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Serres : les effets de Gaz de France et de TOTAL

Serre02164_028sizedS'il est désormais certain que la pollution et notamment les gaz d'échappement entraînent des effets de serres néfastes pour la planète, comble du sort, c'est désormais le gaz qui a des effets négatifs sur les serres.

En effet, les cultures maraîchères sous abris ayant de fort besoins énergétiques, elles sont confrontées à une hausse des coûts de production mettant en péril leur secteur.

Ainsi des maraîchers du Finistère, spécialisés dans la production sous serre tentent de faire entendre leurs situations alarmantes via blocus de dépôts de gaz (GDF) et de carburants (TOTAL).

1 – Evacuations de maraîchers bloquant les dépôts d'hydrocarbures

Des maraîchers du Finistère, spécialisés dans la production sous serres, qui bloquaient depuis lundi les dépôts de gaz et carburant sur le port de Brest pour protester contre la hausse de l'énergie, ont été évacués samedi matin par la police. L'opération s'est terminée peu avant 11H00, sans incident. La veille, un référé du tribunal de Brest avait ordonné le libre accès au site d'approvisionnement.

Les serristes ont toutefois affirmé leur intention de "maintenir la pression" au moins jusqu'à mercredi prochain, date d'une nouvelle réunion au ministère de l'Agriculture sur le dossier. Les manifestants, au nombre d'une bonne centaine, avaient bloqué nuit et jour, par roulement, l'accès aux entrepôts à l'aide de véhicules.

2 – La situation économique des producteurs

Les producteurs de légumes sous serre réagissent vivement aux conséquences financières de l’annonce faite par le gouvernement d’une nouvelle augmentation du gaz. Le coût de l’énergie en production agricole ne cesse d’augmenter soulignent les serristes bretons dans un communiqué : + 75% depuis 2004 pour le fioul lourd, + 40% depuis juillet 2005 pour le gaz naturel. Les agriculteurs souhaitent interpeller les pouvoirs Publics sur une situation économique qu'ils estiment ne plus être tenable.

Les coûts énergétiques ont plus que doublé depuis 1999 et concernent tous les producteurs avec un surcoût encore plus important pour les producteurs au fioul lourd ou au gaz bonbonne. Le coût de l'énergie représente aujourd'hui, 0,30 euros/kg de tomate, ce qui inquiète fortement les producteurs, compte-tenu de l'accroissement de la compétition économique avec les produits du sud de l'Europe.

Selon la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) du Finistère, l'énergie représente normalement 8,50 euros par m2 pour les serristes, mais cette part atteint aujourd'hui 17 euros. "L'énergie, gaz ou fioul, représente 35 à 50% du coût des productions des serristes, alors que pour être rentable, ce coût ne devrait pas dépasser 30%", selon Claude Ségalen, responsable des serristes à la FDSEA. Le syndicat rappelle que l'augmentation du prix de l'énergie ne peut pas être répercutée sur le prix de vente des produits concernés comme peuvent le faire d'autres professions.

3 – Les actions entreprises et manifestations

Des maraîchers ont entamé jeudi le blocage d'un dépôt de carburant et de gaz près de Rennes pour protester contre la hausse des coûts de l'énergie, alors qu'un blocage était entamé lundi sur un dépôt de Brest. La FNSEA et la FNP Légumes soutiennent les producteurs de légumes de serre qui manifestent dans toute la France pour alerter élus, pouvoirs publics et fournisseurs d'énergie sur la situation critique du secteur.

Les producteurs sous serres et les horticulteurs disent refuser l’affrontement avec les forces de l’ordre. "Organisés et calmes, ils sont là" - disent-ils - "pour sauver leurs entreprises en quasi faillite, face à la hausse des énergies". Les producteurs précisent qu’ils sont disposés à répondre aux cas d’urgence d’approvisionnement en carburant de la population, en débloquant les camions nécessaires, notamment pour les îles.

La Fédération nationale des Producteurs de légumes, qui a rencontré lundi 27 mars les cabinets des ministères de l'agriculture et de l'industrie, soutient ces actions qui selon elle " témoignent de la volonté des producteurs de vivre de leur métier et de défendre leurs entreprises et les emplois de leurs salariés ".

