«Belvédère tient le haut du pavé | Accueil | SUEZ met les gaz sur le GNL »
ALTADIS : les emplois partent en fumée
Le groupe de tabac Altadis (ex-Seita) a annoncé au CCE un projet de restructuration supprimant 472 postes en France et en Espagne, dont 239 en France d'ici 2007, en raison d'une "baisse continue de la consommation du tabac".
Les sièges parisien et madrilène sont touchés, notamment les fonctions d'appui à la production et les fonctions commerciales. Le groupe, qui avait engagé en 2003 un vaste plan social, emploie 8.189 personnes en Espagne et 5.285 en France.
Pour rappel, le quotidien britannique Daily Mail avait affirmé jeudi que Imperial Tobacco préparait une OPA amicale de 11 milliards d'euros sur Altadis, qui a démenti "catégoriquement" avoir engagé des négociations.
I – Réduction des effectifs
Les mesures du plan conduiraient à une réduction totale nette de 472 postes dont 239 en France et 233 en Espagne, le groupe employant au total 30.000 personnes dans le monde. De fait, le plan de restructuration toucherait essentiellement en termes d'emploi les services administratifs, de marketing et de vente.
Selon la fédération CGT du Tabac, une centaine de postes seraient supprimés à Paris. Le centre de distribution de Paris-Nord qui emploie une cinquantaine de salariés devrait notamment fermer, ainsi qu'un centre de recherche et de développement situé dans la périphérie de Madrid, employant 60 personnes.
Des représentants et des délégués de syndicats, notamment de Commissions Ouvrières ont annoncé une manifestation à Madrid en marge du CCE pour protester contre la réduction d'emplois et d'activité du groupe. Ils attribuent "la situation critique" du groupe en Espagne à l'adoption "d'une politique qui dissuade la consommation" de cigarettes.
II – Contexte économique du secteur tabac
Le groupe Altadis, issu de la fusion de la Seita et de la Tabacalera en 1999, fait actuellement face à une baisse continue de la consommation des produits du tabac. Ce marché, qui représentait environ 554 milliards d'unités en 2004, décline dans la plupart des pays. Au regard des politiques de lutte contre le tabac mises en oeuvre, la consommation en Europe de l'Ouest devrait poursuivre sa baisse.
La baisse de la consommation avait déjà été invoquée lors du précédent plan social qui avait supprimé 1.500 emplois, dont 700 en France, et entraîné la fermeture de l'usine de Lille, site historique de la Seita (540 salariés). Le groupe s'est engagé à mettre en place d'importantes mesures d'accompagnement afin de minimiser l'impact social de cette réorganisation.
III – Nouvelle loi anti-tabac en Espagne
Cette nouvelle restructuration est également consécutive à l'application en Espagne depuis le 1er janvier d'une sévère loi anti-tabac, qui interdit notamment la publicité et le parrainage et limite les points de vente. Pour garder leurs clients, les fabricants dont Altadis ont baissé les tarifs de leurs produits en dépit de plusieurs relèvements des taxes sur le tabac.
De plus, lundi, 13 février, le Conseil des ministres espagnol a décidé de faire passer la taxe proportionnelle s'appliquant sur le prix de vente des cigarettes de 55,95 à 57%. De même, la taxe spécifique forfaitaire en euros pour 1.000 unités passe de 4,20 à 6,20 euros. Par ailleurs, le gouvernement espagnol a également décidé de porter temporairement la marge des débitants de tabac de 8.5 % à 8.75 % au prix de vente jusqu'au 30 juin 2006.
La fiscalité sur les cigarettes avait déjà été modifiée le 21 janvier dernier. La première taxe était passée de 54,95 à 55,95 Euros, tandis que la deuxième était passée de 4,20 à 6,50 Euros.
Altadis doit décider dans les prochains jours des changements à apporter à ses prix afin de prendre en compte la nouvelle fiscalité. Le groupe avait réagi début février à la première hausse en revoyant ses prix à la baisse. En parallèle à cette décision du Conseil espagnol, le titre reculait de 2.93 % dans la journée de lundi.
A lire également :
TrackBack
URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/80157/4262670
Voici les sites qui parlent de ALTADIS : les emplois partent en fumée:
Commentaires



