Pétrole sous tension d'Iran jusqu'en Equateur

Boy_carries_oil_2Même si les cours du pétrole se stabilisent, le conflit relatif au nucléaire iranien ainsi que des problèmes rencontrés par d'autres pays producteurs maintiennent néanmoins une certaine inquiétude, freinant le repli. Si le contexte géopolitique iranien se montre moins menaçant dans l'immédiat, le Venezuela, le Nigeria, l'Irak, le Koweït, la Russie, la Norvège et l'Equateur se trouvent en effet dans des situations de nature à affecter leurs exportations de brut.

La contestation grandit sur fond de nouvelle donne politique en Amérique latine à l’encontre des compagnies pétrolières étrangères dont la gestion est remise en cause par la population mais aussi par des gouvernements soucieux de récupérer le contrôle des moyens de production.

Néanmoins, en vue de relativiser l'impact d'une carence des exportations iraniennes, l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a affirmé jeudi être capable, grâce aux stocks stratégiques qu'elle gère, de compenser une éventuelle perte pendant plus d'un an et demi. Dans un tel cas, les réserves pourraient compenser ces exportations estimées à 2,7 millions de barils par jour.

I – Annonce de l'AIE

L'AIE, estimant que le pétrole n'était une arme pour personne, indique même aux pays chargés de la négociation avec l'Iran, que dans leur appréciation faite des différentes éventualités, ils ne devaient pas s'inquiéter d'une éventuelle perte du pétrole iranien, l'Agence disposant d'éléments pour y parer.

Suite au bras de fer entre Iran et l'Occident au sujet de ses activités nucléaires, les marchés craignent en effet qu'en cas de sanctions de l'Onu, Téhéran ne réplique par une suspension de ses exportations de pétrole, l'inquiétude associée justifiant la forte hausse des cours depuis le début de l'année.

Née en novembre 1974 en réponse à la grave crise énergétique issue de la guerre du Kippour, l'AIE a pour rôle de prévenir et de gérer pour les membres de l'OCDE les situations pouvant mettre en cause l'approvisionnement en énergie de ses membres. Les 26 pays membres de l'AIE disposent de près de 4 milliards de barils de réserve (dont un tiers de stocks d'urgence), soit l'équivalent d'au moins 118 jours d'importations nettes.

II – Le cours du pétrole se stabilise

Les prix du pétrole se sont stabilisés jeudi, après deux semaines de net repli. A New York, le baril de "light sweet crude" a pris 7 cents à 62,62 dollars, mais le cours a perdu 8% de sa valeur depuis son pic du 23 janvier. A Londres, le baril de Brent de la Mer du Nord s'est replié de 31 cents, terminant à 60,75 dollars.

Les opérateurs sont rassurés après les chiffres des stocks américains faisant état d'un niveau supérieur à l'an dernier. Si la question iranienne ne semble pas présenter de risque immédiat en terme de baisse d'approvisionnement, l'inquiétude est toujours latente, suite également au climat politique et social dans d'autres pays producteurs, freinant ainsi le repli des cours.

Tous les éléments contribuant à la hausse des prix demeurent et se sont même, dans certains cas, transformés en des situations d'un règlement long et complexe.  A l’image du nouveau président bolivien Evo Morales, la progression de partis de gauche, actuellement au pouvoir au Venezuela ou en Argentine, a renforcé un mouvement général de revendication à l’égard de multinationales, taxées de pillage des ressources naturelles.

Evo Morales, pour sa part, entend appliquer la loi sur les hydrocarbures, approuvée en mai 2005, qui augmente les impôts et les taxes à 50% de la production dont la responsabilité revient à l’Etat. La Paz a déjà annoncé fin janvier la reprise de deux raffineries gérées par Petrobras ainsi que 24 stations-service, dans le giron de la compagnie d’Etat YPFB.

Par ailleurs, la production du 2ème champ pétrolifère du monde, exploité par la compagnie publique Pemex à Cantarell au Mexique pourrait être divisée par quatre d'ici 2008, selon une étude interne de la compagnie. Le site produit actuellement deux millions de barils par jour, soit 60% de la production totale mexicaine.

III – Climat en Equateur

Pétrocuador a été contraint de suspendre le transport de 380.000 b/j de pétrole sur l'un des deux pipelines, des manifestants s'étant emparés d'une station de pompage, afin de demander l'annulation d'un contrat avec la compagnie américaine Occidental Petroleum. D'autres souhaitaient montrer leur opposition contre l’entreprise pétrolière américaine Oxy, impliquée dans une affaire de vente illégale d’actions et la signature par l’Equateur d’un traité de libre commerce avec les USA.

