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Iran : l'Occident propose à l'ONU un ultimatum

Iran_nucl_1Selon un projet de texte établi conjointement, Européens et Américains proposent que le Conseil de sécurité de l'Onu donne deux semaines à l'Iran pour arrêter ses activités nucléaires suspectes. Le texte en cours d'élaboration établit que le Conseil de sécurité devrait "demander à l'Iran de rétablir sans délai une suspension prolongée et vérifiable de toutes les activités liées à l'enrichissement et au retraitement" et prier le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique de "faire rapport au Conseil dans les quatorze jours sur l'application par l'Iran des mesures exigées".

Le conseil des gouverneurs de l'AIEA a transmis cette semaine à New York le rapport du directeur de l'Agence, qui constate notamment que l'Iran refuse d'arrêter ses activités d'enrichissement d'uranium, reprises à faible échelle en février. Téhéran ne souhaite pas en effet renoncer à ce qu'il considère comme son droit au cycle du combustible nucléaire à des fins d'énergie pacifique et a répondu par des menaces à la saisine de l'ONU.

Le dossier de la politique nucléaire iranienne doit être traité maintenant par le Conseil de sécurité de l'Onu, a affirmé vendredi la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, rejetant la proposition russe de nouvelles discussions au préalable. "La situation est critique, mais cela ne signifie pas que nous devons tous aller au Conseil de sécurité et mettre à exécution nos menaces", avait expliqué le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

1 – Un projet de déclaration du Conseil en cours d'élaboration

Une réunion était prévue dès vendredi à New York entre les cinq membres permanents, au cours de laquelle Etats-Unis, France et Grande-Bretagne attendaient les réactions de la Chine et de la Russie à leur projet de déclaration. L'objectif des participants consistait en une réaction rapide du Conseil, en consultations étroites avec leurs partenaires, en vue de préserver un consensus international fort.

Après avoir constaté en septembre que l'Iran n'était "pas en conformité" avec ses obligations de non-prolifération, l'AIEA avait déjà "fait rapport" le 4 février au Conseil de sécurité. Dans cette résolution, l'exécutif de l'AIEA avait déjà donné un mois à l'Iran pour répondre à ses demandes : arrêt des recherches sur l'enrichissement et pleine coopération avec les inspecteurs de l'AIEA. Il avait alors demandé qu'il n'y ait pas de mesures prises à New York jusqu'à la réunion du 6 mars et au rapport de M. ElBaradei. Selon le projet de déclaration, le Conseil devrait également aussi "exprimer sa grave préoccupation" sur le fait que Téhéran soit en possession de documents pour mouler de l'uranium, ce qui n'aurait "d'application que militaire" selon l'AIEA.

Selon un journal autrichien, le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana, a déclaré ne pas exclure des sanctions contre Téhéran après la transmission du dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité de l'Onu. Tout devrait dépendre cependant de la nature des sanctions, l'objectif étant de toucher en aucun cas le peuple iranien. La transmission à l'AIEA mercredi du rapport sur l'Iran au Conseil de sécurité, ouvre ainsi la voie à des mesures de l'Onu contre l'Iran. M. Solana estime cependant qu'il existe toujours du temps pour la diplomatie dans ce dossier.

2 – Les USA souhaitent un traitement immédiat du dossier

Le dossier de la politique nucléaire iranienne doit être traité maintenant par le Conseil de sécurité de l'Onu, a affirmé vendredi la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, rejetant la proposition russe de nouvelles discussions au préalable. Rappelant qu'un accord avait été conclu à Londres, spécifiant qu'en l'absence d'avancée du côté iranien après le 6 mars, le dossier serait remis au Conseil de sécurité, elle estime que l'issue de l'affaire ressort désormais de cette instance, tout en n'excluant pas de nouvelles "réunions productives" du groupe P5 (les membres permanents du Conseil de sécurité plus l'Allemagne).

