Les prix du pétrole ont clôturé en hausse jeudi, après un recul de plus de 10 dollars depuis début février, alors que de nouvelles menaces, notamment au Nigéria, inquiètent les marchés. La question du nucléaire iranienne influe également sur les cours.
Le marché reste préoccupé suite à l'incendie d'un puits de pétrole de Shell dans le Delta du Niger. Le feu fait rage sur un puits situé à 30 kilomètres au sud de la cité pétrolière de Port Harcourt. Une installation située à proximité a été fermée, réduisant ainsi la production de 37.800 barils par jour. La thèse d'un sabotage ne peut être clairement établie à l'heure actuelle.
Par ailleurs, l'Opep a revu en légère baisse mercredi ses prévisions sur la demande mondiale de pétrole brut pour cette année. Sans une réduction de la production de ses pays membres, les prix pourraient très bien mettre à l'épreuve le seuil des 50 dollars au printemps, selon les analystes. Pour cette raison, une réduction d'un million de barils par jour de la production de l'Opep semble probable lors de leur réunion du 8 mars.
I – Progression du cours du pétrole
Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude" pour livraison en mars progressait jeudi soir de 1,51 % pour atteindre 59,08 dollars. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a pris 64 cents à 58,79 dollars. Entre leur pic en clôture le 30 janvier (à 68,35 dollars) et la clôture de mercredi (à 57,65 dollars), les cours du brut ont perdu plus de 10 dollars à New York, soit 15,6%. Compte-tenu du contexte, les analystes prévoient des couvertures de position à l'approche d'un week-end prolongé. Le marché new-yorkais sera fermé lundi prochain en raison du President's Day.
Malgré les hausses de stocks récentes, le marché mondial du pétrole a très peu de capacités excédentaires de production. Il doit par ailleurs faire face à une demande croissante et à des sources accrues d' approvisisonnement en provenance du Moyen-Orient géopolitiquement instable. Il est à craindre qu'un des nombreux problèmes dans le monde musulman ne renverse la tendance.
Jeudi, un haut responsable iranien a assuré que l'Iran ne voulait pas avoir la bombe nucléaire, tout en évoquant l'éventualité de représailles sur l'approvisionnement pétrolier en cas de sanctions contre son pays, qui exporte environ 2,6 millions de barils par jour de brut.
II – Nouvelles violences au Nigéria
Au Nigeria, le marché reste particulièrement préoccupé suite à l'incendie d'un puits de pétrole de Shell dans le Delta du Niger. Le feu fait rage sur un puits de Cawthorne Channel, à 30 kilomètres au sud de la cité pétrolière de Port Harcourt. Une installation située à proximité a été fermée, réduisant ainsi la production de 37.800 barils par jour. Shell enquête actuellement sur l'origine du feu et tente de déterminer le volume de pétrole qui s'est répandu.
Si la thèse d'un sabotage ne peut être clairement établie à l'heure actuelle, les observateurs relèvent que cet incident survient après que plusieurs groupes rebelles eurent menacé de reprendre les hostilités. Mercredi, un hélicoptère militaire nigérian avait tiré sur des barges appartenant à des contrebandiers de pétrole. Les militants ont accusé Shell d'avoir autorisé l'armée nigériane à utiliser son héliport pour mener ses attaques. La compagnie n'était pas en mesure de confirmer ou de démentir ces informations, mais des témoins ont affirmé que les hélicoptères utilisaient les pistes de Shell.
Shell avait été forcé de fermer quatre de ses stations de pompage dans le Delta du Niger le mois dernier à la suite d'attaques violentes de la guérilla. L'opérateur pétrolier perdait déjà 106.000 barils par jour avant que le feu ne se déclare jeudi dans le puits de Cawthorne.
III - L'OPEP réduit ses prévisions
L'Opep a réduit sa prévision de croissance de la demande de pétrole en 2006 et a estimé que les incertitudes concernant la consommation en Asie et en Amérique du Nord pourraient encore accentuer la tendance. Elle précise dans son rapport de février s'attendre à une hausse de 1,57 million de barils par jour de la demande totale, à 84,64 millions. Le rapport précédent estimait une progression supérieure de 1,62 million.
L'Opep avait décidé à sa dernière réunion en janvier de laisser sa production à un niveau proche d'un plus haut de 25 ans, pour maintenir les prix en vue de ne pas perturber la croissance économique. L'Arabie saoudite, premier producteur mondial de pétrole, et ses partenaires de l'Opep avaient fait valoir alors que les prix étaient influencés par des dossiers géopolitiques qui n'étaient pas de leur ressort.
L'Opep juge abondante la fourniture de pétrole brut et elle impute toute pénurie de produits raffinés à l'incapacité des pays consommateurs à investir dans les raffineries. Elle évalue la demande la concernant à 28,49 millions de bpj, en baisse de 200.000 par rapport à ses estimations de janvier. Le quota de production de l'organisation est actuellement de 28 millions bpj, en excluant l'Irak qui ne dispose pas de quota officiel.
Pour le 1er trimestre 2006, l'Opep évalue son carnet de commandes à 30,16 millions de bpj, en baisse à 27,62 millions de bpj au 2ème trimestre, traditionnellement plus faible. L'organisation table sur une demande de 27,87 millions de bpj au 3ème trimestre et de 28,34 millions au 4ème.
La semaine dernière, l'Agence internationale pour l'énergie a légèrement abaissé sa prévision de hausse de la demande mondiale à 1,78 million de bpj en 2006. Sa prévision de demande de brut de l'Opep reste inchangée, à 28,6 millions de bpj.
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