Air Liquide annonce la signature d’un contrat de 20 ans entre sa filiale Shuaiba Oxygen et la société EQUATE Petrochemical Company, joint-venture entre la société koweïtienne Petrochemical et Union Carbide (filiale de Dow Chemical).
Le Koweït, l’un des principaux pays producteurs de pétrole, cherche en effet à accroître la valorisation de ses ressources pétrolières en poursuivant le développement de l’industrie pétrochimique.
A l'heure actuelle, Air Liquide suit également de près le rapprochement entre l'allemand Linde et le groupe spécialisé dans les gaz industriels BOC. Contrairement aux rumeurs du week-end dernier à Londres, le dossier Linde-BOC n'a pas encore abouti.
Face à ce scénario, Air liquide réfléchirait à une contre-offensive, selon certaines rumeurs qui n'ont pas été commentées par le groupe.
1 – Nouveau contrat d'Air Liquide au Koweit
Ce nouveau contrat prévoit la fourniture d’oxygène, d’azote et d’air comprimé pour le nouveau site d’EQUATE à Shuaiba (40 km de Koweït City). La société Shuaiba Oxygen investira près de 70 millions d’euro dans une unité de production de gaz de l’air qui aura une capacité de production de 1 500 tonnes/jour d’oxygène et sera opérationnelle au cours du 3ème trimestre 2008.
Avec ce premier contrat long terme au Koweït, Air Liquide élargit son implantation au Moyen-Orient. Shuaiba Oxyge est elle-même une joint-venture entre Air Liquide, Kuwait Industrial Gases Company et Mohammed Abdulmohsen Al-Kharafi and Sons. Air Liquide est déjà présent au Moyen-Orient, en Egypte, à Oman, au Qatar, au Liban.
2 – Potentiel rapprochement Linde/BOC
Après des mois de rumeurs, le groupe spécialisé dans les gaz industriels BOC, concurrent d'Air Liquide, avait confirmé fin janvier qu’il avait été approché par l’allemand Linde. L’offre du spécialiste allemand dans le secteur gazier valorisait le groupe britannique à quelques 11 milliards d’euros. Lequel avait refusé aussitôt cette première offre de Linde, le montant de la proposition étant considérée comme insuffisante par le conseil d'administration de BOC.
La déclaration de Linde était de nature à inciter les autres concurrents du secteur, tels les américains Air Products et Praxair à établir également une offre. D’autant plus qu’Air Products avait réalisé avec Air Liquide une offre sur le britannique en 1999. Avec l’acquisition en janvier 2004 des activités de l’allemand Messer, les analystes ne voyaient pas de prime abord Air Liquide se placer sur cette opération.
Contrairement aux rumeurs du week-end dernier à Londres, le dossier Linde-BOC n'a pas encore abouti. Cependant, des discussions entre les deux groupes semblent s'amorcer. Même si aucun accord n'a encore été trouvé, l'offre aurait été réévaluée à hauteur de 11,8 milliards d'euros, une OPA amicale pourrait être envisagée. L'opération pourrait encore nécessiter plusieurs semaines et obliger Linde à certaines cessions pour financer le rachat de BOC et répondre aux exigences des lois anti-trust américaines.
3 – Contre-offensive d'Air Liquide sur BOC ?
A l'heure actuelle, Air Liquide se dit observer de près le rapprochement entre Linde et BOC. Très puissant en Europe, le groupe souhaiterait se renforcer en Asie. De plus, l'opération aurait notamment pour conséquence de détrôner Air Liquide de sa place de numéro un mondial (avec 18% du marché), selon l'étendue du périmètre qui serait conservé à l'issue de l'offre (lequel dépendra des cessions exigées par les autorités antitrust européennes et américaines).
Pour rappel, Air Liquide avait aussi fait une offre sur BOC au printemps 2000, mais celle-ci avait été bloquée par les autorités de la concurrence américaines. Face à ce scénario, Air liquide réfléchirait à une contre-offensive, selon certaines rumeurs qui n'ont pas été commentées par le groupe. Une telle éventualité semble néanmoins complexe, du fait notamment de l'acquisition très rapide de l'allemand Messer, et de l'éventuel abus de position dominante que pourrait représenter une prise de contrôle de BOC. Il est également peu probable que l'Autorité américaine modifie son avis sur le dossier.
Pour certains, une fusion entre Linde et BOC ne mettrait pas Air liquide en danger. Le groupe est bien implanté sur ses marchés et se positionne en force sur des secteurs comme l'hydrogène et la santé. Air liquide s'est d'ailleurs déclaré confiant dans sa capacité à mener, en 2006, une croissance soutenue, grâce en partie à une forte demande asiatique.
Pour 2005, Air liquide a confirmé l'anticipation d'une hausse à deux chiffres de son résultat net. Les résultats sont publiés lundi prochain. A cette occasion, Benoît Potier, le président du directoire d'Air Liquide, pourrait évoquer les conséquences pour son groupe d'un rapprochement entre Linde et BOC.
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