Nucléaire : l'enjeu du trio Russie/Iran ... AREVA

Russie_nucleaireL'Iran et la Russie sont parvenus à une "entente sur les bases d'une formule commune" lors des négociations qui se sont tenues à Moscou à propos du plan russe prévoyant l'enrichissement d'uranium iranien en Russie.

Parallèlement, le groupe russe RosEnergoAtom et AREVA ont signé mardi un mémorandum de compréhension dans le domaine de l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire. Le document prévoit la mise en oeuvre d'un programme de développement de la coopération pour la période 2006-2008.

Les régions russes qui accueilleront des centrales atomiques dans le cadre du programme de développement du nucléaire civil, recevront environ 1,5 milliard de dollars d'investissements, a déclaré par ailleurs le directeur de l'Agence fédérale de l'énergie atomique russe.

En marge de ses négociations, lundi, une réunion consacrée au programme de développement du nucléaire au Kazakhstan s'est déroulée lundi au cabinet des ministres kazakh sous la présidence du premier ministre. Ce projet élaboré par le ministère de l'Energie et des Ressources nucléaires, court jusqu'en 2030.

1 – Poursuite des négociations entre Russie et Iran

L'Iran a jugé les négociations précises et déterminantes, les qualifiant même de positives et de constructives. Les deux pays ont convenu de poursuivre leurs discussions. Cependant, les deux parties sont tombées d'accord pour estimer que "l'envoi du dossier iranien au Conseil de sécurité portait atteinte à la voie pacifique pour trouver une solution".

Même si les deux délégations n'ont pas "discuté des détails de la création d'une société commune" d'enrichissement, l'Iran estime que la proposition russe est la meilleure solution pour régler le problème car il y a une confiance mutuelle entre les deux pays.

La partie russe a insisté sur la nécessité d'une coopération complète de l'Iran avec l'AIEA sur la base de la mise en application de la résolution adoptée au début du mois par l'Agence internationale et ce, pour faire toute la lumière sur les questions relatives aux activités nucléaires antérieures de l'Iran et pour rétablir la confiance. La presse russe était quant à elle sceptique mardi matin sur les chances de réussite de ces entretiens, estimant qu'ils permettraient seulement de retarder une opération militaire américaine contre l'Iran.

2 - Nucléaire civil : mémorandum Franco-Russe avec AREVA

Le groupe russe RosEnergoAtom et AREVA ont signé mardi un mémorandum de compréhension dans le domaine de l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, selon un communiqué de presse de RosEnergoAtom.

Le document prévoit la mise en oeuvre d'un programme de développement de la coopération pour la période 2006-2008, qui concernera notamment la modernisation et la sécurisation des centrales nucléaires, la maintenance des sites, ainsi que la gestion de la durée de vie des centrales existantes.

En outre, les parties ont convenu de procéder à des échanges de documentation normative, scientifique et technique, de s'entraider lors du démantèlement et de la mise hors service des centrales nucléaires. Le plan de coopération prévoit également d'examiner la possibilité de mettre en oeuvre dans d'autres centrales les projets financés par la Commission européenne et déjà appliqués.

RosEnergoAtom et AREVA envisagent aussi de perfectionner le comité de gestion conjoint chargé de la coopération, dont les objectifs principaux consistent à élaborer des propositions concrètes de coopération, à signer des accords additionnels, à créer des groupes de travail et à trouver des sources de financement.

3 – La Russie aide les régions russes souhaitant accueillir le nucléaire

Les régions russes qui accueilleront des centrales atomiques dans le cadre du programme de développement du nucléaire civil, recevront environ 1,5 milliard de dollars d'investissements, a déclaré lundi le directeur de l'Agence fédérale de l'énergie atomique russe (Rosatom).

Les régions sont déjà en concurrence pour ces investissements, selon le directeur pour qui cette dernière doit être "ouverte et transparente". Le gouvernement russe a par ailleurs demandé de dresser une carte indiquant l'emplacement des capacités de production dans le pays. L'Etat finançant la construction des centrales nucléaires, il souhaite décider de leur emplacement.

Conformément à la stratégie énergétique, la part du nucléaire civil dans la production totale d'énergie électrique en Russie devrait atteindre 25% vers 2030 (contre 17% aujourd'hui).

4 – Kazakhstan : Programme de développement du nucléaire civile

Le ministère de l'Energie et des Ressources nucléaires élabore actuellement un programme de développement du nucléaire au Kazakhstan qui court jusqu'en 2030. "Le nucléaire est un secteur moderne et en pleine expansion, et le Kazakhstan a tout pour promouvoir les énergies de remplacement", a indiqué lundi le premier ministre Akhmetov en ouvrant une réunion sur le dossier. Le chef du gouvernement kazakh a insisté sur la nécessité d'intensifier le développement de cette branche.

Il a été souligné au cours de cette réunion que "le Kazakhstan affiche ces derniers temps des taux de croissance soutenus dans la production et la transformation d'uranium : par rapport à 1997, la production d'uranium a été multipliée par 4,9 pour s'élever à 4 360 tonnes en 2005, le prix de revient du kg d'uranium a été divisé par deux et la mise en valeur de nouveaux gisements a commencé.

Lors de la réunion, la décision a été prise de créer un groupe de travail spécial sous la présidence du premier ministre. Le chef du gouvernement a chargé les services correspondants d'élaborer, en l'espace d'un mois, un panel de mesures tendant à imprimer une nouvelle impulsion au développement du nucléaire.

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7 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    RIA-NOVOSTI 22/02/06

    Commentant sa prochaine visite en Iran, le chef de l'Agence russe de l'Énergie atomique (Rosatom) Sergueï Kirienko a déclaré que la Russie faisait "tout son possible pour donner [à l'Iran] la possibilité de sortir de sa situation difficile par des moyens pacifiques et constructifs".


