Le président vénézuelien Hugo Chavez a menacé de geler ses exportations de pétrole vers les USA, si ces derniers "continuaient de menacer la stabilité de son régime". Parmi les 3,2 millions de barils de pétrole produits quotidiennement par le Vénézuela, 1,5 millions sont exportés actuellement vers les Etats-Unis. Jeudi dernier, la Secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice avait déclaré que le Vénézuela constituait l'un des "plus gros problèmes" du monde occidental, notamment en raison de ses relations étroites avec Cuba.
Le Vénézuela est membre actif de l' OPEP et a tenu un rôle important dans l'évolution des positions des pays producteurs de pétrole. De plus, il est l'un des rares pays à avoir exprimé publiquement son soutien au programme énergétique nucléaire de l'Iran.
1 – Chavez opposé aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne
Hugo Chavez a menacé vendredi de suspendre les exportations de pétrole vers les Etats-Unis si ces derniers "dépassaient la ligne". Il a par ailleurs menacé de fermer les raffineries vénézuéliennes situées aux Etats-Unis et d'offrir d'autres débouchés au pétrole destiné au marché américain, si les Etats-Unis rompaient les relations.
Le président vénézuélien avait déclaré précédemment que le président américain était pire que Hitler. Il a également qualifié la semaine dernière George W. Bush de «fou» tout en accusant les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de vouloir envahir l'Iran, l'allié le plus proche de Caracas au Moyen-Orient. Par ailleurs, il réitère ses propos sur un éventuel complot américain contre le Vénézuela.
Les relations déjà tendues entre les Etats-Unis et H.Chavez se sont encore envenimées cette semaine avec l'expulsion par Chavez d'un attaché militaire américain accusé d'espionnage et l'expulsion, en représailles, d'un diplomate vénézuélien par Washington.
Chavez, qui a acheté l'an dernier des hélicoptères et des armes à la Russie, a déclaré qu'il chercherait à acheter d'autres armes pour défendre le Venezuela contre toute tentative de renverser son gouvernement. Fervent opposant à l'administration Bush, le président vénézuélien surnomme souvent le chef de la Maison Blanche «Mr Danger» et l'a déjà accusé d'être «le plus grand terroriste du monde». Mercredi, il avait qualifié le Premier ministre britannique Tony Blair d'"espion de l'impérialisme» américain.
2 – Propos américains envers le Vénézuela
Les autorités américaines n'ont pas parlé pour leur part de rompre les relations. Elles ont à plusieurs reprises accusé Chavez de tenir des propos incendiaires pour attiser les sentiments nationalistes de ses partisans. Récemment, les Etats-Unis ont bloqué la vente par l'Espagne au Vénézuela d'avions EADS-CASA contenant de la technologie américaine.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a pour sa part estimé jeudi que le Venezuela était l'un des plus gros problèmes du monde occidental, en raison notamment de ses liens avec Cuba. C.Rice a exhorté la communauté internationale à être "plus active dans le soutien et la défense de la population vénézuélienne" contre les actions entreprises par le président Hugo Chavez contre les organisations non-gouvernementales et les syndicats de son pays.
3 – Diplomatie pétrolière du Vénézuela
Le ministre vénézuélien du Pétrole, Rafael Ramirez, a affirmé jeudi dernier que l'OPEP ne devrait pas réduire sa production lors de sa prochaine réunion. "Chacun est en train de dresser ses inventaires, le Japon, les Etats-Unis, et cela est très dangereux", a-t-il indiqué. Selon lui, il existe un surapprovisionnement d'un million de barils/jour.
Le Vénézuela est le 3ème fournisseur de pétrole des Etats-Unis. Si Washington a pris acte de la victoire du Président vénézuélien au référendum du 15 août 2004, les relations se sont à nouveau tendues dès début 2005, le gouvernement américain ayant déjà déclaré à l'époque qu'ils considéraient le Vénézuéla comme un facteur de déstabilisation régionale.
La politique extérieure actuelle du Vénézuéla répond à trois objectifs : contenir l'influence des Etats-Unis, mener une diplomatie pétrolière active et privilégier les processus d'intégration des pays voisins. H.Chavez s'efforce de constituer un axe avec le Brésil et l'Argentine de manière à promouvoir une intégration latino-américaine (ALBA) , qu'il préfère à une zone dominée par les Etats-Unis.
L 'Argentine est en passe de devenir un partenaire majeur du Vénézuéla. Les deux pays échangent des produits énergétiques contre des produits agroalimentaires. Les trois présidents (Vénézuela, Brésil et Argentine) , qui se sont rencontrés à Montevideo le 1er mars 2005 ont défini les axes d'une coopération renforcée entre leurs pays.
