Le géant gazier russe Gazprom a mis en garde l'Europe contre toute tentative de freiner ses ambitions dans la région, en menaçant à demi-mot de réorienter ses exportations vers l'Amérique du nord ou l'Asie. Gazprom souligne en effet que la "concurrence pour les ressources énergétiques augmente" et qu'il pourrait rediriger ses exportations, essentiellement axées sur l'Europe actuellement, vers d'autres régions.
Mais une autre nouvelle majeure réside dans l'annonce faite mercredi par le président du directoire de la société, Alexeï Miller, d'ajouter le nucléaire à l'activité qu'il mène déjà dans les secteurs gazier, pétrolier et électrique.
1 – Gazprom met en garde l'Europe
"Les tentatives de limiter l'activité de Gazprom sur le marché européen et de politiser les questions gazières ne déboucheront pas sur de bons résultats", a averti Gazprom dans un communiqué publié sur son site web après une rencontre mardi du patron du groupe, Alexeï Miller, avec les ambassadeurs des pays de l'Union européenne à Moscou.
Le groupe précise également disposer des plus grandes réserves d'hydrocarbures et être capable de répondre de façon fiable à la demande en hausse en Europe. Cependant Gazprom met en avant ses recherches tres actives de nouveaux marchés comme l'Amérique du nord et la Chine. Les producteurs de gaz en plein essor d'Asie centrale, une zone d'influence russe, accorderaient une attention de plus en plus grande au marché chinois.
Le géant Gazprom, déjà très influent par ses exportations, veut également faire son entrée sur le marché de la distribution de gaz en Europe, mais les Européens sont généralement réticents à le laisser acquérir des actifs clefs pour leur sécurité énergétique. La pomme de discorde serait le projet du gouvernement britannique, révélé par le "Financial Times", de réviser une loi sur les fusions afin de contrer une éventuelle acquisition de Centrica, principal distributeur de gaz en Grande-Bretagne, par Gazprom.
2 – Dépendance énergétique de l'Europe
L'UE a pris conscience des risques que représente sa dépendance énergétique envers l'opérateur gazier russe semi-étatique à l'occasion du conflit qui a opposé la Russie à l'Ukraine début janvier sur les tarifs du gaz. Un quart des importations de gaz de l'UE proviennent de Russie, cette dépendance étant encore plus marquée pour certains pays d'Europe de l'est, la Finlande ou l'Allemagne.
Face au refus de Kiev d'accepter un relèvement majeur des tarifs gaziers russes, Gazprom avait suspendu ses livraisons vers ce pays essentiel au transit du gaz russe vers l'Europe, provoquant une baisse des approvisionnements vers certains pays de l'UE.
Par ailleurs, les grosses compagnies gazières et pétrolières doivent participer au développement du réseau de gazoducs russes, a déclaré jeudi le vice-président de Gazprom, Alexandre Riazanov, à l'assemblée générale de la Société russe du gaz. En automne 2005 et en hiver 2006, les conduites de transport de gaz ont été chargées à plus de 100% et le seraient même aujourd'hui à 96%, en prévision de l'été, selon Gazprom
"Cela signifie que le système de transport de gaz n'a plus de capacités disponibles. Et nous sommes dans l'impossibilité de transporter les quantités supplémentaires fournies par les producteurs indépendants", a expliqué Alexandre Riazanov. Le vice-président de Gazprom a exprimé sa certitude que des compagnies telles que TNK-BP, NOVATEK et LUKOIL participeraient à cet effort.
3 -Gazprom souhaite se lancer dans la construction de centrales nucléaires
Gazprom souhaite ajouter le nucléaire à l'activité qu'il mène déjà dans les secteurs gazier, pétrolier et électrique, a annoncé mercredi le président du directoire de la société, Alexeï Miller. Selon le quotidien Vedomosti, il s'agit uniquement de la participation à la construction de nouvelles centrales et non pas de la privatisation de sites nucléaires existants.
Au début 2006, le président Vladimir Poutine avait annoncé que d'ici à 2030 le secteur nucléaire devait fournir le quart de l'électricité fabriquée dans le pays (16% actuellement). Pour ce faire Rosatom estime qu'il faudra construire 40 réacteurs nucléaires, ce qui nécessitera des dépenses estimées par les spécialistes à 60 milliards de dollars. Une somme que l'électronucléaire ne possède pas. Au début de l'année la Cour des comptes de Russie avait annoncé que la branche ne sera même pas en mesure de financer les projets déjà programmés.
