Le pétrole hanté par le spectre d'une pénurie

Spectrevelo_1La pénurie d'essence qui pointe à l'horizon américain ne serait pas qu'un simple fantôme. En tout cas, elle impressionne fortement les cours de l'or noir ces temps-ci, traînant même ce poids comme un véritable boulet. Certains pourraient même craindre de devoir bientôt ressortir le vélo....

En effet, les cours du pétrole ont fini en hausse jeudi en raison d'inquiétudes sur l'approvisionnement aux Etats-Unis, capital à l'approche de la saison estivale des grands déplacements. Le climat géopolitique toujours très tendu, notamment en Iran et Nigéria, accentue le mouvement.

1 – Le pétrole autour de 68 dollars

Jeudi, à New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en mai est monté de 87 cents à 67,94 dollars. A Londres, le baril de Brent a dépassé en séance les 68 dollars, pour la première fois depuis sept mois, avant de clôturer à 67,84 dollars, en hausse de 74 cents par rapport à la veille.

Selon les analystes, les cours étaient toujours soutenus par les craintes de voir l'offre d'essence se révéler insuffisante aux Etats-Unis alors que démarre en mai la haute saison des déplacements en voiture. Ces craintes se révèlent être d'autant plus fortes que le département américain de l'Energie (DoE) vient d'annoncer une chute des stocks d'essence trois fois supérieure aux attentes des analystes ainsi qu'une baisse du taux de fonctionnement des raffineries américaines.

2- Risque de pénurie d'essence

Selon les analystes, l'échec à reconstituer les réserves d'essence en avril pourrait provoquer des pénuries locales aiguës dans les prochains mois, cette inquiétude se répercute actuellement sur le niveau des prix. Des craintes de plus en plus tenaces se forment, dues au fait que si les raffineries ne se remettent pas à tourner normalement rapidement, les réserves d'essence -actuellement au-dessus de la normale- tombent sous le niveau normal.

De plus les travaux de maintenance dans les raffineries sont conséquents à l'heure actuelle. De ce fait, le marché de l'essence pourrait être une nouvelle fois extrêmement instable et le pétrole explosif, selon certains analystes. Pour certains, si le record des prix du brut en août dernier (70,85 dollars à New York le 30 août) semblait alors une "anomalie", il pourrait aujourd'hui sembler "naturel", en raison de l'accumulation d'inquiétudes qui soutiennent sur le marché.

3 – Impacts des nouvelles normes environnementales

En 2006, l'approvisionnement pourrait être encore plus tendu que l'année précédente, en raison de nouvelles normes environnementales aux Etats-Unis. Les raffineurs doivent, d'ici l'été, remplacer l'additif actuellement utilisé dans l'essence (le MTBE, jugé trop polluant) par de l'éthanol, ce qui pourrait ralentir la production.

4 – Inquiétude liée à l'Iran

Les opérateurs restent par ailleurs inquiets au sujet de possibles ruptures de l'approvisionnement, notamment en Iran. Téhéran a en effet multiplié cette semaine les essais de nouvelles armes dans le Golfe, ravivant les inquiétudes sur la sécurité des exportations pétrolières de la région.

L'Iran a annoncé lundi avoir testé avec succès de nouveaux missiles, dont une torpille "capable de détruire n'importe quel bâtiment à la surface ou sous l'eau et à n'importe quelle profondeur", lors d'importantes manoeuvres dans le golfe persique. Selon les analystes, cet exercice aurait pour objectif de montrer comment Téhéran pourrait riposter contre le trafic maritime du golfe persique au cas où elle serait attaquée par les Etats-Unis et ses alliés. L'Iran est en effet frontalier du détroit d'Hormouz, qui relie le Golfe persique à la Mer d'Oman, et par lequel transite une grande partie de la production de brut du Moyen-Orient.

Ces manoeuvres militaires sont intervenues en pleine crise autour du programme nucléaire iranien. La semaine dernière, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a donné 30 jours à l'Iran pour suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, une demande qui a été immédiatement rejetée par la République islamique. Les Etats-Unis envisagent désormais des sanctions financières. Les inspections sur place par l'Agence internationale de l'énergie atomique doivent débuter vendredi.

5 – Shell ne reprend toujours pas ses opérations au Nigéria

Tandis que des violences continuent d'affecter la production en Irak, au Nigeria, les compagnies pétrolières, et Shell en particulier ont prévenu qu'elles ne reprendraient pas leurs opérations tant qu'une trêve ne serait pas signée entre le gouvernement et les activistes.

Shell a refusé au cours du week-end dernier de renvoyer ses employés sur les champs pétroliers offshore évacués, malgré le renforcement des patrouilles navales. Elle a fait par ailleurs savoir récemment qu'elle n'était pas pressée de reprendre la production de pétrole au Nigeria, même si les otages étrangers travaillant pour l'un de ses sous-traitants avaient été libérés sains et saufs depuis peu. Les ravisseurs, de leur côté, ont réitéré leurs menaces de poursuivre les attaques dans la région du Delta, le coeur de l'industrie pétrolière au Nigeria, malgré la libération des trois Occidentaux retenus en otages pendant plus d'un mois. Si Shell se réjouit de la libération des otages, la compagnie évalue actuellement la sécurité en vue de décider quand ses employés et sous-traitants pourront retourner travailler sans danger dans l'ouest du Delta du Niger.

