Quelques 12.500 personnes selon la police, 30.000 selon les organisateurs, ont défilé samedi après-midi à Cherbourg contre le réacteur de nouvelle génération EPR et pour marquer le 20e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Compte-tenu de la pluie battante, ce sont les fameux parapluies de Cherbourg qui ont servi de boucliers aux manifestants.
Vingt déjà ... et combien de personnes avec des problèmes passés, actuels et futurs, atteintes de malformations, problèmes de thyroïdes ... Cela fait néanmoins marcher les ventes de Levothyrox ... tout n'est pas perdu. Et même si, pour ma part, je dois en prendre à vie, relativisons, car ... tant que c'est à vie ...
1 – Manifestation et militants
Pour le porte-parole du réseau "Sortir du nucléaire", Stéphane Lhomme, les chiffres annoncés correspondent à une très forte mobilisation, compte-tenu des difficultés rencontrées pour accéder au site. Selon lui, l'ampleur des manifestants témoigne d'un tournant sur la politique énergétique en France.
De nombreux partis politiques et associations étaient représentés, comme les Verts, Greenpeace, Attac, LCR, Les Amis de la Terre. Etaient également présents le leader alter mondialiste José Bové, les Verts Noël Mamère et Yann Wehrling, et les ex-ministres de l'Environnement Dominique Voynet et Corinne Lepage. Au son des sirènes, les manifestants antinucléaire se sont allongés sur le sol pendant quelques minutes, pour simuler une catastrophe nucléaire. Des militants de toute l'Europe avaient fait le déplacement, venant de la France, mais aussi d'Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas.
Sous une pluie battante et après quelques prises de paroles de militants anti-nucléaires, dont un membre de Greenpeace Finlande, Harry Lammi, qui a rappelé qu'aucune promesse faite autour de l'EPR en Finlande n'avait été tenue, les militants ont commencé à se diriger vers le centre ville, dans un silence total, en hommage aux victimes de Tchernobyl. Partis du port de Cherbourg, les manifestants ont rejoint la place de la Mairie derrière une banderole jaune clamant: "20 ans après Tchernobyl, stop au réacteur nucléaire EPR". En passant devant la direction départementale d'EDF, ils ont jeté plusieurs milliers de boîtes peintes en jaune et noir, symbolisant les déchets radioactifs.
2 – Les revendications des manifestants
La manifestation avait été organisée dans le but de protester contre le programme nucléaire en France et notamment le projet EPR. Les manifestants antinucléaires souhaitaient montrer leur opposition au projet de réacteur nucléaire de nouvelle génération, qui doit être construit à Flamanville dans la Manche. C'était aussi l'occasion pour les manifestants de marquer l'anniversaire des vingt ans de la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine le 26 avril 1986.
« Ce rassemblement vise à "montrer qu'il n'y a pas de consensus, même dans le bunker nucléaire du Cotentin en faveur de l'EPR », selon Didier Anger, coordinateur de la manifestation pour Sortir du nucléaire. "C'est le début de la fin de l'EPR", a estimé pour sa part José Bové qui a critiqué l'inexistence de la concertation publique. "Il n'y a pas de démocratie sur la question du nucléaire : on annonce la décision et ensuite, on débat. On ne peut accepter qu'on décide pour les citoyens", a-t-il dit à la presse. Corinne Lepage a déploré que les trois milliards d'euros nécessaires à la construction de l'EPR "ne seront pas consacrés à des énergies renouvelables et à leurs filières".
3 – Le projet EPR
C'est aux alentours de 2020 que les premières centrales de la génération actuelle atteindront 40 ans (durée de vie minimale pour laquelle elles ont été conçues) et pourraient progressivement être mises à l'arrêt. Par des actions d'ingénierie et de maintenance importantes, EDF cherche à en prolonger l'exploitation en toute sûreté, mais ne peut exclure l'arrêt de certaines d'entre elles et doit s'y préparer. Sans préjuger les décisions futures, EDF souhaite être en mesure de les remplacer par de la production nucléaire à partir de nouvelles centrales.
C'est en cohérence avec la politique énergétique du pays telle qu'elle est actuellement définie, qu'EDF envisage donc de construire Flamanville 3. L'Etat souhaite en effet, maintenir l'option nucléaire ouverte pour l'avenir. Dans cette perspective, EDF et les opérateurs nucléaires internationaux travaillent sur des réacteurs «nouvelle génération», qu'ils qualifient de plus sûrs, plus compétitifs et plus respectueux encore de l'environnement. Version évoluée de réacteurs actuels, l'EPR (European Pressurized Reactor) fait partie de ces nouvelles technologies nucléaires.
