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Le dimanche à Bamako

10_bamako_att_chiracLe Dimanche à Bamako... ce n'est pas seulement le jour de mariage, mais bien aussi celui du 23ème sommet France-Afrique.
Celui-ci doit être une nouvelle occasion pour Paris d'afficher sa nouvelle doctrine d'un «partenariat». Dans ce cadre, la France veut notamment réorienter sa présence militaire - 7 000 hommes prépositionnés dans cinq bases, de Dakar à Djibouti - pour l'adapter à la mise en place par l'Union africaine d'une force africaine d'intervention en 2010.
Le président Jacques Chirac voudrait également ouvrir le 23ème sommet France-Afrique en réussissant à débloquer la situation ivoirienne.

Par ailleurs, le Mali va devenir un pays producteur de pétrole, les premiers barils devant sortir des forages du consortium australien Baraka Mali Venture en 2008.

Pour l'organisation de cette importante rencontre, la France ne lésine pas sur les moyens y compris financiers. Selon l'Afp, elle apportera un concours de 5 millions d'euros, sous forme d'une aide budgétaire de 2 millions d'euros, et d'un crédit d'appui événementiel de 3 millions d'euros. L'aide budgétaire sera destinée à la construction d'un centre international de presse et d'un centre de conférence et son équipement. Le crédit prendra en charge certaines dépenses : sécurité, sécurisation énergétique du sommet, moyens de transport, formation du personnel.

I – La question de la Cote-d'Ivoire

A quelques heures de cette conférence, le processus de paix en Côte d'ivoire marque le pas, du fait du blocage sur la nomination du premier ministre et la mise en place d'un bureau de la CEI légal et légitime.
Le Conseil de sécurité de l'Onu en sa séance du mercredi 30 novembre presse les présidents Obasanjo, Tanja et Mbeki « d'identifier au plus vite le candidat au poste de premier ministre qu'ils considèrent, au regard des consultations qu'ils ont menées, comme acceptable pour toutes les parties signataires de l'Accord de Linas-Marcousssis ».
En dépit des textes de l'Unité Africaine qui interdisent qu'un pays membre serve d'appui à la déstabilisation d'un autre pays membre, le Burkina Faso et le Mali violent cette disposition à l'égard de la Côte d'Ivoire sans être interpellés par la communauté africaine, alors que tous les pays membres sont conscients en particulier du soutien apporté aux rebelles par Blaise Compaoré du Burkina Faso.
Tous ces pays savent également que le Burkina et le Mali sont devenus des exportateurs de café-cacao, des produits qu'ils ne cultivent pas. Un rapport de l'ONU publié récemment décrit également avec force détails comment le Mali sert de centre d'écoulement de l'or et du diamant exploités illicitement par les rebelles à Tortiya (Séguéla), zone contrôlée par la rébellion armée. Bamako abrite une section du mouvement rebelle Mpci et de nombreux dozos (chasseurs traditionnels malinké), qui combattent aux côtés des rebelles, sont directement venus du Mali.

II – Les relations France-Afrique

Outre les délégués des pays francophones, plusieurs dirigeants des pays anglophones et lusophones d'Afrique ont déjà confirmé leur participation à cette rencontre cruciale pour la jeunesse africaine.
Près de 200 personnes sont venues du Burkina Faso, du Tchad, Togo, Sénégal, Mali et la France pour faire entendre leur voix à l'occasion du 23e Sommet Afrique-France. Une opportunité qu'ils veulent saisir pour relancer le débat sur l'aide au développement, l'endettement, les politiques néo-libérales, l'immigration clandestine vers l'Europe.

Les membres de la société civile comme ceux de la communauté scientifique africaine mettent en cause sans langue de bois la France qui, selon eux, tout en conditionnant l'aide aux progrès démocratiques à La Baule, n'a cessé de soutenir les régimes dictatoriaux en Afrique. Ils accusent également Paris de reconnaître des régimes issues selon eux d'élections truffées de nombreuses fraudes électorales.

Ainsi, la Société civile et la jeunesse africaine exhortent désormais la France à instaurer un partenariat favorable au développement de l'Afrique plus qu'une structure qu'ils qualifient de neo-coloniale.

III - Le principal sujet : la jeunesse africaine

Une réunion préparatoire de cette importante rencontre s'est tenue jeudi à Bamako, traitant des problèmes de la jeunesse africaine -pauvreté, santé, éducation, immigration - . Le chef de la diplomatie malienne, a souligné dans une allocution que «la plupart des pays africains connaissent une situation difficile, caractérisée par la détérioration des conditions socio-économiques, en particulier de la jeunesse». «Pourquoi les jeunes africains cherchent-ils à émigrer en dehors du continent?», s'est-il encore demandé, en appelant les participants à «apporter des réponses adéquates».

Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a également souligné qu' «aujourd'hui plus des deux tiers de la population du continent ont moins de 25 ans». «C'est un enjeu social, économique et politique majeur, qui peut devenir une menace, si nous n'apportons pas les réponses appropriées."

IV – Le potentiel pétrolier du Mali

Les premiers examens des données disponibles et la prospection effectuée du côté mauritanien laissent supposer que la partie septentrionale du territoire malien comprise entre les frontières mauritanienne et algérienne est une zone pétrolifère.
En 2004 la société australienne Baraka Mali Ventures (BMV) a acheté les données sismiques, un accord avec l’Etat malien pour la prospection et l’exploitation ayant été conclu parallèlement.
Ce n’est qu’en 2008 que les premiers barils de pétrole devraient sortir des forages du consortium.
BMV va investir 30 milliards de FCFA dans la recherche sur les quatre prochaines années et 500 millions de FCFA pour la formation de personnel malien. Selon la convention renouvelable deux fois pour trois ans à partir de 2008, le consortium aura également à sa charge la production et le transport des hydrocarbures. Les missions de terrain devaient débuter en mars 2005, ainsi que des forages dans la partie mauritanienne du bassin de Taoudenni.
A noter que la recherche pétrolière au Mali est handicapée par le très faible niveau des investissements qui lui sont consacrés, le plus bas de la sous région.

Depuis les années 1960, l’existence de bassins sédimentaires potentiellement riches en hydrocarbures était connue des géologues russes venus dans le cadre de la coopération entre l’ex-URSS et le Mali. Des Majors de l’exploitation pétrolières comme Total-Elf, Esso, Texaco et Murphy leurs emboîtèrent le pas dans les années 70 et 80. Après quelques relevés et forages infructueux, les compagnies quittèrent la zone pour la mer du Nord plus rentable.
Mais avec la flambée du prix du pétrole, la recherche de nouveaux gisements devient de plus en plus rentable. Les bassins remis à jours sur la base des anciennes études au Mali se situent à Taoudenni, Gao, Tullemden, Tamesma et Nara, avec des couches pétrolifères profondes de 2 à 5 km. Le gouvernement malien a délimité 15 blocs de 800 000 km2, ce qui correspond à 65% du territoire national.
Selon Mamadou Simpara, conseiller technique du Ministre des Mines, de l’Energie et de l’eau du Mali sept autres sociétés étrangères étaient en pourparler à mi-année sur les dix blocs restants. La presse malienne parle de la société d’hydrocarbures chinoise Sinopec, qui aurait signé un accord en août 2004 et d’une compagnie venant de l’Emirat de Bahrein, Energem Petroleum .
Le code pétrolier malien serait particulièrement incitatif pour les entreprises étrangères avec des conditions fiscales et de recherche avantageuses. “ La convention dite de partage de production permet à la société d'injecter les ressources financières et se rembourser ensuite sur l’exploitation. Le reste est partagé avec l’Etat selon un pourcentage évolutif négocié au cas par cas avec chaque entreprise ”.

Les recherches dans la zone de Taoudenni, réputée peu sûre jusqu’à présent à cause de la présence de contrebandiers et de membres du GSPC, vont être désormais facilitées car les Etats-Unis ont contribué à pacifier la région. L’armée américaine est effectivement intervenue de novembre 2003 à février 2004, dans le cadre de formations des forces de défense maliennes pour des opérations de maintien de la paix et de lutte contre le terrorisme.
Au-delà des questions sécuritaires, le pétrole malien reste, dans une large mesure, une question de chance et de probabilité. D’après un spécialiste des matières premières, aucune Majors ne se risquerait à investir au Mali tant que la rentabilité des gisements ne pourra être assurée. Avec des milliers de km2 de sols à explorer et malgré la présence de données attestant la présence d’hydrocarbures, une entreprise a, malgré tout, quelques chances de forer à côté du gisement.

