Le président nigérian de l'OPEP a estimé samedi à son arrivée à Vienne où a lieu mardi une réunion du cartel que la crise diplomatique entre Téhéran et l'Occident sur le programme nucléaire iranien ne nécessitait pas que l'Opep adopte une mesure d'urgence sur sa production.
Sept pays membres du cartel (Koweït, Nigeria, Arabie saoudite, Irak, Indonésie, Algérie, Qatar) se sont déjà prononcés en faveur d'un statu quo, en raison du niveau très élevé des cours.
Le Venezuela, a tout d'abord précise que le marché était sur-approvisionné, mais il a précisé par la suite qu'il n'entendait pas proposer de baisse de production mardi, même s'il ne l'excluait pas pour la réunion suivante prévue le 8 mars. L'Iran est quant à elle favorable à une baisse de la production de l'Opep de 1 mbj au deuxième trimestre.
Les quotas de production de l'Opep sont actuellement fixés à 28 mbj bien que les pays membres produisent plus de 29 mbj avec l'Irak, actuellement exclu du système de quotas.
I – Venezuela : pas de proposition de baisse de la production mardi
Le Venezuela ne proposera pas à l'Opep de réduire sa production de brut, lors de la réunion de mardi, mais lui demandera de se préparer à l'abaisser éventuellement en mars, a déclaré lundi son ministre de l'Energie. Selon lui, il y a néanmoins nécessité de réduire et la situation du marché devra être surveillée attentivement jusqu'à la prochaine réunion.
Plus tôt lundi, M. Ramirez n'avait pas écarté qu'une réduction de l'offre du cartel soit nécessaire dès mardi même. Il avait estimé que la baisse de l'offre nécessaire serait d'un million de barils par jour.
Le ministre vénézuélien juge le marché sur-approvisionné en brut à l'heure actuelle et les stocks de pétrole des pays consommateurs "très élevés". Il évoque aussi le recul de la demande attendu au 2ème trimestre, en raison de la fin de l'hiver dans l'hémisphère Nord.
Par ailleurs, le Venezuela va apporter son soutien à l'Iran dans le conflit qui oppose Téhéran à l'Occident sur son dossier nucléaire. Fin septembre, le Venezuela avait été le seul des quatre pays de l'Opep siégeant au conseil des gouverneurs de l'AIEA, à voter contre le transfert du dossier iranien au Conseil de sécurité de l'ONU.
II - Arabie saoudite: l’Opep n'a nul besoin de réduire sa production
Pour rappel, l'Arabie saoudite est le premier producteur et le premier exportateur mondial de brut. Le ministre saoudien du Pétrole et chef de file du cartel, Ali Al-Nouaïmi a estimé dimanche que l'Opep n'avait "absolument" pas besoin de réduire sa production mardi. Interrogé sur une éventuelle baisse de production nécessaire cette année, il a également répondu dans les mêmes termes mais la confusion liée à la foule présente laisse planer un doute sur le sens de cette dernière déclaration.
Selon lui, la demande mondiale de pétrole augmente, sans qu'il ne sache si elle suivra la même tendance qu'en 2005, la croissance économique se poursuivant de toute évidence.
III - Proposition de l'Iran
L'Iran a récemment proposé une baisse de production d'un million de barils par jour à partir d'avril. Lundi, le ministre iranien du Pétrole s'est contenté de déclarer que l'Opep étudierait les conditions prévalant sur le marché et prendrait une décision collective.
Seul l'Iran s'est ouvertement dit en faveur d'une baisse de quotas, stratégie très certainement liée au bras de fer qui l'oppose à l'Occident sur ses activités nucléaires. En cas de renvoi du dossier devant l'Onu, Téhéran a d'ores et déjà précisé qu'elle pourrait répliquer en interrompant ses exportations de brut.
L'Indonésie, l'Algérie et la Libye, trois autres pays du cartel, siègent au conseil des gouverneurs de l'AIEA.
IV – Situation au Nigeria
Les quatre employés de Shell retenus en otage au Nigeria depuis près de trois semaines ont été libérés lundi mais le groupe militant présumé être à l'origine de leur enlèvement a affirmé qu'il poursuivrait ses attaques contre les compagnies pétrolières étrangères installées dans la région.
Il a même répété ses mises en garde à l'adresse des expatriés dans l'industrie pétrolière et les a exhortés a quitter le pays alors qu'il en était encore temps. Le groupe séparatiste annonce vouloir très rapidement lancer des attaques d'envergure afin de réaliser ses objectifs du mois de février de réduire de 30% les capacités d'exportation du Nigeria.
Depuis le début des violences la production a été amputée de près de 9%.
V - Cours du pétrole en hausse
Les cours du brut ont fini lundi en hausse à New York, les opérateurs restant toujours préocuppés par les risques géopolitiques même si le maintien par l'Opep de son quota de production, mardi à Vienne, est fort probable.
Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude" pour livraison en mars a gagné 59 cents à 68,35 dollars. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a pris 35 cents à 66,59 dollars. Le gaz naturel a aussi fini en hausse sur le Nymex, prenant plus de 88 cents à 9,3890 dollars par MBtu sur l'échéance de mars, nouveau contrat de référence.
Avec des prix aussi hauts, même si des pays souhaitaient réduire leur production pour des raisons politiques, l'attrait financier de maintenir la production élevée est si fort qu'une baisse importante de l'offre est improbable selon des analystes.
L'Opep pourrait néanmoins se mettre d'accord dès mardi pour réduire sa production au 2ème trimestre, quand la fin de l'hiver dans l'hémisphère Nord pourrait réduire la demande et tirer les cours à la baisse.
Certains analystes nuancent l'importance du statu quo de l'Opep, car il ne semble pas y avoir de capacités de production excédentaires pour couvrir la moindre interruption dans l'approvisionnement en pétrole. Un arrêt provenant de plusieurs sources en même temps serait catastrophique, et pourrait créer un bond spectaculaire des prix.
Mais le marché est surtout dans l'expectative avant une réunion cruciale, jeudi et vendredi à Vienne, de l'AIEA sur le programme nucléaire de l'Iran.
VI - Demande de pétrole
Pour l'heure, si la situation semble sous contrôle, selon plusieurs ministres, l'horizon semble moins clair, en particulier en Asie. Le ministre saoudien du Pétrole qui y achève tout juste une tournée au cours de laquelle il a visité la Chine et l'Inde, a ainsi insisté sur le fait que de la demande de pétrole augmentait, la croissance économique se poursuivant.
Le cartel a déjà admis récemment que l'essor des pays émergents ces deux dernières années l'avait pris de court et contraint de revoir sa tactique habituelle de réduction de la production au printemps pour faire pièce à la fin de l'hiver en hémisphère nord.
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3 Commentaires
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La Libye met en garde contre le transfert du dossier iranien à l'Onu
VIENNE, 31 jan 2006 (AFP)
Un transfert du dossier nucléaire de l'Iran au Conseil de sécurité de l'Onu aura un "très gros effet" sur les prix du pétrole, a déclaré le ministre libyen de l'Energie, Fathi Ben Chatouan, mardi à Vienne.
Interrogé peu avant une réunion ministérielle de l'Opep sur l'impact qu'aurait un renvoi du dossier iranien à l'Onu, M. Chatouan a répondu: "Un très gros effet. Tout le monde craint de voir quelque chose arriver et (tout le monde) veut des approvisionnements sûrs".
Interrogé sur le même sujet par des journalistes, le ministre vénézuélien de l'Energie, Rafael Ramirez, a prévenu que "si la pression sur l'Iran continuait, les prix seront plus élevés".
Ces commentaires interviennent alors que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine et Russie) sont tombés d'accord dans la nuit de lundi à mardi à Londres pour saisir le Conseil de sécurité du dossier nucléaire iranien.
Cette saisine devrait se faire à l'issue d'une réunion extraordinaire de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) prévue jeudi à Vienne.
31 janvier 2006 à 10:232
L'Iran ne fait "pas de lien" entre le pétrole et le nucléaire
VIENNE, 31 jan 2006 (AFP)
L'Iran "ne lie pas le pétrole" à la controverse sur ses activités nucléaires et n'a "aucune raison" d'interrompre ses exportations de brut, a déclaré son ministre du Pétrole, Kazem Vaziri-Hamaneh, mardi à Vienne.
Peu auparavant, le ministre avait indiqué qu'il n'avait pas proposé de réduction de production à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont les ministres sont réunis dans la capitale autrichienne.
"Nous n'avons pas proposé de réduction de la production. Les décisions de l'Opep sont prises par voie de consensus", a-t-il indiqué.
31 janvier 2006 à 13:153
L'Opep espère 0,5 mbj de capacités excédentaires en plus d'ici juin
VIENNE, 1 fév 2006 (AFP)
L'Opep espère disposer d'un surcroît d'un demi-million de barils par jour de capacités excédentaires "d'ici à juin", a déclaré mercredi à Vienne son président, le Nigérian Edmund Daukoru.
M. Daukoru avait assuré mardi, après une réunion ministérielle de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à Vienne, que les pays membres du cartel disposaient de capacités excédentaires de production de pétrole plus élevées qu'on ne le croyait.
Selon lui, les onze membres du cartel ont actuellement quelque 2 millions de barils de brut en réserve, en plus de leur production que le président estime à environ 30 mbj.
Or, les analystes chiffrent les capacités restantes à 1,5 mbj au maximum à l'heure actuelle, pratiquement toutes situées en Arabie saoudite.
"Nous pouvons produire 2 mbj aujourd'hui si besoin est", a-t-il assuré mardi.
Le cartel fournit 40% de l'offre mondiale de brut, et couvre 55% des exportations.
01 février 2006 à 14:04Ajoutez un commentaire
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