Le Premier ministre belge a indiqué mardi que la Belgique donnerait son avis au plus tard début avril sur l'OPA hostile de Mittal Steel sur Arcelor, après avoir analysé le plan industriel remis par Mittal aux autorités. Le projet sera présenté prochainement aux autres gouvernements concernés. Contrairement à Paris, Madrid et Luxembourg, qui ont montré leur opposition face à l'Offre de Mittal, la Belgique est restée neutre depuis l'annonce faite par Mittal le 27 janvier.
Le patron du groupe, Guy Dollé, a affirmé lundi à Chicago que l'OPA de Mittal échouerait, assurant que la majorité d'investisseurs européens rencontrés préféraient que le groupe européen reste indépendant. Une étude de l'agence de communication financière Capcom publiée mardi révèle que près de 9 Français sur 10 actionnaires de sociétés du CAC 40 sont opposés à l'offre de Mittal Steel sur Arcelor.
Parallèlement, Lakshmi Mittal, propriétaire de Mittal Steel pourrait réduire à moins de 50% sa part dans le capital du groupe, pour surmonter l'opposition à son OPA hostile sur Arcelor. Quant à ThyssenKrupp, il pourrait envisager de vendre sa division équipements automobiles, afin de financer une éventuelle reprise de Dofasco. Ce rachat est subordonné au succès de l'offre Mittal sur Arcelor. Ce dernier a remporté sa bataille contre ThyssenKrupp pour le contrôle de Dofasco, et a finalisé son rachat le mois dernier. Mittal Steel a officiellement annoncé que s'il réussissait à s'emparer d'Arcelor, il revendrait Dofasco à ThyssenKrupp.
1 – La Belgique donnera son avis sur l'OPA au plus tard début avril
Lakshmi Mittal, a présenté à la Belgique le plan industriel qu'il souhaitait mettre en oeuvre en vue de devenir l'entreprise la plus importante du secteur. Le gouvernement fédéral belge et les gouvernements des Régions wallonne et flamande prendront une décision rationnelle " d'ici à "fin mars, début avril", après avoir examiné, avec l'aide de leur banque conseil Lazard, les conséquences pour la Belgique d'une éventuelle fusion, en termes d'emploi, d'activité industrielle, d'investissements et de recherche. A l'issue de l'entretien, Lakshmi Mittal s'est dit de son côté très confiant qu'après analyse, les différents gouvernements expriment leur satisfaction sur cette transaction qui valorise Arcelor à 18,6 milliards d'euros.
Les experts mandatés examineront également dans quelle mesure Mittal est prêt à reprendre les engagements d'Arcelor en matière de maintien des activités en Belgique, où Arcelor emploie 15.000 personnes. Le ministre-président de la Région wallonne estime que les "représentants des travailleurs" devraient également être consultés. Le chef du gouvernement wallon, qui est actionnaire à hauteur de 2,4% d'Arcelor, a aussi souligné "l'insatisfaction" qui persistait dans le bassin de Liège depuis qu'Arcelor a décidé d'y fermer sa "phase à chaud" d'ici 2009. Lakshmi Mittal a récemment promis d'examiner cette question en cas de succès de son offre sur Arcelor, sans toutefois s'engager à relancer les hauts fourneaux liégeois.
2 – 86% des actionnaires individuels français seraient contre l'OPA
Selon l'étude menée entre le 16 février et le 3 mars auprès d'un panel de 1.346 particuliers actionnaires d'une ou plusieurs des sociétés de l'indice CAC 40, 86% des interrogés n'apporteraient pas leurs titres à Mittal Steel, s'ils étaient actionnaires d'Arcelor. 83% jugent que le conseil d'administration d'Arcelor a défendu les intérêts des actionnaires en refusant l'offre de Mittal Steel.
Parmi les arguments avancés, 70% justifient ce rejet par la qualité de la gestion d'Arcelor, devant la préservation des emplois ou l'absence de projet social (près de 50%), l'absence de synergie (32%), et les défaillances du dispositif prévu en matière de gouvernement d'entreprise (20%). Une majorité des personnes sondées désapprouvent l'intervention de l'Etat dans ce type de dossier: 62% considèrent que l'Etat ne doit pas intervenir en cas d'OPA hostiles et "57% n'approuvent pas le dispositif anti-OPA autorisé par Bercy.
Les actionnaires individuels rejetteraient l'offre non pas pour des raisons politiques mais pour des raisons économiques et industrielles, voire sociales. A leurs yeux , Arcelor est un fleuron industriel que Mittal viendrait détruire. Ils sont donc loin d'adhérer au concept de "patriotisme économique" défendu par le gouvernement.
