Après la Chine et les USA récemment, c'est au tour de la Roumanie d'être confrontée à des accidents miniers. 7 mineurs sont morts et 5 autres ont été gravement blessés par un coup de grisou survenu samedi matin dans la mine de houille d'Anina, l'une des plus profondes d'Europe.
Une commission d'enquête a aussitôt été créée, tandis que le ministre de l'Economie s'est rendu immédiatement sur les lieux. Depuis 1990, plusieurs explosions ont eu lieu notamment dans la région minière de la Vallée du Jiu, dont la plus grave, en août 2001, a tué 14 personnes.
En raison de ses coûts, jugés trop élevés, l’industrie minière roumaine doit massivement se reconvertir, car l'UE fait de la restructuration du secteur minier une condition nécessaire à l’adhésion de la Roumanie en 2007. Suite à des pertes importantes, plusieurs puits de cette mine devaient être fermés courant 2006 et environ la moitié des 800 employés mis au chômage.
I – Industrie minière de la Roumanie
Le pays dispose d’importants gisements de charbon, qui ont permis le développement d’une industrie minière de grande envergure.
Jusqu'en 1997, date d'une vaste restructuration du secteur, cette industrie comptait en Roumanie sept régies autonomes, trois pour le charbon, deux pour les métaux ferreux, non-ferreux et précieux, une pour l'uranium et une pour le sel, et huit sociétés commerciales à capital public. La production provenait de 157 mines et 111 carrières, situées dans 41 champs miniers, répartis dans 23 départements. Le secteur occupait 200.000 personnes.
Selon les prévisions du gouvernement, le charbon continuera à rester une ressource d’énergie primaire importante dans la balance énergétique de la Roumanie, dans les années à venir. En 2001, la production d’énergie des centrales thermiques à base de charbon a représenté environ 40% de la production totale d’énergie. Elle devrait progressivement diminuer avec la fermeture des centrales à charbon les moins rentables, prévues lors de la mise en service du deuxième réacteur de la centrale nucléaire de Cernavoda en 2006.
II – La gestion de l'après-mine en Roumanie
Si l'exploitation minière connaît encore un certain développement dans les grands pays miniers, aux réserves importantes, que sont le Brésil, le Canada, les Etats-Unis, l'Australie ou l'Afrique du Sud, elle apparaît en revanche sur le déclin au Japon et dans les pays traditionnellement miniers d'Europe Centrale et Orientale (Pologne, République Tchèque, Roumanie et Russie), à des degrés plus ou moins marqués.
La plupart de ces pays ont connu de vastes programmes de restructuration conduisant à la fermeture de nombreuses mines et au recours massif aux licenciements. L'exploitation est par ailleurs quasiment abandonnée en Slovaquie.
En Roumanie, la gestion de « l'Après-mine » est un sujet particulièrement sensible du point de vue politique et social. Le pays a dû par ailleurs surmonter une multitude de problèmes techniques, de manière à sécuriser les anciennes zones minières pour en faire des espaces sûrs et écologiques.
Le passage à l’économie de marché a obligé les autorités roumaines à entreprendre, à partir de 1995, une vaste restructuration du secteur, qui a abouti en 1997 à la transformation des régies autonomes en compagnies/sociétés nationales minières à capital intégral ou majoritaire d’Etat.
Le gouvernement roumain a alors mis en place le premier programme avec le concours de la Banque Mondiale et de l’UE, qui a conduit à la fermeture des 120 mines et carrières les plus déficitaires. Des facilités fiscales ont été accordées pour les zones défavorisées.
Ces mesures ont entraîné la suppression de 80.000 emplois, soit 40% du total des salariés de cette profession. En 1998, un nouveau plan a été élaboré, prévoyant la fermeture supplémentaire de 143 mines et carrières à l’horizon 2003 et la privatisation de certaines mines ou leur concession à des opérateurs privés.
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