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Total : raffinement en vue en Arabie Saoudite

SaudiarabiaTotal est en discussions avancées avec le géant pétrolier public saoudien Aramaco sur le projet de raffinerie de Djoubaïl, d'une capacité de 400.000 barils par jour, selon le ministre saoudien du Pétrole, Ali al Naimi. Lundi à Ryad, Thierry Desmarest, le PDG du groupe pétrolier français a confirmé ses propos, indiquant que l'investissement représentait entre 4 et 5 milliards de dollars, répartis à 50-50 entre Aramco et Total. M. Desmarest fait partie de la délégation de dirigeants de grands groupes français accompagnant Jacques Chirac dans sa visite d'Etat de trois jours à Ryad.

Cette raffinerie se situera sur le Golfe, dans la province orientale, région où est concentrée la plus grande partie de l'industrie pétrolière saoudienne. Elle est l'un des deux projets dédiés à l'exportation qu'Aramco entend construire en partenariat avec d'autres sociétés. En 2004, le groupe saoudien a annoncé son intention de construire à Ianbou, sur la mer Rouge, une autre raffinerie d'une capacité de 400.000 bpj.

Par ailleurs, l'Arabie saoudite s'oppose à toute réduction de production de pétrole pour empêcher une flambée des prix lors de la réunion de l'OPEP prévue mercredi à Vienne.

1- Des pourparlers bien avancés

Quelques semaines, voire quelques mois seraient encore nécessaires pour conclure les pourparlers déjà bien avancés. Un certain nombre de problèmes restent à régler, expliquant ce délai. En novembre, le magazine Middle East Economic Digest avait rapporté qu'Aramco avait présélectionné au moins deux groupes étrangers - Total et l'américain Chevron. Le dossier a été abordé par le ministre saoudien du Pétrole lors d'une rencontre avec Thierry Breton, ministre français de l'Economie, et Thierry Desmarest, P-DG de Total qui accompagnent le président français, Jacques Chirac, pour sa visite d'Etat en Arabie saoudite. Thierry Desmarest a toutefois exclu toute signature imminente d'un contrat avec Aramco.

2 – Bilan de la visite de J.Chirac : les discussions se poursuivent

Le président français Jacques Chirac a annoncé lundi à Ryad que les discussions se poursuivaient en vue de la signature de contrats commerciaux dans les domaines de la sécurité et de la défense entre la France et l'Arabie saoudite mais qu'elles n'ont pas encore abouti. "L'Arabie saoudite poursuit activement une étude détaillée des différentes solutions" qui lui sont proposées et "tout cela se passe dans un climat excellent", a déclaré Jacques Chirac. Les différents chefs d'entreprise qui accompagnent le président ont indiqué que les discussions avançaient mais qu'un certain temps était nécessaire. Les discussions portent essentiellement sur la vente éventuelle de l'avion de combat Rafale, sur la fourniture d'un système de protection des frontières et sur la construction commune de la raffinerie évoquée précédemment.

3 – L'Arabie saoudite opposée à une baisse de production de l'OPEP

Le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi, a déclaré que son pays s'opposait la réduction de la production de pétrole pour empêcher une flambée des prix lors de la réunion de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) prévue mercredi à Vienne. Le ministre saoudien a indiqué qu'il estimait inapproprié de réduire la production. Si telle est sa position, il souhaite écouter ses homologues à l'OPEP, qui poussent pour une réduction, et discuter avec eux pour savoir s'il serait raisonnable de lancer des signaux au marché qui feraient grimper les prix plus haut qu'ils ne le sont actuellement.

4 – Présence de Total et entreprises du secteur pétrolier en Arabie saoudite

Total participe, depuis novembre 2003, à hauteur de 30 % au consortium « SARK », constitué par Shell (40%) et Saudi Aramco (30%) pour l’exploration et la production de gaz sur une zone de 210.000 km2 dans le Rub Al Khali. En cas de succès des prospections en cours, la cote part de l’investissement pourrait atteindre 2 Md USD. Trois autres consortiums ont été créés en janvier 2004 associant SAUDI ARAMCO à des compagnies russes, chinoises et italo-espagnoles. Ce mouvement contribue à renforcer la concentration des investissements étrangers dans le secteur des services et sur celui des hydrocarbures, et de leur transformation.

Dans le secteur des services à l’industrie pétrolière, la COMPAGNIE GENERALE DE GEOPHYSIQUE a créé une filiale, ARGAS, spécialisée dans les campagnes sismiques (4,7 MUSD de capitaux français). La France s’est jusque-là tenue à l’écart de secteurs aussi importants que la pétrochimie, qui a pourtant attiré la majeure partie des IDE en Arabie saoudite.

5 – Investissements français en Arabie Saoudite

Placée au 3ème rang des pays investisseurs, la France était jusqu’à la fin de l’année 2000 essentiellement présente dans le secteur des services. Les investissements du Crédit Agricole-Indosuez dans la Banque Saudi Fransi (BSF), 5e banque du pays, dont l’investisseur français détient 31,1% du capital depuis 1977, représente, à lui seul 34 % des IDE français soit environ 190 MUSD sur un montant global d’investissements français de 558 M€.

En octobre 2000,  Danone a repris la majorité du capital de la société laitière Al Safi (47,6 MUSD) et a mis récemment en service de nouvelles lignes de production (investissement de 67 MUSD). Lactalis a racheté depuis peu 52 % du capital de la société United Food Services pour la construction d’une unité de production de fromages fondus. Bouygues réalise le bouclage financier d’une opération d'un montant total de l’ordre de 20 MUSD pour la création d’un centre de loisirs de haut de gamme à Djeddah.

A noter deux investissements dans le secteur industriel : STESA, filiale de THALES, spécialisée dans le secteur des télécommunications (4,6 MUSD de capitaux français) et SCHNEIDER, qui fabrique du matériel électrique (1,6 MUSD de capitaux français).

6 - Investissements étrangers en Arabie Saoudite

L’Arabie saoudite attire relativement peu d’investissements étrangers : le stock d’IDE atteignait 20,4 Md USD fin 2004 soit 8,2% du PIB saoudien, contre 9 % en 2003. L’investissement étranger n’a pas encore enregistré la reprise attendue malgré la promulgation en avril 2000 d’un nouveau code plus attractif. Le Royaume souffre d'une image négative, en particulier en termes de stabilité intérieure et de risques d’attentats.

L’ouverture il y a deux ans de l’amont gazier aux investisseurs étrangers, la poursuite du processus de désengagement de l’Etat dans l’économie et son adhésion à l’OMC en décembre 2005, devraient attirer de nouveaux investisseurs.

Le Japon cumulerait à lui seul plus de 43 % des IDE. Les Etats-Unis arrivent en 2ème position avec une part de 16,6% (soit 0,2 % de leurs investissements dans le monde). La France se situerait au 3ème rang avec 13,45 %, suivie par l’Allemagne (4e rang avec 11,16% des IDE) et le Canada (3,55 %). A l’heure actuelle, des sociétés des Etats-Unis, du Japon, du Royaume-Uni et de France participent à une vingtaine de programmes qui représenteraient moins d’un milliard d’USD d’investissements directs.

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