Pour beaucoup, Eiffage est synonyme du Viaduc de Millau. En décembre 2005, un an après l'inauguration de l'ouvrage, la Compagnie Eiffage du viaduc de Millau, filiale du groupe, avait dépassé ses objectifs avec 4,43 millions de passagers, soit 24% de véhicules de plus que prévu. Pour sa 1ère année d'exploitation, le chiffre d'affaires s'établit à 24 millions d'euros au lieu des 20 millions escomptés au départ.
Cependant, le groupe Eiffage, confronté à la montée progressive dans son capital du groupe espagnol Sacyr, a annoncé mardi que la Caisse des dépôts avait pris 3% de son capital et pourrait prendre 35% du viaduc de Millau. Le PDG d'Eiffage qui refuse toute idée de mariage avec Sacyr, tente actuellement d'organiser la résistance d'un groupe largement opéable (le public détenant environ 71,7 % des titres) malgré la détention par ses salariés de plus de 20 % des actions.
1 – La Caisse des Dépots prend 3% et prendrait 35% du viaduc
Eiffage doit faire face à la montée progressive dans son capital du groupe espagnol Sacyr Vallehermoso. Celui-ci contrôle un peu plus de 10%, et, tout en assurant ne pas avoir d'intention hostile, précise vouloir faire évoluer sa participation. Considérant que cette montée au capital ne prenait pas l'allure d'une "coopération équilibrée", le PDG d'Eiffage, Jean-François Roverato avait déjà fait part de ses intentions de s'allier avec de nouveaux actionnaires.
Dans ce contexte, Eiffage, a annoncé mardi que la Caisse des dépôts avait pris 3% de son capital et pourrait prendre 35% du viaduc de Millau. Selon des sources proches du dossier, la Caisse pourrait même encore monter au capital du groupe de BTP. Eiffage indique par ailleurs avoir engagé des négociations avec la Caisse des dépôts en vue d'une prise de participation de 35% de cette dernière dans la Compagnie Eiffage du Viaduc de Millau, sous réserve de l'accord de l'Etat concédant. La Caisse n'a pas précisé à l'heure actuelle le montant de ces deux investissements.
Selon le groupe de BTP, ces négociations "s'inscrivent dans la stratégie de valorisation par Eiffage de son portefeuille de concessions". Le groupe souhaite ainsi dégager des ressources pour son développement dans ses différents métiers, y compris l'acquisition de nouvelles concessions. La Caisse des dépôts a indiqué de son côté qu'elle voulait "renforcer ses investissements dans les infrastructures", en rappelant qu'elle avait été en concurrence avec Eiffage lors de la privatisation de la société d'autoroutes APRR. Pour elle, le viaduc de Millau représente un "investissement emblématique".
Les deux groupes sont déjà partenaires, notamment dans le tunnel Prado-Carénage (en service depuis 1993) et la concession Norscut au Portugal (contrat signé en 2000 pour 155 km d'autoroute). De son côté, le Premier ministre Dominique de Villepin avait souhaité début mars que la Caisse des dépôts puisse "augmenter significativement ses placements en actions", dans le but de consolider et de sécuriser le capital des groupes français susceptibles d'être la proie d'OPA hostiles.
2 - Prise de participation d'Albert Frère
Le financier belge Albert Frère a annoncé la semaine dernière avoir pris une participation de 6,1% dans le capital d'Eiffage moyennant 307 millions d'euros. Même si ses intentions n'ont pas été clarifiées à l'heure actuelle, certains analystes pensent qu'il pourrait venir à la rescousse du groupe français de BTP pour contrer les ambitions de Sacyr. Albert Frère pourrait bien agir en chevalier blanc, même si l'administrateur délégué de CNP, a indiqué que l'entrée au capital d'Eiffage relevait d'une politique de « participation stable ». L'entreprise belge avait annoncé en janvier dernier avoir acquis 6,5 % du capital du groupe cimentier Lafarge moyennant un peu moins de 1 milliard d'euros. Selon Le Figaro, Albert Frère pourrait obtenir un siège au conseil d'administration.
Sacyr souhaiterait faire progresser sa participation au sein du capital d'Eiffage, sans vouloir dépasser néanmoins le seuil de 33 % qui le contraindrait à lancer une OPA. Second actionnaire du groupe, Sacyr serait désormais proche du seuil des 15% du capital et a demandé à siéger au conseil de la société.
3 – Les salariés repassent le seuil de 20% du capital
Une semaine après avoir part du franchissement en baisse du seuil des 20% du capital d'Eiffage, la Sicav AS Eiffage 2000 a indiqué avoir franchi ce seuil à la hausse, pour détenir 20,15% des parts et 20,88% des droits de vote du groupe. Les salariés d'Eiffage restent ainsi les premiers actionnaires du groupe de BTP, qui est en cours d'acquisition des APRR.
L'assemblée générale d'Eiffage, le 19 avril prochain, devrait permettre de clarifier la situation. En attendant, le titre Eiffage est en nette progression depuis le début de l'année (+ 45%) .
A lire également :
. MILLAU : passerelle entre Chine et USA
. Eiffage : Sacyr perturbe le jeu
. Caisse des dépôts : veto contre fusion BPOP/Caisse d'Epargne

3 Commentaires
1
2 tonnes de canabis on été saisies hier sur le viaduc ... comme quoi il provoque vraiment l'interet de tous ... ;)
30 mars 2006 Ã 10:232
Plus de detail sur l'affaire sur la Depeche du Midi :
http://www.ladepeche.com
FAITS-DIVERS. C'EST LA PLUS IMPORTANTE SAISIE JAMAIS RÉALISÉE EN AVEYRON PAR LES DOUANES MILLAVOISES.
