ARCELOR : affaire épicée ... au SAFRAN

Jv2T.Breton, qui conteste la façon dont Mittal Steel a lancé son OPA sur Arcelor, nie tout protectionnisme, l'Etat, les employés et les clients d'Arcelor étant en droit selon lui, de donner également leur avis, en dehors des actionnaires d'Arcelor. Dans le cadre de l'opération, le fondateur indien Lakshmi Mittal détiendra 51% du capital et 66% des droits de vote.

Les faiblesses de l'offre de Mittel Streel seraient les seuls motifs des réserves exprimées, et non pas des "efforts pour se protéger ou faire de la discrimination à l'égard d'un grand pays émergent respecté", explique T.Breton, faisant référence à l'Inde. Mais ce que certains considèrent comme un revirement pourrait bien être en partie justifié par les relations économiques entre l'Inde et la France.

En effet, parallèlement à l'OPA de l'indien Lakshmi Mittal, la branche aéronautique de Safran va se renforcer en Inde : le groupe, qui avait déjà inauguré en décembre 2005 une usine d'assemblage de Turbomeca à Bangalore, va créer un centre de maintenance pour les moteurs d'avions CFM56, qui équipent notamment l'A320 et l'A340. L'usine devrait être opérationnelle à la mi-2006. Par ailleurs, la Force aérienne indienne refuse de recetter deux Jaguar modernisés par la compagnie nationale HAL pour cause d'équipement non conforme aux spécifications.

I - Thierry Breton dément tout protectionnisme

T.Breton a fermement déclaré que les tendances protectionnistes n'avaient aucune place dans la gouvernance économique moderne. Selon lui, les parties prenantes sont les protagonistes qui ont un intérêt dans le succès de la compagnie et, quoique non actionnaires, peuvent légitimement exprimer une opinion ou des attentes. Il avait par ailleurs déjà fait allusion ces derniers jours au rejet par les USA, en 2005, de l'OPA de la compagnie pétrolière chinoise CNOOC sur Unocal.

Seules les faiblesses de l'offre de Mittel Streel expliquent les réserves des gouvernements concernés, et non pas des efforts pour se protéger ou faire de la discrimination à l'égard d'un grand pays émergent respecté" précise par ailleurs T. Breton, faisant référence à l'Inde. Certes, si l'on veut être factuel, Lakshmi Mittal, fondateur et actionnaire principal de Mittal Steel, est d'origine indienne mais naturalisé britannique, et ... donateur du parti travailliste de Tony Blair.

Faisant référence à des rumeurs concernant l'intérêt du russe Gazprom pour Centrica, premier distributeur de gaz en Grande-Bretagne, il ajoute ne pas être surpris par la réaction de son homologue britannique qui avait précédemment averti que tout acheteur potentiel ferait l'objet d'un examen rigoureux des autorités de régulation et de la concurrence, précisant que la sécurité de l'approvisionnement des consommateurs britanniques en énergie était de la plus haute importance.

II – Nippon Steel ne sera pas le chevalier blanc d'Arcelor

Le sidérurgiste japonais Nippon Steel n'a pas l'intention de voler au secours de son homologue européen Arcelor. Il est actuellement "hors de question" pour le groupe japonais de prendre une large participation dans Arcelor, a déclaré M. Mimura, le PDG du groupe, à un quotidien d'affaires.

M.Mimura a confirmé s'être entretenu jeudi dernier à Paris avec le président d'Arcelor dans le cadre d'une réunion programmée, dont le principal sujet aurait traité d'un renforcement du partenariat existant dans des domaines tels que le développement technologique. Guy Dollé, PDG d'Arcelor n'aurait formulé aucune proposition spécifique quant à une éventuelle entrée de Nippon Steel dans la bataille .

Une telle possibilité est très improbable, car, en tout état de cause, Nippon Steel aurait besoin d'une énorme somme d'argent pour ce faire, alors que le modèle d'affaires du Groupe dicte de ne pas s'engager dans de grandes acquisitions. Le patron d'Arcelor avait lui aussi affirmé vendredi qu'il ne comptait sur aucun "chevalier blanc" pour surenchérir à l'offre publique de 18,6 milliards d'euros lancée par Mittal Steel.

III – Renforcement du groupe SAFRAN en Inde

La branche aéronautique de Safran (ex-Snecma) qui avait déjà inauguré en décembre 2005 une usine d'assemblage de Turbomeca à Bangalore, va se renforcer en Inde en créant un centre de maintenance pour les moteurs d'avions CFM56. Une fois la recherche d'un partenaire local effectué, le groupe SAFRAN décidera ensuite de l'implantation géographique du centre. L'usine devrait être opérationnelle à la mi-2006.

La gamme des moteurs CFM56, produite dans le cadre d'une joint venture à 50/50 entre Snecma et General Electric, équipe 15.000 avions dans le monde, notamment les Airbus A320 et A340. Jusqu'à présent, l'Inde ne disposait que d'un seul centre de maintenance de moteurs d'avions, géré par Indian Airlines. L'essor du trafic aérien, et la création de nouvelles compagnies privées, a fortement accrû la demande en la matière.

IV – Contrats de Turbomeca (groupe SAFRAN) en Inde

Turbomeca Turbochargers Industrial India (TTII) a été créée en décembre 2005 à Bangalore, en Inde. Cet établissement est en charge de l’assemblage et de la commercialisation de turbocompresseurs. Ces derniers sont utilisés pour la suralimentation de gros moteurs diesel, ferroviaires essentiellement. Ce nouvel établissement marque une étape importante dans la stratégie de Turbomeca concernant son implantation et son expansion internationales. L’effectif devrait atteindre une vingtaine de personnes courant 2006.

