«Algérie: intérêt pour le pétrole de la Mauritanie et son accès maritime | Accueil | A380 : le test d'évacuation est évacué »
Alcan/Canada : politique énergétique à risque
Alcan est fortement dépendant du coût de l'énergie électrique, matière première indispensable pour sa production et élément important de ses coûts de revient. Dans ce contexte, le groupe canadien est en attente de la nouvelle politique énergétique du Québec, par ailleurs controversée. Examinons ensemble ce qu'elle pourrait être et ses éventuels retombées.
A noter, également qu'Alcan vient d'être citée pour ses bonnes pratiques environnementales et que la grippe aviaire pourrait lui jouer des tours sur ses sites asiatiques.
1 – Alcan attend la nouvelle politique énergétique du Québec
Les propositions du gouvernement en terme de politique énergétique pourraient influencer les projets de l'entreprise au Saguenay, au Canada. Alcan espère réaliser l'agrandissement de son usine d'Alma d'ici cinq ans. Le groupe sidérurgique s'estime par ailleurs satisfait de la montée du prix de l'alumine, mais redoute le retour du balancier. Alcan Bauxite et alumine s'attend à une baisse des prix dès 2007, alors que le marché de la bauxite sera en surplus.
L'investissement d'un milliard de dollars augmenterait la productivité de l'usine de 38% environ. Alma attend la décision finale d'Alcan avec espoir. La multinationale demande toutefois de pouvoir compter sur un bloc de 250 MégaWatt à un prix acceptable, ce qui n'est loin d'être d'ores et déjà acquis, et le groupe reste prudent sur le sujet. Québec doit dévoiler sa politique énergétique d'ici la fin du printemps.
Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, avec ses six centrales situées sur les rivières Péribonka et Saguenay, Alcan dispose d'une puissance installée de 2 687 mégawatts, mais les bassins hydrographiques lui permettent de produire en moyenne 1 935 mégawatts annuellement. Ce réseau hydroélectrique est opéré par Énergie Électrique. Clé de la présence d'Alcan au Québec, il s'est constitué de façon graduelle. Une centrale hydroélectrique, dans laquelle l'eau fait tourner les groupes turbine-alternateur qui produisent l'électricité, nécessite une chute d'eau importante et un débit pouvant être régularisé. Les bassins hydrographiques du système hydroélectrique Alcan permettent de rencontrer cette condition.
2 - La sécurité énergétique du Canada serait en péril
Un rapport dévoilé début mars à Ottawa affirme que la sécurité énergétique du Canada serait en péril. Le dossier est publié par le Centre canadien de politiques alternatives, l'Institut Parkland et l'Institut Polaris. Il met en garde contre ce qu'il juge comme une gigantesque menace économique, sociale et écologique de la mise en valeur des sables bitumineux de l'Athabasca.
Le directeur de l'Institut soutient en effet que le projet des sables bitumineux (dont nous reparlerons) est au centre d'un plan énergétique continental visant à acheminer de nouvelles quantités massives de pétrole et de gaz aux États-Unis. Selon lui, le Canada laisse le président américain, George W. Bush, et les grandes sociétés pétrolières, dicter sa politique énergétique.
Pour sa part, le directeur du Centre canadien de politiques alternatives, Bruce Campbell, signale qu'il ne reste que pour moins de 10 ans de réserves prouvées de pétrole et de gaz conventionnel au Canada, alors que la majeure partie du pétrole tiré des sables bitumineux est destinée à l'exportation aux Etats-Unis.
Ces organisations estiment que le gouvernement Harper doit adopter une politique énergétique nationale cohérente afin d'assurer un approvisionnement en énergie stable à la population du Canada. Les exportations de pétrole et de gaz du Canada à destination des Etats-Unis ont augmenté rapidement depuis la signature de l'Accord de libre-échange nord-américain en 1992. Le rapport signale que cet accord empêche le Canada de réduire la proportion de ses exportations pour répondre à ses priorités. Les organismes concluent que le maintien des politiques énergétiques actuelles n'est nettement pas dans l'intérêt national. Ils soulignent que le Québec et les provinces Maritimes doivent importer 90% du pétrole nécessaire pour répondre à leurs besoins.
3 – Alcan citée pour ses bonnes pratiques environnementales
Alcan vient d'être désignée récemment comme l'une des trois premières entreprises, tous secteurs confondus, et première entreprise dans l'industrie des métaux et des mines pour ses bonnes pratiques environnementales, dans un rapport de la coalition Ceres qui évalue 100 organisations mondiales en fonction de leurs pratiques de gouvernance visant la gestion des risques et des occasions que présentent les changements climatiques mondiaux.