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Voici les sites qui parlent de Le dimanche à Bamako:

Commentaires

Babalouz

3 déc. 05 23:41:16

Bamaco, capitale de fete !


perso

4 déc. 05 00:16:52

La france siffle le retour de ses chiens.
Africains, arrétons de rever, la france est en Afrque non pas pour nos interets mais pour ses propres interets.
La france nous retarde. Lachons la france et la francophonie


elisabeth

4 déc. 05 11:03:10

Sur Algeria-Watch justement

"De son côté, la France veut voir dans ce sommet l’occasion d’extrapoler sa crise des banlieues au terrain africain, en particulier les pays maghrébins, gros exportateurs d’immigrés durant la présence coloniale. L’intifadha des banlieues a mis à nu les difficultés d’intégration des jeunes originaires d’Afrique et du Maghreb comme elle est venue durcir encore plus la politique d’immigration menée par la France sous la conduite de Nicolas Sarkozy.
En l’occurrence, Jacques Chirac ne manquera pas de ramener le débat sur le terrain économique en plaidant pour un appui au développement du continent afin d’encourager les jeunes à rester dans leur pays d’origine au lieu de se perdre sur les sentiers incertains de l’exil."


elisabeth

4 déc. 05 23:53:01

en tout cas , si certains y passent le week end , d'autres etaient deja le vendredi .... pour signer un accord pétrolier ....
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BAMAKO, 2 décembre -- Le gouvernement malien a signé un décret portant approbation d'une convention de partage de production pétrolière entre le Mali et la société "Energetic Petroleum Pty Ltd", une société de droit sud-africain filiale de la société "Energetic Holding Pty", a-t-on appris vendredi à Bamako.

L'autorisation de recherche, d'exploitation, de transport et de raffinage des hydrocarbures liquides ou gazeux, concerne le bloc 14 du bassin de Tamesna, dans la région de Kidal (nord du pays).

"Energetic Petroleum Pty Ltd" s'engage à réaliser, sur une période de quatre ans, des travaux de recherche et de forage pour un montant de 12,5 millions dollars américains.



Sophie

5 déc. 05 09:23:48

Evoquer l'actualité n'interdit pas une certaine rigueur et la vérification de ses informations.
Votre article et une véritable "soupe" mélangeant allègrement des bouts d'information éparses et tronqués.
A titre d'exemple, la Mauritanie exportera du pétrole dans le courant du premier semestre 2006, et non pas 2008, et ce sont les australiens de Woodside qui l'exploiteront. Par ailleurs, évoquer la production d'hydrocarbures au Mali en 2008 est totalement absurde. Ecrire que les Etats Unis "ont contribué à pacifier le Taoudéni" relève du phantasme et de la méthode Coué.


elisabeth

5 déc. 05 10:10:35

merci de passer l'info à l'ambassade ....


elisabeth

5 déc. 05 10:18:03

sur "les Etats-Unis ont contribué à pacifier la région. L’armée américaine est effectivement intervenue de novembre 2003 à février 2004, dans le cadre de formations des forces de défense maliennes pour des opérations de maintien de la paix et de lutte contre le terrorisme" ... j'espere que vous aviez compris que c'était de l'ironie ...


elisabeth

5 déc. 05 10:34:42

apparemment vous avez melange le sel et le poivre dans votre commentaire , car s'agissant de la mauritanie et non pas du mali , mon article sur le sujet precise bien :
"le ministre a précisé que le premier gisement de pétrole découvert en 2001 à Chingeti par la compagnie australienne Woodside sera exploité en 2006, expliquant qu'il s'agissait d'une réserve estimée à 135-150 millions de barils, soit 75. 000 barils/jour pour une durée de 8 à 9 ans. "


Romain

5 déc. 05 11:46:46

J'adore les commentaires de ce style ;)
Nous attendons, chère lectrice, les sources et références, qui souvent et évidemment ne sont jamais citées...

En effet, l'information" est une denrée difficile à maîtriser, sources multiples, données parfois contradictoires...

Néanmoins, j'ai appris des choses avec cet article et s'en était bien le but ;)


Matthew Freeman

15 déc. 05 15:00:28

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berbere

2 avr. 07 18:46:20

le petrole est decouvrit dans la zone des toureg et il n'ai pas pour la mali les sanhdaja vont pas laissez les negre benefice de leur richesse ca c'est claire


Expulsion

26 mai 07 22:11:28

Roissy: un vol annulé après l'intervention de passagers contre une
AFP 26.05.07 | 20h59

Le vol Paris-Bamako (Mali) d'Air France au départ de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle a été annulé samedi après-midi, après l'intervention de passagers contre l'expulsion d'un homme en situation irrégulière, a-t-on appris auprès d'Air France et de passagers.

Peu avant le départ, la personne devant être expulsée s'est levée, nécessitant l'intervention des agents de police l'accompagnant, a-t-on appris auprès de plusieurs témoins présents dans l'avion.

