à 20:238
qu'est ce qui est responsable de la fambé des prix du pétrole sur le marché.
06 avril 2008 à 21:49Ajoutez un commentaire
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