Un peu plus tôt, le sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires politiques, Nicholas Burns, avait rejeté une proposition russe d'une réunion de la Russie, de la Chine, des Etats-Unis et de l'UE3 sur le dossier nucléaire iranien. M. Burns a déclaré qu'il serait demandé la semaine prochaine à l'Iran de suspendre son programme nucléaire et de revenir à la table des négociations. En cas de refus de Téhéran, les USA estiment que le Conseil de sécurité devrait prendre en plusieurs étapes une série de mesures afin d'augmenter la pression sur le régime iranien. La Russie et la Chine, aux liens économiques étroits avec l'Iran, sont néanmoins réticents à la prise de sanctions.

3 – La Russie souhaite une rencontre avec USA, Chine et Europe

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a appelé vendredi à une réunion de la Russie, de la Chine, des Etats-Unis et de l'UE3 pour élaborer "un nouveau consensus" sur le dossier nucléaire iranien sans aller au Conseil de sécurité de l'Onu. Il souhaite ainsi que tous se réunissent et élaborent collectivement un nouveau consensus sur ce que sera leur stratégie à l'étape actuelle. Il s'estime prêt à agir dans ce sens, évoquant également un accord de l'UE 3 et de la Chine sur sa proposition.

Le directeur général de l'AIEA, M. ElBaradaï serait prêt à accorder son aide. La Russie semblait initialement convaincue de l'intérêt d'une participation américaine à une telle réunion et à une harmonisation des positions. Même si la situation est critique, cela n'implique pas, selon lui, la nécessité d'un recours global au Conseil de sécurité et la mise en pratique de menaces préalablement proférés.

La Russie a également appelé jeudi l'Iran, à prendre en considération le résultat de la dernière réunion de l'AIEA et à coopérer complètement avec l'organisation onusienne pour la sûreté nucléaire. Si l'Iran accomplit ses obligations, une solution garantissant ses droits légitimes à l'utilisation civile de l'énergie nucléaire pourrait être trouvée. Dans ce contexte, la proposition de la Russie d'installer une co-entreprise qui pourrait soutenir les intérêts légitimes de l'Iran dans le développement de son industrie en énergie nucléaire constituerait un instrument.

Par ailleurs, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que les informations non vérifiées publiées dans les médias américains au sujet du problème iranien gênaient la recherche d'un dénouement à la crise autour du programme nucléaire de l'Iran. La veille de sa visite aux Etats-Unis les médias américains avaient publié des articles selon lesquels la Russie aurait fait à l'Iran une proposition secrète lui permettant de procéder sur son sol à des recherches partielles portant sur l'enrichissement d'uranium. Le chef de la diplomatie russe a déclaré une nouvelle fois que la Russie n'avait jamais rien suggéré de tel. Sergueï Lavrov a par ailleurs confirmé la position de la Russie consistant à ce que toutes les questions afférentes au programme nucléaire iranien soient réglées avec l'AIEA exclusivement dans le contexte d'un retour au moratoire sur l'enrichissement d'uranium.

4- Risques de tensions accrues dans le Caucase

Selon un politologue arménien, la prise par l'ONU de sanctions contre l'Iran provoquerait un regain de tension dans le Caucase du Sud. En effet, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie mettent en oeuvre de grands projets économiques avec l'Iran et des sanctions contre Téhéran remettraient en cause leur réalisation. Ainsi, si le Conseil de sécurité de l'ONU décide de prendre des mesures contre l'Iran, ce seront certainement des sanctions économiques et diplomatiques, impliquant que les dirigeants et les hauts fonctionnaires de l'Iran ne reçoivent plus de visas, et le blocage de leurs comptes en banques.