Construire des centrales nucléaires sera avantageux pour Gazprom, car cela lui permettrait d'accroître les exportations de gaz ainsi rendus disponibles. Un réacteur permettra d'économiser 2,3 milliards de m3 de gaz par an. Cette quantité de combustible exportée rapportera à Gazprom quelque 320 millions de dollars par an, dont 250 millions seront versés au budget, a indiqué le directeur général de l'Institut des monopoles naturels, Youri Saakaïan.
Néanmoins la construction des centrales nucléaires est plus onéreuse que celle des unités brûlant du gaz tandis que les tarifs de l'électronucléaire seront limités dans un avenir proche. Les actionnaires de Gazprom ne sont pas unanimes à approuver son intention d'investir dans l'atome. Pour Vadim Kleïner, d'Hermitage Capital Management, "ses projets dans le secteur pétro-gazier sont plus avantageux qu'ailleurs".
Le budget n'étant pas en mesure de faire face aux dépenses annoncées de l'électro-nucléaire, la législation interdisant les investissements privés dans les centrales nucléaires devrait être amendée.
A lire également :
. GAZPROM : nucléaire en Russie et gaz en Iran

11 Commentaires
1
Attention , l'info est d'importance , même si cela est noyé en France entre Le Pen et les elections 2007 , la Suisse, elle ,ne s'y trompe pas ....
21 avril 2006 à 12:162
Bonour à nos lecteurs suisses ... et oui , Studer .... ca vient de la bas !!!
21 avril 2006 à 13:083
Je suis ettonnée / frappée voire même plus ...de constater l'enorme différence entre les sujets traites en France et ceux traites en Suisse sur google ...
La France est malheureusement "absorbée" par des sujets bcp + politiques ...
21 avril 2006 à 13:104
Gazprom reconnaît un déficit de gaz
21/04/2006 12:59 MOSCOU, 21 avril - RIA Novosti.
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Gazprom a reconnu publiquement jeudi qu'il n'avait pas suffisamment de gaz et que, dans quelques années, la Russie ne pourrait pas satisfaire la demande croissante de tous les pays qu'elle approvisionne. Selon Alexandre Riazanov, chef adjoint du consortium, il faudra probablement restreindre les livraisons à ceux qui ne paient pas le gaz au prix du marché, c'est-à-dire aux consommateurs russes, écrit le journal Vremia novostei.
Avant le début de l'extraction industrielle du gaz dans la presqu'île de Yamal (cela peut avoir lieu, au plus tôt, en 2012-2013), le monopole du gaz n'aura pas de ressources importantes pour compenser la diminution de l'extraction dans les gisements géants qui fonctionnent depuis l'époque soviétique. Alexandre Riazanov a même fait part de l'intention inouïe de Gazprom de recourir aux ressources des producteurs indépendants - Lukoil, TNK-BP, Novatek, et même Ioukos - pour remplir le tube. Vers 2010, ces compagnies pourront accroître l'extraction de 45 à 55 milliards de mètres cubes dans le district Nadym-Pourtazovski, secteur principal de mise en service de nouveaux gisements. Mais de la place ne sera libérée dans le tube que dans trois ans.
En 2008, Gazprom mettra en service le gisement Youjno-Rousskoié, le plus riche, selon Alexandre Riazanov (d'un rendement de plus de 25 à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an) dans le district Nadym-Pourtazovski. Ensuite, le monopole n'aura plus que des réserves d'accès difficile (les gisements d'Ourengoï et Zapoliarnoié contiennent du gaz humide avec une grande quantité d'hydrocarbures lourds) qui nécessitent des technologies spéciales et des frais immenses, ainsi que les réserves de Yamal, dont le programme de mise en valeur est à l'étude depuis des années et qui demande un investissement d'au moins 80 milliards de dollars.
Vladimir Milov, président de l'Institut de politique énergétique, estime que le déficit du combustible s'accroîtra. Les dirigeants de Gazprom n'ont pas avoué jusque-là l'insuffisance du gaz, bien que les experts aient annoncé le déficit il y a trois ans. A présent, des problèmes ardus se posent à la Russie: le déficit s'accroîtra, ce qui sera ressenti surtout en hiver, au moment de la consommation maximale, lorsque les livraisons commenceront à diminuer".
La Russie ne sera pas la seule à éprouver des difficultés, prévient Vladimir Milov, expliquant que "depuis 15 ans, Gazprom n'a pas commencé à mettre en valeur Yamal et n'a pas fait d'investissements".