En 2004, EDF a décidé d'engager la construction d'une centrale nucléaire de technologie EPR sur son site de Flamanville dans la Manche qui abrite actuellement deux tranches de 1.300 mégawatts chacune. Après le débat public conduit par la CNDP (Commission Nationale du débat Public), le "1er béton" du réacteur devrait débuter fin 2007 pour une mise en service en 2012. Il s'agit d'un projet franco-allemand développé depuis 1991 par Siemens et Areva, destiné à prendre progressivement le relais des 58 réacteurs qui équipent les 19 centrales nucléaires françaises. La construction devrait employer 1.500 personnes, dont 350 chargées de l'exploitation.
A noter par ailleurs, que le numéro un italien de l'électricité ENEL souhaite conclure au printemps un "accord définitif" avec EDF pour participer à l'EPR, et entend devenir "le 2ème opérateur d'électricité en France". ENEL a conclu le 30 mai 2005 un "memorandum of understanding" avec EDF, et négocie depuis cette date les détails de sa participation au réacteur nucléaire de 3ème génération. Le groupe italien va dans un premier temps investir de 250 à 300 millions d'euros pour acquérir 12,5% de l'EPR et a obtenu en contrepartie, dès le 1er janvier, la possibilité d'utiliser de l'énergie fournie par EDF.
Enel commercialise actuellement 1.000 megawatts de capacité en France et devrait arriver à 1.200 megawatts en 2012, selon les termes de son accord avec EDF. Le groupe a pour objectif d'atteindre une part de marché de 7% de la production en 2012, et envisage d'investir 1,7 milliard d'euros sur 20 ans dans l'Hexagone.
4 – Tchernobyl et ses conséquences majeures
Le 26 avril 1986, le réacteur nucléaire n° 4 de la centrale de Tchernobyl explose. Ce sera l'accident le plus important du nucléaire civil. Plusieurs milliers d'Ukrainiens, Biélorusses et Russes sont évacués. La mobilisation internationale est immédiate que ce soit sur le plan humanitaire, financier, technique ou scientifique.
Les opérateurs de la centrale de Tchernobyl préparaient un exercice de sûreté sur le réacteur. L'essai devait permettre de tester le fonctionnement d'un nouveau système de refroidissement de secours. L'accident a eu lieu pendant cet exercice pour deux raisons principales : le réacteur, de type RBMK, présentait plusieurs défauts de conception, dont une instabilité dans certaines plages de fonctionnement, qui a eu pour effet d'entraîner une perte de contrôle, les agents en place ont violé certaines procédures de sécurité, empêchant l'arrêt du réacteur.
Ces déficiences et erreurs ont entraîné une augmentation incontrôlée de la puissance du réacteur et une détérioration importante du combustible, conduisant à un réchauffement brutal de l'eau qui s'est vaporisée dans le cœur du réacteur. Une explosion de vapeur s'est produite alors, à l'intérieur du bâtiment, détruisant partiellement le réacteur et provoquant un incendie.
Depuis avril 1986, de nombreuses études ont été menées dans les pays touchés par les retombées de l'accident. Elles visent principalement à évaluer les conséquences radiologiques, dosimétriques et sanitaires des retombées de Tchernobyl. Les pays les plus touchés par l'accident de Tchernobyl sont ceux qui ont subi les plus fortes retombées radioactives. Il s'agit de la Biélorussie (23% de son territoire touché), de l'Ukraine (7% de son territoire touché) et de la Russie (0,3% du territoire touché).
A lire également :
. Accord fin mars EDF/ENEL sur le réacteur EPR
. EDF : arrêt de 2 réacteurs nucléaires à Nogent

18 Commentaires
1
Bonjour,
17 avril 2006 à 01:10Les responsables politiques, étant bien informés, devraient savoir à quoi ils nous exposent.
Le lien suivant, témoignage d'un pompier des cellules d'intervention radiologique : http://www.sortirdunucleaire.org/sinformer/themas/video/ROLANDKSOURI.MP3
2
Bonjour,
17 avril 2006 à 01:12Les responsables politiques, étant bien informés, devraient savoir à quoi ils nous exposent.
Le lien suivant, témoignage d'un pompier des cellules d'intervention radiologique http://www.sortirdunucleaire.org/sinformer/themas/video/ROLANDKSOURI.MP3
3
Si pb sur le lien , acces via
http://www.sortirdunucleaire.org/ : page d'accueil
17 avril 2006 à 01:254
A lire et méditer : http://www.politis.fr/article1665.html
------------------
Deux décennies après le pire accident de l’histoire du nucléaire civil, une bataille fait rage autour du vrai bilan sanitaire et des responsabilités. En France, alors qu’une grande manifestation antinucléaire se tient à Cherbourg les 15 et 16 avril, la justice pourrait désormais incriminer des personnes pour désinformation à la suite du passage du fameux nuage radioactif.
17 avril 2006 à 02:185
"En France, craignant un déferlement médiatique défavorable à l’occasion de ce vingtième anniversaire, un Collectif « vérité Tchernobyl », composé de hauts cadres du nucléaire et de scientifiques, a lancé une campagne pour tenter d’imposer aux médias une « information équilibrée ».
