Le PDG de Mittal qui a lancé une OPA hostile sur Arcelor, a affirmé lundi qu'il était prêt à discuter avec Arcelor pour créer une direction commune. Il a ajouté être ouvert sur la discussion en ce qui concerne le partage de la direction tout en affirmant qu'il n'achetait pas des usines pour les fermer... Il rencontrera mercredi la commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes, afin de discuter du dossier.
Le patron d'Arcelor Guy Dollé a affirmé lundi que le groupe européen était "prêt à "résister à l'OPA hostile de Mittal Steel, en assurant qu'il allait "gagner la bataille engagée".
Le président Jacques Chirac recevra mercredi à 15H00 le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker pour discuter de l'OPA de Mittal Steel et des dossiers européens en cours.
I – Position de Mittal Steel
M. Mittal a assuré que le nouveau groupe aurait une base européenne très forte avec des administrateurs qui viendront d'Arcelor. Il a en outre estimé qu'il n'y avait pas de problème majeur de concurrence ni en Europe, ni en Amérique. Il a mis également en avant la complémentarité des activités des deux groupes, qui en cas de fusion pourrait voir le siège mondial de la nouvelle entité installé au Luxembourg.
Affirmant être une société européenne, l'opération semble un bon moyen selon lui pour protéger l'avenir des emplois. M. Mittal a en outre indiqué qu'il comptait clôturer son OPA sur Arcelor au deuxième trimestre et réaffirmé que le groupe attendait 1 milliard de dollars de synergies par an dont 60% sont attendus dès la première année.
Il rencontrera mercredi la commissaire européenne à la Concurrence, Mittal Steel devant choisir si l'opération a une dimension européenne et s'il la notifie à la Commission. Avec un chiffre d'affaires mondial combiné de 69 milliards de dollars en 2005 et une présence importante en Europe pour les deux sociétés, le dossier devrait être soumis à l'examen communautaire. Un mariage entre Mittal Steel et Arcelor constituerait la plus grande fusion jamais réalisée dans l'acier, avec le contrôle de quelque 12% du marché mondial.
II – Position d'Arcelor
Le patron d'Arcelor Guy Dollé a affirmé lundi que le groupe européen était "prêt à "résister à l'OPA hostile de Mittal Steel, en assurant qu'il allait "gagner la bataille engagée". L'attaque aurait été anticipée depuis le printemps dernier ce qui permet à Arcelor d'être prêt et d'avoir un dispositif qui permet de résister. Interrogé sur les moyens dont dispose Arcelor pour s'opposer à cette OPA, M. Dollé a précisé n'avoir "pas de discussion avec Nippon Steel" pour qu'il soit un "chevalier blanc".
Le patron d'Arcelor a par ailleurs déclaré lundi que tout opposait son groupe et Mittal Steel, en terme de gouvernance, de stratégie ou d'évolution boursière, et qualifié l'OPA de Mittal d'"opaque, destructrice de valeur et menaçante pour les salariés".
Il a estimé qu'Arcelor était une entreprise "réellement pluri-culturelle" alors que Mittal était contrôlé à 88% par une seule famille, qu'Arcelor disposait d'un meilleur chiffre d'affaires et EBITDA et aussi d'une performance boursière supérieure. "Le modèle de Mittal est à bout de souffle" car ce groupe est à la tête d'entreprises "médiocres" et s'est constitué par "des achats de gré à gré dans des pays low costs", a-t-il ajouté.
III - Arcelor et Dofasco
Arcelor a transmis lundi aux actionnaires de Dofasco son offre d'achat amicale relevée le 24 janvier à 3,95 milliards d'euros et l'a prolongée jusqu'au 13 février. Au terme de deux mois de bataille avec son concurrent allemand ThyssenKrupp, le Groupe avait conclu le 24 janvier un accord avec Dofasco pour le racheter pour 71 dollars canadiens par action, soit 3,95 milliards d'euros. L'offre courait jusqu'au 8 février.
Parallèlement à son OPA sur Arcelor, Mittal Steel a passé un accord avec ThyssenKrupp pour lui revendre Dofasco. Le numéro un canadien de l'acier avait dit vendredi n'avoir aucune raison de croire que son rachat par Arcelor n'aurait pas lieu. Son conseil d'administration a recommandé à l'unamimité à ses actionnaires d'accepter l'offre d'Arcelor.
IV – Cours de l'action ARCELOR
Arcelor a progressé encore lundi, de 4,24 % après le rejet par son conseil d'administration de l'offre de rachat du numéro un mondial de l'acier Mittal Steel, certains investisseurs misant de nouveau sur une éventuelle contre-offre. L'action avait déjà gagné 28,44% vendredi à 28,54 euros. Elle vaut désormais ainsi 4,25% de plus que l'offre en liquide de Mittal.
Mittal Steel propose aux actionnaires d'Arcelor trois formules: la première entièrement en liquide (28,21 euros), la 2ème uniquement en actions (16 actions Mittal Steel en échange de 15 actions Arcelor), et la 3ème sous la forme d'un panachage, avec un lot de 4 actions Mittal Steel et 35,25 euros en numéraire, en échange de 5 titres Arcelor.
