Cuivre et zinc au sommet, dopés par le social

Copperstrike2006_03_27_2249Si certains voudraient nous faire croire que grèves et manifestations sont l'apanage des Français, il n'en est rien. Les analystes qui suivent jour et nuit les marchés des métaux le savent bien et ce d'autant plus que cuivre et zinc battent actuellement de nouveaux records historiques compte-tenu de mouvements sociaux, en Amérique Latine notamment.

D'autres facteurs décrits ci-après peuvent également influer sur les cours.

1 – Cuivre et du zinc battent de nouveaux records

Les prix du cuivre et du zinc ont battu mercredi à Londres de nouveaux records historiques, dopés par un déclin des stocks et des interruptions de production, tandis que la demande reste soutenue. Le contrat de cuivre à trois mois a atteint 5.685,25 dollars la tonne en séance sur le London Metal Exchange (LME), premier marché mondial des métaux non ferreux. Il s'agit de son niveau le plus élevé depuis le début de sa cotation dans les années 1870. Ce métal, utilisé dans le bâtiment, l'alimentation électrique et la plomberie, avait déjà vu son cours bondir de 50% en 2005. Le zinc, qui sert principalement à galvaniser l'acier et le fer, a atteint 2.801,50 dollars la tonne, un record également. Il avait progressé de 60% l'an dernier.

Les cours des autres métaux de base progressaient également, mais dans une moindre mesure. L'étain a malgré tout atteint son plus haut niveau depuis plus d'un an, à 8.450 dollars la tonne, et le nickel un sommet depuis dix mois, à 16.450 dollars.

2 – Offres et demandes

Les baisses de stocks s'amplifient pour la plupart des métaux et les consommateurs devant augmenter leurs besoins avant la lente période estivale, la demande physique devrait augmenter, selon les analystes. Cet état de fait ainsi que des inquiétudes persistantes sur la production, devrait soutenir les prix, à moins que les fonds d'investissement se retirent. La tendance haussière ne profite pas à tous les métaux, c'est le cas de l'aluminium et du plomb. Les stocks gérés par le LME déclinent depuis des mois, ceux du zinc notamment étant tombés à leur plus bas niveau depuis 15 ans.

La grève à la mine de cuivre mexicaine La Caridad, appartenant à Grupo Mexico, est entrée dans son 12ème jour mercredi, tandis que la production du premier fournisseur mondial du métal rouge, le Chili, recule en raison d'une baisse de la teneur en minerai des mines. Une grève menace aussi d'éclater à la mine de cuivre Kansanshi en Zambie.

En Nouvelle-Calédonie, le chantier de l'usine de nickel Goro, appartenant au canadien Inco, deuxième producteur mondial, demeurait fermé après avoir été saccagé au cours du week-end par des manifestants.

Parallèlement, le cuivre n'échappe pas aux besoins en matières premières chinois. Ainsi, la Chine qui n'absorbait que 10 % de la production mondiale de cuivre il y a dix ans en consomme le double aujourd'hui. A mesure que les 1,3 milliard de Chinois acquièrent téléphones, climatiseurs, chaînes hi-fi, automobiles (une voiture contient en moyenne 25 kg de cuivre), ils stimulent d'autant la demande de cuivre.

3 - Grève à la mine de cuivre mexicaine Grupo Mexico

La grève à la mine de cuivre mexicaine La Caridad est entrée dans son 12ème jour mercredi. L’explosion d’une mine de charbon au Mexique qui a provoqué la mort de 65 mineurs a entraîné une grève qui touche 70 mines de Grupo Mexico, le 4ème producteur mondial de cuivre.

Parallèlement, la Baja mining Corporation envisage de créer à Santa Rosalia le plus grand complexe minier du Mexique pour extraire du cuivre, ainsi que les autres non ferreux auxquels le métal rouge est généralement associé, à savoir le cobalt, le zinc et le manganèse. Un système de ventilation devrait assurer une atmosphère supportable aux 800 mineurs. Dans les années 90, des investisseurs ont déjà essayé de relancer l’activité minière, mais l’entreprise a capoté en raison de la faiblesse des cours des métaux de base. Quinze ans plus tard, le marché des non ferreux est en pleine euphorie avec un cuivre qui a atteint des cimes historiques au-delà des 5000 dollars la tonne. Les Canadiens, comme les Français au XIX siècle, considèrent que le cuivre est aujourd’hui une activité d’avenir.

4 - Production du Chili en recul : baisse de la teneur en minerai

La réduction de l’offre mexicaine inquiète d’autant les opérateurs que la production chilienne montre des signes d’essoufflement. Si le premier producteur mondial, le chilien Codelco, a enregistré des profits records, malgré une baisse des ventes en volume, sa production devrait stagner en 2006 en raison d’une baisse de la qualité du minerai extrait.

Par ailleurs, selon Juan Villarzu, le patron de Codelco, les mineurs chiliens voudraient bien partager les fruits de l'envolée des cours. Cette exigence est apparue dès le mois de janvier avec la grève menée par les précaires embauchés non par le groupe mais par ses sous traitants. Ils revendiquaient une prime de 972 dollars en guise de participation aux résultats records enregistrés par le groupe en 2005 grâce à l’euphorie du marché des métaux. Ce bonus ne leur a finalement pas été accordé mais des assurances en terme de sécurité de l’emploi, avec l’extension de la durée des contrats au-delà des trois ans réglementaires.

Les salariés de Codelco ont pour leur part touché l’année dernière une prime sur les bénéfices d’environ 3 000 dollars. Mais ils entendent bien pousser leur avantage en 2006, compte-tenu du niveau actuel des cours. Les accords salariaux expirant en octobre prochain, la direction s’apprête à entamer de rudes négociations vers le mois de juin, l'envolée des cours donnant aux syndicalistes les meilleurs arguments pour discuter de la hausse des salaires. En raison du calendrier social, prédisent les analystes, la tendance est encore haussière pour toute l’année.

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2 Commentaires

  1. 1

    GORO Nickel / Elisabeth

    On en reparle au + tot

    Echec de la table ronde sur le conflit Goro Nickel en Nouvelle-Calédonie - NOUMEA, 7 avr 2006 (AFP)
    La table ronde sur la crise de Goro Nickel a tourné court, vendredi à Nouméa, les opposants à la construction d'une usine de nickel dans le sud de la Nouvelle-Calédonie ayant quitté la négociation qui venait à peine de s'engager, a constaté l'AFP.

    Le leader du Comité Rheebu Nuu, Raphaël Mapou, étant toujours en fuite après le coup de force qui a fait 10 millions de dollars US de dégâts le week-end dernier sur le chantier de l'usine, les opposants au projet étaient représentés par un membre du Conseil autochtone pour la gestion des ressources naturelles en Kanaky (Caugern), Rock Wamytan, ex-président du FLNKS et grand-chef de la tribu de Saint-Louis.

  2. 2

    Triskel

    Pourtant le prix du zinc n'arrive vraiment pas a la cheville du cuivre, chez les ferrailleurs.

    Il serait temps qu'on arrête de se faire arnaquer !

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