"Nous avons entendu des bruits de strangulation et des râles de douleur", a notamment raconté à l'AFP Laurent Cantet, membre du Réseau éducation sans frontières (RESF), présent dans l'appareil. Plusieurs passagers se sont alors indignés des conditions de traitement.
L'un d'entre eux a été interpellé par la police, rapportent les témoins interrogés par l'AFP.
Contactée par l'AFP, la police aux frontières n'a pas souhaité s'exprimer. On ignorait donc samedi soir ce qu'il est advenu du passager interpellé. "Le commandant de bord a estimé que les conditions de sécurité n'étaient pas remplies", précise seulement Air France, qui ne confirme ni n'infirme l'interpellation.
Le vol devait décoller à 16H40 samedi. Ses passagers seront reportés sur le vol Paris-Bamako de dimanche.


Témoin

28 mai 07 01:37:36

mis en ligne le
27/05/2007

FORUM EN LIGNE Air-France, la PAF et le Délit de solidarité.
Témoignage des passagers du Paris-Bamako du 26 mai 2007.
Samedi 26 mai. Vol AF 796 pour Bamako.

Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang de l’avion. Une reconduite à la frontière classique.

Deux personnes tentent de contenir un homme d’une quarantaine d’années qui se débat violemment. On croit d’abord à une bagarre entre passagers. Certains veulent les séparer mais en sont vite dissuadés par les policiers qui se font alors connaître.

S’ensuit une scène d’une grande violence : l’un des policiers pratique un étranglement sur le passager, l’autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques. Cette tentative de maîtrise dure dix bonnes minutes, peut-être plus, et suscite immédiatement chez les passagers un mouvement de protestation qui n’a aucun effet sur les violences en cours.

L’un des passagers filme la scène avec son téléphone, ce qui énerve un peu plus la responsable de l’opération, qui menace d’arrestation les personnes les plus proches et photographie les protestataires.

Pour tenter de faire taire tout le monde, la policière explique que l’homme n’est pas un simple sans papiers, mais un repris de justice, soumis à la double peine. Cela semble à ses yeux justifier la méthode et toute la violence exercée sur lui.

Sous les huées des passagers, l’homme finit par être immobilisé et sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors la décision de l’évacuer. Autour de nous, de nombreux passagers imaginent que l’homme est mort, ce qui fait encore monter d’un cran l’émotion. Des femmes pleurent, des gens convergent de tout l’appareil, rajoutant à la confusion. C’est alors qu’une bonne dizaine d’agents de la Police de l’ Air et des Frontière, la PAF, fait irruption dans l’appareil.

Désigné par la responsable de l’opération, Michel Dubois, qui comme nous tous avait pris part aux protestations, est débarqué pour auditions. D’autres passagers, choqués par cette arrestation, sont à leur tour menacés du même sort.

A bord, on nous demande vainement de nous rasseoir, de nous calmer mais beaucoup exigent le retour de Michel Dubois. Un des policiers, visiblement dépassé par la situation, nous propose alors un marché : Michel pourrait réembarquer à condition que l’expulsé remonte lui aussi à bord. La balle était donc dans notre camp, nous serions responsable du retard de l’avion, et même de l’éventuelle annulation du vol. Michel devenait clairement une monnaie d’échange

Cette proposition inacceptable est d’ailleurs tout de suite contredite par un policier de la PAF qui annonce la garde à vue de Michel Dubois et réitère ses menaces à l’égard des passagers qui campent sur leurs positions.

Le commandant de bord finit par faire une annonce, dans laquelle il fait état de "manœuvres" d’un individu refusant d’être reconduit dans son pays d’origine, et de manifestations d’une minorité de passagers pour expliquer l’annulation du vol.

Nulle mention des violences dont nous avions été témoin, ni de l’état de santé du passager pourtant aperçu dans une ambulance stationnée au pied de l’appareil, toujours inconscient et sous assistance respiratoire.

Nous sommes nombreux, comme Michel Dubois, à être choqués par la barbarie de la scène, par le traitement excessivement violent qui a été infligé sous nos yeux à cet homme, fut-il repris de justice, (ce dont il nous est d’ailleurs permis de douter, puisqu’afin de ne pas attirer l’attention des autres voyageurs, les policiers avaient d’abord décidé de le faire voyager sans le menotter).