3 – Lakshmi Mittal pourrait réduire à moins de 50% sa part dans Mittal
Lakshmi Mittal, propriétaire du sidérurgiste Mittal Steel pourrait réduire à moins de 50% sa part dans le capital du groupe qu'il contrôle, pour surmonter l'opposition à son OPA hostile sur son concurrent européen Arcelor, rapporte lundi le Financial Times. Si ces propositions sont adoptées, la famille Mittal renoncerait à son exigence à disposer de deux fois plus de droits de vote que d'actions ordinaires dans la nouvelle entité qui serait issue de la fusion Mittal/Arcelor. Beaucoup d'actionnaires souhaitent que M. Mittal réduise sa participation globale et que tous les détenteurs de titres aient les mêmes droits de vote .
4 - ThyssenKrupp pourrait vendre sa division équipements automobiles
L'allemand ThyssenKrupp, numéro dix mondial de l'acier pourrait, envisager de vendre sa division équipements automobiles, afin de financer une éventuelle reprise du canadien Dofasco. La vente de la branche ThyssenKrupp Automobile rapporterait au groupe allemand environ 3 milliards d'euros. La société ne commente pas les spéculations de marché , mais précise qu'elle pourrait le cas échéant racheter Dofasco même sans la cession de pans d'activités.
ThyssenKrupp a précisé la semaine dernière étudier des alternatives au rachat de Dofasco pour se renforcer en Amérique du Nord, une de ses priorités. Le groupe pourrait construire un site de production, ou bien engager un partenariat avec un acteur régional. Plusieurs équipementiers automobiles, ainsi que des fonds d'investissement auraient fait part de leur intérêt pour les activités d'équipements automobiles de ThyssenKrupp.
Dans ce marché difficile - plusieurs acteurs, notamment l'américain Delphi, ont été poussés à la faillite ces derniers mois - ThyssenKrupp Automotive se comporte relativement bien. La division a réalisé un chiffre d'affaires de 7,63 milliards d'euros sur l'exercice 2004/05, en légère croissance. Son bénéfice net a néanmoins chuté à 49 millions, contre 260 millions l'année précédente.

5 Commentaires
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Arcelor annonce que 98,5 % des actions ordinaires de Dofasco ont été déposées en réponse à son offre
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Luxembourg, 8 mars 2006 - Arcelor S.A. annonce que 7 967 623 actions ordinaires additionnelles de Dofasco Inc. (TSX : DFS), y compris les actions déposées aux termes d'une livraison garantie, ont été déposées en réponse à l'offre d'Arcelor visant l'acquisition de toutes les actions ordinaires en circulation de Dofasco au prix de 71,00 $ CA comptant par action entre le 20 février 2006, la date d'expiration antérieure de l'offre, et le 7 mars 2006 à 20 h, soit la dernière date d'expiration de l'offre. À ce jour, 77 530 766 actions ordinaires de Dofasco au total, représentant 98,5 % de toutes les actions ordinaires en circulation de Dofasco, ont été déposées en réponse à l'offre d'Arcelor. Il est prévu que le paiement de toutes les actions ordinaires de Dofasco déposées qui n'ont pas encore été réglées sera fait au plus tard le 10 mars 2006.
Comme son offre visant Dofasco est expirée, Arcelor a l'intention d'acquérir, dès qu'il lui sera permis de le faire, les actions ordinaires restantes de Dofasco au même prix que celui fixé dans l'offre, au moyen de la procédure d'acquisition forcée prévue par les dispositions applicables de la Loi canadienne sur les sociétés par actions.
Arcelor entend également procéder à la radiation des actions ordinaires de Dofasco inscrites à la cote de la Bourse de Toronto dès qu'il en aura acquis un nombre suffisant
08 mars 2006 Ã 10:402
PEKIN (Reuters) - Handan Iron and Steel Group a discuté avec les sidérurgistes français Arcelor et allemand Thyssenkrupp de la vente éventuelle d'une participation, annonce Liu Rujun, le président du conseil d'administration du groupe chinois.
"Nous procédons conformément à la politique gouvernementale de diversification du capital", a-t-il expliqué à la presse, rappelant que "la politique chinoise en matière d'acier permet à des sociétés étrangères d'investir dans des groupes chinois".
Il n'a pas précisé jusqu'où Arcelor ou Thyssenkrupp pourraient monter au capital de la firme basée dans la province septentrionale du Hebei.
La Chine pousse à la concentration parmi ses sidérurgistes les plus performants et à la fermeture des usines non rentables dans le cadre de ses efforts pour rendre le secteur compétitif au plan mondial. L'Association chinoise du fer et de l'acier prévoit une croissance de 10% de la production d'acier en 2006 après une hausse de 25% en 2005, à 349 millions de tonnes.
ThyssenKrupp a déjà investi dans des installations d'acier inoxydable et de coke en Chine, tandis qu'Arcelor est partenaire de Baoshan Iron and Steel dans un projet d'acier pour automobile à Shanghai.