Les relations des Présidents Fidel Castro et Hugo Chavez sont anciennes. Près de 20.000 coopérants cubains, principalement médecins et enseignants, travaillent au Vénézuéla , qui en retour fournit à La Havane des produits pétroliers à des conditions avantageuses.
Le Vénézuéla participe, avec la Colombie et le Mexique, dans le cadre du G3 , à une concertation sur les problèmes régionaux. Dans le cadre des accords de San José , il s'est engagé avec le Mexique à garantir aux pays de la région un approvisionnement pétrolier à des conditions préférentielles. Les principes de cet accord sont repris dans l'accord de coopération énergétique de Caracas passé entre le Vénézuéla et dix pays d'Amérique centrale et des Caraïbes, en octobre 2000, complétés par un nouvel accord signé en juillet 2004 avec 13 petits pays des Caraïbes pour créer "Petrocaribe" , structure chargée de la vente et de la livraison de produits pétroliers à des prix concertés inférieurs aux cours mondiaux.
A lire également :
. EADS-CASA fait les frais des rivalités Bush/Chavez/Zapatero
. Le Vénézuela va devenir membre permanent du Mercosur

11 Commentaires
1
c'est cynique, mais c'est tout bon poyur le baril ça :)
20 février 2006 à 08:152
Oui, Romain : 100 % d'accord, c'est cynique mais bon pour le baril , idem Nigéria : il a qd même 9 personnes prises en otage ... pour lesquelles les ravisseurs affirment qu'ils seront mal traités d'entrée (affirme, esperons que ce n'est qu'un effet d'annonce !!)
Pour Chavez / Bush , c'est la grosse bataille depuis belle lurette liée tres certainement liée à l'influence que se dispute les deux pays dans la région via ALCA / ALBA
on en reparle , je prepare une synthese , car assez complexe
20 février 2006 à 13:193
En attendant , bcp d'articles sur le sujet sur RISAL
http://risal.collectifs.net/mot.php3?id_mot=320
20 février 2006 à 13:224
ALCA sur RISAL
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Depuis plusieurs années, le paysage social et politique du sous-continent sud-américain a fortement évolué. Chez les Bush, entre le mandat de George H., qui lança l'Initiative pour les Amériques - le futur ALCA - au début des années 90, à l'époque où l'histoire prenait fin et le mandat du fils, George W., quand l'histoire reprend du poil de la bête et que l'on se remet à espérer le changement en Amérique du Sud, on a dû ressentir le retournement de la conjoncture. Le blocage des négociations sur l'ALCA en témoigne. Ce projet ambitieux d'intégration des Amériques a une finalité économique et sécuritaire et tout indique qu'il bénéficiera essentiellement aux entreprises transnationales états-uniennes. Il vise à former un grand marché unique de 34 pays démocratiques,Cuba en étant exclu.
20 février 2006 à 13:29Cependant, l'Amérique du Sud a pris d'une certaine manière un virage à gauche et l'hégémonie néolibérale semble un peu s'affaiblir. Le déroulement du récent sommet des Amériques de Mar del Plata, en Argentine, les 4 et 5 novembre 2005, semblerait confirmer ce changement.
C'est l'éternelle question de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. Des 34 pays présents au sommet en Argentine, 29 ont appuyé la Zone de libre-échange des Amériques (ALCA, sigles en espagnol) ou du moins la reprise des négociations. C'est considérable. Mais, en face, les pays qui ont résisté sont les économies parmi les plus importantes du sous-continent: les pays du Mercosur et le Venezuela. Au sortir du sommet, délégations et commentateurs ont souligné l'échec du projet libre-échangiste impulsé par les EUA. Un échec pourtant tout relatif. Si l'ALCA est le principal symbole du libre-échange sur le continent et est dénoncé depuis des années par la plupart des mouvements sociaux, il ne constitue pourtant pas la seule voie de la dérégulation commerciale.
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Cela ne doit pas plaire à Bush ....
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L'Argentine, le Brésil et le Venezuela signent un accord sur la coopération énergétique
MONTEVIDEO, 9 décembre (XINHUANET) -- L'Argentine, le Brésil et le Venezuela ont signé vendredi à Montevideo un accord sur la construction d'un grand gazoduc connectant les trois pays, a déclaré le ministre argentin du Plan, Julio de Vido.
Des responsables des trois pays ont signé un mémorandum d'entente sur un projet de gazoduc d'une longueur de 6000 km lors d'une réunion des présidents des trois pays, a dit M. de Vido.
Les dirigeants se sont réunis à Montevideo, capitale d'Uruguay, en marge du sommet du Marché commun de l'Amérique du Sud (Mercosur) , une réunion d'un jour durant laquelle le Venezuela a été accepté comme un membre à part entière du bloc.
Une étude de faisabilité technique et financière sur le gazoduc serait menée, selon le mémorandum.
