Comment parler de l'immobilier sans évoquer le plus grand défenseur du toit pour tous, notre bien-aimé abbé Pierre, ou sa fondation ? Jusqu'à aujourd'hui, il manquait sa présence, ce supplément d'âme, dans notre section dédiée au "foyers", qui désignent en même temps la maison et la famille.
Ce n'est pas un hasard, les deux sont tout aussi sacrés.
Dans le silence glacial de ce cruel hiver 54, qui avait commencé à décimer adultes et enfants, une voix claire et posée avait réussi à figer d'effroi - dans leurs chaumières douillettes - les plus puissants de notre pays, qui se croyaient à jamais à l'abri de leur conscience, séparés de leurs sujets miséreux ou simplement défavorisés, par la barrière du confort, qui atténue la souffrance de l'autre et efface la mémoire.
Dans le silence glacial de ce cruel hiver 54, qui avait commencé à décimer adultes et enfants, une voix claire et posée avait réussi à figer d'effroi - dans leurs chaumières douillettes - les plus puissants de notre pays, qui se croyaient à jamais à l'abri de leur conscience, séparés de leurs sujets miséreux ou simplement défavorisés, par la barrière du confort, qui atténue la souffrance de l'autre et efface la mémoire.
On pouvait avoir un emploi, et ne pas pouvoir s'offrir un toit, avec le fruit de son travail. Cinquante ans plus tard, alors que l'immobilier a honteusement flambé, pénalisant notre pouvoir d'achat et endormant notre générosité, rien n'a vraiment changé. Si, il y a du nouveau, la crainte de l'HLM dans son jardin, accentue la fracture sociale, immobilière, raciale, et les cités prospères se rêvent citadelles, forteresses imprenables, hermétiquement closes aux "pastouraux" modernes.
Aujourd'hui 24 janvier, alors qu'une terrible vague de froid s'est une fois de plus abattue sur l'Europe, Henri Grouès alias l'abbé Pierre a repris son bâton de pèlerin pour se rendre à l'Assemblée Nationale, dont il fut jadis membre, pour assister à la reprise des débats sur le projet de loi "Engagement national pour le logement" et pour défendre la construction des logements sociaux.
"Je veux marquer l'importance de l'article 55 de loi de Solidarité et renouvellement urbain (SRU) qui instaure un objectif de mixité sociale en imposant aux communes de plus de 3 500 habitants de construire 20 % de logements HLM. Or on me rapporte que des amendements visent à limiter, voire diminuer les obligations incombant aux élus. Ce n'est pas acceptable, a déclaré le fondateur des Chiffonniers d'Emmaüs à notre confrère de Libération.
En décembre 2005, l'abbé Pierre avait écrit une lettre ouverte à «Monsieur et Madame tout le monde» pour tenter de vaincre la crainte des citoyens et des élus de voir s'implanter des logements sociaux dans leur commune et "...pour expliquer que la demande de justice sociale, le besoin de créer du logement, la nécessité d'avoir des villes équilibrées dans leur population doit venir en première préoccupation de tous les habitants. Les élus soutiendront le besoin de logement, comme une priorité nationale, parce qu'ils auront senti la force de la demande des citoyens."
L'une des raisons qui a conduit les banlieues à plonger dans la violence, est la crise du logement, nul ne peut le nier, estime l'abbé Pierre. La ghettoïsation s'est opérée pour des raisons économiques mais aussi à cause du rejet des démunis, des étrangers, et elle a conduit à un sentiment d'isolement, de désespoir dû au manque de perspectives de pouvoir un jour, en sortir, de s'en sortir.
"Soyons conscients qu'il y a des mots qui se pervertissent : quand l'expression «logement social» a été inventée, elle visait les personnes qu'il fallait aider, aujourd'hui cette formule vise ceux que l'on veut fuir. Ce sont des logements que l'on ne veut pas voir de chez soi."
Quand le film "Hiver 54", avec Lambert Wilson dans le rôle principal, était sorti dans les salles en 1990, j'avais consacré l'un de mes premiers articles d'élève journaliste à ce documentaire poignant. Et je l'avais conclu par cette phrase qui résonne encore dans mes oreilles : Coluche nous manque beaucoup... pour faire la promotion du film. Il aurait su trouver les mots justes pour atteindre les derniers "sourds", ces indifférents pathologiques, qui n'ont pas compris l'importance du combat pour le toit.
Je n'ai plus jamais oublié la bataille pour le logement de notre prêtre le plus respecté parmi les religieux médiatisés, je n'ai jamais renoncé à consacrer d'articles à ce domaine crucial, je continue à être profondément convaincue que la spéculation sur le domicile est une erreur.
Et je le redis 15 ans plus tard, Coluche n'aurait jamais du monter sur sa moto, car nous aurions pu entendre ce soir son rire sonore et son impertinence salvatrice, ponctuer la voix désormais fluette de notre abbé, pour rappeler aux handicapés du coeur - d'une formule sanglante et hilare - que le droit au logement est un droit fondamental, "une question de justice". Avec lequel on ne transige pas, on n'en a pas le droit. Le malheur des uns vient de l'indifférence et de la négligence des autres, nous le savons tous.
« Nous avons autant besoin de raisons de vivre que de quoi vivre. » Abbé Pierre
HLM (2) : l'amendement location-accession adopté, par votre huble serviteur.
Le 3ème volet de notre dossier consacré au logement social, va s'efforcer de lister les idées reçues, qui comme toutes les idées reçues, sont souvent sans fondement. Puis, le blog finance va s'efforcer de mener l'enquête sur l'attribution du logement social.
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1 Commentaire
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http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-743510@51-734197,0.html
"L'office HLM de la ville de Saint-Etienne est accusé d'avoir traité des demandes de logement selon des critères ethniques. Dans un rapport remis en juillet 2005, la Mission interministérielle d'inspection du logement social (Miilos) juge "anormal" que Métropole Habitat, un office public d'aménagement et de construction (OPAC), propriétaire de plus de 7 200 logements, ait mis en place "une politique de peuplement (qui) se résume à cibler les attributions pour l'essentiel sur l'origine ethnique des demandeurs".
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22 février 2006 à 01:08Ajoutez un commentaire
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