Début septembre le Président équatorien avait annoncé son intention de réviser dans un bref délai les contrats signés avec les compagnies pétrolières étrangères, afin qu’elles partagent au moins la moitié de leurs bénéfices avec l’Etat. Le Chef de l'Etat avait estimé "injuste" que les compagnies touchent 80% des bénéfices et même davantage.

Pour rappel, l'Equateur est le cinquième producteur de pétrole d'Amérique du Sud et le deuxième fournisseur de brut des Etats-Unis, derrière le Venezuela. Il extrait 530.000 barils par jour, dont 37% par la compagnie publique Petroecuador.

En août 2005, d'importantes manifestations avaient éclaté dans deux provinces d'Amazonie, paralysant la production pétrolière et obligeant le pays à emprunter du brut au Venezuela pour maintenir son niveau d'exportation. Petroecuador avait du interrompre sa production le 18 aout, entraînant une hausse de 3,5% des cours du brut à New York. Le pays avait du alors solliciter un prêt de 400 millions de dollars auprès du Fonds de réserve de l'Amérique latine pour prévenir tout déséquilibre dans sa balance des paiements et importer pour 140 millions de dollars de pétrole.

Les manifestants exigeaient que les compagnies étrangères présentes dans la région financent des projets d'infrastructures et embauchent des salariés locaux. Ils demandaient aussi au gouvernement une re-négociation des contrats conclu avec des compagnies étrangères comme Occidental Petroleum, le brésilien Petrobras et Encana Corp, afin d'y accroître la participation de l'Etat.

IV – Situation au Vénézuela

Au Vénézuela, 5ème exportateur mondial de pétrole et détenteur des premières réserves de gaz d’Amérique du Sud estimées à 4,15 milliards de m3, Hugo Chavez a imposé aux compagnies un nouveau régime de contrats d’exploitation créant des sociétés communes dirigées par le géant national PDVSA.

La Norvégienne Statoil, Total, l’Américaine West Falcon Samson et l’Italienne Eni s’y sont déjà pliées en décembre dernier. Le ministre vénézuélien de l’Energie a dénoncé récemment dans la presse espagnole «l’approche colonialiste qu’on eue certaines entreprises avec nos ressources».

Caracas entend aussi exiger des arriérés fiscaux à 22 compagnies pour avoir profité des contrats, signés sous un précédent gouvernement et ignorant la loi sur les hydrocarbures en matière de royalties et d’impôt sur le revenu. Petrobras et l’Anglo-Hollandaise Shell ont réglé plus de 30 millions de dollars, a indiqué fin janvier le fisc vénézuélien.

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6 Commentaires

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    Elisabeth/ Prévision AIE

    AIE laisse sa prévision de croissance mondiale quasi inchangée

    PARIS, 10 fév 2006 (AFP)
    L'AIE prévoit une hausse de sa prévision de demande mondiale de pétrole inchangée pour 2006, tablant toujours sur une reprise de la demande aux Etats-Unis et en Chine, lors de la publication vendredi de son rapport mensuel.

    Au total, la demande mondiale s'établit à 85,1 millions de barils/jour.

    Les prévisions de 2006 se fondent sur "une demande chinoise plus robuste" et "un rebond aux Etats-Unis" dans la seconde moitié de 2006, après les ouragans de l'année précédente, comme elle le diagnostiquait le mois dernier.

    Pendant le mois de janvier, le temps très froid en Europe et en Russie a été largement compensé par une météo très douce aux Etats-Unis, a expliqué l'AIE.

    L'AIE s'est en outre étonnée vendredi des chiffres, très différents des siens, annoncés récemment par les autorités chinoises: ces dernières ont estimé que la demande avait reculé de 0,3 à 0,5% en 2005 tandis que l'AIE estime qu'elle a progressé d'environ 2,5%.

    En dépit de la publication de ces chiffres officiels, l'AIE explique dans son rapport qu'il reste toujours difficile d'évaluer cette demande, les méthodes de calcul étant très différentes.

    Selon l'agence, la demande chinoise a augmenté de 3% au mois de décembre. Sur l'ensemble de l'année, elle devrait croître de 5,8% en 2006.

  3. 3

    Elisabeth / Equateur/ RASD

    Rabat "déplore" la reconnaissance de la RASD par l`Equateur
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    Rabat, Maroc, 10/02 - Le Maroc a "déploré" jeudi la reconnaissance par l`Equateur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD, auto-proclamée par le front Polisario), qualifiant cette décision de "hâtive".

    Selon lui, "Il s`agit en réalité d`un rétablissement de la reconnaissance de cette entité fantomatique, qui est en contradiction avec l`actuelle orientation tendant, au plan international et au niveau des Nations unies, à trouver une solution politique, définitive et globale (à la question du Sahara) appuyée par l`ONU".

