Comme nous l'évoquions vendredi soir, les ministres des finances des sept pays les plus riches de la planète se sont réunis vendredi à Washington pour évoquer notamment risques et enjeux liés à l'envolée du cours de l'or noir.
Dans leur communiqué désormais officiellement publié, ils s'inquiètent des risques que font peser la nouvelle flambée des prix du pétrole sur la croissance mondiale et ont appelé la Chine à introduire plus de flexibilité dans sa politique de changes.
1 – Les principaux points du communiqué
Voici les principaux points du communiqué adopté à l'issue de cette réunion à Washington, selon la traduction opérée par l'AFP
- ECONOMIE MONDIALE:
"La forte croissance économique mondiale continue dans sa quatrième année et les perspectives restent favorables soutenues par de meilleures politiques économiques dans beaucoup de pays et de même que des bonnes conditions financières".
"Toutefois, des risques demeurent liés à l'évolution sur les marchés pétroliers, aux déséquilibres mondiaux et au protectionnisme croissant".
- PETROLE CHER:
Les grands argentiers appellent "à des investissements dans l'exploration, la production, les infrastructures énergétiques et les capacités de raffinage".
"L'investissement est essentiel et les pays producteurs devraient fournir un environnement ouvert et sûr" pour le favoriser.
Les ministres ont également décidé de renforcer "le dialogue entre les pays producteurs et consommateurs pour continuer à améliorer la transparence des marchés par des données plus complètes et précises sur la production, la consommation et les stocks".
"Nous restons engagés en faveur d'une plus grande efficacité énergétique, de mesures de conservations et de diversification qui permettront d'améliorer l'équilibre entre l'offre et la demande".
- FLEXIBILITE DES CHANGES
"Nous réaffirmons que les taux de change devraient refléter les fondamentaux économiques. Une volatilité excessive et des mouvements désordonnés des taux de changes sont indésirables pour la croissance économique".
"Nous continuons à observer étroitement les marchés des changes."
"Une plus grande flexibilité est souhaitable dans les économies émergentes disposant d'excédents importants des paiements courants, en particulier la Chine, afin que les ajustements nécessaires interviennent".
- DESEQUILIBRES MONDIAUX:
Ce chapitre a fait l'objet d'un additif au communiqué final dans lequel les ministres ont réaffirmé que "les ajustements économiques sont une responsabilité partagée" et que ceux-ci "vont aider à l'évolution à moyen terme de l'épargne privée et de l'investissement".
Ils ont appelé à des mesures pour "encourager l'épargne nationale" aux Etats-Unis, "mettre en oeuvre les réformes structurelles pour la flexibilité des marchés du travail, des produits et des services en Europe pour encourager la demande interne".
Au Japon d'autres mesures sont "nécessaires pour assurer la reprise avec une stabilité budgétaire et une croissance à long terme par le biais de réformes structurelles".
Dans le cas des économies asiatiques émergentes "et en particulier la Chine, une plus grande flexibilité des changes est essentielle pour permettre des appréciations nécessaires".
"Dans les pays producteurs de pétrole il sera essentiel d'accélérer l'investissement dans la capacité, d'augmenter la diversification économique, améliorer, dans certains cas, la flexibilité des taux de change".
Les ministres demandent ainsi aux pays membres de ne pas artificiellement maintenir leur monnaie sous-évaluée pour favoriser leurs exportations, comme les Etats-Unis le reprochent actuellement à la Chine.
- REFORME DU FMI
Les ministres des finances du G7 ont appelé vendredi le Fonds monétaire international (FMI) à tenir un plus grand rôle dans la surveillance des marchés des changes internationaux et des politiques monétaires de ses 184 Etats membres.
Les ministres ont apporté leur soutien à "un renforcement de la surveillance opérée par le FMI, y compris par le biais d'une plus grande attention portée à la convergence entre d'une part les politiques des changes et les politiques nationales et d'autre part un système monétaire international basé sur les marchés ainsi que les risques de débordement sur les politiques des autres pays".
Le G7 est aussi d'accord pour des "augmentations ad hoc des quotes parts" pour certains pays "afin de mieux refléter leur poids dans l'économie internationale".
Le directeur général du FMI a été chargé sur ce sujet de faire des "propositions concrètes pour les assemblées annuelles en septembre à Singapour".
2 - Breton estime que le rôle du G7 n'est pas de fixer le prix du baril
Le ministre français de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, a affirmé vendredi que le rôle du G7 n'était pas de fixer le prix du baril de pétrole assurant que le communiqué publié à l'issue de la réunion à Washington était "très fort".
