La hausse attendue des taux directeurs de la BCE va-t-il avoir un impact sur les prêts immobiliers ? La question a été posée au PDG de meilleurtaux.com, Christophe Cremer. "Oui, il y aura un impact. C'est certain mais la hausse des taux par la Banque centrale européenne s'étalera sur toute l'année 2006. Pour la France, cela nous conforte dans l'idée que nous devrions finir l'année avec des taux à long terme compris entre 3,80% et 4% pour prêts immobiliers. Aujourd'hui, un bon taux pour un prêt sur 15 ans se situe à 3,30%. |
Voici une - intéressante - analyse chiffrée du Figaro : (+0,25% de plus =)+38 euros par mois
"+0,50% depuis décembre 2005, cela représente un coût mensuel supplémentaire de 38 euros pour un prêt de 100.000 euros sur 15 ans et 40 euros sur 20 ans. Pour l’emprunteur, cela signifie une capacité d’emprunt, à revenus constants, amputée de 4.000 euros.
Le cap des 3%. Selon les analystes, le véritable seuil de conséquence se situe à un taux de refinancement de 3%. Un niveau qui pourrait être atteint à la fin de l’année, puisqu’on parle déjà d’une autre hausse en juin. Et +1%, c’est 15.000 euros de moins qu’un particulier pourrait emprunter sur 15 ans !
Même si les prix de l’immobilier sont en train de se stabiliser, une telle diminution de la solvabilité des emprunteurs aurait un impact sur le marché de l’immobilier. La dernière variable d’ajustement restera alors la durée des prêts, avec une tendance encore accrue à l’allongement."
L'Expansion analyse l'endettement des ménages
"Autre raison de relever des taux particulièrement bas, selon la BCE : la meilleure conjoncture économique de la zone. Malgré quelques à-coups au dernier trimestre, la situation s'améliore globalement depuis plusieurs mois, comme le montrent différentes enquêtes de conjoncture.
Mais la BCE doit tenir compte d'un élément délicat pour le pilotage de sa politique monétaire : l'endettement des ménages européens, qui se fait de plus en plus à taux variable. Selon une étude de la banque JP Morgan, en 2004, près de 55% des nouveaux crédits immobiliers ont été contractés à taux variable, contre 43% seulement en 2003.
Résultat, aujourd'hui en Europe, 40% de l'encours total des crédits immobiliers est indexé sur les taux courts. Ce taux atteint même 70% en Irlande, 75% en Espagne et 90% en Finlande! La France se révélant relativement prudente, puisque les taux variables ne représentent que 20% des encours. Dans ce contexte, relever les taux d'intérêt renchérit automatiquement le coût de l'emprunt pour les ménages.
"Le risque de voir la solvabilité des ménages se dégrader est un risque réel. La BCE va devoir en tenir compte dans ses décisions" souligne Nicolas Claquin, économiste chez HSBC. Et de citer l'exemple britannique. Entre 2003 et 2004, la banque d’Angleterre a relevé son taux d’intérêt à 4,5%. Le temps que les décisions se transmettent à l’économie réelle, les effets sur les ménages britanniques, très endettés à taux variables, se sont fait sentir en 2005. Avec une progression fulgurante des faillites personnelles. "Même si l’impact de ces faillites n’est pas historiquement fort, on voit bien que hausse des taux et problème de solvabilité sont automatiquement liés" conclut Nicolas Claquin.