V – Position du gouvernement français
Thierry Breton, a déclaré lundi après avoir reçu Lakshmi Mittal, qu'il n'y avait aujourd'hui aucun projet industriel sur la table dans l'OPA sur Arcelor. Aucune information n'aurait été communiquée sur le fait que les cultures des deux groupes puissent fonctionner et vivre ensemble, ni aucune analyse pour savoir si le groupe qui pourrait résulter d'une telle opération pourrait avoir des systèmes de gouvernance compatibles.
De ce fait, le ministre réitére ses plus vives préoccupations qu'il estime néanmoins avoir bien été comprises par M. Mittal. Le gouvernement français s'estime concerné par cette OPA, dans la mesure où Arcelor, groupe européen, réalise une partie très importante de son activité en Europe et notamment en France, avec près de 30.000 salariés.
Le président Jacques Chirac recevra mercredi à 15H00 le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker pour discuter de l'OPA de Mittal Steel et des dossiers européens en cours. M. Juncker doit aussi faire une déclaration sur cette affaire devant la Chambre des députés luxembourgeoise mardi après-midi, le premier actionnaire du groupe étant le Grand Duché avec 5,6% du capital.
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5 Commentaires
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Kroes ne regardera l'OPA sur Arcelor "que sur les questions de concurrence"
BRUXELLES, 31 jan 2006 (AFP)
Prise à parti par des eurodéputés, la commissaire européenne à la Concurrence Neelie Kroes a rappelé mardi qu'elle ne regarderait l'OPA hostile de Mittal sur Arcelor "que sur les questions de concurrence" et ne se baserait sur aucun autre critère.
"Il est probable que cette opération nous sera notifiée et nous l'examinerons très soigneusement comme nous le faisons avec toutes les autres", a déclaré la commissaire.
Interrogée sur l'aspect social de l'opération, la Commission analysera cette transaction "sur des questions de concurrence et des questions de concurrence seulement" (...) et "sur aucune autre base", a-t-elle averti.
"Je ne dois pas faire ici preuve d'émotion, mais je dois suivre les règles communautaires", a ajouté la commissaire.
31 janvier 2006 à 10:222
PARIS, 1 fév 2006 (AFP)
Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a déclaré mercredi que la France et le Luxembourg avaient "accordé leurs violons" et étaient "d'accord" sur les réactions à avoir après l'offre hostile du no1 mondial de l'acier Mittal Steel sur le no2 Arcelor.
A l'issue d'un entretien d'une heure à Matignon avec son homologue français Dominique de Villepin, M. Juncker a déclaré: "nous avons accordé nos violons sur les réactions à avoir suite à l'OPA hostile de Mittal sur Arcelor".
M. Juncker doit être reçu mercredi à 15H00 par le président Jacques Chirac à l'Elysée.
01 février 2006 à 11:363
Madrid "préoccupé" par l'OPA de Mittal sur Arcelor
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MADRID, 8 fév 2006 (AFP)
Le ministre espagnol de l'industrie, José Montilla, a réaffirmé mercredi la "préoccupation" de son gouvernement au sujet de l'OPA hostile de Mittal Steel sur Arcelor.
Cette inquiétude résulte de l'absence de "plan industriel" de la part de Mittal et d'éventuels "problèmes de transparence" financière liés au "contrôle majoritairement familial" de cette société, a déclaré M. Montilla à un groupe de journalistes étrangers.
En raison de ces "incertitudes", nous "partageons les préoccupations des syndicats espagnols" (Arcelor emploie 15.000 personnes en Espagne sur 18 sites) ainsi que les inquiétudes exprimées par les "autres gouvernements européens", comme ceux de la France et du Luxembourg, a précisé M. Montilla.
Il faut que ces "incertitudes disparaissent pour devenir des certitudes" et nous attendons la présentation par Mittal de "plans concrets", a encore dit le ministre.
Le gouvernement avait fait savoir la semaine dernière qu'il n'était "pas favorable" à cette OPA à la suite d'une visite à Madrid du PDG de Mittal, Lakkshmi Mittal.
L'Etat espagnol n'est pas actionnaire d'Arcelor. 3,5% du capital du groupe européen est détenu par le sidérurgiste espagnol privé JMAC BV-Aristrain.
08 février 2006 à 16:524
RUMEUR / ARCELOR envisagerait un rapprochement avec ERAMET (AOF)
Selon des sources de marché, Arcelor envisagerait de racheter le producteur de nickel et de manganèse Eramet pour contrer l'OPA hostile initiée par Mittal Steel. Cette solution qui serait soutenue par les pouvoirs publics, favoriserait une intégration verticale pour le sidérurgiste luxembourgeois et permettrait également de résoudre les problèmes politiques liés au nickel en Nouvelle-Calédonie. Eramet semble à la portée d'Arcelor avec une capitalisation boursière proche de 2,4 milliards d'euros.
Cette cible pourrait satisfaire Guy Dollé, le PDG du sidérurgiste luxembourgeois, parti à la recherche d'un "petit chevalier blanc".
10 février 2006 à 19:22j'en reparle au plus tot !!!!
sur ERAMET
http://www.leblogfinance.com/2005/12/eramet_perd_sa_.html
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bonjour
14 avril 2009 à 21:07je suis très surprise qu'un groupe étranger puisse acheter un groupe national et faire des licenciements en masse. est ce qu'il suffit d'avoir de l'argent pour acheter l'industrie française ?
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