Selon lui, le scénario le plus pénible pour la région concernée serait la création par les Etats-Unis et leurs partisans à l'ONU d'une "coalition anti-iranienne" (par analogie avec la coalition anti-irakienne) et le lancement d'actions unilatérales contre l'Iran, y compris des opérations militaires. Cela devrait créer inévitablement une tension dans le Caucase du Sud, les dirigeants de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie devant alors prendre des décisions politiques relatives à leur adhésion (ou non) à la coalition américaine et mettre à disposition leur espace aérien ou des territoires pour d'éventuels bombardement d'ouvrages en Iran. L'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie pourraient avoir des approches différentes de ces problèmes, de nature à accentuer certainement l'opposition entre les pays de la région.

5 – La Russie pourrait néanmoins y trouver son compte

Selon un analyste russe, les Etats-Unis considèrent actuellement l'Iran comme un objet de pression en tant qu'élément clé de la base énergétique de la Chine, de l'Inde et du Japon qui dépendent du pétrole proche-oriental. En cas de sanctions contre l'Iran ou d'opérations militaires dans la région, la Chine sera la grande perdante parce qu'elle sera privée des livraisons de matières premières énergétiques.

"Par ailleurs, aussi cynique que cela puisse paraître, tout scénario d'évolution des événements sera favorable à la Russie, ajoute l'expert. La tension maintient les cours élevés du pétrole. En cas de sanctions ou de conflit ils augmenteront considérablement et la Chine n'aura d'autre solution que d'acheter des matières premières énergétiques à la Russie".

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Commentaires

Elisa

11 mars 06 20:56:13

NEW YORK (Nations unies), 10 mars (XINHUANET) -- Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité restent profondément DIVISES sur les moyens de répondre à la crise nucléaire iranienne, après que leurs ambassadeurs auprès de l'ONU eurent tenu une seconde série de discussions privées vendredi après-midi.

Le problème consiste en des éléments d'un projet de déclaration présidentielle du Conseil de sécurité, proposé par la Grande- Bretagne et la France, selon des diplomates participant à la réunion de 90 minutes au siège de la mission américaine auprès de l'ONU.

La Russie, qui est un membre permanent du conseil, a insisté sur le fait que les propositions franco-britanniques ne peuvent pas servir de base pour les consultations.

Parmi les propositions, la Russie est particulièrement opposée à une date-butoir de 14 jours à l'Iran pour se conformer aux demandes de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont la suspension de ses activités d'enrichissement d'uranium.

La Grande-Bretagne et la France prévoient d'atténuer leurs propositions et de présenter un nouveau texte plus court au début de la semaine prochaine.

L'ambassadeur de Chine auprès de l'ONU, Wang Guangya, a indiqué à la presse: "Nous avons eu une bonne discussion." "Nous avons parlé de nos objectifs, et des moyens par lesquels le Conseil de sécurité peut renforcer le rôle de l'AIEA", a-t-il signalé, sans donner d'autres détails.


kada

11 mars 06 21:18:31

LES AMERICAINS FOUTENT LA MERDE PARTOUT.ILS VEULENT ATTAQUER L4IRAN A L AIDE DE MINI BOMBES ATOMIQUES COMME SI CES DERNIERES NE SONT AUSSI DANGEREUSES QUE LES GROSSES .ISRAEL POSSEDE DES MILIERS DE BOMBES PERSONNE NE LEVE LE PETIT DOIGT .PERSONNE PAS MEME LA MOITIE D UN HOMME POLITIQUE EUROPEENS NE SOUFFLE MOT.EN ISRAEL IL N Y A PAS DE FOUS FURIEUX QUI UN BEAU JOUR AURONT LE POUVOIR ET S EN SERVIR ?PORQUOI LA FRANCE PROPOSE AUX INDOUS DE LEUR CONSTRUIRE DES CENTRALES NUCLEAIRES ?PORQUOI L IRAN N A PAS LE DROIT D ACQUERIR DES CENTRALES NUCLEAIRES A DES FINS PACIFIQUES ?


waps

11 mars 06 23:52:21

quand hitler a envahi la rhenanie , on pouvait l'arreter d'uncoup de casquette...penssez a vos enfants


Asmodaus

12 mars 06 00:10:20

@ Kada : L'Iran a le droit au nucléaire civil, et personne ne le nie, j'espère que c'est de ça que tu parles lorsque tu emploies le mot "pacifique".