Voici les commentaires de trois économistes après la hausse du principal taux directeur de la Banque centrale européenne, de 25 points de base à 2,50%, annoncée jeudi. Il s'agit du deuxième resserrement monétaire en trois mois :
Marco Bargel (Postbank): "Cette décision sur les taux n'est absolument pas une surprise dans la mesure où le président de la Banque centrale (ndlr: Jean-Claude Trichet) et d'autres dirigeants de la BCE avaient clairement annoncé une hausse ces dernières semaines (...) Lors de la conférence de presse, les analystes attendaient les signes clairs de nouvelles hausses de taux. Ces attentes ont été déçues. Le président de la BCE n'a pas voulu qualifier --comme il l'avait fait lors des questions et réponses début février-- les attentes du marché (ndlr: qui parient sur une nouvelle hausse à la mi-2006) de 'raisonnables'. Mais la déclaration de politique monétaire laisse quand même de l'espoir aux faucons, dans la mesure où la BCE a relevé à la fois ses prévisions de croissance et d'inflation pour la zone euro en 2006 et en 2007. Elle a une fois de plus souligné clairement les risques à la hausse pour la stabilité des prix et a insisté sur les risques à moyen terme d'une augmentation rapide de la masse monétaire et du crédit (...) Vu les derniers indicateurs conjoncturels, favorables, on peut tabler d'ici la fin de l'année au moins sur une nouvelle hausse de taux. Nous estimons qu'une hausse des taux début juin à 2,75% est le scénario le plus vraisemblable."
Gabriel Stein (Lombard Street Research): "Pour ce qui est de l'avenir, la BCE a clairement fait comprendre qu'il y a toujours pour elle des risques à la hausse sur les perspectives d'inflation. Mais lors de la conférence de presse à l'issue du conseil des gouverneurs, M. Trichet s'est bien gardé de donner des indications sur le moment où la BCE pourrait à nouveau relever ses taux. Si l'on part du principe que la reprise va continuer en zone euro, on peut supposer sans se tromper que le taux de refinancement sera encore relevé en 2006, mais au maximum de 50 points de base. Le taux directeur passerait ainsi à 3% d'ici la fin de l'année. Si le taux d'inflation tourne autour de 2%, cela nous donnerait un taux d'intérêt réel de 1% en zone euro --un petit resserrement mais rien qui puisse enterrer la reprise."
Mitul Kotecha (Calyon): "Le président de la BCE a été légèrement plus faucon qu'attendu. Pour justifier la hausse de taux, il a dit comme prévu qu'elle 'reflétait les risques à la hausse sur la stabilité des prix' et qu'elle 'aiderait à ancrer les perspectives d'inflation'. Mais il a également déclaré que les taux 'restent à des niveaux très bas' et que 'la politique monétaire reste accommodante', ce qui tend à prouver qu'il pense, selon nous, qu'un taux d'intérêt neutre se situe autour de 4%. Sur la croissance, Trichet s'est montré optimiste, malgré le ralentissement au quatrième trimestre, en disant que 'l'activité s'améliore' malgré la 'volatilité à court terme' (...)
Sur l'inflation, le président de la BCE a été agressif en affirmant que 'l'inflation à court terme resterait probablement au-dessus de 2%'. Même s'il a refusé de commenter les attentes du marché, qui anticipent une hausse des taux en juin, il est très clair que la porte reste ouverte pour de nouvelles hausses de taux, avec un resserrement monétaire très probable en juin. Les commentaires de Trichet donnent à penser que le soutien pour des hausses de taux est plus large au sein du Conseil des gouverneurs. Alors que le marché anticipait des taux d'intérêt à 3% à la fin de l'année avant le conseil des gouverneurs, nous pensons qu'il y a une marge de manoeuvre supérieure".


3 Commentaires
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http://www.latribune.fr/News/News.nsf/AllByID/ofrbs-bce-taux-20060302txt?OpenDocument
Les taux vont continuer à monter peut-être plus vite que prévu, cad dès Mai, dit la Tribune.
"La réaction négative des marchés à la conférence de presse de Trichet est entièrement justifiée", explique Ken Wattret, économiste chez BNP Paribas, qui chiffre à 30% la possibilité d'une hausse de taux dès le mois de mai."
03 mars 2006 à 00:532
Euro-area interest rates
04 mars 2006 à 23:50Why the ECB’s second interest-rate rise in three months is not as mad as it seems
Mar 2nd 2006
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La montée des taux ne fait que commencer.
05 avril 2006 à 00:24Ajoutez un commentaire
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