    L`attitude de l`Equateur est "prématurée, car elle est aux antipodes de cette orientation, et on ne peut que déplorer cette position qui n`aura aucune incidence sur l`évolution actuelle de la cause nationale", a-t-il affirmé.

    L`Equateur avait décidé en juin 2004, de retirer sa reconnaissance de la RASD qu`il avait déjà reconnue dans un premier temps en 1983.

    Ce pays devenait ainsi le 8ème de l`Amérique centrale et du sud à ne pas reconnaître cette République, après le Costa Rica, la République dominicaine, le Honduras, le Salvador, le Nicaragua, le Paraguay et la Colombie.

    Le Brésil, le Chili, l`Argentine, le Guatemala et l`Uruguay n`ont jamais reconnu la RASD, alors que le Mexique et le Panama ont réduit leurs relations avec cette République.

  4. 4

    Attention !! tempete USA

    Forte tempête de neige sur le nord-est des Etats-Unis

    AP | 12.02.06 | 19:47

    NEW YORK (AP) -- Le nord-est des Etats-Unis s'est réveillé dimanche sous un épais manteau de neige, atteignant jusqu'à 60 centimètres et approchant les records, privant d'électricité des dizaines de milliers de personnes et perturbant le trafic aérien de Washington à Boston.

    En fin de matinée, à New York, 57,9 centimètres de neige étaient mesurés à Central Park, deuxième chute de neige la plus importante enregistrée dans la Grosse Pomme, derrière les 67,1 centimètres qui avaient recouvert le parc en décembre 1947.
    "C'est une tempête dangereuse", a déclaré le maire Michael Bloomberg, exhortant ses administrés à rester cloîtrés chez eux alors que 2.500 chasse-neige et saleuses se mettaient en branle dans la ville.

    Cette tempête, accompagnée de vents violents, vient interrompre un hiver plutôt doux, alors que l'on venait d'enregistrer le mois de janvier le plus doux de l'histoire des Etats-Unis: la température moyenne aura été de 4,2 degrés Celsius, soit 4,8 degrés de plus que la moyenne habituelle pour janvier.
    Il faut remonter à janvier 1953 pour retrouver une moyenne à 2,94 degrés.

    La neige tombait de la Virginie jusqu'au Maine, et plus de 80.000 personnes étaient privées d'électricité dans le Maryland. D'autres pannes étaient signalées dans le New Jersey, le Connecticut, et on craignait des inondations sur les côtes en raison des forts vents.

  5. 5

    Elisabeth / iran

    L'Iran annonce la levée imminente des scellés et des caméras de l'AIEA
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    TEHERAN, 13 fév 2006 (AFP)
    L'Iran a annoncé lundi la levée imminente des scellés et des caméras de surveillance de l'AIEA de son usine d'enrichissement industriel d'uranium de Natanz, sous la supervision des inspecteurs de l'agence.

    "Aujourd'hui ou demain, les douze inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui sont arrivés récemment en Iran, vont lever les scellés de l'usine de Natanz et d'une partie des installations de conversion d'Ispahan pour permettre techniquement la reprise de leurs activités", a déclaré une source bien informée à l'agence Fars, proche des conservateurs.

    "Ensuite, ils vont retirer les caméras de surveillance qui avaient été installées à Natanz et Ispahan dans le cadre du protocole additionnel", a ajouté cette même source.

  6. 6

    Elisabeth / HAMAS / Russie

    La Russie invite le HAMAS à Moscou au nom du "quartette"
    14/02/2006 18:57

    MOSCOU, 14 février - RIA Novosti. Invitant les représentants du HAMAS aux négociations de Moscou, la Russie agit au nom du "quartette" de médiateurs internationaux pour le règlement au Proche-Orient, a déclaré mardi à la presse le parlementaire russe Konstantin Kossatchev.

    (L'Organisation des Nations Unies, l'Union européenne, les Etats-Unis et la Fédération de Russie font partie du "quartette" des médiateurs internationaux pour le règlement au Proche-Orient.)

    "Ce n'est peut-être pas sur la demande, mais c'est au nom du "quartette" que nous invitons le HAMAS", a précisé le président du Comité pour les Affaires internationales de la Douma d'Etat (Chambre basse du Parlement russe).

    Et d'ajouter que des négociations avec les représentants de la nouvelle direction palestinienne (le HAMAS a remporté les dernières législatives en Palestine) permettront de faire avancer le processus de paix au Proche-Orient.

    "Les futures négociations moscovites ont pour objectif de maintenir la nouvelle direction palestinienne dans le cadre du dialogue politique", a souligné Konstantin Kossatchev.

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