Pétrole Irakien : perte de 6 milliards USD

ExplosionL'industrie pétrolière irakienne a accusé en 2005 un manque à gagner de plus de 6 milliards de dollars en raison des sabotages des infrastructures par des insurgés, a annoncé dimanche le ministère irakien du Pétrole. "Les pertes de revenus et les réparations des installations se sont élevées en 2005 à 6,25 milliards de dollars à cause des opérations de sabotage", a précisé le porte-parole du ministère, Assem Jassem.

Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003, le manque à gagner se monterait à plus de 20 milliards de dollars.

Mais, dès le début du 20ème siècle, le pétrole irakien a suscité maintes convoitises, le pays faisant déjà l'objet d'invasion durant les deux guerres mondiales. Pour rappel, l´Irak possède les deuxièmes réserves pétrolières prouvées au monde.

I – Pertes estimées

L`ancien ministre du Pétrole, Thamer Ghadbane, avait estimé les pertes en 2004 à 7 milliards de dollars. Le porte-parole a précisé que les insurgés avaient mené 186 attaques contre les infrastructures pétrolières en 2005, tuant 47 ingénieurs et techniciens et 91 policiers et gardes de sécurité.

Selon lui, les pertes et réparations se répartissent ainsi : 400 millions de dollars à cause des attaques contre les champs pétroliers, 2,710 milliards contre les oléoducs d`exportation, 12 millions contre les oléoducs reliant les champs pétroliers aux raffineries et 3,120 milliards de dollars contre les oléoducs et gazoducs intérieurs.

II – Le pétrole irakien : un enjeu de longue date

Depuis le début du 20ème siècle, le pétrole irakien a suscité maintes convoitises : en effet, le président Bush a pu largement s'inspirer des « initiatives » passées d'invasion de l'Irak durant la 1ère et 2ème Guerre Mondiale :

. le 11 mars 1917, un corps expéditionnaire britannique entre à Bagdad, capitale de la Mésopotamie et en chasse les Turcs ottomans.

. puis le 1er juin 1941, un corps expéditionnaire britannique entre de nouveau à Bagdad, et en chasse le gouvernement de Rachid Ali, un putchiste en cheville avec les Allemands.

Avant la guerre menée par G.Bush, l’Irak exportait 2,2 millions de barils/jour, objectif que s’est fixé à court terme le ministère du Pétrole.

III L´Irak: 2ème réserves pétrolières au monde

L´Irak possède les deuxièmes réserves pétrolières prouvées au monde (114 milliards de barils), mais les guerres et l´embargo n´ont pas permis de les mettre en valeur. Début 2004, la production de brut irakienne avoisinait les 3 millions de barils/jour. L'activité d’exploration a cessé depuis de nombreuses années, et selon Thamer Ghadban, conseiller du ministre du pétrole, l’ouest de l’Irak, par exemple, reste encore inexploré, bien qu'un réel potentiel existe.

Sur le terrain, la sécurité demeure le talon d´Achille du secteur, même si selon le même conseiller, «le nombre d´attaques contre les oléoducs a nettement diminué». Pour autant, la situation n´est pas encore totalement sous contrôle. Ainsi, l'oléoduc du nord qui relie Kirkouk à Ceyhan en Turquie, fermé en juin 2003, fait l'objet de nombreux actes de sabotage récurrents. Avant la guerre, cette conduite permettait l’exportation de 800 000 barils par jour.

Les responsables irakiens misent sur les champs pétrolifères autour de Bassorah dans le sud, une région plus sûre. Sur le montant total de la production début 2004, 1,6 million était exporté via les ports d´Al-Amiq et d´al-Baqr de Bassorah. Les projets de développement ne manquent pas, car du pompage au raffinage,les infra-structrures sont vétuste. A Baiji, situé à mi-chemin entre Bagdad et Mossoul, la plus grande raffinerie du pays tourne à 50% de ses capacités d´avant-guerre.

Au niveau national, le ministère du Pétrole ne dispose que d´un budget d´investissement très limité qui ne permet pas de rénover en profondeur les infrastructures, voire d´en créer de nouvelles. L'Irak souhaite construire deux nouvelles raffineries à Mossoul et à Misayib. Les appels d'offres seraient en cours d'élaboration mais les financements nécessaires ne sont pas tous réunis.

IV – L'Irak et les quotas OPEP

Malgré les aléas politiques, l’Irak reste membre de l'OPEP.
Pour le moment, l’Organisation ne lui a fixé aucun quota de production qui, avant l´invasion du Koweït le 2 août 1990, s´établissait à 3,14 millions de barils/jour. Suite à la guerre du Golfe d’août 1990 à février 1991, un embargo commercial est décidé par l’ONU contre l’Irak en août 1990, qui instaure le programme "pétrole contre nourriture".  Ce système permet à l'Irak de vendre un peu de brut pour acheter, sous strict contrôle de l’ONU, des vivres,des médicaments et des biens de première nécessité.

L’Irak est donc exclu des plafonds de production de l’organisation. Ce qui pose un problème aujourd’hui. En effet, ce pays, qui possède les secondes réserves de pétrole brut les plus importantes du monde après l’Arabie Saoudite et qui ne peut rien exporter, pourrait, grâce à sa production, détendre le marché si les restrictions étaient levées.

Dès 2004, certains pays, et l´Arabie Saoudite, justement, ne voient pas forcément d´un bon œil le retour de l´Irak sur le marché pétrolier mondial, car ils auraient du alors réduire leur propre production pour ne pas faire chuter les prix de l´or noir. A l'heure actuelle, au contraire, une augmentation du volume de production de pétrole irakien permettrait de ramener à la baisse le cours du marché en diminuant les tensions sur l'offre. Début 2004, les responsables irakiens envisageaient de produire à moyen et long terme 5 à 6 millions de barils/jour.

V – Le fédéralisme irakien : un débat majeur

Du point de vue politique, mi-Août 2005, le chef du principal parti chiite, l'Assemblée suprême de la révolution islamique en Irak (Asrii), a relancé spectaculairement le débat sur le fédéralisme.

Lors d'un rassemblement de ses partisans, dans la ville sainte de Najaf, Abdul Aziz al-Hakim a réclamé la création d'un «Chiistan», une région autonome chiite, qui inclurait les champs pétrolifères de Bassora. De quoi réveiller les cauchemars des sunnites, qui se retrouveraient réduits à une zone centrale, aride et privée d'or noir. «Les Kurdes et ceux de Bassora auront le pétrole et nous n'aurons que le désert», s'est écrié le cheikh Hamid Farhane Abdallah al-Mehendi, un chef tribal de Fallouja, bastion de la guérilla. Pour calmer les craintes sunnites, certains proposent de partager la rente pétrolière entre les provinces sur une base démographique.

Fin Août 2005, quelques centaines de "nostalgiques de Saddam Hussein" avaient manifesté dans son fief de Takrit aux cris de «Non, non à la Constitution, oui, oui à l'Irak uni». Le cheikh Yahia Attaoui, un responsable du Comité des oulémas, avait dénoncé de son côté un " complot américain visant à diviser l'Irak en petits cantons" ... ce qui n'est peut être pas entièrement faux, compte tenu de la stratégie qu'appliquent les Américains au Sahara Occidental et au Soudan ...voire dans d'autres pays.

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3 Commentaires

  1. 1

    Anonyme

    désolée , gros orage sur Toulouse , je peaufinerai + tard !!!

  2. 2

    Elisabeth

    Ca y est l'orage est passé, avec mes excuses ... mais entre cela et les virus !!

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