21 avril 2006 à 20:065
Le G8 de Saint-Pétersbourg se transformera en pure formalité - un expert
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21/04/2006 11:27 MOSCOU, 21 avril - RIA Novosti. L'Union européenne a vigoureusement réagi aux propos du patron de Gazprom, Alexeï Miller, qui a réclamé la liberté d'accès aux marchés européens et annoncé son intention de diversifier les fournisseurs et les canaux d'approvisionnement en produits énergétiques. Ce qui est remis en question en plus des livraisons de gaz, c'est aussi le sommet du G8 consacré à la sécurité énergétique.
De l'avis du rédacteur en chef de la revue La Russie dans la politique globale, Fiodor Loukianov, si la Russie et l'UE ne parviennent pas à trouver rapidement un compromis, le sommet de juillet du G8 se transformera en pure formalité: "La guerre du gaz russo-ukrainienne a modifié tout le climat idéologique en Europe. Un débat très dur va être engagé et si elles ne réussissent pas à se mettre d'accord alors rien d'autre qu'une déclaration d'ordre général ne pourra être adoptée".
Les experts estiment que la collision avait été rendue inévitable en vertu des points de vue différents de la Russie et de l'Europe sur la conception de la sécurité énergétique. Pour l'Europe, c'est la diversification des livraisons d'hydrocarbures, tandis que pour la Russie ce sont des contrats à long terme, une diminution des possibilités de diversification, indique le directeur adjoint du Centre des technologies politiques, Alexeï Makarkine.
Pour cet expert, la stratégie de Gazprom consiste à implanter une structure dans le cadre de laquelle il sera pratiquement impossible à l'Europe de diversifier ses sources d'approvisionnement en gaz.
Valeri Nesterov, analyste de la société de placement Troïka Dialog, rappelle que la Finlande ne reçoit que du gaz russe et que la Pologne et la Hongrie sont dépendantes à 90% de notre combustible. "L'Europe n'a pas d'alternatives réelles au gaz russe, le gaz liquéfié proche-oriental est plus cher et son approvisionnement moins sûr", relève l'expert.
Les derniers événements montrent que l'Europe n'entend pas du tout céder devant la pression de la Russie. D'autant plus que la marge de manoeuvre de Moscou elle aussi est limitée. De l'avis de Fiodor Loukianov, l'ultimatum lancé à l'Europe par Gazprom est "une sorte de bluff". Le journaliste est persuadé que la Russie "n'a pratiquement pas d'autre solution". "On peut bien sûr construire des gazoducs vers la Chine à des cadences accélérées, mais cela nécessitera quand même plusieurs années et la Chine elle non plus n'est pas un partenaire facile, souligne Fiodor Loukianov. Il n'y a pas lieu d'espérer que tout le gaz prendrait le chemin de la Chine et encore à des prix avantageux pour nous".
22 avril 2006 à 02:036
Merci à nos amis suisses d'avoir une "conscience" économique apparemment un peu + importante qu'en France , la rigueur de l'Est peut-etre ;)
je reparle de vous demain dans un article ... sur l'interet bien francais pour les scandales et la politique ..... :( :(
22 avril 2006 à 18:477
Ah enfin en France ..... ! il a fallu attendre 3 jours ... j'en reparle tout de suite !!!
23 avril 2006 à 12:368
gagnée, Romain ;;) .... cqfd ...
26 avril 2006 à 00:549
Certains pays de l'UE compromettent indirectement les engagements de Gazprom
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25/04/2006 19:52 LONDRES, 25 avril - RIA Novosti. Plusieurs pays de l'UE compromettent indirectement les engagements de Gazprom en matière de fournitures à long terme, a déclaré le vice-président du monopole gazier et chef de Gazexport, Alexandre Medvedev, intervenant mardi au forum économique russe de Londres.
"Ces pays pratiquent la réexportation ou la revente du gaz livré par Gazprom. L'Italie, l'Allemagne et l'Autriche ont adopté des programmes de revente obligatoire d'une partie du gaz importé sans tenir compte des conséquences de tels agissements", a souligné le responsable de Gazprom.
"De cette manière la Commission européenne s'ingère dans l'activité commerciale d'une société qui a des engagements à long terme", a-t-il indiqué.
"De surcroît, on voit se former de façon artificielle un excédent dans une région et une pénurie là où nous devions livrer".
De telles actions de l'Union européenne "mettent en péril la stabilité des livraisons de gaz à l'Europe et tout le système de sécurité gazière de la région", de l'avis du représentant de Gazprom.
Les exportations de gaz russe vers les pays européens sont un élément de plus en plus important de la sécurité énergétique de l'Europe, a souligné Alexandre Medvedev. Actuellement, les livraisons de Gazprom représentent 26% de la consommation européenne. Compte tenu des nouveaux contrats à long terme, elles atteindront 33,4% en 2010 et augmenteront après la mise en service du Gazoduc nord-européen.