4 – Revendications des agriculteurs

Les producteurs de légumes de serres et horticulteurs exigent du Gouvernement que des mesures efficaces soient prises pour limiter la hausse du coût de toutes les énergies utilisées dans les entreprises de production agricole sous serre. Selon les syndicats, il en va de la disparition de pans entiers de l'agriculture. Les manifestations ont notamment pour but d'exhorter les pouvoirs publics à prendre des décisions rapides pour sauvegarder 4 000 entreprises et 40 000 emplois directs et indirects. Elles peuvent également avoir pour objectif de sensibiliser l'opinion comme l’opération symbolique devant le siège de Total (La Défense) où des producteurs distribuent tomates et concombres aux salariés de l’entreprise.

Les aides proposées par l'État sont jugées insuffisantes par les serristes. Lors de l'assemblée générale de la FDSEA, Claude Ségalen, producteur de tomates à Guipavas, s'était déjà élevé contre le montant dérisoire de l'aide attribuée par les pouvoirs publics. "Pour 1 000 euros, je ne vais pas faire l'aumône à l'État", avait-il dit.

La rencontre au ministère, lundi dernier, en présence des représentants de GDF et Total, n'a rien donné. "Pire ! GDF et Total ont développé des arguments fallacieux : ils disent perdre énormément d'argent avec le secteur agricole", s'insurgent les responsables syndicaux qui, au détour, rappellent les excellents résultats des deux groupes : 1,7 milliard pour GDF et 12 milliards d'euros pour Total.

À noter que parallèlement les serristes ont décidé de ne plus payer leurs factures de gaz tant que le Gouvernement n'aura pas pris des mesures fortes pour l'ensemble des énergies.

Aujourd'hui, le dossier prend une dimension nationale. La FNPL attend "que chacun, élus, gouvernement et fournisseurs prennent ses responsabilités et agisse afin de permettre à ces secteurs de production de passer 2006 et de s'adapter à la nouvelle donne énergétique".

A lire également :

. Hausse du gaz : le poisson d'avril a posé un lapin

. GDF-Hausse du gaz : un mauvais poisson d'avril

. FNSEA-biocarburants : manger ou conduire ?

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Commentaires

wagner

3 avr 2006 12:03:36

Une des causes de la hausse des prix du gaz est le développement du pétrole lourd du Canada.
En effet, pour récupérer un baril de pétrole, il faut 1 m3 de gaz (pour décoller le sable bitumineux).
Résultat le Canada doit réduire ses exportation de gaz vers les USA.


Elisabeth

3 avr 2006 12:13:07

sur le sujet cf.

Alcan/Canada : politique énergétique à risque

http://www.leblogfinance.com/2006/03/alcan_en_attent.html

j'en reparle en détail prochainement


wagner

3 avr 2006 12:37:23

Beaucoup mieux que les biocarburant.

Le Biodiesel d'algue.

La production en ferme aquacole n'est pas limitée par la taille des surface agricole car tout se fait en mer et la mer est très grande.
Le transport de la ferme à l'usine de tranformation se fait par bateau plutôt que par camion. (un bateau consomme 7 fois d'essence qu'un camion pour le même tonnage).
Certe le coût est de 100 $ par baril mais en remplacant 10% du pétrole par du diesel d'algue on peut espérer ne payer que 25$ les 90% autres pour quelques années.


wagner

3 avr 2006 13:22:22

Tribune sur le gaz dans le Washington Times de ce matin.

Comment faire baisser le prix du gaz.
La conclusion est

"Anything Congress can do to increase domestic natural-gas production will benefit those Americans impacted by high natural gas prices".
(tout ce peut faire le Congrès pour augmenter la production national de gaz naturel bénéficiera aux américains frappés par les prix élevés du gaz naturel)

Toujours rien pour les économies d'énergie et toujours le mythe de pouvoir augmenter la production de gaz aux USA. Cela fait 30 ans que les USA continuent cette politique qui ne marche pas.

http://www.washtimes.com/commentary/20060402-112826-2544r.htm


Elisabeth

3 avr 2006 14:46:58

egalement le chanvre, je regarde


calidris

3 avr 2006 21:14:01

L'agriculture sous serre chauffée n'est pas comdamnée: elle va devenir, comme la pêche en frais, une production de luxe.
Parceque la pénurie énergétique ne se résout pas en manifestant devant la porte d'un pétrolier ou en saccageant une permanence d'élu, mais simplement en devenant plus frugal.


Observer

3 avr 2006 22:24:56

"qui bloquaient depuis lundi les dépôts de gaz et carburant sur le port de Brest"
-> Bravo la désinformation, le lien vers la page GDF de bourso : il n'y a aucun stockage de gaz naturel à Brest ni autour (suffit de regarder une carte sur www.grtgaz.com) Peut-être du GPL, quoique les serristes je doute. En tout ca rien de vendu par GDF.

