Altadis, fabricant de cigarettes franco-espagnol, a démenti catégoriquement jeudi avoir engagé un quelconque processus de négociations en vue d'une éventuelle OPA amicale du britannique Imperial Tobacco sur sa société.
Peu avant, un communiqué remis aux autorités boursières espagnoles avait déjà affirmé qu'il n'était pas "en négociations", en réponse aux rumeurs d'une offre de 7,5 milliards de livres (11 milliards d'euros) sur le groupe.
Le titre Altadis avait bondi jeudi matin après la publication d'informations par le Daily Mail citant des "sources informées" selon lesquelles Imperial Tobacco s'apprêterait à lancer une OPA amicale sur le groupe franco-espagnol. A la cloture, l'action progressait de 3.46 % sur un marché en hausse de 1.24 %.
Le 2 février, l'agence de notation Moody's avait passé la note du groupe Altadis à "négative" en raison de la baisse des prix décidée en Espagne.
I – Eventualité d'une OPA de Imperial Tobacco
Le groupe britannique Imperial Tobacco a refusé jeudi de commenter les rumeurs selon lesquelles il s'apprêterait à lancer une offre sur Altadis, tout en insistant sur l'intérêt général du groupe pour les acquisitions.
Le porte-parole de la société a démenti toute rencontre entre les deux groupes mardi, en indiquant que des rumeurs circulaient depuis 18 mois. Le Groupe s'est ouvertement exprimé sur le fait qu'il voulait réaliser davantage d'accords de rachat, qu'il voyait davantage de consolidation à venir dans le secteur du tabac et qu'il voulait qu'Imperial soit un des consolidateurs, plutôt qu'un des consolidés.
II – Baisse des prix en Espagne
La nouvelle loi anti-tabac adoptée en Espagne a déclenché une guerre des prix dont l'un des derniers évènements a été la baisse le 1er février des tarifs d'Altadis (Fortuna, Ducados), suivant celle de Philip Morris (Marlboro, Chesterfield).
Dans un premier temps, Altadis avait décidé de répercuter la hausse de la fiscalité approuvée par le Conseil des Ministres le 20 janvier dernier sur le prix de ses produits, et plus particulièrement sur sa marque 1er prix Ducados Rubio.
Mais, face au repositionnement de prix de marques concurrentes, et après avoir analysé toutes les options possibles, Altadis a décidé de baisser le prix de ses produits afin de préserver sa compétitivité sur le marché et maintenir son activité industrielle.
Si la situation du marché espagnol reste inchangée d’ici la fin de l’année, Altadis enregistrera un impact négatif sur son résultat d’exploitation (EBITDA) en 2006, d'ores et déjà estimé autour de 170 millions d’euros, des économies s’élevant à 80 millions d’euros étant planifiées en vue de limiter les conséquences.
Ces réductions de dépenses s'intègrent dans un objectif global d’économies de 200 millions d’euros sur la période 2006-2008, de même que les 62 millions d’euros provenant du plan de restructuration industriel en cours, et les 60 millions d’euros additionnels, qui seront plus particulièrement générés sur les frais généraux ainsi que les frais publicitaires et promotionnels.

2 Commentaires
1
Espagne: hausse des taxes sur les cigarettes visant les marques à bas prix
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MADRID, 10 fév 2006 (AFP)
Le gouvernement espagnol a approuvé vendredi une nouvelle hausse des taxes sur les cigarettes, dont un impôt minimum pour les marques à bas coût, en pleine guerre des prix déclenchée par les fabricants après l'entrée en vigueur d'une sévère loi anti-tabac.
L'exécutif relève de 1,05 point à 57% l'une des deux taxes sur le tabac, et oblige désormais les fabricants à payer 8,20 euros pour 1.000 cigarettes fabriquées contre 6,20 euros auparavant, selon un communiqué officiel.
Le gouvernement établit également une taxe minimum de 55 euros pour mille cigarettes, ce qui revient à pénaliser d'un impôt d'au moins 1,10 euros tous les paquets de cigarettes, ajoute le communiqué, qui précise que cette mesure concerne le segment des cigarettes à bas prix.
Un impôt minimum sur les marques à bas prix avait été réclamé par la ministre de la Santé, Elena Salgado et le fabricant Philip Morris (Marlboro).
Jeudi, le ministre de l'Economie, Pedro Solbes, avait averti que le gouvernement n'excluait pas de nouvelles hausses des impôts sur le tabac tant que les prix de vente des cigarettes ne se situeraient pas à un niveau "approprié" et dissuasif.
"Une fois de plus, les fabricants n'ont pas répercuté la hausse des impôts sur les prix de vente, ce qui démontre qu'ils disposent de marges suffisamment importantes" pour contrer les durcissements de la fiscalité, avait-il regretté.
Le gouvernement a également décidé d'élever de "façon temporaire" la commission que touchent les buralistes. Ces derniers s'étaient plaints que les réductions des prix des cigarettes les contraignaient à vendre à perte.
L'exécutif autorise également les kiosques à journaux à vendre du tabac et ils devront pour cela installer des distributeurs de paquets de cigarettes.
Fin janvier, environ 300 titulaires de kiosques à journaux avaient manifesté à Madrid devant le ministère de la Santé pour protester contre la loi anti-tabac qui leur interdit de vendre des cigarettes depuis le 1er janvier.
Cette interdiction aux 30.000 kiosques à journaux espagnols signifiera une baisse de leur chiffre d'affaires de 40%, avait alors déclaré Juan Vicioso, président de la Confédération espagnole de vendeurs de presse (Covepress).
10 février 2006 à 16:202
Altadis : nouvelle hausse de la fiscalité sur les cigarettes
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Le Conseil des ministres espagnol a décidé de faire passer la taxe proportionnelle s'appliquant sur le prix de vente des cigarettes de 55,95 à 57%. De plus, la taxe spécifique forfaitaire en euros pour 1.000 unités passe de 4,20 à 6,20 euros.
Par ailleurs, le Conseil des ministres a également décidé de porter temporairement la marge des débitants de tabac de 8.5 % à 8.75 % au prix de vente jusqu'au 30 juin 2006.
La fiscalité sur les cigarettes avait déjà été modifiée le 21 janvier dernier. La première taxe était passée de 54,95 à 55,95 Euros, tandis que la deuxième était passée de 4,20 à 6,50 Euros.
Altadis va décider dans les prochains jours des changements à apporter à ses prix afin de prendre en compte la nouvelle fiscalité. Le groupe avait réagi début février à la première hausse en revoyant ses prix à la baisse.
Le titre recule de près de 2% ce matin à 36,85 Euros à la bourse de Paris.
13 février 2006 à 14:04Ajoutez un commentaire
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