Ce nouvel établissement approvisionne les composants sur le marché local, les assemble et teste les turbocompresseurs Turbomeca, destinés au marché international et à l'Inde, puisqu'ils équipent plusieurs centaines de locomotives diesel de l’Indian Railways, le réseau ferroviaire le plus important au monde.

En février 2003, Turbomeca et la société aéronautique indienne Hindustan Aeronautic Limited (HAL) avaient annoncé la signature de trois contrats majeurs portant sur un nombre important de moteurs. Le premier contrat couvre le co-développement et la co-production des moteurs Ardiden, le second porte sur la fourniture de moteurs pour application sur l’hélicoptère Dhruv de HAL, le troisième concerne la licence de réparation et de révision pour les TM 333 2B2.

Turbomeca avait annoncé alors que ces contrats constituaient une étape-clé et renforceraient la collaboration entre la France et l’Inde. Les hélicoptères devraient être utilisés par l’aviation de l’Armée indienne. Ils sont également proposés aux opérateurs civils.

Ces contrats sont le résultat d’une longue relation entre HAL et Turbomeca, débutée en 1961 lorsque la première licence a été accordée au moteur de Turbomeca pour la motorisation de la flotte des Forces armées indiennes.

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5 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    Turbomeca annonce un investissement de 50 Millions de Dollars, "pour la mise en place de locaux, de moyens matériels et d'achat de pièces aux USA, en vue d'étendre ses activités de production et de support produit chez Turbomeca USA (TM USA)".

    Près de 10 M$ seront consacrés au financement de l'agrandissement des locaux de 22 000 m2, dont les travaux ont débuté en juin dernier. Cette expansion permettra d'augmenter, à la fois les activités de maintenance, réparation et révision, ainsi que le montage et les essais de moteurs neufs.
    Turbomeca est confronté à une demande de plus en plus importante de moteurs d'hélicoptères. L'an passé, TMUSA a assemblé et testé 234 moteurs neufs. Cette augmentation se poursuivra encore pour atteindre une production de 550 moteurs neufs en 2007.

  2. 2

    Elisabeth / CQFD

    RUSSIE / Nucleaire /Arcelor / Inde/ SAFRAN ... tout est lié ....

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    12.02.2006

    Dominique de Villepin se rend en Russie lundi et mardi pour une visite officielle destinée à renforcer la coopération économique mais qui sera également l'occasion d'évoquer avec Vladimir Poutine les dossiers brûlants du moment, tels que l'Iran et le Hamas.

    Mais la priorité sera économique. La France n'est que le neuvième partenaire commercial de Moscou, le sixième investisseur en Russie. Le marché russe n'absorbe que 0,7% des exportations françaises.

    Les questions énergétiques et spatiales seront au centre de la visite du Premier ministre, qui est accompagné par les P-DG de Gaz de France, d'EADS, de Thales ou encore d'AREVA, ainsi que par le président du directoire de SAFRAN et le directeur général de Total.

    Deux accords dans le domaine spatial doivent être signés au cours de ce voyage, notamment sur le lancement dans les années qui viennent de vaisseaux Soyouz depuis Kourou, en Guyane.

  3. 3

    Elisabeth

    mercredi 15 février 2006, 20h00
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    Chirac vante les atouts des entreprises françaises auprès de l'Inde
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    PARIS (AP) - Attendu dimanche en Inde, Jacques Chirac vante les atouts des entreprises françaises dans une tribune publiée jeudi dans le quotidien indien "The Economic Times".

    L'Inde "s'impose comme l'un des principaux moteurs de la croissance mondiale, avec un taux moyen annuel de 7 à 8 %" et "l'émergence d'un marché qui comprend déjà plusieurs centaines de millions de consommateurs", constate le président français.

    "Pour accompagner cette mutation, l'Inde peut trouver dans l'économie française les nombreux partenaires désireux de s'engager à ses côtés", assure Jacques Chirac, qui sera accompagné pour sa visite d'Etat en Inde de nombreux chefs d'entreprises français.

    "Au sein de l'Union européenne, la France est résolument engagée dans la bataille de l'économie mondiale", affirme le chef de l'Etat. "Elle est à l'origine de la plupart des grandes aventures technologiques et industrielles européennes telles que le train à grande vitesse, Ariane, Airbus, Galileo, ITER". Par ailleurs, "elle est réputée dans le monde pour l'excellence de ses ingénieurs et de ses scientifiques, sa capacité à conjuguer l'impulsion de l'Etat et l'initiative privée".

    La France "peut et elle veut devenir pour les grands pays émergents un partenaire de référence", insiste Jacques Chirac, qui ambitionne de "doubler" le commerce entre la France et l'Inde "au cours des cinq prochaines années".

    Par ailleurs, Paris "appuie fermement la candidature de l'Inde à un siège permanent au Conseil de sécurité" des Nations unies, écrit Jacques Chirac. "Elle souhaite que la place de l'Inde dans les enceintes chargées de réguler la mondialisation se renforce".

    Le président français veut aussi "renforcer les relations entre nos universités et nos grandes écoles" et "encourager nos étudiants à faire le choix de l'Inde et de la France pour parfaire leur formation".

  4. 4

    et à l'ATR / Elisabeth

    La compagnie aérienne indienne Kingfisher Airlines a signé dimanche à New Delhi la commande ferme de 15 avions régionaux ATR 72-500, pour un montant de 270 millions de dollars, assortie d'une option sur 20 avions supplémentaires, a-t-on constaté.

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  5. 5

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