Le sidérurgiste européen, numéro deux mondial, s'apprête en outre à prendre une participation de 38,41% dans Laiwu Steel, filiale de Laiwu Steel Group, pour 2,085 milliards de yuans (259,2 millions de dollars).
08 mars 2006 Ã 10:443
Sonasid/Arcelor: Les dessous de l’opération
· Un holding détiendra près des deux tiers du capital
· Les ambitions du groupe européen au Maroc
Le marché est enfin fixé sur la grosse opération qui se préparait sur Sonasid.
L’Economiste s’était fait l’écho à maintes reprises d’une montée en force du géant Arcelor dans le capital du sidérurgiste et même évoqué l’éventualité d’une OPA (édition du 5 décembre 2005). Mais l’information avait été catégoriquement démentie par Sonasid, qui avait même publié un communiqué. Un geste qui n’était pas pour convaincre la place casablancaise, d’autant que la rumeur circulait depuis début 2005 et que le groupe européen ne cachait pas ses ambitions au Maroc.
Finalement, l’opération tant attendue sera concrétisée le 3 mars comme nous l’annoncions en exclusivité dans notre édition d’hier.
Le pacte scellé entre SNI, Arcelor et les actionnaires de référence de Sonasid stipule «un regroupement de leurs participations respectives dans le capital par transfert de titres au prix unitaire de 1.350 DH à une société holding spécialement constituée à cet effet», explique le communiqué annonçant l’opération. Arcelor souscrira en même temps à une augmentation de capital en numéraire. Le capital de la société holding sera alors détenu à parité par le sidérurgiste européen et le groupe d’actionnaires constitué de SNI et l’actionnariat de référence (MAMDA/MCMA, Axa Assurances Maroc, RMA Watanya, CIMR et Attijariwafa bank).
Ce montage portera la participation de la société holding à 64,86% du capital. Le reliquat des actions sera récupéré par cette dernière via une offre publique d’achat (OPA) dont la date n’est pas encore déterminée. Le flottant en Bourse qui est de 32,3% restera inchangé suite au partenariat, selon l’ONA. Contactés par L’Economiste, des responsables à Sonasid, l’ONA et Arcelor s’abstiennent de fournir plus de détails sur l’opération, en attendant le conseil d’administration de Sonasid, prévu pour le 17 mars, et la conférence de presse pour le 21.
http://www.leconomiste.com/article.html?a=69107
08 mars 2006 Ã 10:464
PARIS (Reuters) - Le fonds spéculatif américain Atticus capital détenait 1,02% du capital d'Arcelor à la date du 2 mars et 1,37% de celui de Mittal Steel à fin février, selon un avis publié mardi par l'Autorité des marchés financiers.
Atticus avait appelé fin février Arcelor à accepter d'examiner l'offre de Mittal, dont il mettait en avant l'intérêt, mais s'était heurté à une fin de non recevoir du groupe dirigé par Guy Dollé.
Le fonds américain avait alors indiqué détenir ou être en droit d'acquérir 8,2 millions d'actions Arcelor, soit environ 1,3% du capital du groupe.
08 mars 2006 Ã 10:465
La famille Mittal prête à réduire son contrôle sur le groupe
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PARIS, 8 mars 2006 (AFP)
La famille Mittal est prête à abandonner les privilèges qu'elle s'est arrogés afin de verrouiller le capital du groupe sidérurgique éponyme, en cas de succès de son OPA sur son concurrent européen Arcelor, a indiqué son PDG dans une interview publiée mercredi.
"Lorsque cette transaction aura été réalisée, la famille va devoir envisager de revenir à un rapport de un à un" pour les droits de votes liés aux actions du groupe commun, a déclaré Lakshmi Mittal dans cet entretien à l'International Herald Tribune.
Actuellement, les membres de la famille Mittal jouissent d'un privilège dans leur société, Mittal Steel, qui leur permet d'avoir des droits de vote attachés à leurs actions dix plus élevés que ceux des titres négociés en Bourse par le public.
De la sorte ils contrôlent 98% des droits de vote de Mittal Steel, ce qui leur permet de garder la haute main sur toutes les décisions stratégiques.
Dans le cadre de son offre publique d'achat hostile sur Arcelor, la famille avait jusqu'à présent promis de réduire (mais pas de supprimer) ce rapport pour le ramener de 10 à 1 à 2 à 1, ce qui lui donnerait dans le cas d'une combinaison avec Arcelor 64% des droits de vote pour 50,2% du capital.
Les déclarations du PDG publiées mercredi suggèrent qu'il est prêt désormais à être à terme sur un pied d'égalité avec les autres actionnaires.
08 mars 2006 Ã 11:12Ajoutez un commentaire
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