Nombreux aussi à avoir la désagréable impression d’avoir été pris en otage par les autorités et profondément choqués par l’attitude du Commandant de bord d’Air France qui n’est pas intervenu pour faire cesser ces violences les tolérant même au mépris de la sécurité des passagers qu’il se doit d’assurer et en prenant la responsabilité de faire annuler le vol empêchant du même coup des centaines de personnes de faire le voyage pour lequel elles avaient acheté un billet.

Nous sommes enfin révoltés d’avoir été contraints de devenir complices des policiers en obéissant aux différentes injonctions et menaces proférées à notre encontre. Devions-nous laisser se dérouler sous nos yeux des actes d’une telle brutalité ?

Pouvions-nous accepter l’arbitraire de l’arrestation de l’un d’entre nous dont le seul tort avait été de s’indigner et de parler avec les policiers pour tenter de faire cesser la violence ? Il y a là une pénalisation de la solidarité qui nous semble inadmissible et inquiétante quant à l’état de notre démocratie.

Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire que cette scène est un cas isolé, une bavure en somme. Nous savons qu’elle se reproduit quasi quotidiennement, et nous tenons à manifester notre indignation en relatant les faits le plus exactement possible.

Michel Dubois a été relâché quelques heures plus tard, mais on l’a informé que des poursuites seraient engagées contre lui. Quant au passager Malien, nous n’avons aucune nouvelle de lui, et son état de santé ainsi que le sort qui lui sera réservé dans les prochains jours nous inquiètent au plus haut point.

Des passagers du vol AF 796.


Piranpir

28 mai 07 01:49:22

Nouvelle inculpation pour délit de solidarité.

Hier, samedi 26 mai, Laurent CANTET et son équipe partaient sur Bamako pour un tournage et ont assisté à une scène violente avec strangulation contre un Malien expulsé, ce qui les a amenés à protester.
Une partie des passagers se sont solidarisés, le vol provisoirement annulé. Michel Dubois assistant de production du réalisateur a été interpellé et placé en garde à vue.

Prévenus par les membres de l’équipe , Laurent Cantet et RESF, la presse a été alertée et une avocate prévenue.

Les passagers sont remontés dans l’avion qui a finalement redécollé sans Michel Dubois et sans l’expulsé.

Michel Dubois été libéré hier soir , mais inculpé.


RESF

28 mai 07 01:55:51

Adresse postale : C/o EDMP 8 Impasse Crozatier 75012 Paris - educsansfrontieres@free.fr /

www.educationsansfrontieres.org
Contact sur ce dossier : Jean-Michel Delarbre 06 89 30 86 15 / Richard Moyon 06 12 17 63 81 27

Communiqué / 27 mai 2007

Pour s’être indigné des mauvais traitements infligés à un Malien reconduit de force, plusieurs passagers ont été menacés, l’un d’entre eux interpellé, placé en garde à vue et menacé de poursuites. Pour finir le vol a été annulé tandis que l’expulsé était évacué en ambulance, inconscient et langue pendante. Ces pratiques d’une extrême violence sont inadmissibles. Mais il est profondément encourageant de constater qu’elles ne sont pas admises et que, régulièrement, des passagers se révoltent contre elles. Face à cela, le précédent gouvernement, comme semble-t-il celui qui est en train de se mettre en place, réagissent par la tentation de criminaliser une réaction citoyenne Bien entendu, le RESF assure Michel Dubois et les autres passagers du vol AF 796 de son entière solidarité. Il exige qu’aucune poursuite ne soit engagée contre lui ou contre tout autre passager.
Il demande instamment à Air France de prendre ses responsabilités envers les passagers dont elle assure non seulement le transport mais aussi la sécurité en condamnant avec la plus extrême fermeté ces violences. Ce sont les forces de police qui, par leur brutalité, ont contraint les passagers à intervenir pour les faire cesser devant l’inaction d’Air France
Le RESF attend des informations sur le sort du passager dont la reconduite a été impossible. Quel est son état de santé ? Où est-il ? Quel est le sort auquel il est promis ?

Ces affaires ne resteront pas sans suites. Une défense coordonnée des victimes de la criminalisation de la solidarité est mise en place.


Libertad

29 mai 07 01:19:29

Paris-Bamako: le passager malien laissé en liberté
Un Malien sans papiers qui s'est opposé à son expulsion dimanche, provoquant l'annulation du vol Paris-Bamako, a été laissé libre en attendant son audition le 28 juin.
Par AFP
LIBERATION.FR : lundi 28 mai 2007
Un Malien d’une cinquantaine d’années, qui devait être expulsé samedi sur un vol Paris-Bamako d’Air France, a été laissé libre dimanche par le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) qui a renvoyé l’examen de l’affaire au 28 juin, a-t-on appris lundi auprès du réseau éducation sans frontières (RESF).