Il estime que par rapport aux autres communiqués, dans la dialectique du G7, on est “clairement au-delà de ce qui avait pu exister”. Il note que des termes comme "we urge" (nous appelons) n'avaient jamais été usités jusqu'à présent.
"Il est évident qu'il ne faut pas s'attendre à ce que le G7 fixe un prix du baril, on n'est pas dans ce rôle-là, on joue pleinement le nôtre", a toutefois affirmé le ministre français.
Les ministres des Finances du G7 (Etats-Unis, Canada, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, France et Italie) ont appelé vendredi à des investissements dans la production et l'exploration, les infrastructures et les capacités de raffinage pour augmenter la quantité mondiale de pétrole disponible et calmer les cours du baril.
"Nous appelons à des investissements dans l'exploration, la production, les infrastructures énergétiques et les capacités de raffinage", ont-ils affirmé, estimant que de tels investissements étaient "cruciaux".
Comme nous l'indiquions dans notre article de vendredi soir, les prix du pétrole ont battu de nouveaux records vendredi, dépassant les 75 dollars le baril à New York.
Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrueck, de son côté a souligné que tous les membres du G7 "étaient bien conscients que les prix du brut allaient encore augmenter à l'avenir" sans que cela ait toutefois eu jusque là des effets dommageables pour les économies occidentales.
A lire également :
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8 Commentaires
1
"Breton estime que le rôle du G7 n'est pas de fixer le prix du baril"
Donc leur réunion pourris ne sert a rien !!!!
22 avril 2006 à 14:372
Plutot, le but de la reunion n'est pas d'aller jusqu'à fixer stricto censu le cous du baril ... mais d'influer de telle maniere que production et demande soient telles que le cours ne flambe pas.
22 avril 2006 à 14:513
OK merci pour cette explication, mais déjà ils devraient arrêter de se déplacer d'un bout a l'autre du monde parce que cela nécessite beaucoup de consommation de pétrole pour pas grand chose finalement. Ils n'ont cas faire leur réunion par visioconférence cela serait beaucoup plus intelligents (selon moi, ils n'y a pas de petite économies d'énergies).
22 avril 2006 à 15:414
j'adore , c'est une pub de France Telecom sur la visio conference ... j'essaie de recuperer l'affiche que j'ai vu la semaine derniere !!
l'affiche est vraiment super qui parle des conséquence environnementales et economiques d'un deplacement Paris-Tokyo :
. pollution associée en Co2
. conso de kerosène
. temps perdu
le pb est que tout se passe en fait avant et apres la réunion.... d'ou le petit repas "entre copains "
22 avril 2006 à 17:00:
"Fait quasi exceptionnel, un dîner réunira ensuite la Chine et trois pays producteurs de pétrole, la Russie, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, signe de l'importance accordée par le G7 à ce dossier."
5
"Les grand argentiers appellent à investir dans la production". Un peu tard quand on sait le temps nécessaire à la mise en oeuvre d'un champ pétrolier. Trois ou quatre ans minimum si on tient compte de la totalité des infrastructures à créer car les gisements qui restent disponibles sont hélas les moins faciles à exploiter. Dommage, il y à quatre ans, l'idée même de pénurie faisait rire tout les économistes sérieux.
22 avril 2006 à 18:356
Eh oui les cassandres et ceux qui osent dire la verite en general et prevoir l'avenir si sombre soit-il, sont souvent raillés voire mal vus ....
22 avril 2006 à 22:337
La Chine opposée à ce que le FMI s'immisce dans les politiques de change - WASHINGTON, 22 avr 2006 (AFP)
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La Chine est opposée à ce que le Fonds monétaire international (FMI) s'immisce davantage dans les politiques de change menées au niveau national, projet soutenu par les pays du G7 et les Etats-Unis en particulier, a indiqué samedi le gouverneur de la banque centrale chinoise.
La mission de surveillance du Fonds doit "respecter l'autonomie des systèmes de taux de change garantie à tous les pays membres" du FMI, a déclaré Zhou Xiaochuan devant le comité monétaire et financier de l'institution, son instance dirigeante.
"La mission de surveillance du Fonds devrait se concentrer sur le fait de savoir si les politiques macro-économiques d'un pays membre sont compatibles avec l'objectif de maintenir la stabilité de ce pays et de l'économie mondiale", a ajouté le banquier central, selon le texte de son discours.
"Chaque pays a le droit de choisir un système de change qui est compatible avec son propre dévelopement économique", a estimé M. Zhou, mettant en garde contre le risque de voir le FMI "s'écarter de son mandat" s'il devait intervenir pour critiquer de manière spécifique la politique de change d'un pays.
Pékin veut ainsi éviter de se retrouver sous pression du FMI pour réévaluer sa monnaie.
