Passage à l’Ouest des salariés de l'UE élargie : mur de protestations

Berlin20walltogether_1Une cinquantaine de salariés du groupe de transport et logistique Norbert Dentressangle (ND) ont bloqué lundi les camions de leur société au péage de Vienne (Isère), sur l'autoroute A7, pour protester contre un plan social.

87 personnes vont être licenciées et les syndicats craignent à terme plus de 180 suppressions d'emplois dans la branche vrac (produits non conditionnés). Selon eux, l'entreprise embauche de plus en plus de salariés polonais. Même si la société affirme que ces derniers travaillent en Europe de l'Est et ne concurrencent pas les salariés français, Daniel André, délégué CFTC estime que cela est faux. Les ressortissants étrangers assureraient notamment des transports entre Rhône-Alpes et le nord de l'Italie.

Hasard de calendrier, Dominique de Villepin a annoncé lundi que la France allait procéder à une levée progressive et maîtrisée des restrictions à la libre-circulation des travailleurs d'Europe de l'Est issus des nouveaux pays de l'Union européenne (UE), à l'issue du 7è Comité interministériel sur l'Europe à Matignon.

1 – Mur de protestation chez Dentressangle

Plus de 60 camions de ND ont été arrêtés, à partir de 9H00 et jusqu'à 13H00, au niveau du péage par des salariés de l'entrepôt de Saint-Rambert-d'Albon (Drôme), qui distribuaient également des tracts aux autres routiers, a indiqué à l'AFP Daniel André, délégué CFTC.

Selon David Walkowiak, directeur général de la branche vrac-pulvérulent, l'activité du secteur connaît une période difficile avec l'augmentation du prix du gasoil et la concurrence des grands groupes internationaux. En janvier, une réorganisation a du être engagée pour défendre l'activité commerciale. Le plan de sauvegarde de l'emploi ne concernerait pas plus de 77 personnes et des reclassements en interne ont été proposés à chacun des salariés concernés. Mais pour M. André, les reclassements proposés par la direction entraînent des pertes de salaires échelonnés entre 40 et 70%, des déménagements, des missions éclatées et d'autres mesures peu réjouissantes.

En mai, des routiers de ND avaient déjà manifesté devant le siège du groupe à Beausemblant (Drôme) pour protester contre l'embauche à des salaires inférieurs de chauffeurs d'Europe de l'Est. En septembre, les syndicats avaient mis en garde contre un plan social, mais la direction avait démenti envisager une telle solution.

Implanté dans 14 pays européens, le groupe ND comptait en septembre 12.200 salariés, dont 5.300 chauffeurs, parmi lesquels 4.500 Français et 87 Polonais. Les effectifs sont désormais de 14.000 salariés, dont 6.200 chauffeurs, 5.200 Français et environ 200 Polonais, selon le service de communication de l'entreprise qui souligne que le groupe a procédé à de nombreuses embauches en France.

2 – Le marché du travail français va s'ouvrir aux salariés de l'Est

La France procèdera à "une levée progressive et maîtrisée des restrictions à la libre-circulation" des travailleurs d'Europe de l'Est issus des nouveaux pays de l'Union européenne (UE), a annoncé lundi Dominique de Villepin. La levée de ces restrictions concernera en priorité certains métiers connaissant des tensions de recrutement et ses modalités seront discutées avec les partenaires sociaux. La quasi-totalité des syndicats français se sont prononcés pour la fin immédiate de ces mesures restrictives transitoires. Seules la CFTC et la CFE-CGC souhaitent le maintien d'un filet de sécurité. Le gouvernement français doit notifier sa décision à la Commission européenne d'ici au 1er mai 2006, date à laquelle les pays d'Europe occidentale devront avoir décidé soit de lever ces restrictions, soit de les maintenir en l'état pour trois années de plus, soit encore de les assouplir en les limitant par exemple à certains secteurs, comme l'envisage Paris.

Les ressortissants concernés par les restrictions actuelles sont les Tchèques, les Polonais, les Estoniens, les Lettons, les Lituaniens, les Slovènes, les Slovaques et les Hongrois. La semaine dernière, trois pays -Espagne, Portugal et Finlande- ont décidé d'ouvrir complètement leur marché du travail aux salariés issus de ces pays ayant rejoint l'UE le 1er mai 2004, une mesure saluée par Bruxelles. Londres, Stockholm et Dublin avaient dès le départ opté pour la libre-circulation. A l'inverse, l'Allemagne, l'Autriche et la Belgique veulent prolonger les restrictions actuellement en vigueur.

 

7 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    10 Mars 2006 - 04:22
    L’Espagne ouvre ses portes aux Polonais


    La libre circulation des travailleurs sera enfin une réalitée en Espagne à partir du 1er mai. En effet, le gouvernement a décidé d'ouvrir son marché du travail aux ressortissants des pays de l'Est dont la Pologne,
    Cette mesure a été annoncée jeudi par le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero à l'issue d'un sommet bilatéral avec son homologue polonais Kazimierz Marcinkiewicz
    L'entrée en vigueur de cette mesure sera "très positive pour les entreprises et l'économie espagnoles", comme pour les huit pays concernés, a estimé M. Zapatero
    M. Marcinkiewicz a souligné de son côté "l'énorme importance" de cette mesure pour la Pologne, soulignant son "symbolisme politique" vis-à-vis de son pays et des nouveaux pays de l'Est entrants dans l'UE.
    Cette restrction sur la libre circulation des travailleurs avait été demandée à l'époque par le gouvernement autrichien d'extrème droite de Georg Haider et avait été reprise ensuite par de nombreux pays dont la France, la Belgique et l'Allemagne
    Ces pays ont jusqu'à fin avril pour faire connaitre leur décision et dire s'ils comptent prolonger ces restrictions ou au contraire les lever

  2. 2

    Marie Phoenix

    Cela fait des années que des Polonais ou des Roumains (surtout des femmes) ont remplacé les Marocains pour faire les vendanges.

  3. 3

    Elisabeth

    Oui, surtout en Alsace plus proche

  4. 4

    Marie Phoenix

    Et les Roumains et les Bulgares ? Pas concernés tant qu'ils ne sont pas dans l'UE, il me semble.

  5. 5

    Marie Phoenix

    Cela fait des années que des Polonais ou des Roumains (surtout des femmes) ont remplacé les Marocains pour faire les vendanges.

    Je parlais de l'Espagne, mais en Alsace c'est le cas aussi. Il y avait un article dans "La vie" sur les abus et la maltraitance de ces "nouveaux" travailleurs. L'été dernier.

  6. 6

    zouhair

    je suis un jeune marrocain jai 28 ans et je cherche du travaille on espagne

  7. 7

    Elisabeth

    mais malheureusement nous ne sommes pas une agence d'interim ...

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