    Téhéran souhaite que la Russie vienne lui tirer les marrons du feu, alors que Moscou considère déjà la position iranienne d'un oeil plus critique, prêtant l'oreille aux appels de l'Occident.

    Le président du comité parlementaire russe pour les affaires internationales Constantin Kossatchev estime que l'Iran ne manifeste pas assez de bonne volonté pour régler la situation autour de son dossier nucléaire et que les efforts russes ne sont pas suffisants. "Le tango se danse à deux. Nous ne sommes pas pris en otages, mais nous dépendons de la bonne volonté de Téhéran qui malheureusement n'en manifeste pas assez."

    Le parlementaire craint également que la situation évolue selon le scénario nord-coréen, "que l'Iran se replie sur lui-même, se retire du Traité de non-prolifération (TNP) et arrête de collaborer avec l'AIEA". "Je considère que la communauté internationale y perdra et il faut profiter de cette chance tant qu'elle existe. C'est ce que la Russie est en train de faire", a noté le parlementaire sans reconnaître l'évidence - la Russie continue de danser le "tango iranien" seule et les négociations russo-iraniennes de Moscou l'ont démontré.

  2. 2

    Elisabeth

    L'Iran cherche à desserrer le nœud coulant américain
    21/02/2006 12:27 MOSCOU, 21 février - RIA Novosti.
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    Viktor Mikhaïlov, directeur de l'Institut de stabilité stratégique, ancien ministre de l'Energie atomique: En fin de compte, les Iraniens accepteront la proposition russe, mais pas d'emblée, ils vont atermoyer la décision définitive jusqu'à mars-avril, peut-être, jusqu'à début mai.

    Pour l'instant, l'Iran n'a pas besoin d'enrichir l'uranium, car le 1ER REACTEUR NE FONCTIONNE PAS ENCORE à la centrale de Bouchehr. Le problème de l'enrichissement se posera vraiment à l'Iran à peu près dans 10 ANS.

    En ce moment, ils jugent nécessaire de manifester leur volonté de négocier pour desserrer le nœud coulant américain. Parfaitement conscients qu'ils n'auront pas accès aux technologies, ils cherchent à sauver la face avec leurs discours.

    Gueorgui Mirski, maître de recherche à l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales de l'Académie des sciences de Russie: L'Iran veut créer des armes nucléaires ou bien atteindre un niveau de technologies lui permettant, le cas échéant, d'assembler à tout instant une bombe atomique.

    Premièrement, les Iraniens CRAIGNENT EFFECTIVEMENT UNE FRAPPE AMERICAINE une frappe américaine, deuxièmement, l'arme atomique n'est rien d'autre qu'un laissez-passer dans le club des puissances du monde.

    Ils n'ont pas besoin d'employer les armes nucléaires. Ils comprennent parfaitement qu'ils n'atteindront pas le territoire des Etats-Unis, alors qu'Israël peut porter un coup préventif. Téhéran a besoin d'une bombe pour l'employer d'après la "variante nord-coréenne": que le monde entier se perde en conjectures à propos de la bombe iranienne. Voilà pourquoi les Iraniens jouent depuis quelques années au chat et à la souris.

  3. 3

    Elisabeth

    Moscou rembourse 1.194,7 millions de dollars au Club de Paris
    21/02/2006 12:46 MOSCOU, 21 février - RIA Novosti. La Vnesheconombank a versé 1.194,7 millions de dollars à titre de remboursement de la dette russe envers le Club de Paris, annonce mardi le service de presse de la banque.

    L'accord avec AREVA serait-il lié ???

  4. 4

    Elisabeth

    Je pense sincerement que Chirac "tourne autour du pot" / teste les réactions ... avant de nous annoncer un accord FRANCE/IRAN avec AREVA

    cf.
    Nucléaire iranien : appel à l'investissement
    http://www.leblogfinance.com/2005/11/investissements.html

  5. 5

    Elisabeth

    La concurrence des USA fait rage , on suit cela cette semaine

  6. 6

    Elisabeth

    A suivre de tres pres ....


    --------------
    La Russie veut créer un géant public de l'énergie nucléaire
    par Guy Faulconbridge

    MOSCOU (Reuters) - La Russie va fusionner l'ensemble de ses entreprises nucléaires civiles au sein d'un groupe unique sur le modèle du géant gazier Gazprom, pour mieux rivaliser avec les grands acteurs mondiaux du secteur, annonce Sergueï Kiriyenko, le directeur de Rosatom, l'agence russe de l'énergie atomique.

    Le président Vladimir Poutine a approuvé il y a moins d'un mois la restructuration du secteur du nucléaire civil et des responsables du secteur ont expliqué que le projet visait à augmenter la production russe d'électricité nucléaire et à renforcer l'influence des grandes entreprises du secteur sur le marché mondial.

    Le nouvel ensemble sera baptisé Atomprom et la consonance de son nom avec celui de Gazprom n'est pas un hasard, a souligné Kiriyenko, expliquant qu'il existait aussi une analogie de stratégie avec le monopole russe du gaz naturel

    "On assiste à une renaissance de l'énergie atomique dans le monde et notre devoir est d'y participer", a-t-il déclaré dans un discours publié par Rosatom.

    L'énergie sera en tête de l'ordre du jour du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg le mois prochain. Et pour le Kremlin, le secteur, qu'il s'agisse du pétrole, du gaz ou du nucléaire, constitue une arme géopolitique supplémentaire pour la Russie.

  7. 7

    Elisabeth

    Bien sur, cet article restera toujours mon "préféré" , ma "base" :) de toute "supputation"

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