Sinon pour la polémique, où tout le monde attend que l'Etat Grand Sauveur nous dévlivre des prix élevés de l'énergie, c'est pathétique. Perso, si l'Etat pouvait aussi baisser le prix de l'or : il faut que j'achete des bijoux là... et celui du pain (facile, il suffit de nationaliser cette industrie essentielle à chaque citoyen).
Rappelons juste que les marchés du gaz/pétrole pour les pros sont libéralisés, donc plutot que de se plaindre, pourquoi ne pas se grouper entre acheteurs et aller voir les Russes, les Algériens ou les Norvégiens ? En leur expliquant gentiment...


matelo

3 avr 2006 22:57:23

réponse à observer

"l'état ne peut pas baisser le prix du pain".
FAUX.

ça fait des décennies que les prix des denrées alimentaires de base baissent en francs ou euros constants.

un litre de lait valait environ 2 frans en 1980, aujourd'hui il vaut environ 0,27 euros ( prix producteur ).

un kg de blé valait environ 1,20 frans en 1990, aujourd'hui 0,09 euros ( la baisse est partiellement compensée par des primes ).

Par contre l'état ne gère pas vraiment la marge du boulanger ou des grandes surfaces.


Elisabeth

3 avr 2006 23:02:57

je n'invente rien ... je verifie donc mes sources et revient vers vous ...

De toute maniere, c'est bien GDF et TOTAL qui sont "visés" sans nul doute aucun .. et c'est le principal, il me semble ...
ce sont qd même eux qui ont particpe à la réunion avec le ministère .
Vous y étiez ? ;)


Elisabeth

3 avr 2006 23:09:20

Les serristes reçus, les serristes déçus

[ 27/03/2006 19:41 ] La réunion de cet après-midi au Ministère de l'agriculture n’a donné aucun résultat indique ce soir la FDSEA Finistère.

Selon les producteurs GDF et TOTAL ont développé des arguments fallacieux : « ils perdent énormément d’argent avec le secteur agricole »

" Rappelons les résultats de GDF (1,7 milliards d’euros) et de TOTAL (12 milliards d’euros). Ces deux entreprises n’ont que le souci de toujours plus de profit, et n’ont aucun scrupule à faire disparaître des pans entiers de notre agriculture " ajoute-t-on à la FDSEA29

" C’est du rôle de l’Etat de garantir l’approvisionnement de l’énergie au même prix pour tous (gaz naturel, fuel lourd, propane et butane). L’Etat devait faire revenir GDF et TOTAL à la raison. Lors de cette réunion, il n’en a rien été ! Bien au contraire, l’Etat a reporté à jeudi prochain les annonces qu’il pourrait faire "

Des producteurs d’autres secteurs de production et d’autres départements soutiennent leurs collègues serristes et horticulteurs. A présent, plus de 150 producteurs, toutes productions confondues, bloquent les dépôts de carburant au port de Commerce de Brest.

Les producteurs confirment qu’ils maintiendront la pression par des actions jusqu'à l'obtention de réponses favorables et concrètes à leurs demandes concernant l’ensemble des énergies (gaz naturel, fuel lourd, propane et butane).

Alban Moyaux - Cyberagri

Mise à jour du 28/03 - Une centaine de producteurs sous serres bloquaient mardi matin les dépôts de carburants et de gaz sur le port de Brest



Elisabeth

3 avr 2006 23:10:26

Le maraîchers déterminés, la tension reste forte sur le terrain

[ 03/04/2006 12:08 ] De nouvelles actions de producteurs de légumes sont en cours en région. Pour pouvoir faire face à la crise, les producteurs de légumes restent mobilisés et attendent des actes concrets de la part du Gouvernement.

La Fnpl rappelle que faute des délais nécessaires pour permettre aux entreprises de s’adapter à la nouvelle donne énergétique, c’est toute une filière qui sera sinistrée, avec de nombreuses pertes d’entreprises et d’emplois, dans un secteur d’activité notoirement reconnu utile à la société française, en terme d’emplois et de production de proximité nécessaire à la santé.




Elisabeth

3 avr 2006 23:11:48

Evacuation des maraîchers qui bloquaient des dépôts de carburant à Brest -AFP

[ 01/04/2006 13:13 ] Des maraîchers du Finistère, spécialisés dans la production sous serres, qui bloquaient depuis lundi les dépôts de gaz et carburant sur le port de Brest pour protester contre la hausse de l'énergie, ont été évacués samedi matin par la police, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'opération s'est terminée peu avant 11H00, sans incident. La veille, un référé du tribunal de Brest avait ordonné le libre accès au site d'approvisionnement.