Concernant le nucléaire militaire c'est une autre paire de manches et même si on peut ne pas être d'accord avec la politique israelienne, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une démocratie.. et même chose pour l'Inde. Le Pakistan qui lui est loin d'être un pays démocratique n'a pas obtenu le même accord que son "cousin" Indien avec les Etats-Unis, notamment à cause de cet état de fait.

En plus quand on laisse un commentaire c'est mieux de pas écrire en majuscule, ça a le désavantage de rendre encore plus idiot le propos délivré.


people

12 mars 06 01:23:52

eh je vous rappel que israel n'était pas signataire du traité de non prolifération (TNP) et elle ne s'est pas privé de cette fichue bombe atomique alors que l'iran est l'un des pays signataires pourquoi ne peut elle pas fabriquer sa propre énergie élèctrique (grace au nucléaire) au lieu de dépendre d'autres nations? elle pourrais grace a l'énergie nucléaire se développer


Arlequin

12 mars 06 08:24:40

Si l'Iran a les moyens financiers de s'équiper en nucléaire, quel qu'il soit, qu'est-ce qui fait qu'il ne s'intéresse pas au solaire?
Si c'est pour faire de l'énergie civile, un peu de nucléaire et un peu de solaire et le tour est joué.
Et si on en croit les cartes géographiques, il semblerait qu'une grande partie de l'Iran soit côtier donc avec la possibilité de penser aux forces marées-motrices...sans compter sur la géothermie.
Et bien sûr tout ça sans faire allusion au pétrole qui est sur place.
Et qu'ils ne nous disent pas que c'est par souci d'écologie car ce qu'eux ne pollueraient pas, ils en laisseraient le soin à d'autres de le faire (Chine, Inde...)
Puisque c'est, selon eux, pour faire de l'énergie "civile" pourquoi ne prennent-ils pas la main qui leur est tendue?
Parce que si on analyse simplement la situation, des pays importants devraient dépendre d'eux mais eux ne devraient dépendre de personne!?
Est-ce là une forme d'équilibre économique, politique, démocratique, écologique...?


lherbette

12 mars 06 08:31:30

les americains ont peur de prendre une bombe sur le nez!
pour israel ils en prendront une!c est moins loin!
laissez-les arabes en paix de peur qu,ils nous ecrasent tous!


chunheang

12 mars 06 08:34:43

Si iran continu de faire activite arme chimique et ne s'abondonne pas ou cesse completement,le communaute international doit prendre le decision plus vite possible,ne laisse pas trainner,si non iran il peut faire qu'est ce du'il vent.n'ecoute pas les chinois et les russies parce que les deux sont toujours contre les decisions de usa,france,grand bretagne,allemagne.


elisabeth

12 mars 06 13:31:50

Pour info :

Téhéran a annoncé que la proposition russe dans la crise sur le programme nucléaire iranienne n'était plus à l'ordre du jour. Pour désamorcer la crise diplomatique sur les activités nucléaires de l'Iran, Moscou avait proposé que l'enrichissement de l'uranium soit effectué sur le territoire russe.

Je reponds a vos remarques au plus tot
Merci en tout cas de vos reactions


Elisa

12 mars 06 16:45:37

Arlequin dit vrai sans en avoir l'air ... comme toujours pour les arlequins et les "bouffons du roi" qui ont depuis la nuit des temps trouve cet excellent moyen pour passer des vérités , l'affaire est bien là :

"Parce que si on analyse simplement la situation, des pays importants devraient dépendre d'eux mais eux ne devraient dépendre de personne!?" ...

Les USA ne veulent pas avoir en face d'eux un pays tout puissant, seul à fixer volumes et destinations de ses exportations de pétrole.


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