AREVA : arrêt de production et accusation

Areva_3Suite à de récentes inondations (200 mm) et aux pluies abondantes d'automne (800 mm), les bassins de rétention d'eau de l'usine de Malvési dans l'Aude (AREVA)  ont atteint la norme de sécurité. Le site de la Comurhex, spécialisé dans l'enrichissement d'uranium est situé dans la banlieue de Narbonne. Ces bassins servent d'évacuation dans le cadre de l'activité de production de tetrafluorure d'uranium.

Après un arrêté du préfet, la direction de Comurhex n'a pu qu'interrompre la production, en vue d'éviter un remplissage supplémentaire. Dans un premier temps, pour éviter un chômage technique, la direction a réaménagé les plannings des employés en privilégiant les départs en congés d'hiver, les périodes de formation et autres solutions d'urgence.

Parallèlement, un ancien salarié du site réclamait récemment de l'ordre de 420.000 euros à Comurhex qu'il juge responsable d'une leucémie diagnostiquée en 1991.

I – Arrêt de la production de l'usine de Malvési

L'arrêt de l'usine va durer «plusieurs semaines» et la reprise pourrait n'intervenir qu'à partir du mois de mars. Face à cette situation, un CCE extraordinaire a été organisé cette semaine à Narbonne pour informer les divers responsables de la situation. Diverses solutions sont envisagées. La construction d'un bassin supplémentaire fait partie des scenarii envisageables, mais nécessiterait au minimum deux mois et demi de travaux.

Sachant que le chiffre d'affaires mensuel de l'usine est d'environ 10 millions d'euros, même si cette solution était adoptée, elle serait probablement accompagnée de solutions annexes, telles qu'une évaporation forcée des bassins, car un arrêt prolongé de l'usine aurait des conséquences sérieuses sur l'activité. Car l'autre usine (Pierrelatte)  pourrait rapidement être concernée par les soucis Narbonnais, les activités des deux sites étant liées.

L'arrêt de production touche 240 employés, qui pour l'instant, ne sont pas en chômage technique.

II  - Comurhex en accusation

Un ancien salarié d'un site de la Comurhex dans l'Aude a réclamé récemment 420.000 euros, devant le tribunal de Narbonne, à son ancienne entreprise qu'il juge responsable d'une leucémie diagnostiquée en 1991. Michel Leclerc, 54 ans, avait travaillé de 1981 à 1984, par l'intermédiaire d'une société d'intérim, dans le site de Malvési. Il s'y occupait de l'entretien des machines et des fours.

A partir de 1983, le salarié avait commencé à ressentir une grande fatigue et des problèmes de santé récurrents. Ce n'est qu'en 1991, alors qu'il s'apprêtait à subir une intervention chirurgicale pour une hernie discale, que les médecins diagnostiquaient une leucémie myéloïde chronique.

A l'audience, le plaignant a estimé que la société était responsable de la dégradation de son état de santé. Il a également reproché au médecin de la société d'avoir tardé à lui fournir des résultats d'analyses d'urines que chaque salarié travaillant dans certains secteurs du site effectuait hebdomadairement.

L'avocat de la Comurhex, a déclaré qu'il n'y avait aucune certitude pour que l'ancien ouvrier ait pu contracter cette maladie à la suite de son activité sur le site de Malvési. Il a même évoqué les divers emplois occupés précédemment par M. Leclerc dans des ateliers où étaient utilisés des produits toxiques comme le benzène. Il a par ailleurs estimé que "le médecin travaillant pour la société était tenu au secret médical" et "n'avait aucune obligation de rendre compte". L'affaire a été mise en délibéré au 23 mars.

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1 Commentaire

  1. 1

    Elisabeth

    "Parallèlement, un ancien salarié du site réclamait récemment de l'ordre de 420.000 euros à Comurhex qu'il juge responsable d'une leucémie diagnostiquée en 1991. "

    .... effet Jurisprudence à prendre en compte

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