Le Brésil et l'Argentine ont également signé, lors d'une réunion, un accord séparé sur la fourniture de l'énergie mutuelle.
En vertu de cet accord, l'Argentine fournira au Brésil 1,5 million de mètres cubes de gaz en été et le Brésil doit fournir à l'Argentine 700 mégawatts d'électricité en hiver.
20 février 2006 à 13:526
La politique étrangère et financière désastreuse de W pousse l'Amérique du Sud à se coaliser contre les USA...
Le pétrole devient un enjeu stratégique aussi fort que la bombe nucléaire (voir Iran).
20 février 2006 à 19:347
Le Venezuela reçoit 3 nouveaux hélicoptères militaires russes 2006-02-22 15:00:11
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CARACAS, 21 février (XINHUANET) --
Le Venezuela a reçu mardi les trois premiers hélicoptères militaires russes, achetés par le gouvernement du président Hugo Chavez, dans le cadre d'un important achat d'armes entre les deux pays.
Les trois MI-17 constituent les trois premiers des 15 hélicoptères militaires qui seront livrés au Venezuela conformément à deux contrats d'une valeur d'environ 200 millions de dollars, a précisé le ministre vénézuélien de la Défense, Orlando Maniglia.
Ces hélicoptères seront utilisés pour sauvegarder la souveraineté de l'Etat et protéger les zones de sa frontière maritime longue de 2200 km avec la COLOMBIE [on en reparle], zones qui font l'objet de fréquentes attaques des guérilleros, a indiqué M. Maniglia.
Ces hélicoptères renforceront également les capacités de l'armée vénézuélienne à combattre les trafiquants de drogue, a-t- il affirmé, ajoutant qu'ils pouvaient aussi être utilisés dans des programmes spéciaux tels que des opérations de secours en cas de désastre.
Outre les hélicoptères, le Venezuela a également signé des accords avec la Russie l'année dernière afin d'acheter 100 000 Kalachnikov pour remplacer les armes obsolètes des forces armées du pays.
L'achat d'armes par le Venezuela a provoqué l'inquiétude de Washington qui craint qu'elles ne tombent entre les mains des guérilleros colombiens ou d'autres groupes d'activistes.
Le Venezuela a dénoncé l'opposition de Washington à ses accords d'achat comme étant une "ingérence dans ses affaires intérieures".
22 février 2006 à 13:108
Venezuela réduit les fréquences de vols de lignes aériennes américaines
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CARACAS, 24 fév 2006 (AFP)
Caracas a décidé de réduire la fréquence des vols de plusieurs compagnies américaines au Venezuela, dénonçant un traitement injuste des lignes aériennes vénézuéliennes sur le territoire américain, a fait savoir l'Institut national d'aviation civile (Inac).
L'Inac "est contrainte de (...) réduire à partir du 1er mars, les fréquences des opérations aériennes de certaines entreprises américaines opérant entre les Etats-Unis et le Venezuela", indique le communiqué daté du 22 février et publié sur le site internet de l'Institut.
Le communiqué ne précise pas les noms des compagnies affectées mais la presse vénézuélienne de vendredi affirme qu'il s'agit de American Airlines, Continental Airlines, Delta Airlines.
24 février 2006 à 21:159
On en reparle ce soir !
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Le Venezuela pourrait cesser d'exporter son brut vers les États-Unis - Agence France-Presse - Téhéran
Le Venezuela pourrait cesser ses exportations de brut vers les États-Unis si la politique d'hostilité de Washington se poursuit à l'égard de ce pays, a déclaré dimanche le ministre vénézuélien de l'Énergie, Rafael Ramirez, cité par l'agence officielle Irna.
30 juillet 2006 à 18:2610
L'europe ferait bien de regarder ce qui se passe en Amérique latine depuis un certains temps et de ce décider à s'entendre à avoir une politique commune. Mais ça on sait que les usa via l'Angleterre et la Pologne principalement font tout pour que cela ne se produise pas...
03 août 2006 à 15:1711
Entièrement d'accord avec citoyen Européen. Pendant que l'Amérique Latine et le reste du monde se battent bec et ongle pour se dégager du serpent américain, l'Europe est fascinée, colonisée -d'une colonisation qui ne dit pas son nom- par les étatsuniens. La tête se sarko-fage devant bush (lors de se visite au us) est de très mauvaise augure pour la France et l'Europe. Faut que les cityens se réveillent avant que les politicards n'aient complétement livré l'Europe au serpent américain. Bush c'est le diable qui s'octroie le monde pendant que les européens parlementent inutilement et nuisiblement. Nos députés sont de véritables prostituées de la cause étatsunienne. Quand nous nous réveillerons de cette hypnose, il ne restera que les US et les Chinois. Chavez a raison, Bush est le diable en personne.
12 mars 2007 à 20:12Ajoutez un commentaire
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