Observer

3 avr 2006 23:21:50

Réponse à Matelo

Je veux bien accepter les prix que tu donnes, mais je ne vois pas en quoi l'Etat aurait fait baisser les prix du lait et du pain (aux distorsions près de la PAC, qui ne sont plus perennes, et auraient plutôt eu tendance à pousser les coûts à la hausse).
Le prix du pain et du lait n'est-il pas la simple résultante des forces du marché ?

Réponse à Elisabeth

Le communiqué ne contient probablement pas d'erreur : Il
doit bien se trouver qq citernes d'importation de GPL à Brest devant lesquelles il est possible de faire le clown). Après de là à relier cà à GDF qui ne vend pas de GPL (sauf en Corse)... Je maintiens que le lien bourse sur "blocus des dépots de gaz" à 2 reprises induit les lecteurs en erreur


Elisabeth

3 avr 2006 23:34:51

Je repete : le pb global concerne bien GDF et TOTAL
apres qu'ils aient bloque un site n'appartenant pas à GDF, c'est possible et de tte maniere symbolique d'une mise en cause de GDF ds cette affaire.

Ce sont bien GDF et TOTAL qui ont participe à reunion au Ministere ... et ce sont bien leurs titres qui risquent d'etre impactés en bourse....


Plan gvt / Elisabeth

6 avr 2006 15:50:30

Un plan d’adaptation structurelle pour les productions sous serres
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[ 05/04/2006 - 13:14 ] Dominique BUSSEREAU a annoncé mercredi la mise en oeuvre d’un plan d’adaptation structurelle pour les productions sous serres qui sera doté de 5 M€

Les productions maraîchères et horticoles sous serres sont confrontées à l’accroissement important du prix des énergies depuis deux ans et particulièrement au cours des derniers mois compte tenu de la part très importante de cette charge dans leurs coûts de revient.

Dominique BUSSEREAU annonce la mise en oeuvre d’un plan d’adaptation structurelle avec :
des aides conjoncturelles pour les exploitations les plus en difficulté mises en œuvre dans le cadre d’un comité de suivi local associant l’Etat, les collectivités locales et les partenaires de la filière. L’effort de l’Etat s’accompagnera d’un effort des partenaires de la filière, dont les fournisseurs d’énergie concernés ;
l’élaboration au niveau local de diagnostics technico-économiques et énergétiques des exploitations permettant de définir les investissements nécessaires pour économiser l’énergie ou substituer les énergies coûteuses par des énergies, notamment renouvelables, moins onéreuses ;
un soutien prioritaire à l’investissement pour ces investissements avec, sous réserve de l’accord de l’Union Européenne, une revalorisation des taux de subvention ;
des mesures pour réduire les charges d’énergie et renforcer la compétitivité du secteur. Elles seront précisées en concertation avec les professionnels d’ici la fin juillet.

5 M€ dont 1M€ pour le financement des diagnostics et 4 M€ pour le financement des aides conjoncturelles sont mobilisés pour sa mise en œuvre ; 12 M€, dont 6 M€ de l’Union Européenne, sont d’ores et déjà disponibles pour le soutien aux investissements.

Ces mesures complètent l’augmentation du remboursement aux agriculteurs de la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel et le fuel lourd annoncée par le Premier Ministre le 23 mars dernier.

M. Philippe MAUGUIN, ingénieur en chef du génie rural, des eaux et des forêts, est chargé d’une mission de pilotage de ce plan d’adaptation.



Elisabeth

6 avr 2006 16:06:38

Une délégation de la FNSEA et de la FNPL a été reçue par le Ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, le 5 avril 2006.
Les professionnels ont fait état de leur volonté d’adapter leurs entreprises à la nouvelle donne énergétique et de la nécessité de permettre aux entreprises de légumes de serre de passer le cap de 2006.
Le Ministre a octroyé une enveloppe de 5 millions d’Euros que la FNSEA et la FNPLégumes considèrent comme insuffisante au regard des enjeux. Seule la mise en place d’un plan d’adaptation structurelle et un développement de cet accompagnement peuvent permettre la sauvegarde de la filière.
Le Ministre, conscient de l’insuffisance de l’enveloppe mobilisée en urgence, s’est dit déterminé à dégager les moyens qui seront nécessaires : un calendrier a été défini pour mettre en place un plan d’adaptation structurelle et compléter, autant que de besoin, l’enveloppe ouverte pour permettre aux entreprises de faire face à leurs échéances.
Les producteurs restent mobilisés.


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