Selif Kanaté, Malien sans papiers, a été «renvoyé libre à une audience le 28 juin prochain» après avoir été présenté dimanche en «comparution préalable au juge des libertés et de la détention» du tribunal de Bobigny, a expliqué à l’AFP Jean-Michel Delarbre de RESF.
«Nous ne savons pas où se trouve cet homme mais nous allons tout faire pour assurer une défense coordonnée pour son audience le 28 juin», a ajouté Jean-Michel Delarbre.


Selon RESF, Michel Dubois, un passager du vol Paris-Bamako qui avait tenté de s’interposer pour empêcher l’expulsion de M. Kanaté et avait également été interpellé samedi, a été relâché samedi soir.



Tabassage

29 mai 07 01:24:09

Afrik.com

Le samedi, à Roissy, c’est le jour de tabassage...
Le Malien que la police de l’air et des frontières (PAF) a tenté de reconduire de Paris vers Bamako, samedi dernier, sur le vol Air France 796, l’a appris à ses dépens.

« Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang de l’avion. Deux personnes tentent de contenir un homme d’une quarantaine d’années qui se débat violemment », racontent certains des passagers.

Ils croient d’abord à une bagarre mais comprennent vite qu’il s’agit d’une reconduite à la frontière.
Choqués, ils ont tenté de s’interposer, sans succès, puis ont témoigné par écrit de la façon dont les policiers ont maintenu le reconduit dans l’avion jusqu’à ce qu’il s’évanouisse.

Leur témoignage a été relayé par le Réseau éducation sans frontières (RESF). Le réalisateur Laurent Cantet, présent dans le vol avec son équipe de tournage, est membre de l’association.

« L’un des policiers pratique un étranglement sur le passager, l’autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques. Cette tentative de maîtrise dure dix bonnes minutes, peut-être plus, et suscite immédiatement chez les passagers un mouvement de protestation qui n’a aucun effet sur les violences en cours.

Pour tenter de faire taire tout le monde, la [responsable de l’opération] explique que l’homme n’est pas un simple sans papiers, mais un repris de justice, soumis à la double peine. Cela semble à ses yeux justifier la méthode et toute la violence exercée sur lui.
L’homme finit par être immobilisé et sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors la décision de l’évacuer. Autour de nous, de nombreux passagers imaginent que l’homme est mort. »

L’homme n’est pas mort. Il a été placé en garde à vue pour « opposition à une mesure d’éloignement, refus d’embarquement et coups et blessures contre un policier ».

Selon le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, du Codéveloppement et de l’Identité nationale, cité par Libération, le reconduit a ameuté les passagers en « assénant un coup de tête et mordant l’un des trois policiers ».

Présenté dès dimanche devant la justice, le tribunal de Bobigny l’a laissé en liberté et a renvoyé l’examen de son dossier au 28 juin prochain.

Routine

Les reconduites violentes comme celle-ci ne sont pas rares. Le 26 novembre dernier, un agent de la PAF a été condamné à six mois de prison avec sursis pour « homicide involontaire ».

**********
Il avait provoqué la mort de Getu Hagos Mariam, un Ethiopien de 24 ans qu’il était chargé d’escorter avec deux confrères, en janvier 2003, de Roissy à Johannesburg (Afrique du Sud).
*********************

Lors du procès, il avait expliqué avoir « appliqué exactement ce que [la hiérarchie] dit de faire dans ces situations ». Il avait indiqué qu’aucune instruction ne lui avait jamais été prodiguée sur la limite à ne pas atteindre avant d’interrompre une procédure, rejetant la responsabilité de cette interruption sur le commandant de bord.

Samedi dernier, celui-ci a attendu la fin des efforts de la PAF pour annoncer l’annulation du vol. Les gestes qui avaient conduit à la mort de Getu Hagos ont été interdits et une Unité nationale d’escorte, de soutien et d’intervention (Unesi) a été créée six mois après son décès.

Mais les enseignements qui y sont prodigués ne permettent apparemment pas encore que la vie du reconduit prime sur la mesure de reconduite. Désigné comme le responsable de la rébellion, Michel Dubois, le directeur de production de Laurent Cantet, a été interpellé puis relâché.
La police, selon le communiqué des passagers, l’a informé que des poursuites allaient être engagées contre lui.


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