Compte-tenu de son état de santé, le nouvel émir du Koweït, Saad al-Abdallah al-Sabah, a accepté d'abdiquer en vue de régler la crise provoquée par son refus de quitter le pouvoir malgré la demande du gouvernement. Il sera remplacé par le Premier ministre, Sabah al-Ahmad al-Sabah, a indiqué lundi soir un responsable gouvernemental.
Un accord au terme duquel l'émir abdiquerait aurait été conclu après une réunion entre cheikh Sabah et cheikh Salem al-Ali al-Sabah, le cousin de l'émir et son principal soutien. Une annonce sera faite au plus tard mardi matin avant une réunion prévue du Parlement qui devait examiner une demande du gouvernement de destituer l'émir.
Pour rappel, le Koweit, un des principaux pays producteurs de pétrole et membre de l'OPEP, possède environ 8% des réserves mondiales, localisées principalement dans la zone Greater Burgan, considérée comme le 2ème champ pétrolifère au monde après le champ pétrolier saoudien de Ghawar.
Cheikh Saad a accédé au trône le 15 janvier à la mort de son prédécesseur, cheikh Jaber al-Ahmad al-Sabah, 79 ans. Le nouvel émir a vu sa santé se détériorer grandement depuis une opération du côlon en 1997, au point que l'on puisse douter de ses capacités physiques à prêter serment.
Cheikh Sabah est quant à lui l'homme fort du pays qu'il dirige de facto depuis plusieurs années.
L'essentiel de l'économie du Koweit reposes sur ses richesses pétrolières, le pays possédant des réserves prouvées estimées à 99 milliards de barils, soit environ 8% des réserves mondiales. La production moyenne de l'émirat pour l'exercice écoulé s'est établie à 2,5 millions de barils par jours.
La Zone Neutre aussi appelée la « Divided Zone » ou Zone Partagée, que le Koweit partage avec l'Arabie Saoudite, comporte des réserves supplémentaires de 5 milliards de barils.
Le Koweït détiendrait moins de 1% des réserves mondiales de gaz naturel (production de l’ordre de 4 Mdm3/an). Le champ de Dorra, qui recélerait les quantités les plus significatives de gaz naturel, ne pourra être exploité qu’après délimitation territoriale et accord de partage avec l’Iran et l’Arabie Saoudite.
Le Koweit exporte la majorité de son pétrole (environ 60%) vers les pays asiatiques tels le Japon, l'Inde, Singapour, la Corée du sud, Taiwan et la Thailande. Le solde des exportations étant destiné à l'Europe et aux Etats-Unis.
L’émirat excède déjà son quota fixé par l'OPEP à 2,24 Mb/j et produit au maximum de ses capacités. L’objectif annoncé est de porter celles-ci de 2,5 Mb/j à 4 Mb/j d’ici 2020.
Un premier volet de développement concerne les champs du Sud dont la production passerait à 1,9 Mb/j. Chevron y apporte son expertise technique depuis plusieurs années. Le second volet vise à doubler (900 000 b/j contre 450 000 actuellement) la production des champs du Nord.
Le « Kuwait Project » a été créé dans ce contexte, projet dans le cadre duquel une loi spécifique - autorisant l’investissement étranger (7 MdUSD) est en préparation depuis plusieurs années.
Total a ainsi mis en place depuis 1997 un programme d’assistance technique et postule (en tant que partenaire du consortium conduit par Chevron) à prendre sa part dans la réalisation de ce projet. L’IFP a également débuté une coopération, jusqu’ici plutôt tournée vers l’aval, mais qui pourrait s’étendre au secteur amont.
A lire également :
. Koweit : nouvel émir au sein de l'OPEP
pour un aperçu du secteur pétrolier du Koweit

3 Commentaires
1
Si l'émirat est actuellement en proie à une crise de succession, ces changements ne devraient pas affecter la politique pétrolière de l'émirat.
Mais le Koweït tient une bonne place dans les inquiétudes des analystes. C'est la revue Petroleum Intelligence Weekly qui a mis le feu aux poudres: selon ses informations, les réserves pétrolières du Koweït, officiellement estimées à environ 99 milliards de barils - soit 10% des réserves mondiales - seraient en fait bien moins élevées.
Des données ayant circulé au sein de la compagnie d'Etat Kuwait Oil parlent de 48 milliards de barils. Si ces chiffres s'avéraient, le cours du brut pourrait augmenter brusquement.
24 janvier 2006 à 11:202
Les prérogatives de l'émir transférées au gouvernement koweïtien
KOWEIT, 24 jan 2006 (AFP)
Les prérogatives de l'émir du Koweït, qui a été destitué mardi par le Parlement, ont été transférées provisoirement au gouvernement, a annoncé le président de la Chambre, Jassem Al-Khorafi.
"En l'absence d'un prince héritier, le Conseil des ministres exerce les prérogatives de chef de l'Etat dans l'attente du choix d'un émir en vertu de l'article 4 de la Constitution et de l'article 4 de la loi sur la succession", a déclaré M. Khorafi, qui lisait un communiqué.
Il a confirmé la destitution de cheikh Saad Al-Abdallah Al-Sabah à l'unanimité des membres du Parlement, annoncée peu auparavant par des députés.
Après avoir été informé d'un rapport médical sur l'état de santé de cheikh Saad, "le Parlement a pris la décision, à l'unanimité de ses 65 membres, députés et ministres, de (retirer) définitivement à l'émir ses prérogatives", a-t-il dit.
"Après l'adoption de la décision du Parlement, Son Altesse l'émir a fait parvenir sa lettre d'abdication" à la Chambre, a-t-il encore déclaré.
24 janvier 2006 à 15:243
KOWEIT CITY 24/01 (BELGA/AG)
Le Premier ministre koweïtien, le cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, 76 ans, a été désigné par le gouvernement, mardi soir, émir du Koweït. La nomination du cheikh Sabah était une certitude après la destitution par le Parlement du précédent émir, le cheikh Saad Al-Abdallah Al-Salem Al-Sabah, pour raisons de santé.
25 janvier 2006 à 00:09Ajoutez un commentaire
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