Le pétrole frôle son record historique

Petrol_high_1Les prix du pétrole ont clôturé en nette hausse vendredi, à moins de trois dollars de leur record historique, en raison des tensions politiques au Nigéria et en Iran. Les inquiétudes autour du nucléaire iranien devraient s'aggraver, poussant les cours vers de nouveaux sommets. Le brut a effet déjà progressé de plus de 6% depuis l'annonce de la reprise du programme nucléaire iranien le 9 janvier.

Sur le Nymex, le baril de "light sweet crude" pour livraison en février a pris 1,52 dollars pour terminer à 68,45 dollars, montant même jusqu'à 70,45 dollars en cours de séance. A Londres, le Brent de la Mer du Nord a gagné 1,20 dollars à 66,43 dollars le baril.

Le dépassement du niveau record de 70,85 dollars le baril constaté en août 2005 est même probable selon certains analystes, le cours pouvant même approché rapidement les 70 voire 75 dollars. Les cours avaient culminé le 30 août dernier à New-York, suite au cyclone Katrina qui avait frappé les installations pétrolières du golfe du Mexique, montant à 68,89 dollars à Londres à la même période.

I – Impact du nucléaire iranien sur le cours du pétrole

La saisine du Conseil de sécurité de l'Onu "semble probable" après la décision de Téhéran de reprendre ses activités de recherche nucléaire. D'éventuelles sanctions internationales pourraient conduire le quatrième producteur mondial de pétrole à interrompre ses exportations.

Jeudi, l'Iran a de nouveau mis en garde jeudi les pays occidentaux contre une crise pétrolière due à une hausse des prix du pétrole en cas de sanctions économiques contre l'Iran à propos de son dossier nucléaire, sans toutefois évoquer une interruption ou une limitation des exportations pétrolières iraniennes en cas de sanctions.

Téhéran a demandé vendredi à l'Opep de baisser le quota de production du cartel d'un million de barils par jour à partir d'avril, l'Organisation ne devant pas retarder la question de la réduction de sa production, selon le gouvernement iranien.

Le vice-président américain Dick Cheney a estimé vendredi entièrement possible un pic des cours du pétrole sur les marchés mondiaux, si la crise actuelle avec l'Iran sur le nucléaire devait se poursuivre.

La probabilité d'une interruption des exportations iraniennes de brut est faible mais néanmoins non nulle, des signes démontrant que l'Iran prenait les menaces de sanctions au sérieux. L'Iran a en effet annoncé vendredi qu'il était en train de transférer ses réserves en devises, notamment celles provenant de ses recettes pétrolières, d'Europe vers les pays d'Asie du sud-est, pour contrer d'éventuelles sanctions internationales à propos de son programme nucléaire.

II – Situation au Nigéria

La situation au Nigéria pourrait être celle ayant le plus d'impact négatif sur le marché pétrolier. Elle est considérée par les analystes comme une menace réelle, d'ores et déjà concrète, mettant en péril un important volume de production.

La série d'attaques qui a visé les installations pétrolières du delta du Niger, dans le sud du Nigeria, a en effet déjà réduit la production de Shell à hauteur de 226.000 barils par jour, soit plus de 8% de la production totale du Nigeria. Les militants séparatistes ont par ailleurs menacé de frapper à nouveau dans les jours à venir, estimant même dimanche , que " les USA et l'UE devaient conseiller à leurs ressortissants de partir immédiatement", en vue d'assurer la sécurité de leurs citoyens.

Les deux principaux syndicats du secteur pétrolier au Nigeria ont menacé vendredi de déclencher une grève dans le Delta du Niger si les violences se poursuivent.

Pour rappel, le Nigéria est le premier producteur de pétrole d'Afrique et sixième exportateur mondial avec 2,5 millions de barils par jour en moyenne. Son importance est d'autant plus grande qu'il fournit du brut léger et peu soufré, très facile à raffiner.

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1 Commentaire

  1. 1

    Elisabeth

    Les cours sont en hausse car aux inquiétudes concernant les exportations de l'Iran et du Nigeria sont venues s'ajouter des inquiétudes déclenchées par les menaces de nouveaux attentats aux Etats-Unis proférées par Al-Qaïda.

    Le chef du réseau terroriste, Oussama ben Laden, a menacé les Etats-Unis de nouveaux attentats terroristes dans un enregistrement diffusé jeudi, son premier depuis plus d'un an.

    TAGEBLATT 21/01/06

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