En 2001, Alcan a lancé son programme TARGET de réduction des Gaz à effet de serre. Le groupe a réduit ainsi ses émissions de 2,9 millions de tonnes entre 2001 et 2004, tout en accroissant sa production totale de métal primaire de 40 %. Alcan évalue de nouveaux objectifs pour 2006 et appuie le but que s'est fixé l'industrie de l'aluminium de devenir «carbone zéro» d'ici 2020 sur la base du cycle de vie.
Alcan participe à divers programmes volontaires dans toutes les régions où elle a d'importantes installations, notamment le programme Climate Leaders de l'EPA aux États-Unis et l'IETA (International Emissions Trading Association). La Société a agi à titre consultatif auprès de gouvernements à l'échelle nationale sur la question des échanges de droits d'émission au Royaume-Uni et aux États-Unis, et elle participe également au Registre international de gaz à effet de serre du Forum économique mondial.
Ceres est un réseau de fonds d'investissement, d'organismes environnementaux et d'autres groupes d'intérêt public aux États-Unis qui travaille à l'avancement de la responsabilité environnementale des entreprises. Ceres dirige aussi l'INCR (Investor Network on Climate Risk), une alliance de 50 investisseurs institutionnels créée il y a deux ans qui gère collectivement des actifs d'environ 3 milliards $ US.
4 – Alcan pourrait être menacé par la grippe aviaire
Selon le président de la Chambre de commerce de Québec, Pierre Dolbec, les entreprises québécoises ne peuvent être considérées comme totalement prêtes à faire face à une pandémie de grippe aviaire. La menace potentielle n'effraie pas tant que cela les entrepreneurs de Québec, la plupart des entreprises de Québec réalisant des affaires localement ou en Amérique du Nord. Selon les Canadiens, lorsque l'Asie ou l'Europe ne représentent pas un marché naturel pour une entreprise, elle n'a pas encore de raison de s'inquiéter. Les entreprises qui ont un éventail d'usines à l'extérieur du Canada semblent déjà bien préparées à l'heure actuelle.
C'est le cas des alumineries Alcan, qui emploient 70 000 personnes partout dans le monde et sont réparties dans 55 pays, dont certains en Asie. Une équipe multidisciplinaire a mis sur pied un plan d'urgence qui prévoit jusqu'à la fermeture d'usines, dans un contexte de pandémie de grippe aviaire.
«Ce serait une mesure extrême, c'est bien évident, et nous n'en sommes pas là, mais ça pourrait arriver, a précisé à ce sujet Renée Larouche, porte-parole d'Alcan métal primaire Québec. Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, des efforts vont être déployés pour sensibiliser les employés et les informer des mesures de prévention.
Mme Larouche a mentionné que la situation est suivie de très près, est prise très au sérieux, puisque des membres de la société sont en contact avec l'Organisation mondiale de la santé, ainsi qu'avec différentes agences de santé gouvernementales.
A lire également :
. Alcan : Brésil qui rit, Lannemezan qui pleure
TrackBack
URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/80157/4534581
Voici les sites qui parlent de Alcan/Canada : politique énergétique à risque:
Commentaires
Elisabeth
9 avr. 06 02:55:15
Alcan propriétaire de rives! Scandale ?
Un commentaire de Claude Bergeron de l'Ascension
2006-04-04 10:04 - Commentaire d'opinion
- / LBR.ca / - Je suis «monsieur tout le monde» et je me demande où sont nos chiens de garde, les journalistes, lorsqu'il s'agit de nous informer sur les évènements qui ont conduit l'Alcan à devenir propriétaire riverain avec des pouvoirs absolus. Ils infligent conditions et non-lieux à leur guise, aux propriétaires québécois de terrains qui longent nos rives. Je me demande qui a autorisé ou donné le droit ou vendu nos terres à Alcan et ce, depuis quand ? et pour combien de temps ?
Mesdames et Messieurs les journalistes, si vous ne vous préoccupez point de ces sujets touchant la collectivité, les gouvernements continueront de prendre des décisions sans consulter la population, et qui sait ce qu'ils vont donner bientôt. Ne riez pas, si la tendance se maintient, je prévois un gouvernement qui autorisera les compagnies forestières à couper les arbres de plus de 10 cm sur tous les terrains résidentiels et personne n’en parlera !
Claude Bergeron
Ascension
Voila , nous sommes là .... !!!