Shell, la plus grande compagnie pétrolière étrangère au Nigeria, est la principale cible des attaques et a été forcée de suspendre sa production de 455 000 barils par jour en raison de violences qui sévissent depuis quatre mois dans l'ouest du Delta du Niger. Les autres compagnies pétrolières, telles que l'Italien Agip, ont été forcées d'arrêter la production de 175 000 barils par jour. La production reste ainsi amputée de plus de 20% du fait des attaques menées ces derniers mois.

A lire également :

. Pétrole : crainte d'une pénurie d'essence

. Nigéria : importante pollution due au pétrole

 

8 Commentaires

  1. 1

    calidris

    L'opep est au taquet, à fond sur vannes mais la source se tarit. Il est temps de comprendre que le pic pétrolier est en voie d'être atteint.S'il restait la mondre réserve de production quelque part dans le monde, à ce prix là, il est clair que tout le monde se précipiterai pour vendre.

    Attention à la chute !

  2. 2

    Elisabeth

    On reparle au plus tot du niveau de quotas OPEP ...

  3. 3

    Elisabeth / IRAK

    Irak: au moins 40 tués dans un attentat contre une mosquée chiite à Bagdad - BAGDAD, 7 avr 2006 (AFP)
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    Au moins quarante personnes ont été tuées et 45 blessées dans un double attentat suicide contre une mosquée chiite à Bagdad après la sortie de la prière du vendredi, selon un nouveau bilan fourni par une source de sécurité.

    "Alors que les fidèles quittaient la mosquée Bouratha, deux kamikazes se sont faits exploser au milieu de la foule faisant au moins 40 morts et 45 blessés", a indiqué cette source.

    Un premier bilan faisait état de 20 morts et 30 blessés.

    La télévision publique Iraqia a lancé un appel à la population pour des dons de sang.

  4. 4

    robinwood

    Très simple de résoudre le problème...
    Interdire les voitures consommant plus de 7/100km ou les taxer de manière conséquente...
    Favorisé les énergies renouvelables comme les huiles végétales brutes.....bien plus que ce qui est fait actuellement !
    Le pic sera retardé , les accords de Kyoto seront respectés , mais voilà il y a un "hic".......les multinationales du pétrole ne réaliseront plus de bénéfices mirobolants...

    http://www.econologie.com/

  5. 5

    Elisabeth

    Oui, sur vbiocarburants ,j'en parle demain avec le cri de la FNSEA : qui veut la peau de l'energie verte .... sous entendu .... les pétroliers !

  6. 6

    Elisabeth

    sur " Interdire les voitures consommant plus de 7/100km ou les taxer de manière conséquente..."

    cf. article sur le sujet :

    USA : chasse au GASPI sur 4x4 et monospaces

    http://www.leblogfinance.com/2006/03/usa_chasse_au_g.html

  7. 7

    Iran / Elisabeth

    Mohamed ElBaradei en Iran la semaine prochaine (diplomate) - VIENNE, 7 avr 2006 (AFP)
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    Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, se rendra en Iran la semaine prochaine pour discuter du programme nucléaire controversé de Téhéran, a indiqué vendredi à l'AFP un diplomate de l'Agence.

    "Le directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei se rendra à Téhéran pour rencontrer des responsables de haut rang pour des discussions liées à des questions en suspens", a déclaré cette source.

    Ces questions sont relatives à la "vérification des clauses de sauvegarde et d'autres mesures de confiance exigées par le Conseil des gouverneurs de l'AIEA", l'exécutif de l'agence de sûreté nucléaire de l'Onu, a-t-il précisé.

    Le diplomate n'a pas indiqué quel jour exactement M. ElBaradei se rendrait en Iran.

    Des inspecteurs de l'Agence devaient débuter vendredi une mission d'inspection en Iran afin de tenter de déterminer si son programme nucléaire est à finalité strictement civile comme l'affirme Téhéran.

  8. 8

    robinwood

    Merci Elisabeth pour le rappel...
    J'avais pris connaissance de cet article lors de sa parution...
    C'est effectivement une bonne chose , mais c'est dommage de devoir réagir dans l'urgence alors que les spécialistes du pétrole tirent les sonnettes d'alarmes depuis longtemps...
    En tout cas en Europe , rien de cela et les constructeurs continuent de produire des grosses berlines et des 4x4 .... pour le plus grand plaisirs des citadins...
    Le jour où l'estime de soi passera par la citoyenneté plutôt que le signe extérieur de richesse ....
    Il est toujours permis de rêver à un monde meilleur...

    La technologie existe , et à défaut de lutter dans une economie ultralibérale avec les pays asiatiques sur les biens de consommations , nos "éminences grises" devraient se consacrer à développer d'autres moyens...
    Cela produirait nos seulement de la richesse , mais aussi des emplois en Europe.

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