Les deux réacteurs de la centrale nucléaire EDF de Nogent-sur-Seine dans l'Aube sont arrêtés depuis samedi soir à la suite d'une fuite d'eau, sans conséquence pour la "sûreté des installations", a-t-on appris dimanche auprès de la direction de la centrale (2.600 megawatts) et de la CGT.
EDF a précisé que l'incident s'était produit à 19H30 samedi sur "la partie non nucléaire des installations". A titre de précaution, des analyses de l'eau provenant de l'écoulement ont été faites avant rejet dans le fleuve pour confirmer l'absence de pollution et garantir ainsi le respect de l'environnement.
L'eau, qui provenait du circuit de refroidissement de la turbine de l'unité de production n°2, s'est infiltrée dans les parties inférieures des salles des machines des deux unités de production, selon la direction de la centrale.
EDF n'est pas en mesure de préciser la date de redémarrage des deux réacteurs.
1 – EDF et la sécurité de la centrale
La direction a expliqué que sur des centaines de kilomètres de tuyaux il était courant d'avoir des fuites et qu'elle ne les prenait "pas à la légère".
Lors d'un essai périodique réalisé le 14 novembre 2005 sur l'unité de production n°1, les équipes de la centrale avaient détecté l'indisponibilité d'une pompe d'un circuit de refroidissement de secours. Cette pompe était indisponible depuis le 8 octobre en raison d'une mauvaise connexion électrique. Après détection et remise en conformité, l'essai périodique a été satisfaisant. La fonction de refroidissement de secours aurait toutefois pu être assurée, en cas de sollicitation, par la seconde pompe. Néanmoins, l'importance de l'indisponibilité a conduit la direction à reclasser l'incident du niveau 0 au niveau 1 de l'échelle INES qui en compte 7.
Le Plan d'Urgence Interne (PUI) de la centrale a été activé puis levé le vendredi 30 septembre sur l'unité de production n°1, suite à un arrêt automatique du réacteur provoqué par un écoulement d'eau dans le bâtiment électrique, situé dans la partie non nucléaire de l'installation. Cette fuite d'eau non radioactive a été arrêtée. Selon EDF, il n'y a eu aucune conséquence sur l'environnement. Cet événement a été classé au niveau 1 de l'échelle INES.
2 – Implantation et production de la centrale
La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine est implantée sur la rive droite de la Seine, à l'ouest du département de l'Aube (région Champagne-Ardenne). Elle se situe à 60 km à l'ouest de Troyes et à 120 km au sud-est de Paris. Construites à partir de 1981, les deux tranches de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine sont couplées au réseau de distribution d'électricité depuis 1987 et 1988.
La centrale est construite sur une plate-forme “hors d'eau” rehaussée de 5 mètres pour éviter tout risque d'inondation. Les deux unités de production, d'une puissance de 1300 MW chacune, occupent une superficie d'une centaine d'hectares. Chaque unité dispose de sa tour de refroidissement.
Depuis plus de dix ans, ces réacteurs produisent en moyenne 18 milliards de KWh (18 TWh) par an, soit un tiers de la consommation annuelle d'électricité de la région Ile-de-France. En 2002, la production est montée à 17 TWh.
3 – Avis de la CGT
En ce qui concerne la date de remise en service des deux réacteurs, la CGT évoque plusieurs semaines voire quelques mois, compte-tenu de l'étendue des dégâts qu'elle constate sur les matériels mécaniques et électriques.
D'après le syndicat, de nombreuses fuites avaient été observées et signalées depuis plusieurs mois dans ces locaux. De plus, selon elle, à la suite de chacun des deux derniers arrêts pour révision, des accidents graves de matériel se sont produits. Le premier a eu pour conséquence l'inondation d'un local électronique de pilotage du réacteur entraînant un arrêt d'urgence de celui-ci, (cf.accident du 30/09/2005) le second a provoqué une forte explosion de tuyauterie en salle des machines.
Le syndicat précise également qu'il s'agit du troisième incident en six mois et dénonce "les effets de la réduction des coûts, l'insuffisance des effectifs ainsi que le niveau de précarité parmi les salariés de la sous-traitance".
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4 Commentaires
1
quelle merde ce nucléaire...
20 février 2006 à 15:402
La sûreté nucléaire et le niveau de radioprotection ont été satisfaisants dans le parc de centrales d'EDF en 2005, selon un rapport interne publié jeudi, qui marque une amélioration des indicateurs dans la plupart des secteurs.Le rapport de l'Inspection générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (IGSN) montre que l'année 2005 "n'aura été marquée par aucun événement lourd dans ces domaines", a déclaré au cours d'une conférence de presse l'Inspecteur général, Pierre Wiroth.
02 mars 2006 à 13:283
je suis pas une lumière!
et EDF va perdre la sienne...
P.S : URAL!
13 octobre 2006 à 05:354
Vue le niveau de surveillance des CNPE il est normal que l'on répertorie autant d'événements qui sont pour la plupart insignifiants. edf et le nucléaire étant surveillé de très prés et les constructions nucléaires relativement bien conçues pour la sureté, je pense que les risques sont pas mal controlés. Je pense qu'il serait plus utile de mettre le même niveau de surveillance auprès des sites de pétrochimies et chimies explosives ou parait il il se passe un peu n'importe quoi, du fait de leur proximité des habitations(ex: fezin et rhodia a lyon)
02 juin 2008 à 22:01Ajoutez un commentaire
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