Avec l’objectif, notamment, de sauver la cause d’un des leurs, le soldat Pierre Pellerin, très critiqué pour avoir mené la désinformation dans les jours qui suivirent la catastrophe, alors même qu’une instruction judiciaire concernant la responsabilité des pouvoirs publics français au lendemain du 26 avril 1986 arrive à son terme."
no comment ...
17 avril 2006 à 02:21http://www.politis.fr/article1665.html
6
Pour rappel , Tchernobyl n'a ferme qu'en 2000.
"vendredi 14 décembre 2001, 8h44
Un an après sa fermeture, Tchernobyl reste une menace
KIEV (AFP) - L'Ukraine marque samedi le premier anniversaire de la fermeture définitive le 15 décembre 2000 de la centrale de Tchernobyl, qui reste toujours une menace nucléaire pour l'environnement et les populations.
"Le travail ne fait que commencer" pour régler les problèmes liés à Tchernobyl, a déclaré mercredi le président ukrainien Léonid Koutchma à l'issue d'une rapide visite des lieux. Le démantèlement du monstre nucléaire est un processus long, dangereux et coûteux qui s'étalera sur des années, voir plusieurs décennies, et dont l'ardoise de trois milliards de dollars sera réglée presque entièrement par l'Occident.
Problème numéro un pour les experts: renforcer la chape de béton, baptisée sarcophage, qui recouvre les restes du quatrième bloc. L'explosion de ce réacteur le 26 avril 1986 avait contaminé une grande partie de l'Europe et aurait, selon Kiev, fait plusieurs milliers de morts.
17 avril 2006 à 02:537
J'essaie de retrouver les photos de VISA pour l'image d'un photo reporter sur les ouvriers de Tchernobyl en 99... qui passaient volontairement à la sortie par les portes defectueuses de controle des radiations
Les photos etaient plus que marquantes ...
17 avril 2006 à 02:548
Les voila en cliquant sur mon prenom
17 avril 2006 à 02:569
Plus encore
http://www.visapourlimage.com/francais/intermoreau.php3
17 avril 2006 à 03:0210
Edifiant ...
http://www.oeilpublic.com/diaporama.php?r=268&p=4
17 avril 2006 à 03:0811
A lire dossier de l'OCDE
17 avril 2006 à 03:20http://www.nea.fr/html/rp/chernobyl/fr/c01.html
12
J'aurai pu appeler ce billet le neuneu de la semaine mais j'aurai été méchant avec ce cher François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, qui nous a sorti quelques énormités à propos du Nucléaire et des manifestations anti nucléaire qui se sont déroulés ce week end à Cherbourg. Finalement le gouvernement actuel semble aller toujours dans le même sens, celui des lobbys économiques : leur déculotage récent devant les tabagistes le montre tout comme d'autres événements... Et à côté on refuse tout dialogue ou débat autour du nucléaire, des OGM et plus récemment du CPE...
17 avril 2006 à 10:30http://metallah.webdynamit.net/blog/?2006/04/17/134-le-nucleaire-s-expose-a-cherbourg
13
merci bcp à vous pour le lien ..
Par ailleurs vos informations sur l'hydro electricité m'ont "tilte" .... sachant que les pbs actuels des émeutes au Népal .. sont comme toujours tres liés aux ressources du pays ... les capacités hydrauliques du pays interessant tres fortement ses voisins ..... CHINE et INDE .....
17 avril 2006 à 12:3514
Ne pas oublier ...
Négociations France/Iran : TOTAL et GDF ... avant AREVA ?
cf.
17 avril 2006 à 12:46http://www.leblogfinance.com/2006/03/accord_franceir.html
15
Lien sur le site
http://www.stop-epr.org/
17 avril 2006 à 12:5516
Brochure qui est la synthèse de l'étude "Avec les 3 milliards du prototype de réacteur EPR, quelles alternatives possibles dans le Grand Ouest ?"
http://www.stop-epr.org/etude-fr.php
17 avril 2006 à 12:5817
C'est bien beau de crier halte au nucléaire, mais par quoir substituer cette source d'énergie?
Ne me parlez pas des éoliennes, car leur production inconstante oblige à utiliser des centrales à Gaz/charbon/pétrole émétrices de CO2, dioxine et autres rejets polluants. Sans compter que ces productions sont beaucoup plus onéreuse que le nucléaire.
Vu le coût des énergies fossiles, on peut se réjouir que la France se soit mis au nucléaire.
18 avril 2006 à 01:1418
Merci de votre commentaire
En tout état de cause, il est indispensable de faire un bilan energétique global pour toutes les sources d'energie .. ce qui est loin d'etre fait systématiquement
En effet, ne serait-ce que sur le domaine photovoltaique, la construction des piles semble necessiter bcp d'energie
18 avril 2006 à 01:27http://www.leblogfinance.com/2005/12/photovoltaque_v.html
Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.