Deux tonnes de cannabis dans un camion anglais
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FAITS-DIVERS. C'EST LA PLUS IMPORTANTE SAISIE JAMAIS RÉALISÉE EN AVEYRON PAR LES DOUANES MILLAVOISES.
Deux tonnes de cannabis dans un camion anglais
Il est environ 16 heures, ce lundi, quand les douaniers millavois interpellent, lors d'un apparent contrôle de routine, un poids lourd à la barrière de péage de l'autoroute A75, près du viaduc. Le véhicule est immatriculé en Grande-Bretagne et conduit par un ressortissant britannique âgé de 47 ans. Dans la remorque, les fonctionnaires des douanes découvrent 2,113 t de résine de cannabis. La marchandise est grossièrement dissimulée au fond du véhicule par 2 000 boîtes à chaussures et recouverte d'une bâche en plastique. Quelques palettes de carrelage et une machine-outil complètent le chargement.
La drogue est conditionnée en 72 ballots d'une trentaine de kilogrammes chacun. Sa valeur marchande est estimée à plus de 4,2 millions d'euros. Le poids lourd arrivait de la région de Barcelone en Espagne et sa cargaison était, selon les premiers éléments de l'enquête, destinée au marché anglais. Elle ne faisait que transiter en Aveyron.
Le chauffeur interpellé est gardé près de vingt-quatre heures en « rétention douanière », jusqu'aux environs de 16 heures, mardi. Il a été ensuite confié aux policiers de la section de recherche de la police judiciaire, SRPJ, de Toulouse qui ont poursuivi l'enquête de flagrant délit sur Millau.
Les policiers ont notamment entendu le conducteur du poids lourd sur les conditions de chargement de la marchandise en Espagne. Sa défense consisterait à dire qu'il ignorait ce qu'il transportait, qu'il ne s'est pas occupé lui-même du chargement.
30 mars 2006 Ã 10:363
Eiffage: Sacyr propose quatre administrateurs à l'AG des actionnaires
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PARIS, 3 avr 2006 (AFP)
Le groupe espagnol de BTP Sacyr Vallehermoso va proposer la nomination de quatre administrateurs au cours de l'assemblée générale le 19 avril de son concurrent Eiffage, dont il est devenu un actionnaire de référence, selon l'avis de convocation de l'AG publié lundi.
Le groupe Eiffage précise que ces projets de résolution n'ayant "pas été agrées par (son) conseil d'administration, ce dernier invite les actionnaires à voter contre", selon son avis publié au Bulletin des annonces obligatoires (Balo).
Sacyr proposera la nomination comme administrateurs d'Eiffage de son PDG Luis Fernando del Rivero Asensio, de son directeur général Manuel Manrique Cecilia et de deux autres dirigeants, Juan Abello Gallo et Vincente Benedito Frances.
Le CA d'Eiffage compte huit administrateurs au total.
Depuis fin 2005, Sacyr est monté en plusieurs fois à plus de 10% dans le capital d'Eiffage. Il s'apprête à franchir la barre des 15%, selon des informations de presse vendredi que Sacyr a refusé de confirmer.
Eiffage a remporté mi-décembre en tandem avec l'australien Macquarie le concessionnaire autoroutier APRR (Autoroutes Paris Rhin Rhône) privatisé par l'Etat français.
Tout en montant au capital d'Eiffage, Sacyr a affirmé le 9 mars ne pas avoir "l'intention de prendre le contrôle" du groupe ni "lancer une OPA" mais veut continuer "d'acheter des actions lorsque les conditions du marché le permettront".
Sacyr a par ailleurs démenti la semaine dernière une information selon laquelle il aurait mandaté des fonds d'investissement amis pour prendre plus de 5% de APRR, affaiblissant ainsi Eiffage qui cherche à retirer le concessionnaire autoroutier de la Bourse.
En effet, si ces fonds n'apportent pas leurs titres lors de la garantie de cours lancée par Eiffage et Macquarie du 17 mars au 13 avril, le consortium possèdera moins de 95% du capital et ne pourra donc pas retirer APRR de la cote.
Dans la préparation de son AG du 19 avril, Eiffage pourrait compter sur le soutien de la Caisse des dépôts qui vient d'entrer au capital du groupe français à hauteur de 3%.
Le Premier ministre Dominique de Villepin avait souhaité début mars que la Caisse des dépôts puisse "augmenter significativement ses placements en actions", dans le but de consolider et de sécuriser le capital des groupes français susceptibles d'être la proie d'OPA hostiles.
Par ailleurs, le financier belge Albert Frère a annoncé le 23 mars avoir pris une participation de 6,1% dans le capital d'Eiffage. Même si ses intentions restent floues, certains analystes estiment qu'Albert Frère vient à la rescousse du groupe français de BTP pour contrer Sacyr.
Quant aux salariés d'Eiffage, ils détenaient au 24 mars 20,15% du capital. Au total, le PDG d'Eiffage Jean-François Roverato pourrait ainsi s'appuyer sur près de 30% du capital. Il serait proche de la minorité de blocage des droits de vote à l'assemblée générale des actionnaires du 19 avril.
03 avril 2006 Ã 18:02Ajoutez un commentaire
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