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La Russie se renforce sur l'échiquier du gaz

Sakhaline_2carteLa Banque européenne pour la reconstruction et le développement doit se décider avant l'été sur un éventuel financement de la 2ème phase du projet gazier de Sakhaline-2 en Russie. Une consultation publique d’une durée de quatre mois a été lancée le 14 décembre. Les résultats seront soumis à Shell, principal actionnaire, avant toute décision. La dimension environnementale est d'une importance cruciale pour le dossier.

Gazprom doit prendre une participation de 25% - déduite de celle de Shell -cette année sur le projet, dont le coût a été doublé à l'automne, de 10 à 20 milliards de dollars, en faisant le plus important investissement jamais réalisé dans le secteur.

Parallèlement, Loukoïl, a annoncé mercredi l'acquisition d'actifs gaziers dans le sud de la Russie pour 261 millions de dollars et la découverte d'un important champ d'hydrocarbures en mer Caspienne. Le premier champ représente des réserves de gaz estimées à 2,76 milliards de barils équivalent pétrole. Les réserves liées à la découverte se chiffrent quant à elles à 600 millions de barils de brut et 1.200 milliards de m3 de gaz.

I - Le projet Sakhaline-2

La Berd a participé au financement de la première phase, gérée par le consortium Sakhalin Energy, qui est détenu à 55% par Shell et à 25% et 20% respectivement par les sociétés japonaises Mitsui et Mitsubishi.

Sakhaline-2, premier site à produire du gaz naturel liquéfié (GNL) en Russie, devrait commencer à en livrer à l'été 2008. Les réserves extractibles sont évaluées à un milliard de barils de pétrole et 490 milliards de m3 de gaz naturel. La deuxième phase de développement prévoit la construction de deux plateformes de forage offshore et de pipelines en partie sous-marins reliant le nord et le sud de l'île de Sakhaline en extrême-orient russe, où se situeront l'usine de GNL et ses terminaux d'exportation.

Les adversaires du projet s'inquiètent notamment de son impact sur les baleines grises et du fait que les pipelines croiseront sur leurs chemins plus de 1.000 rivières et ruisseaux sur l'île de Sakhaline.

II – Loukoïl : acquisition d'actifs gaziers et découverte en Caspienne

Loukoïl, a annoncé mercredi l'acquisition d'actifs gaziers pour 261 millions de dollars et la découverte d'un important champ d'hydrocarbures en mer Caspienne. Le groupe a acquis de l’ordre de 51% de la société Primorieneftegaz, qui exploite un champ gazier et détient des licences d'exploration dans la région d'Astrakhan.

Le site représente des réserves estimées à 2,76 milliards de barils équivalent pétrole. Le groupe espère y extraire jusqu'à 20 milliards de m3 de gaz et 8 millions de tonnes de condensats par an.

A 220 km d'Astrakhan, dans le nord de la mer Caspienne, Loukoïl annonce également la découverte d'un champ dont il estime les réserves à 600 millions de barils de brut et 1.200 milliards de m3 de gaz. Il s'agirait du plus important champ découvert en Russie ces dix dernières années. Jusqu'à présent les explorations dans la Caspienne avaient été menées sans succès majeur.

Le groupe compte y atteindre un rythme de production maximum de 5 millions de tonnes de brut par an pour une production totale de 80 millions de tonnes.

Loukoïl revendiquait, avant cette découverte, les deuxième réserves mondiales de gaz et pétrole, à plus de 20 milliards de barils équivalent pétrole et a vu sa production de brut augmenter de 4,5% en 2005 à 90,1 millions de tonnes et celle de gaz gagner 17% à 7,6 milliards de m3.

III – Secteur gazier en Russie

Premier producteur et premier exportateur mondial, avec environ 20 % des capacités, la Russie détient des réserves prouvées gigantesques : les estimations actuelles font état de 1680 trillions de m3, soit environ un tiers du total des réserves mondiales et plus de deux fois celles de l’Iran, pourtant à la 2ème place. La Russie fournit ainsi plus de 25% de la consommation annuelle de l’Union Européenne, et entend renforcer à l’avenir sa présence sur ce marché.

Gazprom, entreprise contrôlée par l’État, détient plus de 60% des réserves et assure 90% de la production, tout en contrôlant le transport et les exportations par le réseau de gazoducs et les licences qu’il détient. Principale source d’apport en devises étrangères, le groupe contribue également à hauteur de 25% des recettes du budget de l’État. Toutefois, la production a baissé de 10% en 10 ans.

Pour maintenir les volumes à leur niveau actuel, la Banque Mondiale estime que l’entreprise devrait investir une moyenne de 10 milliards de dollars par an sur dix ans. Les objectifs de l’entreprise sont par ailleurs d’augmenter la production de 10% d’ici 2020.

Or, malgré une forte croissance, les montants investis depuis 2001 sont très loin d’avoir atteint les niveaux requis : 6,1 milliards en 2003. L’insuffisance des recettes est souvent invoquée pour expliquer la faiblesse de l’effort d’investissement. Celles enregistrées en 2003, en forte augmentation grâce à un prix d’exportation très favorable, n’ont pas dépassé 8 milliards de dollars.

Les prix domestiques moyens représentaient 50 % du coût de production et de distribution du gaz en 2002. Après les révisions tarifaires autorisées par l’État, ils se sont établis à 80% de ce coût en 2004, ne représentant alors que 25% des prix mondiaux.