Pour assurer la stabilité et la fiabilité de ses livraisons à l'Europe, Gazprom projette d'augmenter le nombre des dépôts de stockage souterrains dans les pays européens, notamment en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Belgique.
Le dirigeant du holding gazier a rappelé qu'en avril la Grande-Bretagne avait reçu le premier pétrolier chargé de gaz naturel liquéfié russe. "Le lendemain, la presse britannique a titré avec hystérie: "les Vikings sont à la porte, c'est une menace pour la sécurité énergétique nationale"... Je suis obligé de vous décevoir, les Vikings et les barbares sont là depuis longtemps. La Russie vend du gaz à la Grande-Bretagne depuis 1992. A noter que nos livraisons n'ont encore fait l'objet d'aucune plainte", a souligné Alexandre Medvedev.
"Gazprom a été et restera un fournisseur fiable et stable de gaz à l'Europe. L'Europe sera toujours notre plus grand marché. Nous sommes prêts à faire tout le nécessaire pour développer notre coopération et apporter notre contribution au développement du marché gazier européen et à la sécurité énergétique de l'Europe", a conclu Alexandre Medvedev.
26 avril 2006 à 01:3010
La Russie critique la Charte de l'énergie
25/04/2006 19:55 - LONDRES, 25 avril - RIA Novosti.
Alexandre Medvedev, vice-président de Gazprom, a qualifié dans son discours prononcé mardi au Forum économique russe de Londres la Charte de l'énergie de document "mort-né".
"Pendant les événements ukrainiens, le Secrétariat de la Charte de l'énergie n'a émis aucun avis sur ces événements", a-t-il rappelé.
"Cela témoigne que ce document est mort-né, qu'il ne reflète pas les conditions du marché dans la majorité de ses dispositions", a souligné Alexandre Medvedev qui répondait à l'appel du ministre britannique du Commerce et de l'Industrie Alan Johnson invitant la Russie à ratifier le protocole de la Charte sur le transit.
Créée comme mécanisme de coopération entre l'Ouest et l'Est de l'Europe dans le secteur énergétique, la Charte européenne de l'énergie a été signée le 17 décembre 1991 à La Haye. En 2003, 51 Etats d'Europe et d'Asie ont rejoint ce traité, 17 pays et 10 organisations internationales y ont le statut d'observateur. La Russie qui a signé le traité, mais ne l'a pas ratifié, y participe temporairement.
La Russie insiste sur le perfectionnement de la Charte de l'énergie avant sa ratification.
Le ministre russe des Finances Alexei Koudrine a déclaré la semaine dernière à Washington que la charte présentait "toute une série de défauts".
Il a fait remarquer que la charte ne contenait pas de chapitre sur le nucléaire civil. "Pour assurer réellement la sécurité de ce secteur à des conditions mutuellement avantageuses, nous estimons que la charte perfectionnée peut garantir la sécurité de l'extraction et de l'approvisionnement", a souligné le ministre, ajoutant que les Etats-Unis n'ont pas rejoint la charte.
26 avril 2006 à 01:3611
Pauvre petit Poutine , il se sent menacé ;) CHANTAGE au petrole apres le gaz ..... on en reparle !
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La Russie se sent menacée sur les questions énergétiques - TOMSK (Russie), 27 avr 2006 (AFP)
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Le président russe Vladimir Poutine a déclaré jeudi à Tomsk, en Sibérie, que Moscou "ressentait comme une menace" l'attitude de l'Europe à son égard dans le domaine de l'énergie et par conséquent commençait à "chercher d'autres débouchés" pour ses hydrocarbures.
Ce n'est pas la Russie qui menace l'Europe par sa puissance énergétique, c'est l'inverse, a expliqué M. Poutine, faisant allusion aux difficultés d'accès des compagnies russes aux marchés ouest-européens.
"Quand nous entendons tout le temps la même chose (des propos visant à limiter l'accès des Russes au marché), nous le percevons comme une menace et nous commençons à chercher d'autres débouchés", a-t-il dit.
"Pendant des années, on a bien travaillé avec vous, même du temps de la guerre froide (...) Jour après jour, l'URSS livrait ses partenaires en Europe (...) A quoi bon alimenter la peur d'une dépendance excessive vis à vis de la Russie ?", a poursuivi le président russe, lors d'une conférence de presse donnée avec la chancelière allemande Angela Merkel à l'issue du sommet russo-allemand à Tomsk, en Sibérie.
27 avril 2006 à 12:43Ajoutez un commentaire
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