Pour Jean-Louis Borloo, la nouvelle location est "illégale et inacceptable", "scandaleuse" pour le parti socialiste, "incompréhensible" pour les associations de consommateurs… La proposition faite par l'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) d'instaurer un contrat de location "à l'essai", le loca-pass, s'inspirant du contrat première embauche (CPE), provoque un véritable tollé. Et il est général.
Le Moniteur revient longuement sur ce dossier qui déchaîne les passions. On s'interroge sur ces dispostions qui vont chercher à aider les titulaires d'un CPE, contrat d'une durée de 2 ans, à louer un bien avec l'aide des garanties "institutionnelles". Quand on sait qu'un bail est d'une durée de 3 ans, cela laisse rêveur.
Cette proposition "toucherait directement les familles les plus pauvres", souligne Annick Lepetit, secrétaire nationale au logement, estimant que sa "finalité sous-jacente" serait "de profiter du turn-over annuel pour de nouveau augmenter les loyers".
"Chez les locataires, l’indignation est toute aussi forte. L'association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) a critiqué mercredi "l'insécurité résidentielle" d'un tel contrat. "De l'avis de tous les professionnels, la loi du 6 juillet 1989, qui régit le droit commun de la location, a instauré un équilibre entre les droits et obligations des bailleurs et des locataires. En modifier les termes ne ferait que fragiliser cet équilibre reconnu par tous", poursuit l'association."
Le Canard enchaîné a remis les pendules à l'heure
"Les hautes turbulences qui accompagnent l'entrée en vigueur du CPE n'ont pas découragé le dénommé Jean Perrin, président de l'Union Nationale de la propriété immobilière, de relancer sur France Bleue le projet de bail "Nouvelle location".
"Le Bail "nouvelle location" reproduit dans le domaine du logement les dispositions et périls du CPE dans le secteur de l'emploi. Au lieu de six ou trois ans, les baux ne seraient plus que deux ans et le propriétaire pourrait rompre à tout moment avec un préavis de trois mois. Ce n'est pas tout : il pourrait faire intervenir les flics pour déloger un indélicat ou une forte tête."
"Cette histoire de "nouvelle location", c'est en effet comme si l'insécurité économique devait s'accompagner d'une insécurité résidentielle, s'est déjà alarmé la fondation Abbé Pierre."

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09 juin 2006 à 18:50Ajoutez un commentaire
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