Des doutes pèsent cependant sur la qualité de la gestion de Gazprom, et sur sa volonté de poursuivre une politique active de modernisation et de contrôle des coûts.

A lire également :

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Voici les sites qui parlent de La Russie se renforce sur l'échiquier du gaz:

Commentaires

26 janv. 06 10:29:47

Le norvégien Statoil présentera d'ici le 24 février ses initiatives en matière de mise en valeur du gisement de Chtokman

25/01/2006 21:23 MOSCOU, 25 janvier - RIA Novosti. Le géant norvégien Statoil doit déposer d'ici le 24 février prochain ses propositions en matière de mise en valeur du gisement de Chtokman, dans la mer de Barents, a annoncé mercredi le vice-directeur supérieur de la compagnie pétrolière, Henrik Carlsen.

Le monopole gazier russe Gazprom a retenu cinq PARTENAIRES étrangers potentiels (Statoil, **TOTAL **, Chevron, Hydro et ConocoPhillips), dont il choisira deux ou trois, pour la réalisation de la première phase du projet Chtokman qui prévoit, entre autres, la construction d'une usine de liquéfaction de gaz naturel.

Le gisement de condensat de gaz de Chtokman est situé au centre du secteur russe de la mer de Barents, à 650 km de Mourmansk. Ses réserves représenteraient 3.200 milliards de mètres cubes de gaz naturel et 31 millions de tonnes de condensat de gaz.


Elisabeth / BERD hesite

2 févr. 06 22:12:06

Berd hésite toujours à financer Sakhaline-2

MOSCOU, 2 fév 2006 (AFP)
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) n'a pas encore tranché sur le financement du projet gazier Sakhaline-2 dans l'Extrême-Orient russe, très critiqué par les écologistes, a confirmé son président Jean Lemierre.

La Banque, dans le cadre de la consultation publique qu'elle a ouverte le 14 décembre, va organiser une série de réunions publiques en Russie et au Japon, a-t-elle annoncé jeudi.

"Nous n'avons pas encore pris de décision et menons des consultations avec les actionnaires" du projet, a indiqué M. Lemierre au journal, précisant que le financement de la Berd pourrait atteindre de 300 à 400 millions de dollars.

"L'écologie est un aspect important des projets examinés par la banque mais pas le seul. La stabilité des livraisons d'énergie est aussi importante pour les gens qu'un environnement pur", a souligné M. Lemierre.

De plus, ce projet est important pour la Russie puisqu'il permet un développement économique de l'Extrême-Orient, a estimé le président de la Berd.


MAHAUT CLAUDE

17 avr. 06 22:38:07

IL EST EXTREMEMENT DANGEREUX DE METTRE EN OEUVRE SAKHALINE 2
Pour les raisons d'équilibre écologique pour toute la faune marine.
Mais aussi pour celle que represente les ressources naturelles de la mer, qui ont nourrient pendant des siécles les hommes.
quelle catastrophe sur la vie des gens de l'ile, qui en perdant, sur quelques années, leurs ressources, seront dans l'impossibilité de rester y vivre!!!

le pétrole ne fait pas qu'entrainer des risques à moyen terme pour notre planéte, mais aussi dans les régions de forage, des boulversements trop violent pour que la nature puissent résister à court terme.
Au final c'est la destruction des habitats et de l'homme qui s'en suit sur le moyen terme!!!

RESPECTER LES GRANDS EQUILIBRES C EST RESPECTER L AVENIR DES HOMMES ET DE NOTRE HABITAT !


Michèle G

19 avr. 06 17:17:25

La BERD a lancé une consultation publique auprès des ONG et sur Internet, parait-il, qui prendra fin le 21/04/06 : il est urgent de tirer la sonnette d'alarme et la dissuader de financer avec l'argent des contribuables français, britanniques et allemands cette absurdité écologique. Comme si Shell, qui dégage 18.9 miliards d'euros de bénéfices en 2005, avait besoin de nous ! nous ne pouvons cautionner de tels agissements.
Je m'insurge.


Elisabeth

19 avr. 06 17:30:13

Compte-tenu de votre interet renouvele sur le sujet , je vais suivre de maniere + précise le dossier

Cordialement

Elisabeth


kamel

24 avr. 06 20:07:29

Londres :

Sonatrach et Gazprom pourraient être le moteur de
l'avènement d'une organisation des producteurs de gaz
Londres - Sonatrach et la société russe Gazprom pourraient jouer dans un proche avenir un rôle clé dans l'avènement d'une organisation des pays exportateurs de gaz à l'instar de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), au regard des développements importants enregistrés sur le marché gazier, notamment en Europe et en Amérique du Nord, estime le Times dans son édition de lundi.
Source aps


Elisabeth

24 avr. 06 20:17:11

Oui, je n'ai pas eu le temps d'en faire un article de fonds, mais depuis plus d'un mois , certains parlent d'une OPEP du gaz avec Algérie et Russie en 1er lieu.

Merci bcp.

En attendant , je vais mettre les articles sur le sujet.


Elisabeth

24 avr. 06 20:18:38

je viens de relire : edition de Lundi ! ... donc ca approche ... car les articles datent de la rencontre Bouteflika / Poutine

merci à vous d'avoir releve l'info.


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