L'administration américaine accuse Pékin de laisser le yuan délibérement sous-évaluée en le liant à un taux quasi fixe au dollar américain, ce qui favorise les exportations chinoises. Le déficit commercial des Etats-Unis vis à vis de la Chine a dépassé 200 milliards de dollars en 2005.
Les propos du banquier central chinois interviennent au lendemain d'un appel formulé par les ministres des finances du G7 à l'intention spécifiquement de la Chine pour qu'elle réévalue sa monnaie.
Les grands argentiers ont également soutenu l'idée d'un renforcement du rôle du FMI sur les "politiques des changes".
22 avril 2006 à 22:338
Changes: Le G7 met la pression sur la Chine mais pense aussi au Japon - WASHINGTON, 22 avr 2006 (AFP)
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L'appel des ministres des finances du G7 à la Chine pour qu'elle réévalue sa monnaie donne satisfaction aux Etats-Unis qui accusent Pékin d'utiliser l'arme des changes pour favoriser ses exportations.
"Une plus grande flexibilité est souhaitable dans les économies émergentes disposant d'excédents importants des paiements courants, en particulier la Chine, afin que les ajustements nécessaires interviennent", a souligné le G7 vendredi soir dans un communiqué après une réunion à Washington.
L'inclusion de cette référence directe à la Chine a toutefois fait l'objet d'âpres négociations entre les représentants des sept pays les plus riches de la planète (Etats-Unis, Canada, Allemagne, Japon, Grande-Bretagne, France et Italie).
L'administration américaine accuse Pékin de laisser sa monnaie, le yuan, délibérement sous-évaluée en la liant à un taux quasi fixe au dollar américain, ce qui favorise les exportations chinoises. Le déficit commercial des Etats-Unis vis à vis de la Chine a dépassé 200 milliards de dollars en 2005.
Le président chinois Hu Jintao ne s'est pas beaucoup engagé sur la question lors de sa récente visite aux Etats-Unis.
Lors de déclarations jeudi à la Maison Blanche aux côtés de son homologue américain George W. Bush, il s'est borné à déclarer que "nous allons continuer à avancer sur la réforme du régime des changes".
"A l'évidence, le gouvernement chinois prend ce problème de monnaie au sérieux", a constaté le président républicain américain, avant d'ajouter, comme un voeu pieux, "nous espérons qu'il apprécieront davantage leur monnaie".
George W. Bush est confronté à une forte pression politique du Congrès, tant dans sa majorité républicaine que dans l'opposition démocrate, pour prendre des sanctions commerciales contre Pékin si une réévaluation du yuan n'intervient pas rapidement.
Le Congrès menace même de prendre lui-même les choses en main et de voter une loi qui relèverait de 27,5% les droits de douanes sur les produits chinois pour tenter de remédier aux déséquilibres dans les échanges commerciaux.
Cela risquerait toutefois d'engager Washington et Pékin dans une guerre commerciale alors que le marché chinois est devenu le 5è à l'exportation pour les produits américains.
Mais la Chine n'est pas la seule en ligne de mire. Le PDG du premier constructeur automobile américain et mondial General Motors, Rick Wagoner, soulignait récemment lors d'un entretien avec des journalistes européens dont l'AFP, que le yen japonais était lui aussi sous-évalué et qu'il aimerait voir l'administration américaine se montrer aussi ferme avec Tokyo qu'avec Pékin sur le sujet.
GM est confronté à une forte concurrence des constructeurs automobiles japonais en Amérique du nord et dans le monde et aimerait bien voir le Japon cesser d'intervenir sur les marchés des changes pour pousser le yen à la baisse.
"Ils sont la 2è économie mondiale et ils n'ont pas besoin de faire cela", a-t-il affirmé.
Il semble avoir été en partie entendu. Si le communiqué du G7 ne cite pas nommèment le Japon, comme il le fait avec la Chine, le ministre français de l'Economie et des Finances Thierry Breton a fait part vendredi de sa conviction que "les autorités japonaises laisseront les marchés apprécier librement la valeur de leur monnaie".
Ces tensions sur les marchés des changes pourraient permettre au Fonds monétaire international (FMI) de se retrouver une vocation. Créé en 1944 pour gérer à l'époque un système de taux de changes fixe, il pourrait maintenant devenir le gendarme de celui des taux flottants qui prévaut aujourd'hui.
Dans cette optique, le G7 a appelé vendredi à "un renforcement de la surveillance opérée par le FMI, y compris par le biais d'une plus grande attention portée à la convergence entre d'une part les politiques des changes et les politiques nationales et d'autre part un système monétaire international basé sur les marchés".
22 avril 2006 à 22:35Ajoutez un commentaire
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