Fusion Inco/Falconbridge pas si nickel que çà ?

Inco_nickelLa Commission européenne a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête approfondie sur le rachat du groupe minier canadien Falconbridge par son concurrent Inco, en vue de vérifier que l'opération n'entrave la libre concurrence.

Le canadien Inco, 2ème producteur mondial de nickel, a annoncé en octobre le rachat amical de Falconbridge, 4ème mondial, pour un montant de 9,1 milliards d'euros, ce qui devrait donner naissance au premier groupe mondial du secteur, devant le russe Norilsk.

La Commission dispose à présent d'un délai de 90 jours ouvrables, soit jusqu'au 12 juillet, pour s'opposer ou autoriser l'opération avec ou sans conditions.

Mardi, Inco avait prolongé jusqu'au 28 juin son OPA amicale sur Falconbridge, dans l'attente des autorisations nécessaires des autorités de la concurrence aux Etats-Unis et en Europe. Le canadien repoussait ainsi la date de clôture de son offre pour la 3ème fois, Inco n'écartant pas la possibilité de devoir la prolonger à nouveau jusqu'à début août.

1 – l'UE inquiète pour la libre concurrence

Bruxelles craint que la nouvelle entité issue du regroupement, compte tenu de son vaste portefeuille de propriétés de nickel existantes et en cours d'aménagement, soit en mesure de retarder certains de ses nouveaux projets miniers, maintenant ainsi les prix du nickel à des niveaux élevés et une situation tendue en termes d'offre.

L'enquête initiale révèle que l'opération envisagée soulève des problèmes de concurrence à propos de certains marchés du nickel et du cobalt. Bruxelles veut examiner à présent l'incidence de cette opération sur la concurrence au niveau du marché européen, dans un contexte de forte demande en matières premières et d'évolution des prix à la hausse.

Le canadien Inco, a annoncé en octobre le rachat amical de Falconbridge, pour un montant de 9,1 milliards d'euros. Or, la Commission relève que ces sociétés sont les deux plus grands fournisseurs mondiaux de produits en nickel utilisés dans l'industrie du placage et en galvanoplastie (revêtements en nickel). Elles sont aussi chefs de file sur les marchés des produits en cobalt et en nickel très purs entrant dans la composition de super-alliages.

L'opération de concentration envisagée aurait pour effet de supprimer le seul autre fournisseur principal sur ces marchés, s'inquiète la Commission, qui redoute un risque important de limitation du choix des clients et de hausse probable des prix.

2 – Selon Inco, son rachat n'entravera pas la concurrence en Europe

Inco n'estime pas que son projet de rachat de Falconbridge pose "des questions de concurrence significatives" en Europe, a-t-il indiqué vendredi après la décision de la Commission européenne d'ouvrir une enquête approfondie sur le sujet.

Bien que la Commission ait dit avoir identifié certaines questions de concurrence méritant un examen plus approfondi, Inco continue de croire que, compte tenu de la dynamique du marché en soi, aucune question de concurrence significative n'est en jeu et que la transaction devrait être autorisée sans conditions.

Dans le cas où la Commission européenne conclurait qu'elle a des motifs de de s'inquiéter en ce qui concerne d'éventuels effets de cette transaction sur la concurrence, Inco tenterait de travailler avec la Commission pour trouver une solution répondant à ses inquiétudes et conclure l'opération, avant ou vers la fin de cette phase d'enquête.

Pour obtenir l'approbation de Bruxelles, Inco avait indiqué à la mi-janvier qu'il était prêt, s'il le fallait, à céder l'usine métallurgique Nikkelverk, située en Norvège et qui appartient à Falconbridge.

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